‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 130 sur 167 · PORTANT CHACUNE 8 FEUILLES · texte numérisé non relu

PORTANT CHACUNE 8 FEUILLES

t> il' EN SE.

Un labour ordinaire à l'automne 22 f. »

Un hersage au printemps 2 00

Un labour onlinaire 22 •

Un hersage 2 »

Un roulage 2 >•

tin hersage 2 «0

Un labour superficiel 1-4 »

Un hersage 2

Rayonner le terrain pour la plantation 2 GO

40,000 plants, à 2 fr. 50 le 100 100

Repiquage et arrosage des plants Ci) «

Deux binages à la houe à main, à 20 fr. l'un 40 »

Un buttage à la houe à main, et suppression des feuilles

inférieures 2,'» »

Écimage des tiges 16

Trois cbourgeonneinents successifs et suppression des

feuilles altérées 20 »

Récolte des feuilles et transport au séchoir 40 •

léchage et triage 100 »

Emballage 20 »

50,000 kil. de fumier, à 10 fr. les 1C00 kil., y compris les fiais de transport cl de préparation, &',Q fr. Un septième de cette dépense à la charge du tabac. . . 1)0

Intérêt pendant un an, à 5 pour 100 du prix de la fumure

non absorbée 28 •

l oyer de la terre 70 »

Frais généraux d'exploitation 20 »

Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais ci-dessus. 55 05

Total '56i.4:;

PRODUIT

40,000 kil. de feuilles sèches, à 70 fr. les 1000 kil. . . 840 f. »

DAUXCE.

Produit 840T. »

Bénéfice net 10:>f.5o

14 pour 100 du capital employé.

DE LA CARDKRE.

DE LA CARDKRE.

La cardêrc, chardon A foulon, chardon à bonnetier, chardon à

carder, chardon à lainer (dipsacus fullonmn, L.) (tig. 915 à 915), est une planle bisannuelle de la famille des dipsacées, qui croît spontanément dans le midi de l'Europe. Ses têtes de fleurs ont pour réceptacle des paillettes crochues (fig. 914) dont on se sert en guise fie cardes pour enlever les poils excédants des étoffes rie laine.

Climat et toi. — La cardére s'accommode de tous les climats de

Fig. 013. Cardére.

Fig. OU. I"is- 9l.fJ.

Tête de carde: c. Paillette de cardére.

la France. Elle demande pourtant une exposition chaude, bien aérée, pourvue les paillettes des capitules acquièrent toute la rigidité qui les rend'propres à l'usage auquel on les destine.

Ce sont surtout les terrains légers, soit sableux, soit calcaires, qui lui conviennent. Elle pourrit presque toujours dans les «ois compactes, argileux ou humides, et si elle y résiste, elle ne produit que des têtes très-volumineuses, de couleur verdàtre ou noirâtre, et que leurs pointes molles et sans élasticité lont rejeter par le commerce. Dans le Midi, on doit choisir des sols de consistance moyenne, des terres d alluvion sablo-argileuses ou culcairo-argileuses, meubles et profondes; dans le Nord, les terrains légers.

Place dans la rotation. — Comme la cardére occupe le sol pendant

A HT AGKUiOLE

deux années, elle prend, dans les assolements réguliers, la place d'une récolte de fourrage et du blé qui suit ordinairement celle-ci. Bile est presque toujours semée sur un terrain nu, mais parfois aussi, à l'automne, dans le froment; cependant ce mode n'offre d'avantage que dans les terres suffisamment riches, car autrement elle ne produit que des tètes trop chétives.

On peut aussi, dans les terres un peu riches, semer entre les lignes de cardére, après le second binage de la première année, des haricots, des navets on des raves qu'on récolte à l'entrée de l'hiver, ou bien encore de la gaude qui ne donne son produit que l'année suivante. On peut même semer des haricots après le premier binage de la première année.

Préparation du toi. — La racine pivotante de la cardère exige un sol assez profondément ameubli. Deux labours suffiront : le premier, profond de 0B,25, pratiqué avant l'hiver et suivi au printemps de deux hersages séparés par un roulage; le second, superficiel, exécuté au moment de l'ensemencement et suivi d'un troisième hersage. Si l'ensemencement est pratiqué à l'automne, au lieu du printemps, ces opérations sont faites consécutivement .

Engrais. — La cardère est une plante assez épuisante; elle parait enlever au sol environ 1650 kilogr. de fumier pour 100 kilogr. de têtes sèches récol'.ées.

Il ne faut pas, toutefois, satisfaire complètement son avidité pour l'engrais, car une fumure trop abondante a pour résultat de la faire développer très-vigoureusement, de diminuer la quantité des têtes, d'augmenter leur volume, et d'amoindrir leur rigidité. Dans les terrains de consistance moyenne et un peu frais, on se contente de -'0,000 kilogr. de fumier par hectare; mais, dans les sols secs et légers, où l'on a moins à craindre un excès de vigueur, on en emploie 30,000 kilogrammes. Ces engrais sont répandus avant le premier labour.

Semaille. — La cardère est presque toujours semée à demeure; parfois cependant on la sème en pépinière pour la repiquer ensuite. Omipons-nous d'abord du premier procédé.

Culture par le semis à demeure.

Choie des semences. — A l'époque on l'on récolte les têtes de cardère pour les livrer au commerce, les graines ne sont pas assez mûres; il convient donc de laisser un certain nombre de pieds acquérir leur maturité complète. On chois-t les pins beaux et l'on n'en

m ! A CAuDÈRK.

récolte que les plus belles têtes. Lorsqu'elles sont bien sèches, on en sépare la graine par un battage et on la nettoie à l'aide du van. Cette graine ne conserve sa faculté germinative que pendant un an.

Époque convenable. — On peut semer à l'automne, à l'époque de la semaille du blé; mais, le plus souvent, on ensemence dans les premiers jours d'avril. Quand on adopte la première époque, les plantes fructifient dès l'année suivante, et la récolte n'est chargée que d'une année du loyer de la terre; si Ton sème au printemps, la cardère ne monte que l'année d'après, et supporte alors un double loyer, mais le produit est ordinairement plus abondant, et comme il est plus précoce, il mûrit mieux. Néanmoins le semis d'automne doit être préféré dans le Midi, où la végétation est plus rapide.

Mode de semaille. — Les soins d'entretien que demande la culture de la cardère, forcent à la semer en lignes. Celles-ci sont espacées de 0n>45 à.(K>'\ selon le degré de fertilité du sol. On ouvre, avec un rayonneur, de petits sillons peu profonds, on y répand la graine, soit à la main, soit au semoir à brouette, et l'on recouvre par un coup de herse renversée. On emploie environ 10 kilogrammes par hectare.

Lorsqu'on sème la cardère dans le blé, ce qui a toujours lieu à l'automne, on fait d'abord la semaille du blé, on le recouvre, puis on trace immédiatement les sillons destinés à recevoir les graines de cardère.

Culture par repiquage.

On sème la pépinière en avril, sur un sol bien préparé, et, en septembre, on repique les jeunes plants en lignes. On choisit pour ce travail un temps un peu humide, ou qui précède la pluie.

Quoique ce mode soit encore peu usité, il présente cet avantage important que la récolte n'occupe le sol que pendant une année au lieu de deux, comme cela arrive pour le semis à demeure.

Toutefois, comme la plante souffrirait beaucoup si la sécheresse l'attaquait au moment du repiquage, cette opération offrira plus de chances de réussite dans le Nord que dans le Midi, à moins qu'on ne puisse, dans cette dernière région, employer l'irrigation par infiltration.

Entretien. — lia cardère, semée an printemps, réclame les soins suivants : aussitôt que les jeunes plantes ont développé deux feuilles, on pratique un premier binage, et un sarclage avec la houe à main. Quinze jours ou trois semaines après, on donne un nouveau binage, mais avec la houe à cheval, puis on éclaircit les plantes trop rappro-

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chées en laissant entre elles un espace d'environ 0M30. Vers le mois de septembre, on regarnit par repiquage les places vides, et, avant les premières gelées de l'hiver, on pratique, avec la houe à main, un lé^er buttage pour mettre les plantes à l'abri du froid. On obtient le même résultat en les couvrant d une légère couche de fumier long.

Lorsque la cardère est semée, à l'automne, sur un terrain nu, ou bien lorsque Ton a choisi le repiquage, on donne un seul binage avant l'hiver; ou seulement, dans le dernier cas, on pratique un léger buttage.

Que la cardère soit semée à l'automne ou au printemps, on lui applique ordinairement un seul binage à la seconde année, lorsque le soi commence à être sali par les plantes nuisibles.

La tète centrale des cardères devance ordinaire ment, par son développement, les parties latérales, et acquiert des dimensions trop considérables qui nuisent à ses qualités et à l'accroissement suffisant des têtes latérales. Aussi la supprime-t-on presque toujours au moment où elle commence à paraître. On donne à cette opération le nom d'mmage. Il en résulte que les têtes latérales se développent en plus grand nombre et qu'elles offrent un volume moyen presque égal, et plus recherché par le commerce. Dans les terres fraîches et riches, où les plantes poussent trop vigoureusement, on supprime encore les deux ou trois tètes les plus rapprochées du sommet. Enfin, lorsque la vigueur des plantes atteint des limites extrêmes, on les coupe à la faux vers la moitié de leur hauteur. Mais ces deux dernières opérations ne peuvent être tentées que dans le Midi, où Ton peut compter sur une température suffisante, pour déterminer la production de nouvelles tètes.

Maladies et insectes nuisibles. — Plusieurs maladies attaquent la cardère. Lorsque le sol est gras et humide ou que la saison est plu- * vieuse, la plante devient blanche et les feuilles se dessèchent. -Cette affection est due à la présence d'un cryptogame parasite. On doit enlever immédiatement les pieds malades.

Une espèce d'orobanche s'établit aussi sur les racines et épuise la plante; on doit encore arracher tous les pieds attaqués.

Certaines larves d'insectes rongent le cœur de la rosette des feuilles pendant la première année de végétation. D'autres attaquent les têtes, au début de leur formation, celles-ci se flétrissent, noircissent ou deviennent difformes. 11 convient de retrancher immédiatement les tètes qui ont éprouvé ces accidents et de les brûler.

Récolte. — La cardère doit être récollée lorsque les graines placées au sommet des têtes commencent à brunir, et que la dernière couronne des Ileurs placées à la base va tomber. Si l'on attendait davan-

DE LA CAUDÈRE. 510

tage, les crochets des tètes perdraient de leur élasticité et deviendraient cassants. En outre, un brouillard, une pluie les noircirait, et leur ôterait toute valeur commerciale.

Les signes de maturité ne se manifestent pas à la fois sur toutes les têtes d'une même plante; la récolte doit donc être successive. On détache les têtes de la tige par un coup sec d'une petite serpe (fig. 916) en laissant au pédoncule une longueur de 0B14 à 0m15, indispensable pour fixer le chardon aux cadres des cardes. La récolte est portée dans des greniers bien secs et bien aérés, où elle achève de se dessécher. 11 importe que cette dessiccation se fasse à l'ombre; un soleil ardent rendrait les crochets trop cassants. Les chardons sont répandus sur le plancher en couche peu épaisse, et on les retourne une fois par jour avec des fourches de bois, en évitant les mouvements violents pour ne pas briser les crochets. Au bout de quelques jours, on Fig. 9iG. Serpe les empile les uns sur les autres, la queue en de- ^T'iaVardère dans, de façon à en former une sorte de hérisson qui ne craigne pas l'approche des rats. Lors de cette mise en tas, on met au rebut les têtes mal conformées, trop grosses ou trop petites, celles qui manquent de queue, et on enlève les fleure desséchées qui pourraient encore adhérer aux têtes et y déterminer des taches en attirant l'humidité.

Pour avoir toute leur valeur, les têtes doivent olfrir une longueur d'au moins 0m05 et ne pas excéder 0m07. On exige qu'elles soient cylindriques, que leurs crochets soient recourbés et élastiques; enfin leur couleur doit être d'un jaune roux sans aucune teinte de noir. Avant de les livrer au commerce, on les assortit par grosseur, puis on en fait des ballots qui contiennent deux cents poignées de cinquante tètes.

Rendement. — Le produit habituel de chaque pied de cardère est ordinairement de 5 tètes, et s'élève, dans les années favorables et dans les bons terrains, à 7 ou 9, ce qui donne, par hectare, de 150,000 à 300,000 tètes, ou un poids de 500 à 1000 kilogr.; on peut donc admettre que le produit moyen de l'hectare s'élève à 700 kil. de têtes sèches par hectare.

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COMPTE DE CULTURE D'UN HECTARE DE CARDÈRE SEMEE à DEMEURE,

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