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COMPTE DE CULTURE ANNUELLE D'UN HECTARE DE HOUBLON

Fra is d% établissement .

Un labour de déloncement à 0-65 de profondeur. . . 300f. »

Un hersage au printemps 2 60

Un labour ordinaire 22 »

Un hersage 2 60

Rayonner le terrain avec un rayonneur pour tracer

les lignes de plantation 5 -

Ouvrir les trous, les remplir, planter et butter. . . . 70

7500 plants repiqués, à 1 fr. 50 le 100 112 .HO

7500 échalas, à 3 fr. le 100 225 .

Faire une pointe à ces échalas, les enfoncer dans la

terre, y attaclrer les tiges 90 »

Un binage 20 »

Attacher de nouveau les tiges 15 »

Un binage et un butlage 35 »

Un binage 20 »

Enlever les échalas a l'automne et couper les tiges. . 20 ■»

Un buttage pour l'hiver 15 «

65,000 kil. de fumier, à 10 fr. les 1000 kil., y compris

les frais de transport et de répartition 650 »

Loyer de la terre 70 •

Frais généraux d'exploitation 20 »

Total 1694 f. 70

Deuxième année.

Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais d'établissement 84 f. 70

Ouvrir les monticules, tailler les liges et refaire les

monticules 30

Un labour à la houe 150 »

7500 perches à 40rr. les 100,3000 fr.; la durée moyenne de ces perches étant de dix ans, c'est seulement le

dixième de cette somme pour chaque année. ... 300 Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des neuf dixièmes

du prix total des perches 135 »

Planter les perches 100

• I n binage et buttage 35 »

Attacher les tiges et supprimer celles qui sont inutiles. 50 »

Attacher de nouveau les tiges 80 »

Deux binages, à 20 fr. l'un 40 »

Effeuiller le bas des tiges 10 »

A reporter 9S4f.7Q

Report 984 f. 70

Enlever les perches, cueillir les cônes et les transporter au séchoir. . . 250 <•

Emmagasiner les perches et fagoter les tiges 20 »

Séchage et emballage des cônes 200 •

18,709 kil. de fumier, à 10 fr. les 1000 kil., y compris

les frais de transport et de répartition 1W »

Loyer de la terre pendant un an 70 »

Frais généraux d'exploitation 20 »

Intérêt pendant un an, à 5 pourlOO, des frais ci-dessus. 85 58

Total 1817 f. 28

PRODUIT

7000 kil. de cônes secs, au prix moyen de 15"» fr. les 100 kil 2635f. »

r.AU\r.K

Produit. . 2G3of. »

Bénéfice net 817 f. 72

40 pour 100 du capital employé.

DU TABAC

Le tabac, lierbe à la reine, herbe de Sainte-Croix, herbe à Nicot, nicotiane (nicotiana tabacum, L.) (fig. 908), est une plante annuelle de la famille des solanées. Originaire de l'Amérique méridionale, elle fut envoyée en 15i8, à Charles-Quint par Cortez, qui la vit employer pour la première fois à Tabasco, comme objet de luxe, par un cacique. Le cardinal Santa Croce, légat à Lisbonne, la fit connaître à Rome où elle ne tarda pas à être prohibée comme nuisible à la santé. En 1559, Nicot, ambassadeur français en Portugal, en envoya des graines en France, et en présenta une plante, Tannée suivante, à Catherine de Médicis, qui en devint par «la suite tellement enthousiaste qu'elle la proposait comme remède pour tous les maux. Ce sont les sauvages de l'Amérique qui enseignèrent aux Européens à fumer et à mâcher ou chiquer le tabac; mais l'usage de priser la poudre de cette plante est tout européen, et appartient surtout à l Europe occidentale. L'emploi du tabac, sous ces trois formes, est devenu depuis un demi-siècle si général, que la culture de la plante et le commerce de ses feuilles sont, tant en Europe qu'en Amérique, un objet des plus importants.

Les feuilles de tabac, séchées à la manière ordinaire, n'offrent ja-

Kï6 A HT AGRICOLE.

mais le montant, et la propriété sternutatoire si développés d ans tabac du commerce. On leur fait acquérir ces qualités par une fermentation particulière qui donne lieu à une production d'ammoniaque

et à la mise en liberté du principe actif, qui est liquide et volatil.

Ce principe, désigné par les chimistes sous le nom de nicotine, est un poison des plus violents, ce qui explique les maux de tête, les vertiges, le narcolisme, et cette sorte • d'hébétement continuel qu'éprouvent ceux qui font un usage immodéré du tabac, soit en le fumant, soit en aspirant sa poudre par le nez.

En France, la production du tabac est un monopole réservé par l'État et autorisée seulement dans dix dé-

Fijf. nos. 'Mac rustique. parlements, où elle est

régie par des ordonnances qui prescrivent un mode de culture dont on ne peut s'écarter. Les départements où cette culture a pris le plus d'extension, sont le Nord, le Pas-de-Calais, le Haut et le Bas-Rhin, F Ile-et-Vilaine, la Haute-Garonne, le Lot et le Lot-et-Garonne. Dix mille hectares y sont consacrés et donnent plus de 12 millions de kilogr. de feuilles. La France consomme- annuellement plus de 17 millions de kilogr. de tabac fabriqué. C'est donc environ 5 millions de kilogr. que nous demandons à l'étranger. La totalité du revenu produit par l'impôt sur cette matière monte, en France, à 1,020, 414,983 fr.

Varîétéi. — On ne cultive en général qu'une seule espèce de tabac, le nicoliana tabacum, remarquable par l'ampleur de ses feuilles et par la couleur de ses fleurs d'un rose violacé; mais cette espèce a produit plusieurs variétés parmi lesquelles nous citerons les suivantes connue les plus cultivées.

DU TABAC

Tabac à larges feuilles (fîg. 909 à 9U ) . Feuilles très-grandes, ovales, lancéolées. Cette variété, dont

les produits sont très abondants et de bonne qualité, est celle qu'on cultive le plus généralement en Europe. Elle redoute les grands vents, car ils déchirent ses feuilles et diminuent leur valeur.

Fig. 909. Tabac à larges feuilles.

l ig. 910.

Fleur du tabac. Fruit du labac.

l ig. 911.

Tabac à feuilles étroites ou de Virginie (fig. 912). Feuilles étroites, lancéolées, pointues: tube de la corolle plus long que dans la variété

précédente. Cette variété est plus généralement cultivée en Virginie. Son produit est très-recherché, mais il est moins abondant que celui de la précédente.

Composition chimique. — D'après l'analyse de Posselt et Reimann, les feuilles de tabac, à l'état normal, contiennent les substances sui-

vantes :

Eau 8N,08<>

Fibre ligneuse 4,960

Matière extractive faiblement amére 2,840

Gomme mêlée d'un peu de malate de chaux 1,140

Substance analogue au gluten 1,043

Hésine verte 0,261

Albumine végétale 0,260

Nicotine 0 060

Matière grasse volai ile {nicolianine) 0,010

Acide malique 0.510

Malate d'ammoniaque 0.120

Sulfate de potasse . 0,048

Chlorure de potassium 0,003

Azotcte et malate de potasse 0,095

Phosphate de chaux 0,166

Malate de chaux 0.242

Silice : . . 0,0*8

Sèches, elles renferment de 5 à 6 pour 100 d'azote. Elles contien-

nent, en moyenne, 23 pour 100 de matières minérales. Les nervures des feuilles ou ce qu'on appelle des côtes en donnent 22, 1 s tiges 10 et les racines 7 pour 100. MM. Wîll et Frésénius, qui ont analysé dix échantillons de tabac de Hongrie, ont obtenu, en moyenne, 22,6 pour 100 de cendres de feuilles et 22,31 pour 100 de tiges. Ces cendres leur ont offert la composition moyenne suivante :

Potasse 15,52

Soude 0,25

Chaux 58,40

Mignésie * 12,08

Chlorure de sodium 5,16

de potassium 3,11

Phosphate de fer 6,42

— de chaux 0,59

Sulfate de chaux 6,96

Silice 9,51

Le tabac est donc une plante riche en matières azotées, en potasse, en chaux, en magnésie et en chlorures solubles. C'est une des plantes qui contiennent le plus de matières minérales.

DU TABAC

Climat et sol. — Le tabac peut se développer clans les pays les plus chauds, et sous les climats les plus froids, pourvu que Pété s'y prolonge assez pour qu'il puisse parcourir les diverses phases de sa végétation; toutefois, plus le climat est chaud, plus les produits sont de bonne qualité. On consacre donc toujours à cette culture les expositions les plus chaudes et les mieux abritées.

Les terrains les plus" favorables sont ceux de consistance moyenne, riches, profonds, et qui se, maintiennent suffisamment frais en été. Dans les sols humides, elle se développe vigoureusement, mais ses feuilles y prennent une saveur herbacée'et acide; elles se desséchent difficilement, et ne peuvent être aussi bien préparées. Du reste, la nature particulière du sol exerce sur le parfum du tabac une influence analogue à celle qu'elle produit sur le bouquet des vins. Dans les départements où la culture du tabac est permise, cette licence produit une hausse de 50 fr. par hectare dans le prix du fermage des terres propres à la production de cette plante.

Place dans la rotation. — Quoique le tabac ne soit pas très-épuisant, il exige une terre très-riche, et, autant que possible, anciennement fumée. Elle doit être, en outre, parfaitement nette de mauvaises herbes. Il succède donc avec avantage, soit aux racines fourragères copieusement fumées, soit à un défrichement de prairie naturelle ou de luzerne. Quant aux récolles qui peuvent le suivre, il n'y a pas d'exceptions, car il laisse la terre très-riche et en parfait état. Le tabac se succède à lui-même pendant plusieurs années, pourvu que le sol soit maintenu dans le même état de fertilité.

Préparation du toi. — Le terrain doit être parfaitement ameubli. A l'automne, on donne un labour ordinaire. Au printemps suivant, on pratique un hersage, on laboure de nouveau, et l'on fait suivre cette opération du second hersage, puis d'un roulage, et d'un troisième hersage; enfin, au moment même de la plantation, on pratique un labour superficiel et Ton termine par un hersage.

Engrais et amendements. — Le tabac est une. plante paresseuse; car elle ne parait absorber que l'équivalent de 750 kilogr. de fumier pour 100 kilogr. de feuilles sèches récoltées; encore ne s'appropriet-elle cette quantité de principes fertilisants qu'autant que les engrais sont répandus en grande abondance dans la terre, et surtout qu'ils sont dans un état de division et de décomposition qui les rend faciles à absorber.

La composition chimique du tabac indique quels sont les engrais qu'on doit lui appliquer de préférence. Ce sont particulièrement ceux qui î-ont riches en potasse, en chaux, en chlorures alcalins, en phosphates. Le fumier bien consommé, les composts avec cendres et

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AKT AWUCOJ.K

chaux, l'engrais flamand, la poudrelte, les tourteaux, la colombine, le guano, sont surtout ceux qui conviennent le mieux. Le plâtrage et le marnage des terres sont indispensables, puisque la chaux et le sulfate de chaux sont en proportions très-marquées dans les différents organes du tabac.

Les fumiers proprement dits sont mélangés avec la terre au moyeu des deux labours de l'automne et du printemps; et les engrais pulvérulents, tels que les tourteaux ou autres, sont répandus avant le labour superficiel qui précède immédiatement la plantation.

La proportion d'engrais varie beaucoup suivant les pays, et dépend de la récolte des feuilles à l'hectare. Ainsi, en Belgique, où Ton obtient jusqu'à 3850 kilogr. de feuilles, on fume avec

51,000 kilogr. de fumier cTétable et 8,000 — de tourteaux.

bans la Flandre française, où le produit est de 2400 kilogrammes, on emploie :

5.'i00 kilogr. de fumier, 45,000 — d'engrais flamand et 7,128 — de tourteaux.

Aux environs de Lille, on enterre, au dernier labour, de 50,000 à 50,000 kilogr. de fumier, et l'on répand en outre 1200 kilogrammes de tourteaux.

bans le département du Lot, où Ton récolte 900 kilogr.. de feuilles, on n'emploie que 48,000 kilogr. de fumier.

Bien qu'il faille un terrain riche en principes salins et organiques pour le développement du tabac, l'expérience a appris depuis longtemps qu'une trop forte dose d'engrais, incorporée d'une seule fois au sol, est défavorable, non-seulement en contribuant à produire sur les feuilles des taches qui arrêtent leur accroissement, mais encore en leur communiquant des propriétés trop acres et moins de parfum. 11 est certain que le tabac cultivé dans la terre neuve, dans les prairies retournées, dans les alluvions naturellement riches en humus, et qu'on fume peu ou point, est d'une qualité bien supérieure à celle du . tabac provenant des terres de l'Alsace et de la Flandre où l'on fume énormément.

Pépinière. — La finesse extrême des graines du tabac s'oppose à ce qu'on puisse convenablement les semer à demeure. Un centimètre cube de ces graines, pesant 55 grammes, en renferme 11,105. On sème donc en pépinière pour transplanter ensuite les jeunes plantes.

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DU TABAC

Dans le Nord, il faut semer sur une couche de bon fumier recouvert de terre bien line, mélangée de terreau et placée dans l'endroit le plus chaud et le plus abrité. Une couche de 30 mètres carrés fournit le nombre de plants nécessaires pour un hectare. On divise cette couche en planches de 1 w50 de largeur, séparées par des sentiers qui permettent de donner aux jeunes plants les soins qu'ils réclament.

On choisit, pour ensemencer, des graines récoltées Tannée précédente sur de beaux pieds, qu'on a eu soin de ne pas effeuiller, et sur lesquels on n'a pris que les fruits des premières fleurs.

Vers le milieu de mars, on répand à la volée environ un tiers de litre de semences par couche; on a eu soin, préalablement, de mélanger les graines avec du plâtre tin ou de la farine, afin de distinguer les places qui sont couvertes. Après quoi on recouvre légèrement avec un râteau, et l'on plombe le sol avec le dos d'une pelle.

Il ne reste plus qu'à entretenir la fraîcheur de la couche par quelques arrosements, à la sarcler, à l'éclaircir lorsque les plants sont trop serrés, et à la couvrir de paillassons pendant la nuit, si l'on craint les gelées blanches.

Dans le Midi, on sème en plein sol, après avoir bien ameubli et fumé le terrain. On divise également le terrain par planches, et Ton sème lorsque la température moyenne s'élève à 6°. On donne ensuite les mêmes soins qu'au semis sur couches.

Plantation. — Lorsque les jeunes plants de la pépinière sont pourvus de trois à quatre feuilles, et qu'ils ont atteint une hauteur de 0"05 à 0m07, on procède à la transplantation, par un temps doux et couvert; on trace sur le champ, avec le rayonneur, des sillons légers dont l'espacement est déterminé par le nombre de plants qu'on doit placer sur le champ f; puis après avoir arrosé la pépinière pour que la terre s'attache aux racines, on enlève les sujets et on les repique* immédiatement au plantoir, en laissant entre chaque plant une distance égale à celle qui sépare les lignes. Si la terre est sèche, on arrose aussitôt après la plantation et avant même qu'on ait rechaussé:

1 La Itéjrie prescrit le nombre de plants que doit contenir chaque hectare; ce nombre varie suivant les contrées; l'espacement à réserver entre les plants doit donc varier aussi. Ainsi, dans le Midi, on ne peut réserver que 10,000 plants par hectare, ce qui fait une distance égale de 1 métré entre chaque plant; dans le Bas-Rhin, 50,000 plantes, ou environ 0"T>5 enlre elles; dans le .Nord, 40,000 plants, ou 0"25 d'intervalle; dans le Pas-de-Calais, 50,000 plantes, ou 0"20 entre elles, etc. Ces prescriptions sont loin d'être en rapport avec les intérêts des cultivateurs du Midi, qui, avec une culture soignée et des engrais plus abondants, pourraient nourrir, sur un hectare de terre, un nombre de plants plus considérable.

AKT AGRICOLE.

dans le Midi, après l'arrosement, ou couvre chaque jeune plant avec une large feuille de chou, de bardane, de potiron, ou avec un peu du paille mouillée. Quelques jours après, on remplace les pieds qui n'ont pas repris.

Entretien. — Quinze ou vingt jours après la reprise, on donne un premier binage; quand les plantes ont atteint une hauteur de 0m30, on en pratique un second, que Ton fait suivre d'un léger buttage, après avoir supprimé les feuilles inférieures, qui seraient en tout ou partie couvertes de terre. Ces opérations sont effectuées avec des instruments attelés lorsqu'il existe un intervalle d'au moins 0m45 entre clique plant; autrement on se sert de houes à main.

Lorsque le tabac commence à montrer ses boutons à Heur, on procède à Yêcimage. Cette opération consiste à couper le sommet des tiges, de façon à favoriser l'accroissement des feuilles conservées, et à * leur faire prendre ces grandes dimensions que demande la régie. C'est encore l'Administration qui prescrit la hauteur à laquelle les tiges doivent être coupées. Le nombre de feuilles varie entre huit et neuf, suivant que le climat est plus ou moins froid; mais il est évident que si le tabac peut amener à bien huit feuilles par pied dans le Nord, on pourrait, sans inconvénient, en laisser dix ou douze dans le Midi.

L'écimagea pour effet de faire naître, à l'aisselle de chaque feuille, un rameau latéral qui commence à paraître huit ou dix jours après cette opération. Si l'on veut obtenir des feuilles offrant au plus haut . degré les qualités qu'on recherche, il importe de supprimer ces bourgeons latéraux à mesure qu'ils paraissent. On coupe également, à la même époque, les feuilles qui, trop rapprochées du sol, ont été salies par la terre, ou qui ont été altérées par un accident quelconque.

Maladies et accidents. — L'Acreté des feuilles du tal>ac en éloigne les insectes; mais il est atteint par d'autres accidents.

Les gelées blanches, les venls violents, les pluies d'orage, la grêle agissent sur lui d'une manière lâcheuse, soit en altérant, soit en déchirant ses feuilles. Toutefois, lorsque les plantes qui sont frappées par l'un de ces accidents n'ont pas plus de 0'"50 d'élévation, on peut encore en obtenir une récolte passable; il suffit d'enlever immédiatement toutes les feuilles et de couper le sommet de la tige; il s'en développe de nouvelles sur les bourgeons latéraux que font naître ces suppressions.

Vorobanc.hc rameuse, (p. 444, t. Il) est aussi un redoutable ennemi pour le tabac: celte plante parasite épuise les pieds aux dépens desquels elle vit. On doit arracher la plante attaquée avant que l'orobanche ait répandu ses semences.

DU TABAC. ôlô

Récolte et préparation. — On l'ait la récolle du tabac lorsque les feuilles commencent à devenir jaunâtres, qu elles se penchent vers la terre et qu'elles exhalent une odeur plus forte. Le mode de récolte et de préparation varie un peu selon qu'on opère dans le Midi ou dans le Nord; mais, sous l'un et l'autre climat, on choisit le moment où les feuilles ne sont pas mouillées par la rosée.

Dans le Midi, on coupe les tiges garnies de leurs feuilles à 0m04 du sol; on les laisse faner un peu sur la terre, puis on les transporte dans un bâtiment spécial qui sert de séchoir. Là, les tiges soûl liées deux à deux vers la base et suspendues, la tète eu bas, à des lattes placées horizontalement vers le plafond. La dessiccation s'opère lentement et à l'ombre. Dès que les feuilles ont passé de la couleur jaunâtre à la couleur brune, on les descend et on les sépare des tiges, puis on les classe selon leur qualité. Après quoi, on les réunit en, manoqueSy c'est-à-dire par paquets de 25 à 50, la dernière servant à lier les autres, et l'on en forme un grand tas où elles reprennent promptement leur souplesse. Dès que le tas manifeste un peu de moiteur, on l'ouvre et on le transforme en couches peu élevées que l'on visite et qu'on remue fréquemment. Enfin, lorsque les dernières chaleurs de l'automne sont passées, et que l'on n'a plus à craindre de fermentation active, on réunit les manoques sous forme de balles et on les livre à la Régie.

Dans le Nord, les tiges restent sur pied et les feuilles en sont détachées toutes en même temps. Elles sont enfilées à des ficelles tendues dans un séchoir, où elles sèchent lentement. Quand elles ont acquis le degré de dessiccation convenable, on les assemble en manoques de 60 à 70 feuilles, on les étend et on les retourne tous les huit à dix jours. Dès que la température a baissé, on les met en tas de 0m06 de hauteur sur 0œ90 de largeur, que l'on ouvre et que l'on étend de nouveau si les feuilles viennent à s'échauffer. Après quelques temps, et quand on est certain que le tabac ne s'échauffera plus, on le couvre d'une toile sur laquelle on place des poids pour maintenir une fermentation lente. Quelque temps après, on l'emballe yowr le livrer à la régie.

Rendement. — Le rendement du tabac varie très-notablement suivant le mode de culture que Ton a adopté. Dans le Midi, où l'on ne peut planter par hectare que 10,000 pieds portant chacun 9 feuilles, le produit s'élève, au plus, à 000 kilogr. de tabac sec par hectare; tandis que, dans le Nord, où l'on plante, à l'hectare, 40,000 pieds portant chacun 8 feuilles, le produit s'élève à 1800 kilogrammes. On peut donc admettre, en France, un produit moyen d'environ 1200 kil. par hectare.

541 àut agricole.

On récolle, en outre, à peu près le même poids de tiges, lesquelles peuvent servir de combustible si on les laisse sécher sur pied, ou qu'on convertit eu fumier si on les coupe avant de récolter les feuilles.

COMPTE DE CULTUItE dY\ UECTAttE HE TABAC, COUVEHT DE 40,000 PLANTES,

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