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DE LA CHICOHÊE A CAFÉ

nous nous sommes déjà occupés comme fourrage, est aussi une plante économique que Ion cultive cornue succ^dnnée du café. Sa racine

sèche, torréfiée et moulue, donne une poudre qui est bien loin de posséder le parfum et les propriétés nourrissantes et excitantes du café, mais qui fournit une infusion d'un brun foncé, douée d'amertume et qui, jointe au lait, suffit aux populations peu aisées de la Suisse, de l'Allemagne et de l'Angleterre. En France, on l'on consomme aussi une quantité notable de cette poudre, c'est surtout en mélange avec le café qu'on en fait usage.

Fig. 917. Chicorée xani'aue.

Fig.919. Graine Fig. 918. Fleur de fa de la chicot tV chicorée sauvage. sauvage.

La fabrication d'un café factice au moyen de la racine de chicorée torréfiée parait être originaire de la Hollande; elle est pratiquée dans ce pays depuis plus d'un siècle; elle est restée secrète jusqu'en \ 801 . A cette époque, MM. d'Orban, de Liège, et Giraux (ou Gibaud) importèrent le procédé de fabrication, M. d'Orban à Liège, alors chef-lieu «lu département de l'Ourthe, et M. Giraux à Onnaing, commune du département du Nord, à six kilomètres de Valenciennes. Plus tard, en 1814, lorsque la Belgique fut séparée de la France, M. d'Orban créa une nouvelle fabrique aux environs de Valenciennes.

La fabrication du café chicorée resta d'abord stationnaire et de peu d" importance; mais, depuis quarante ans, elle a pris du développe-

ment, et est devenue l'objet d'un commerce très -important. Jusque vers ces dernières années, elle était concentrée dans le département du Nord, et surtout dans l'arrondissement de Valenciennes; depuis, des fabriques se sont élevées dans diverses localités, notamment à Arras, Cambrai, Lille, Paris, Senlis, dans la Normandie, la Bretagne, . en Angleterre. Ce dernier pays prend en France, depuis quinze ans, des quantités considérables de chicorée touraillée ou cossette. Rien qu'en France, on consomme annuellement plus de six millions de kilogr. de chicorée en poudre.

La culture de la chicorée, pour la conversion de sa racine en café, est devenue une source de prospérité pour quelques communes du département du Nord.

Variétés. — La chicorée cultivée pour en fabriquer le café, n'appartient pas à la variété adoptée pour fourrage. Elle est moins amére: sa racine est plus grosse; sa tige et ses feuilles inférieures sont ve>. lues, plus grandes, plus épaisses; les dernières manquent de découpures.

Composition chimique —La racine de chicorée contient une matière exlractive amère, une matière sucrée, de l'albumine, de l'inuline, des sels, entre autres, du nitrate de potasse. Les feuilles ont une composition analogue, sauf qu'elles ne renferment pas de cette substance amyliforme qu'on a distinguée sous le nom d'inuline.

Climat et toi. — La chicorée à café peut donner de bons produits dans tous les climats de la France. Elle est assez peu délicate sur la nature du sol. 11 faut pourtant que celui-ci soit profond, de consistance moyenne, et contienne une certaine proportion d'éléments calcaires.

La chicorée, par le mode de culture qu'elle reçoit, est une récolte nettoyante; c'est donc ordinairement après les céréales, et surtout après l'orge qu'on la place dans la rotation .

Préparation du sol. Engrais.— Comme les racines pivotantes de la chicorée s'enfoncent jusqu'à la profondeur de 0m40, il faut que le sol soit ameubli, à 0W45 au moins par un labour de défoncement. Ce travail est exécuté avant l'hiver. Au printemps, on fait fonctionner le scarilicateur, la herse et le rouleau pour achever de diviser le sol.

D'après les observations faites dans le département du Nord, la chicorée à café, loin d'épuiser le sol, lui rend, par ses débris de feuilles et de tiges, plus de principes fertilisants qu'elle n'en puise; c'est donc une récolte améliorante. 11 convient, toutefois, pour que la plante présente un degré de vigueur suffisant, que la terre soit riche de l'équivalent d'environ 20,000 kilogrammes de fumier. Mais

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