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I)K L'ASPERGE

environs de Paris, d'Orléans, d'Amiens, de Nancy, de Marchiennes qu'on rencontre les cultures d'asperges les plus étendues.

Variétéf . — Toutes les variétés d'asperges peuvent être rapportées aux deux suivantes: Vasperge commune ou asperge verte, puis la grosse violette ou de Hollande dont la tête est violacée ou rougeàtre : c'est à cette dernière qu'appartiennent les asperges si renommées de Hollande, de Strasbourg, de Besançon, de Gravelines, de Marchiennés, etc.

Composition chimique, —

Fig. 929. Asperge.

9Ô0. Fig. 931. Fig. 932.

Fleur Frttil Jeune griffe

iU Vasperge. de l'asperge. d'asperge.

D'après Dulong d'Astafort et Robiquet, les racines et les jeunes pousses d'asperges contiennent les substances suivantes :

Racines. Jeunes pousses.

Fibre ligneuse ou cellulose.

Albumine végétale.

Chlorophylle.

Résine visqueuse de saveur acre.

Cire végétale.

Matière douce (nianuite), Matière cristallisable azotée (asparagine).

Substance amyli forme.

Matière extractive amère.

Acide acétique libre.

Phosphates de potasse et de chaux.

Sel double de chaux et d'ammoniaque.

Fibre ligneuse ou cellulose.

Albumine végétale.

Gomme.

Résine.

Matière sucrée.

Matière extractive amére.

Malates acides de potasse et de chaux.

Acétates et phosphates de notasse et de chaux.

Chlorures de potassium et de calcium.

Petite quantité d'oxyde de fer.

M. Schlienkamp a trouvé dans les asperges fraîches, sur 100 parlies, 95,60 d'eau et 0,40 de matières solides, fournissant 0,420 de cendres.

1 00 parties de cendres renferment :

Polasse . . . . 10,28

Foude 1,92

Chaux 13,32

Magnésie 5,35

Peroxyde de fer : * . . 4,31

Protoxyde de manganèse 1,17

Chlorure de potassium. 6,73

Acide phosphorique . . 15,45

— silicique 10,58

— sulfurique 6,27

— carbonique 8,81

Charbon 2,11»

Fable 5,45

L'asperge est donc une plante riche en potasse et en acide phosphorique.

Climat et sol. — L'asperge se développe bien dans tous les climats rie la France; mais il lui faut un terrain de consistance moyenne, "plutôt léger que compacte, riche, substantiel, profond, bien égoutté, et non graveleux.

Préparation du toi et fumure. — Le sol destiné à la culture des asperges doit être défoncé à la profondeur d'au moins 0m65. On partage le terrain dans le sens de sa longueur en planches larges de 1m40, séparées par des intervalles de 1 mètre. A l'automne, on vide les planches jusqu'à la profondeur de 0m65 et l'on dépose la terre sur les intervalles, sous forme d'ados. Lorsque le moment de la plantation est arrivé, on répand au fond de chaque planche une couche de fumier à moitié consommé, bien comprimé et épaisse de 0ro52, puis une couche de terre, parfaitement ameublie, de 0m05 d épaisseur et prise sur les intervalles qui séparent les planches.

Plantation. — Les asperges sont semées à demeure, ou semées en pépinière et transplantées ensuite. Mais, comme on ne peut en recueillir les premiers produits que quatre ou cinq ans après le semis, on préfère semer en pépinière, ou planter de jeunes plants que l'on se procure facilement dans le commerce, sous le nom de griffes.

Pépinière. Vers le mois de novembre, on récolte les baies qui se sont produites sur les tiges les plus belles, et que l'on a réservées parmi les plus précoces lors de la coupe des asperges. On a ainsi plus

DE l/ASPERGE.

de chances d'obtenir des races hâtives. Les graines sont séparées de la pulpe qui les entoure, au moyen de la macération dans Peau et de lavages, puis bien séchées; en cet état, elles se conservent plusieurs années, sans perdre leur faculté germinative.

En mars et avril, on s me en lignes distantes de 0*16, en ayant soin de placer les graines à 0B08 les unes des autres, puU on recouvre par une petite couche de terreau. Jusqu'à la fin de la seconde année, époque à laquelle les jeunes asperges sont plantées à demeure, ce semis n'exige d'autres soins que quelques sarclages et binages.

Mise en terre. — On pourrait retarder la mise en terre des griffes jusqu'à la troisième année; mais on romprait alors un certain nombre de racines en les déplantant; aussi préfère-t-on généralement des griffes de deux ans.

La transplantation se fait en septembre dans le Midi, et en février ou mars dans le Nord. Après avoir disposé des planches larges de 1m40, on les divise, dans le sens de leur longueur, par trois lignes, dont rime est au milieu, et les deux autres à 0m25 des deux bonis, puis on prépare, sur ces lignes, la place que devra occuper chaque griffe. Cette disposition doit avoir la forme d'un échiquier et laisser un espace de 0m50 entre chaque plante. Dans chacun des trous ouverts pour la plantatiun, on dépose une bonne poignée de terre bien amendée et disposée en cône, et c'est au sommet de ce cône qu'on place chaque griffe, en ayant soin de bien étendre les racines; après quoi on les entoure d'une poignée de terre pour les soustraire à l'action de l'air. Lorsqu'une planche est garnie, on achève de couvrir les jeunes plants par une couche de terre bien ameublie et qui dépasse le sommet des griffes de 0m06 environ. On plante ainsi 27,000 griffes par hectare. Il importe beaucoup que ces diverses opérations soient conduites de façon que les jeunes griffes soient mises en terre à mesure qu'on les enlève de la pépinière.

Entretien. — Pendant la première année, quelques binages ameublissent la surface du sol et détruisent les plantes nuisibles; puis, à la fin de l'automne, on coupe les tiges sèches.

Au printemps de la seconde aimée, on pratique un binage profond, et Ton charge la planche d'une couche de fumier un peu consommé, de 0w0r> d'épaisseur, et recouverte elle-même par une petite couche de terre de 0ro04, bien ameublie et prise sur les intervalles qui séparent les planches. Pendant l'été, on pratique de nouveaux binages, puis, à l'automne, on coupe de nouveau les tiges sèches.

Pendant la troisième année et les suivantes, les soins sont les mêmes, si ce n'est qu'on donne deux labours : l'un à l'automne, après avoir enlevé les tiges sèches, l'autre au printemps, avant de fumer et

ART AGRICOLK.

de recharger les planche?. Ces façons sont pratiquées avec la fourche ou trident, afin de ne pas altérer les racines.

Outre ces soins, il est encore nécessaire, dans le Midi, de pratiquer plusieurs arrosements pendant les grandes chaleurs de l'été.

Récolte. — La récolte no commence qu'au troisième printemps qui suit la plantation, encore pendant cette première année ne doiton couper que les plus grosses tiges, afin de permettre aux plantes de compléter leur développement. A partir de la quatrième année, on récolte to ites les asperges de chaque pied, jusque vers la fin de juin, et on laisse se développer lihrement les tiges qui paraissent ensuite, pour ne pas épuiser le plant. La récolte se fait, autant que possible, le soir ou le matin avant le lever du soleil. Généralement on coupe le plus pré; possihle de la racine, avec un long couteau; maison s'expose ainsi à détruire un certain nombre des asperges qui commencent à se former; aussi est-il préférable de les déchausser, de les saisir le plus ba> possible avec les doigts, et de les détacher de la racine en les tirant, en même temps qu'on leur imprime un brusque mouvement de torsion.

Durée. — Une bonne plantation d'asperges peut donner d'abondants produits pendant dix, quinze, vingt ans; mais sa durée moyenne est de quatorze ans.

Le terrain qui a nourri des asperges ne peut plus en porter qu'après un laps de temps à peu près égal à celui de leur durée sur ce terrain; niais, comme l'intervalle laissé entre chaque planche n'a pas été soumis à leur influence, on peut consacrer de nouveau le même champ à cette culture, à condition de placer la nouvelle plantation sur les surfaces primitivement occupées par les intervalles.

Rendement. — On conçoit que le rendement des asperges doive varier suivant l'espèce cultivée, le mode de culture et surtout la quantité d'engrais qui leur a été consacrée; néanmoins on peut compter chaque année sur un produit moyen de 18 jets par griffes, dont il faut laisser un cinquième à la fin de la saison; c'est donc une récolte de 15 asperges par griffes; or, l'hectare se composant de 27, 000 griffes, on obtient donc, chaque année, environ 405,000 asperges.

Outre cette récolte, le terrain consacré aux asperges donne encore d'autres produits, car la bande de terre qui sépare chaque planche peut être consacrée à la culture des haricots, lentilles, pommes de terre, betteraves, etc. Aux environs de Paris et d'Orléans, on la garnit de vigne que l'on plante sur l'un des côtés et qu'on provigne successivement a mesure que les asperges approchent du terme de leur durée. Ces produits accessoires payent leurs frais de culture, et déchargent d'autant le compte de culture des asperges.

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