QUATRIÈME SOLE DE 15 HECTARES
Pommes de terre. 1 binés Choux navets. . . 1 fumés.
Avoine.
Trèfle.
Pois.
Yescc.
Froment.
Ce qui fait 30 hectares pour la nourriture des bestiaux et 50 hectares en céréales.
DES ASSOLEMENTS
Destruction des plantes nuisibles. — Nous avons déjà l'ait remarquer que le blé, étant semé à la vo'ée et ne recevant (pie peu ou pas de façons pendant qu'il occupe le sol, favorise beaucoup la multiplication des plantes nuisibles, et que sa culture, continuée pendant plusieurs années sur le même terrain, linit par ne plus doiuier que de cliétifs produits. Toutes les plantes qui exigent le même mode de culture offrent le même inconvénient. On les a nommées, à cause de cela, récoltes salissantes.
On a nommé, au contraire, récoltes nettoyantes celles qui, pendant leur végétation, sont souvent binées ou buttées, et permettent ainsi de détruire les plantes nuisibles à mesure ,qu elles se développent : telles sont la betterave, la pomme de terre, la carotte, etc., qui, par suite des soins spéciaux qu'on leur applique, ont reçu le nom de phntes ou récoltes sarclées.
D'autres plantes produisent un résultat semblable, mais en étouffant les plantes nuisibles, lorsque celles-ci ont atteint un certain développement. Tels sont les pois, les vesces, etc. : on leur a donné le nom de récoltes étouffantes. Toutefois leur action est moins efficace que celle des plantes sarclées, car, d'une part, elles ne détruisent que les plantes annuelles dont les graines germent en même temps que les leurs, et conservent dans le sol une portion de ces graines, qui saliront la récolte suivante; et, d'autre part, elles nétoulfent pas les plantes vivaces à racines traçantes, et celles-ci reçoivent, au contraire, une nouvelle force parles coupes successives. Certains terrains, même, en sont tellement infestés que l'action des récoltes nettoyantes reste inefficace. Dans ce cas, on est obligé de recourir passagèrement à la jachère, et Ton en profite pour donner au sol de nombreuses façons d'été.
Nécessité d'ameublir le sol. — L'obligation de donner 41 la terre un degré d'ameublissement convenable pour chaque récolte annuelle influe aussi sur le choix des plantes qui doivent composer le cours de culture, et sur l'ordre de leur succession. Si l'on veut faire succéder une récolte d'hiver à une autre récolte tardive, du blé à des betteraves, par exemple, on est exposé à n'avoir plus, à cette époque, assez de beaux jours pour préparer convenablement la terre. Cette difficulté sera d'autant plus grave que Ton se rapprochera du Nord. Dans ce cas. il sera donc plus convenable de faire succéder aux récoltes tardives des ensemencements de printemps.
11 existe certains terrains dont la ténacité est telle qu'il devient difficile de leur donner le degré d'ameublissement convenable, si l'on n'emploie pas pour cela la jachère; c'est le cas de quelques terrains du Midi, non susceptibles d'être irrigués, et qui acquièrent une du-
reté extraordinaire si l'on ne maintient pas leur surface parfaitement ameublie, pendant la saison chaude, par des façons souvent répétées.
Forces disponibles pour les cultures. — Chaque exploitation met à la disposition du cultivateur une certaine quantité de force en bras d'hommes et en attelages. 11 peut, il est vrai, dépasser accidentellement le maximum de ces forces, quand les bras supplémentaires sont à bon marché, mais il est toujours d'une grande importance pour lui de se rendre parfaitement compte du nombre de journées de travail d'hommes ou d'animaux qu'exigera, dans chaque saison de Tannée, l'application d'un assolement, afin de le rendre compatible avec la somme de forces dont il pourra disposer. Autrement il s'exposerait à des pertes ruineuses, résultant, par exemple, de récoltes qu'il ne pourrait rentrer faute des bras nécessaires.
Il importe aussi d'adopter un assolement qui permette de répartir à peu près également les divers travaux de culture entre toutes les saisons de l'année. Les bras et les attelages ne restant jamais inoccupés, il en résultera une économie de main-d'œuvre.
Quotité du capital d'exploitation. — A côté de l'inlluence des forces disponibles, vient se placer celle du capital dont le cultivateur peut disposer. Nous avons vu, par l'étude de la culture spéciale de chaque sorte de plantes, qu'elles sont loin d'exiger les mêmes avances soit en engrais, soit en main-d'œuvre. Lors donc qu'on ne disposera que d'un capital peu étendu, il faudra composer le cours de culture par des récoltes qui donneront peut-être un bénéfice net moins élevé, mais qui exigeront moins d'avances. Ou bien encore, on introduira la jachère dans l'assolement, de façon à appliquer chaque année le capital à une moins grande surface; ce sera certainement le moyen d'en obtenir un bénéfice net plus élevé.
Parfois on possède certains genres d'avances et l'on manque des autres; ainsi l'on peut avoir des bras en abondance et peu d'engrais : on choisira alors les récoltes qui, comme le safran, demandent beaucoup de soins annuels et très-peu d'engrais. D'autres fois l'engrais surabonde et les bras manquent; on adopte alors la récolte qui, comme le chanvre, consomme beaucoup de fumure et exige peu de main-d'œuvre.
Réalisation des produits. — Il ne suffit pas d'obtenir des produits* il faut encore la possibilité de s'en défaire à un prix convenable. Si l'exploitation est placée près d'un centre de consommation, avec lequel les communications soient faciles, on choibit tout naturellement les plantes industrielles, qui donnent, en général, un bénéfice net plus élevé, ou l'on cultive des racines alimentaires pour l'homme; mais si l'exploitation est située loin des centres de consommation, le
DES ASSOLEMENTS
mieux est de faire consommer ses. produits sur le domaine, et de -e livrer à l'engraissement des bestiaux, eu donnant beaucoup d'extension aux plantes fourragères.
Influence du toi et du climat. — Ces deux considérations dominent certainement toutes les autres, au point de vue du choix des récoltes qui doivent entrer dans un assolement. Car nous savons d'abord que toutes les [liantes qui font l'objet de la grande culture sont loin de s'accommoder de tous les terrains, et qu'ensuite un certain nombre de récoltes exigent le climat du Midi ou le ciel brumeux de l'Ouest.
.Nous savons aussi que cette influence dn sol se fait sentir non-seulement d'une ferme à l'autre, mais parfois dans la même exploitation. Il devient alors indispensable de régler un cours de culture spécial pour chacune de ces parties et d'introduire des assolements différents dans le même faire-valoir.
Quant au climat, son influence ne se borne pas à dicter le choix des récoltes qui doivent composer le cours de culture; il décide encore de la possibilité des récoltes intercalaires, c'est-à-dire de celles qu'on peut obtenir, dans la même année, à la suite d'une récolte principale. Dans le Midi, on peut user fréquemment de ces sortes de récoltes, au moins sur les terrains susceptibles d'être arrosés. Ainsi, la récolte du blé pouvant avoir lieu dès la fin de juin, il devient facile de la faire suivre par une récolte intercalaire. Dans le Nord, au contraire, cette même céréale ne pouvant être coupée qu'à la lin d'août, * la culture des récoltes intercalaires devient beaucoup moins facile, et elle ne peut porter, dans tous les cas, sur les mêmes espèces.