PARAIS
11 est une autre plante quit généralement cultivée comme légume dans les jardins, a été comprise* depuis longtemps, dans quelques parties de la Belgique et de la Bretagne, au nombre des fourrages-racines; c'est le panais (fig. 492). Les exigepCes de cette espèce, comme climat et comme sol, paraissent devoir être un obstacle à ce qu'elle se généralise; aussi ne nous arrêtons-nous qu'un instant à l étude de sa culture.
Le panais parait présenter les mêmes qualités que la carotte; il passe même pour être plus nourrissant; son feuillage est fort recherché des bestiaux. «Les Bretons font grand cas de sa racine pour la nourriture des chevaux, et lui attribuent la crème abondante du lait de leurs vaches. Suivant Mathieu de Dombnsle, aucune racine ne serait plus profitable pour l'engrais des bêtes à cornes, des cochons, et pour la nourriture des vaches laitières. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle est charnue, succulente, d'une odeur forte, et que la cuisson l'améliore, la rend savoureuse et très-substantielle; elle contient 12 pour 1 00 de sucre cristallisable; on n'en connaît pas d'analyse complète; elle serait pourtant bien utile à faire. Schwerz, qui considère cette racine comme très-propre à l'engraissement, lui attribue la propriété de donner au lait, particulièrement au printemps, une*saveur amère. « Cet inconvénient disparait, dit-il, lorsqu'on fait consommer le panais en mélange avec des carottes. »
Variétés. — Le panais cultivé (Paslinaca sativa, L.) appartient, comme la carotte, à la famille des ombellifères. On en connaît deux variétés principales : le panais rond, cultivé dans les jardins comme légume, et le panais long (fig. 495 et 494), objet de la grande culture.
Nous avons également soumis cette racine fourragère à nos expériences, dans les différentes terres; en voici le résultat. Et d'abord, quant à leur pouvoir productif, ces terrains doivent être rangés dans l'ordre suivant :
l e sol calcaire a donné en racines. . Iki'i56; enfeuilles. 0*"£i*i
Le sol argileux 0 480 — 0 118
Le sable humifére 0 460 — 0 07C
Le sabU d'alluvion 0 328 - 0 148
DU PANAIS. 101 Quant à l'influence de ces différentes terres sur le pouvoir nutritif
Fig. 492. Panais cultivé.
Fleur.
Fruit.
Fig. 493. Panais long.
Fig. 494. Feuilles du panais long.
de cette plante, nous avons consigné dans le tableau suivant les résultaie de son analyse dans ces divers sols •
COMPOSITION DES RACINES ET DES FEUILLES DU PANAIS LONG, CULTIVE DANS LES SOLS SUIVANTS (SUR 100 GRAMMES.)
SOL CALCAIRE
SOL ARGILEUX
IIAC1\ES.
FEUILLES
RACINES
FEUILLES
Eau.
Matière
sèche.
Eau.
Matière sèche.
Eau.
Matière
sèche.
Eau.
Matière sèche.
manque
manque
manque
manque
RABLE n'ALLUVIOX.
SAULE HmtFKUE.
iucjnes.
FKUIU.ES.
RACINES
FEUILLES
Eau.
Matière
sèche.
Fan.
Matière sèche.
Eau.
Eau.
Matière sèche.
Climat et toi. — Le panais exige un climat doux et humide. M. do (lasparin dit avoir vainement essayé sa culture dans le Midi. Un des avantages principaux de cette plante, c'est qu'elle supporte sans souffrir le froid de nos hivers, ce qui permet de ne récolter qu'à mesure des besoins.
Quant au sol qui lui convient le mieux, nous voyons qu>n suivant la raison composée du pouvoir productif et du pouvoir nutritif, dans les différents sols qui précèdent, ces terrains doivent être rangés dans l'ordre suivant :
Nombres exprimant les valeurs relatives.
Sol calcaire 470,8000
Sable humifére :>4!>,7iflO
Sable d'alluvion 294,072S
Sol argileux 174,6001
Le panais doit occuper, dans les assolements, la place que nous avons assignée à la carotte. En Bretagne, on l'associe aux fèves et aux choux. Schwerz, s'appuyant sur ce qu'il demande les mêmes soins que la carotte, recommande vivement de le cultiver en mélange avec cette dernière.
DES RAVES
Culture. — Le panais, s'enfonçant profondément dans la terre, réclame une préparation du sol en tout semblable à celle que nous avons indiquée pour la carotte. Comme il parait être plus épuisant, on devra fumer la terre plus copieusement encore. L'ensemencement est fait de la même manière; seulement, comme les graines sont un peu plus grosses, on les répand dans la proportion de 5 à 6 kil. par hectare. Ces graines ne conservent pas leur faculté germinative au delà de Tannée qui suit la récolte. Quant aux soins d'entretien et au mode de récolte, ils sont exactement les mêmes que pour la carotte.
Le produit du panais passe pour être plus abondant que celui de la carotte, dans les terrains et sous le climat qui lui conviennent le mieux. Quant au bénéfice que peut donner cette culture, il doit différer peu de celui de la carotte; car, s'il produit davantage, il absorbe aussi une plus grande quantité d'engrais.