dans le sol argileux
. 9.30 dans le sol calcaire.
Elles sont donc moins substantielles que les pommes de terre, les carottes et les betteraves. Néanmoins, dans la matière solide, desséchée parfaitement, il y a autant d'azote que dans celle des racines précédentes. Drappier y a trouvé 9 pour 100 de sucre cristallisable. M. Boussingault assigne aux navets desséchés à l'étuve la composition élémentaire suivante :
Carbone 42,93
Hydrogène 5,61
Oxygène 42,20
Azote 1f68
Cendres 7t58
Les racines donnent 7,6 pour 100 de cendres, et les feuilles 9,39. Ces cendres sont ainsi composées :
itaciiies.
Feuilles.
— phosphoriquc. • .
2,9 chlorure de sodium.
Oxyde de fer, alumine. .
Charbon, humidité, perte.
M. Liebit; admet que dans 100 parties de cendres de navets il y a :
En sels de potasse 81,60
En sels de chaux et de magnésie 18,40
Les raves peuvent être cultivées : soit comme récolte principale, soit comme récolte intercalaire après une récolte principale, soit enfin comme récolte dérobée. Examinons séparément ces trois modes de culture.
IXaves cultivées comme récolte principale.
Place dan» la rotation. — Dans les contrées où, comme en Angleterre, la culture des raves est la plus répandue comme récolte principale, on place celles-ci au début de la rotation, en leur appliquant la plus grande partie de la fumure destinée aux récolles suivantes, puis un leur fait succéder une céréale de printemps.
Préparation du aol. — En automne, immédiatement après l'enlèvement de la récolte précédente, on donne à la terre Un labour profond de 0"'50 à 0m?>5. On laisse ensuite le champ dans cet état jusqu'au printemps suivant. Vers le milieu d'avril, lorsque la terre est bien égouttée, et par un temps sec, on pratique un labour ordinaire en travers du premier. Aussitôt après, et le même jour, s'il est possible, on herse et Ton roule pour pulvériser la terre. On opère ensuite un nou-
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veau hersage, mais avec une herse en fer un peu pesante et à dents recourbées, afin de ramener à la surface du sol les racines traçantes des plantes vivaces, ainsi que les mottes de terre qui n'auraient pas été divisées. Quand ces racines sont réunies, on les porte hors du champ, ou on les brûle sur place pour en répandre les cendres à la surface. Un mois après, quand les graines des plantes nuisibles ont eu le temps de se développer, on donne une façon composée d'un trait de scarificateur, auquel on fait succéder le rouleau et la herse.
Amendements, engrais. — Les raves et navets, comme nous l'avons vu plus haut, sont essentiellement des plantes à potasse et à chaux. 11 faut donc que le terrain où on les cultive soit riche en sels alcalins et calcaires; c'est ce qui explique pourquoi ces plantes réussissent si bien sur les écobuages, sur les défrichements, sur les terres possédant du vieil engrais, et notamment aussi sur les sols calcaires. Le chaulage et le marnage, dans les sols non calcaires, sont indispensables; il en est de même des engrais riches en chaux et en alcalis, tels que les os, les noirs, les cendres, la poudrette. Les fumiers consommés conviennent mieux que les autres. Dans tous les cas, il y a grand avantage à fumer copieusement. En Angleterre, on préfère à tous les engrais la poussière d'os, qu'on remplace maintenant par le superphosphate; M. Thackeray affirme que les navets de Suède récoltés sur des terres préparées avec de l'engrais d'os valent quatre fois ceux venus sur une terre fumée par les procédés ordinaires.
D'après M. de Gasparin, 100 kilogrammes de racines de raves absorbent dans le sol l'équivalent de 60 kilogrammes de fumier. Si l'on porte le rendement moyen d'un hectare à 30,000 kilog. de racines et à 12,000 kilog. de feuilles, ou en tout à 42,000 kilog., il en résulterait que cette récolte enlèverait au sol 18,000 kilogrammes d'engrais, ou environ 45 kilogrammes pour 100 de racines et de feuilles récoltées.
Semaille. — Choix des semences. Les motifs qui nous ont fait conseiller aux cultivateurs de récolter eux-mêmes les graines de betterave et de carotte nous engagent à leur faire la même recommandation pour la rave. Mais, comme les variétés de cette plante dégénèrent plus facilement encore, on devra apporter à cette opération des soins tout particuliers. Voici comment s'y prennent les cultivateurs du Norfolk, qui ont poussé si loin la perfection de cette culture.
Une longue observation les a convaincus que les graines, recueillies pendant plusieurs années de suite sur des raves transplantées annuellement, donnent lieu à des racines dont le collet devient plus étroit, et dont la racine est plus tendre, mais moins épaisse. Si, au contraire, les graines sont successivement récoltées sur des raves non transplan-
tées, d'autres modifications se produisent; le collet de la racine devient plus large, plus écailleux, l 'épiderme plus rude, la chair est dure et fibreuse, le pivot se bifurque, labasf de la racine pourrit facilement; en un mot, la plante tend à reprendre les caractères de son état sauvage. Pour échapi>er à ces deux inconvénients extrêmes, les cultivateurs du Norfolk font porter graine, tantôt à des raves transplantées, tantôt à des raves non transplantées, suivant que le produit des unes ou des autres menace de perdre les caractères qu'ils veulent conserver.
La transplantation des raves se fait en hiver; on choisit, non les racines les plus grosses, mais celles qui offrent, au plus haut degré, les caractères de la variété à laquelle elles appartiennent; on les plante dans un terrain fertile, en les plaçant en lignes distantes de 0*65 environ, afin de pouvoir leur appliquer économiquement les façons d'entretien.
Quant aux porte-graines non transplantés, on les sème dans un terrain spécial, bien fumé, en lignes offrant entre elles le même espace, et de façon à ce qu'il existe une distance de O^oO entre chaque plante. On leur donne ensuite des soins d'entretien semblables à ceux que réclament les produits cultivés pour la consommation, et dont nous parlerons tout à l'heure.
Dans tous les cas, le terrain destiné à recevoir les porte-graines devra être le plus éloigné possible des champs où peuvent fleurir d'autres plantes du même genre, telles que colza, choux, navettes, etc.; car ces diverses plantes s'entre-fécondent très-facilement, même à d'assez grandes distances, et leurs graines donnent alors lieu à des produits complètement dégénérés.
Vers le temps de la maturité des graines, et jusqu'à leur récolte, il est indispensable de faire séjourner constamment un enfant autour du champ pour en éloigner les oiseaux. Enfin, quand la maturité est complète, on récolte et Ton bat. Les semences peuvent se conserver, avec toutes leurs qualités, pendant un certain nombre d'années.
Époque des semailles. La rave ne doit pas être semée trop tôt, sans quoi elle développerait sa tige et fructifierait l'année même de son ensemencement, au lieu de former sa racine charnue. Dans le Nord, on la sème au commencement de juin; dans le Centre, en juillet. Il faut attendre un mois plus tard dans le Midi, mais alors elle ne peut plus être cultivée que comme récolte intercalaire.
Mode de semailles. Quand le sol a été préparé, et que le moment de semer est arrivé, on répand la fumure et on l'enterre par un labour ordinaire peu profond. On fait ensuite passer la herse, et Ton ense-
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