‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 49 sur 167 · en · texte numérisé non relu

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7 sans couverture entre le 5e et le 8* jour.

C'est donc à une profondeur qui varie de 0m015 à 0B030 que cette graine doit être enterrée pour se développer convenablement. On ira jusqu à 0m050, si le sol est léger, si l'on sème tard au printemps, ou si la terre n'est pas couverte d'une autre récolte en végétation. On se contentera de 0m015 et même moins, si la terre est compacte, si Ton sème de très-bonne heure, ou si le sol est déjà couvert d'une récolte.

Quantité de semences. Le but que Ton se propose, en créant des prairies artificielles, diffère essentiellement de celui qu'on a en vue lorsqu'on cultive les plantes céréales et toutes récoltes à graines. Dans le premier cas, on veut obtenir, sur une surface donnée, la plus grande quantité possible de fourrage de bonne qualité; dans le second, on ne se préoccupe que de la production des semences; et il est alors nécessaire de réserver, entre chaque graine, un espace suffisant pour que les plantes puissent prendre un développement vigoureux sans s'affamer mutuellement, et donnent ainsi une abondante récolte de semences. Si le trèfle et les autres plantes propres aux prairies artificielles étaient semés de cette façon, ils deviendraient plus grands, les tiges plus grosses, plus vigoureuses, on obtiendrait enfin plus de fourrage sur la même surface que si les semences étaient répandues trèsdru; mais ces produits seraient de mauvaise qualité. Les tiges seraient trop grosses, trop dures, elles opposeraient une grande résistance à

l'action de. la mastication des bestiaux. Semées dru, au contraire, les , tiges sont moins élevées, mais plus nombreuses; elles sont déliées, tendres, et sont facilement mangées par les animaux; elles sont aussi moins aqueuses et plus nourrissantes à poids égal. En outre, cet ensemencement serré étouffe, dès la première année, les plantes étrangères qui lui disputent le terrain, et maintient le sol abrité contre l'ardeur du soleil. Enfin, les tiges étant moins charnues, moins grosses, sont bien plus facilement transformées en fourrage sec. 11 ne faudrait pas cependant tomber, en ce sens, dans un autre excès; car les plantes, trop pressées les unes contre les autres, ne prendraient plus qu'un développement chétif, et l'on aurait une perte notable sur le produit et un accroissement de dépense occasionné par l'emploi d'une plus grande quantité de semences.

En résumé, la quantité de graine de trèfle nécessaire pour ensemencer un hectare ne peut être indiquée d une manière précise. Elle doit varier suivant certaines circonstances. Il faut plus de graine dans les terres légères que dans les sols compactes, où les plantes tallent davantage et où elles sont moins exposées à la sécheresse. 11 en faut plus aussi dans les terres salies par les mauvaises herbes que dans les terres nettes; plus dans les sols pauvres que dans ceux qui sont richement fumés; plus sous les céréales d'hiver que sous celles d'été; plus lorsqu'elles sont déjà levées que si on répand les deux semences au même moment. On conçoit que la quantité doit être aussi augmentée lorsque la semence est de médiocre qualité.

Les proportions les plus usitées sont, par hectare, pour les semences de bonne qualité, dépouillées de leur balle :

D'après Burger, sous les céréales d'été, sols argileux riches 14 kit.

— sur sols sablonneux 19

— sur les mêmes en temps sec 23 —

D'après Arlhur Young, moyenne en Angleterre 18 —

Dans les Pays-Bas, sols sablonneux 20 —

— sols argileux fertiles 9 à 12

En France on sème en général. . . <. U à 10

La moyenne générale est donc d'environ 15 kilog. de semence par hectare.

M. Didieux n'emploie pas la même quantité de semence, selon qu'il destine son fourrage à être mangé en vert ou en sec. Dans le premier cas, il sème à raison de 12 kil. à l'hectare, et dans le second, à raison de 10 à 20. Cette grande différence sur la quantilé de la semence repose sur les considérations suivantes :

V Par 20 kil. de semence par hectare, on obtient un fourrage fin

A HT AGH100LL.

et dont les tiges ont le double mérite d'être beaucoup plus faciles à dessécher et d'être plus facilement soumises par les animaux à une mastication complète;

2° Le fourrage lin, à cause de cette facilite de dessiccation, se conserve beaucoup plus longtemps, et n'est pas aussi susceptible de moisir ou de se charger de poussière que s'il était composé des fortes tiges d'une récolte clair-semée.

Lorsque le trèfle est destiné à durer plus d'une année et à servir de pâturage la seconde année, il est avantageux d'y mêler un peu de trèfle' blanc ou, suivant la méthode anglaise, quelques graminées, parmi lesquelles les plus convenables sont les ray-gra$s (voy. les prairies artilicielles non légumineuses).

Dans les sols snblo-argileux, même lorsque le trèfle ne doit durer qu'une année, on mêl* aussi du trèfle blanc au trèfle rouge, dans la proportion de \ à 2 kil. du premier, parce que, lors de la première coupe, celui-ci échappe en partie à la faux et couvre ensuite les parties claires, qui seraient brûlées par le soleil, jusqu'à ce que la seconde crue du trèfle rouge ait le temps de les couvrir à son tour.

Soînt d'entretien — Lorsque le trèfle a été semé avec les soin? que nous venons d'indiquer, il ne réclame ordinairement, jusqu'au moment où on le rompt, d'autre entretien que le plâtrage et l'ap plication d'engrais, lorsque le sol n'en contient qu'une dose insuftisante.

Plâtrage. Cette opération, si utile pour toutes les plantes légumi neuses, agit avec la plus grande efficacité sur la végétation du trèfle. Nous avons décrit cette pratique à la page 312-320 du premier vo lume.

Fumure complémentaire. Lorsque le sol n'aura pas été assez richement fumé, on y suppléera par une fumure répandue sur le trèfle après son développement. On peut employer les engrais suivants: tiente de pigeons, cendres de tourbe ou de bois, charrée, compost de chaux bien mûr, poudre d os très-fine, plusieurs arrosages d urine. Schwerz l'a dit avec raison, l'emploi de l'engrais liquide, combiné avec celui du plâtre, est le levier le plus puissant qu'on puisse appliquer à la culture du trèfle, et le seul inconvénient qu'on en puisse redouter est de produire un trèfle tellement gras, qu'on le voie verser . comme les céréales.

Influences et animaux nuisibles. — Plantes parasites. — Influences nuisibles. Un été brûlant, agissant sur le trèfle déjà germé, peut devenir mortel pour cette jeune récolte. Ce cas arrivant, il est encore possible de semer du trèfle après la récolte des céréales, surtout si ce

sont des céréales d'hiver. Aussitôt après leur enlèvement, on donne un léger labour et Ton herse de suite. Dès que le sol commence à se couvrir de mauvaises herbes, on laboure, on ameublit la surface el Ton sème le trèfle seul; lorsqu'il est un peu hors' de terre, on plâtre. Il est bien entendu que cette opération ne peut être tentée que sur une terre richement fumée.

L'action successive des gelées et des dégels peut aussi déterminer la mort des jeunes trèfles, surtout dans les terres où les plantes se déchaussent facilement, et cela parce que le plus grand nombre des racines restent exposées à toutes les intempéries. On peut, jusqu'à un certain point, prévenir cet accident en faisant pâturer, à l'automne et même au commencement de l'hiver, les jeunes trèfles. Le piétinement des bestiaux aura pour effet de serrer et de raffermir la terre autour des racines. Mais, lorsque le mal est fait, lorsque les racines, détachées du sol par le froid, sont mises à nu, il n'y a d'autre remède que l'emploi du rouleau.

Il est évident que plus les trèfles sont forts, vigoureux et garnis, et mieux ils résistent aux gelées. Le moyen le plus assuré pour parvenir à ce résultat consiste à employer un demi-plàtrage aussitôt que la semence du trèfle est confiée à la terre. Cette précaution a l'immense avantage de donner aux plantes une première vigueur, qui les rend capables de résister aux sécheresses printanières, et de bien garnir la terre.

Pour mieux favoriser la germination et la levée du trèfle, M. Didieux enrobe les graines de plâtre avant de les semer. Voici comment il opère cette espèce de pralinage. Il mouille d'abord les graines, les étale ensuite sur un grand linge, et quand elles n'offrent plus qu'un certain degré d'humidité, il les saupoudre de plâtre très-fm et passé au tamis. 11 les sème immédiatement après. Ce mode, aussi simple que facile à exécuter, assure une prompte végétation, et la . dépense qu'il entraîne est tellement minime qu'il est impossible de l'évaluer.

Depuis que M. Didieux suit cette pratique, en semant ses trèfles sur blé ayant reçu du fumier plâtré, ainsi qu'il en a été question à la page 318 du premier volume de ce Traité, il a toujours eu d'abondantes récoltes, qui ont échappé aux inconvénients des sécheresses printanières et des gelées d'hiver.

Animaux nuisibles. L'ennemi le plus à craindre pour les. jeunes trèfles est une espèce de petite limace grise. Ses dégâts sont surtout considérables pendant l'hiver qui suit l'ensemencement, dans les années humides, sur les sols bas, entourés de haies et d'arbres. Une petite araignée de terre fait aussi parfois des ravages étendus. Ces m. 11

deux ennemis peuvent être détruits au moyen du rouleau Croskyll. * On ne doit pourtant le faire fonctionner qu'avant ou après le coucher 'du soleil, parce que c'est alors seulement que ces petits animaux sortent de leurs retraites.

Planles parasites. Un autre fléau non moins redoutable pour le trèfle est une plante parasite appartenant à la famille des convolvulacées, la cuscute dCEurope (cuscuta europxa, L.) (fig. 540), connue

aussi des cultivateurs • sous les noms de rasque, teigne, tignasse, barbe-de-moine, cheveux-de -Vénus, etc.

Cette plante qui parait offrir, en France, plusieurs variétés, désignées par les botanistes sous des noms différents, vit aux dépens, non-seulement du trèfle, mais encore d'autres plantes agricoles.

Fig. 540. Cuscute (? Europe.

Vig.

Graine grossie de la cuscute.

La graine de la cuscute (fig. 541) est très-petite, d'une forme arrondie, ovoïde, et d'une couleur brune jaunâtre; pourvue d'une tunique épaisse et dure, elle peut se conserver longtemps dans la terre, jusqu'au moment où elle rencontre les circonstances favorables à son développement; elle peut même traverser les organes digestifs des animaux sans perdre ses facultés gcrminatives.

Dès que l'une de ces graines commence à germer, la jeune plante développe, à l'extrémité d'une racine peu étendue, plusieurs mamelons qui lui tiennent lieu de radicules. Cette racine disparait d'ailleurs aussitôt que la tige s'est attachée aux plantes voisines.

La tige est herbacée, grêle, déliée comme un* fil, d'une couleur roussàtre, très-rameuse. D'abord simple, elle rampe sur le sol jusqu'à

uigitizeo Dy

ce qu elle ait trouvé à s'attacher sur une plante qui lui convienne. Alors elle s enroule autour des tiges ou des feuilles, et à chacun de ses points de contact, sa tige développe de petits mamelons dont la pointe pénètre et s'insinue dans le tissu cortical de la plante et en absorbe les sucs nutritifs. De nouvelles tiges ou filaments naissent en abondance des tiges primitives, s'enroulent et s'attachent sur toutes les parties de la plante, la font disparaître en quelque sorte au milieu de leurs innombrables réseaux et la font bientôt périr. Une chose remarquable, c'est que ces filaments, détachés par fragments de la plante qui les nourrit, peuvent vivre pendant plusieurs jours, et que, déposés sur d autres plantes, ils s'y fixent immédiatement au moyen des petits suçoirs qui apparaissent sur les nouveaux prolongements.

Aussitôt que les premiers filaments de la cuscute ont pris un certain développement, on voit naître de place en place des groupes de petites fleurs (fig. 54'2 et 543) de couleur blanchâtre, réunies en

Fig. 542. Fleur grossie Fig. 543. Groupe Fig. 544. Fruil

de cuscute. de fleurs grossies. grossi de cuscute.

bouquets globuleux au nombre de dix à quarante. Le fruit qui succède très-promptement à ces fleurs est une petite capsule sphéfîque ou ovoïde (fig. 544), à deux loges dont chacune contient deux graines.

Cette plante parasite parait résister à nos hivers. A la vérité, tous ses filaments disparaissent, mais elle forme sur le sol, au pied de la plante qui Ta nourrie, de petits tubercules libres qui donnent lieu, au printemps, à de nouveaux individus. Elle est donc pourvue de trois modes de reproduction : les fragments de tige, les graines, et les petits tubercules dont nous venons de parler.

La végétation de la cuscute est si rapide, pendant la belle saison,

qu'en trois mois de temps un seul pied peut faire périr toutes les plantes de trèfle qui l'environnent, jusqu'à une distance de trois mètres.

On voit par ce qui précède combien il çst difficile de détruire cette plante, et cependant les ravages qu'elle exerce doivent engager à ne reculer devant aucun soin, quelque minutieux qu'il soit. Pour atteindre ce but, il faudra : 1° ne pas employer pour fumer les prairies artificielles les litières des bestiaux nourris avec des fourrages infestés de cuscute; 2° ne pas récolter de graine de trèfle dans les champs infestés, ou du moins faire cueillir cette graine à la main; 3° ne pas semer cette graine ou celle qu'on aura achetée sans en avoir séparé avec le plus grand soin la graine de cuscute qui s'y trouve souvent mélangée.

Cette séparation peut être faite facilement, d'abord en froissant avec force la. graine de trèfle entre deux grosses toiles, afin de rompre les capsules de la cuscute, puis en pratiquant un criblage à travers une toile métallique de laiton n° 9, de façon qu'elle retienne la graine de trèfle et qu'elle laisse passer facilement celle de cuscute, qui n'a guère qu'un demi-millimètre de diamètre.

Quant aux procédés essayés pour détruire cette plante sur un champ qui en est attaqué, ils sont assez nombreux; mais bien peu d'entre eux méritent d'être préconisés. Le procédé du feu a donné jusqu'ici de bons résultats, partout où il a été bien exécuté ; voici comment on opère :

Dès qu'on s'aperçoit qu'un champ de trèfle est attaqué sur quelques-uns de ses points, on coupe les plantes le plus près possible de terre, un peu au delà de la surface attaquée; on place dans un sac le produit de cette coupe ainsi que tous les fragments de cuscute que l'on aura soigneusement ramassés, et on va les brûler au loin. Puis, sur la place que l'on a ainsi coupée et bien nettoyée, on répand de la paille ou d'autres combustibles, et l'on y met le* feu.

Les lignites pyriteux, l'acide sulfurique étendu d'eau, la dissolution de sulfate de fer faite dans les proportions de 100 kil. par mille litres d'eau, réussissent assez bien, ainsi que l'ont vu M. Lecoq, et plus récemment H. Ponsard. Ces substances activent en outre la végétation du trèfle, mais leur emploi n'est avantageux que dans les terres calcaires, car dans les sols purement argileux, elles détruiraient le trèfle, si leur proportion dépassait une certaine limite.

Récolte. — Le produit du Jrèfle peut être utilisé de deux manières : soit comme nourriture verte, soit comme fourrage sec. '

Emploi du trèfle en verl. Sa consommation comme fourrage vert présente surtout de l'avantage dans les contrées à climat humide,

où le trèfle repousse facilement en été, et où il est souvent difficile de le transformer en fourrage sec. Dans les contrées plus sèches, si Ton commence à le couper lorsqu'il n a atteint que la moitié de sa croissance, comme cela doit avoir lieu pour la nourriture verte, il est surpris par la sécheresse de Tété et ne repousse qu'à l'automne; aussi est- il préférable de l'utiliser comme fourrage soc. On peut déjà obtenir une première récolte à l'automne qui suit Fensemf ncement. Cette première coupe, qu'on fait presque toujours consommer eq vert à cause de la difficulté que l'on éprouverait à la faire sécher à cette époque de l'année, ne laisse pas que d'être abondante, surtout si l'ensemencement a été fait à l'automne précédent, ou de bonne heure au printemps, ou si le commencement de Tété a été chaud et humide.

Pour recueillir cette première récolte, on fait couper la céréale associée au trèfle assez haut pour que sa rentrée ne soit pas retardée par la nécessité de sécher celui-ci que l'on aurait coupé avec les chaumes; puis, on fait pâturer le trèfle sur place, ou on le fauche avec les chaumes de la céréale pour le faire consommer à l'étable.

Immédiatement après cette première coupe, le trèfle se développe de nouveau avant l'hiver. Il faut se garder de chercher à utiliser cette nouvelle pousse; d'abord son produit vaut à peine les frais de la récolle, puis cela fatigue les jeunes plantes, qui- souffrent pendant 1 hiver et peuvent périr en grand nombre.

C'est pendant la seconde année de son ensemencement que le trèfle donne son principal produit. Lorsqu'il doit être employé en vert, on commence à le faire consommer au printemps, le plus tôt possible, c'est-à-dire lorsqu'il a atteint une hauteur de 0m15 à 0B20* Cette récolte précoce a pour résultat de donner une nourriture plus tendre, plus facilement assimilable par tous les bestiaux; si l'on attend plus tard, un grand nombre de tiges, devenues dures et ligneuses, sont délaissées par les animaux, et si l'étendue du champ est un peu considérable eu égard au nombre de bestiaux à nourrir, on est bientôt obligé de suspendre ce mode de consommation pour transformer le trèfle en fourrage sec.

Entin on peut, en faisant consommer de bonne heure, obtenir trois récoltes successives, surtout dans les étés humides, tandis qu'autrement on n'en obtient que deux.

Deux méthodes se présentent pour l'emploi du trèfle vert : le faire consommer à l'étable, ou pâturer sur place. La consommation à l'étable n'a pas besoin d'être décrite. Quant au pâturage, comme il importe de ne pas laisser les bestiaux libres sur le champ, dans la crainte qu ils ne gâtent autant de fourrage qu'ils en consommeraient, voici

comment on procède dans plusieurs contrées de la Normandie, notamment dans le pays de Caux: chaque bête est attachée à un piquet par une rorde de 3-50 de longueur (fig. 545). Cette corde est coupée

Fig. :>IT>. Corde pour faire pâturer les bestiaux au tiers ou au piquet.

en deux parties égales, dont Tune est fixée au piquet, et l'autre aux cornes ou au licou de l'animal. Ces deux parties sont réunies par une planchette de 0m50 de longueur et de 0-08 de largeur, percée obliquement d'un trou à chaque extrémité. Les bouts des cordes entrent dans ces trous par les côtés opposés et sont retenus par un nœud. Le but de cette disposition est de permettre à la corde de tourner sans se tordre, condition sans laquelle elle s'entortille facilement autour des jambes et du cou de l'animal, et peut occasionner des accidents. Le piquet (fig. 546) a 0"40 à 0-50 de longueur; il est en fer ou en bois ferré au bout, et porte une frette en tête. On l'enfonce au niveau du sol.

Pour éviter que les animaux ne gâtent le fourrage, on les empêche de marcher sur celui qui est sur pied. A cet effet, lorsqu'on entame une pièce de trèfle (fig. 547), on a soin de faucher, au préalable, une

Fig. 546. Piquet. Fig. 547. Pâturage au piquet ou au tiers.

lisière B de 2"50 environ de largeur. Les piquets sont alors placés sur le bord extérieur de cette lisière en C, et les bêtes n'ont ainsi à leur disposition qu'un segment D de 0m50 à 0m70 de largeur de fourrage, sur lequel elles n'avancent qu'à mesure qu'elles mangent. Dès que cette surface est broutée, on porte le piquet à 0m50 ou 0-60, et l'on continue

ainsi jusqu'au bout du c|iamp de trèfle. On voit que, par cette disposition, les animaux, placés sur la même ligne à deux longueurs de corde les uns des autres, ne peuvent s'atteindre, et que cependant aucun espace ne reste entre eux sans avoir été pâturé.

Un jeune pâtre ou une vachère suffit pour vingt-cinq à trente bêtes. Pour les rentrer, les changer de lieu ou les mener boire, on commence par détacher la bête de droite, et on en attache la corde aux cornes de sa voisine. On en fait de même des autres jusqu'à la dernière bête de gauche, dont la corde est tenue par le vacher. Pour les mettre en place, on commence, au contraire, par la bête de gauche. On donne à ce mode de pâturage le nom de pâturage au piquet ou de pâturage au tiers, et cette seconde dénomination vient de ce que les animaux qui y sont soumis sont ordinairement changés de place trois fois par jour.

Les avantages qu'offre ce mode de faire consommer le trèfle en vert sont les suivants : On obtient des vaches une plus grande quantité de lait que de celles qui sont nourries à l'étable; on peut entretenir un plus grand nombre de bestiaux avec la même surface de prairies artificielles; on n'est pas obligé de faire faucher et transporter le fourrage dans les étables; l'engrais étant répandu par les bestiaux mêmes sur le sol, il devient inutile de transporter cette fumure sur les terres, comme cela a lieu pour la nourriture a 1 etahle; enfin, il n'est pas nécessaire d'avoir des étables ou des bergeries aussi vastes que lorsqu'on veut y faire séjourner les bestiaux pendant Tété.

Mais d'un autre côté, par la nourriture verte prise à l'étable, l'engraissement parait se faire d une manière plus prompte, et l'on recueille une plus grande quantité de fumier. 11 est donc difficile de recommander i'un ou l'autre de ces deux procédés d'une manière exclusive; c'est au cultivateur à examiner auxquels de ces divers avantages il devra donner la préférence. Disons, cependant, que s'il s'agit de recueillir la première coupe des jeunes trèfles à l'automne qui suit leur ensemencement, et que ces trèfles soient placés sur une terre compacte et humide, il vaudra mieux faire consommer ce produit à l'étable que de le faire pâturer sur place; car les bestiaux amenés sur ces champs enterrent ou déracinent, par leur piétinement, un certain nombre de jeunes plantes, et creusent des cavités qui s'emplissent d'eau et font périr pendant l'hiver les trèfles qui y sont engagés. Si, au contraire, le terrain est sec et léger, il vaudra mieux faire pâturer cette première coupe sur place, car le piétinement des animaux raffermira la terre auiour des jeunes plantes, et empêchera celles-ci de se déchausser pendant l'hiver.

Quant aux accidents de météorisation que produit quelquefois le

trèfle vert sur les bestiaux, ou a observé qu'ils y sont d'autant plus exposés : 1° que cet aliment succède immédiatement à une nourriture sèche, et qu'ils le mangent avec plus d'avidité; 2° que le trèfle est plus jeune et plus succulent; 3° qu'il est mouillé par la rosée lorsqu'on le fait pâturer sur place; 4° qu'on le fait consommer à Jetable après qu'il a été en partie flétri par le soleil, ou bien que, fauché au soleil, il s'est échauffé en tas; 5° enfin, qu'on fait boire les animaux immédiatement après leur repas. Il est donc prudent de ne mettre les bestiaux dans les jeunes trèfles, au printemps, que pendant très-peu de temps à la fois, chaque jour, afin de les habituer progressivement à cette nourriture, et de choisir le moment où la rosée a été séchée par le soleil.

Pour le trèfle vert consommé à l'étable, il sera bon d'en donner d'abord peu à la fois et de le hacher avec une certaine quantité de paille ou de foin, un quart quand le trèfle est sec, un tiers et plus quand il est mouillé. Lorsqu'on manque de paille de blé ou de foin, on peut employer du trèfle sec des récoltes précédentes. Ces parties sèches, que l'on mélange ainsi au trèfle vert, absorbent une grande quantité de son eau, se ramollissent et contractent une saveur agréable; les animaux mangent plus lentement; leurs déjections sont moins molles, moins fibreuses ; malgré leurs efforts, ils ne peuvent faire un triage complet; la nourriture est moins uniforme, et ce mélange évite, tous les inconvénients de la légumineuse. Dans tous les cas, on devra faire faucher le trèfle chaque jour, le matin ou le soir, et l'étendre auprès de l'étable dans un lieu frais, à l'abri du soleil et de la pluie. Enfin, il faudra aussi faire boire les animaux une heure avant chacun de leurs repas, ou seulement une heure avant le repas du soir.

Conversion du trèfle en fourrage sec. Il est important pour cela de bien choisir le moment où le trèfle doit être coupé, ce qui peut avoir lieu à trois époques différentes : avant qu'il commence à fleurir, lorsqu'une certaine partie des fleurs sont ouvertes, enfin lorsqu'il est en pleine floraison.

Les deux dernières époques donnent une coupe plus abondante, mais de moins bonne qualité que celle produite par la première. En effet, la plupart des tiges sont devenues ligneuses et sont rejetées par les bestiaux; un grand nombre de feuilles inférieures sont flétries et perdues pour le fourrage. Au contraire, la coupe précoce, si elle est un peu moins abondante, donne un. foin d'excellente qualité; elle a d'ailleurs un autre avantage, c'est que la plante étant privée de ses tiges quinze jours plus tôt, est moins épuisée des sucs nourriciers accumulés dans la souche et la racine, et qu'elle développe plus vigoureusement de nouvelles pousses. Ces pousses paraissant quinze jours

plus tôt, ont plus de temps pour se développer convenablement, et donnent lieu à une seconde coupe dont l'abondance peut égaler la première. Aux deux dernières époques de récolte, cette seconde coupe est presque toujours chétive et compromise par l'époque tardive à laquelle elle se développe. Il s'ensuit que la récolte précoce du trèfle •a pour résultat de donner deux coupes qui, réunies, dépassent en quantité et en qualité celle obtenue plus tardivement.

Nous pensons donc qu'il sera préférable de faire la coupe un peu avant l'épanouissement des fleurs. Il est toutefois une circonstance où celte récolte précoce pourra présenter un inconvénient, c'est lorsque le climat ne permettra pas de compter sur une seconde coupe convenable. Dans ce cas, la qualité ne compenserait pas la perte réelle que Ton éprouverait sur la quantité, et il vaudra mieux choisir T instant où la plus grande partie des fleure sont épanouies. L'expérience a aussi démontré que si le fourrage sec est destiné spécialement aux chevaux, il est bon de retarder la coupe jusqu'au moment de l'épanouissement complet de. toutes les fleurs. Ces animaux aiment un fourrage plus sec et plus fibreux que celui qui convient à l'espèce bovine.

Ce ne sont là cependant que des règles générales auxquelles des circonstances particulières, indépendantes de la volonté du cultivateur, viennent apporter de fréquentes exceptions. Ainsi, tantôt un temps pluvieux obligera à différer le moment choisi, tantôt une chaleur brûlante fera redouter que la seconde coupe ne soit desséchée par les trop vives ardeurs du soleil.

La coupe du trèfle est presque exclusivement faite aujourd'hui à la faux. Cet instrument varie un peu de forme suivant les localités, et l'espèce de récolle. Nous avons indiqué à la page 672, t. I, la faux à employer pour les céréales; voici celle qui est préférable pour les divers fourrages.

La direction de la faux, c'est-à-dire l'ouverture de l'angle que forme la lame a (fig. 548 et 549) avec la monture h, doit être telle, qu'en mesurant de l'extrémité inférieure de la monture, la pointe b de la faux soit d'environ Pro05 plus basse que l'extrémité opposée. La faux ainsi disposée se trouve dans une direction oblique avec l'herbe qu elle doit couper, et agit par un mouvement analogue à celui d'une scie. Plus l'angle formé par la lame et la monture est ouvert, plus la direction du tranchant sur les tiges se rapproche de la perpendiculaire, et plus le fauchage exige de force. J3n obtiendra un résultat inverse en abaissant la pointe de la faux, mais aussi chaque coup de faux embrassera un espace moindre. C'est pourquoi, lorsque l'herbe est très-forte, on diminue l'ouverture de la /aux.

Pour donner plus ou moins de largeur à l'angle formé par la lame

et la monture, on fait le trou dans lequel entre la queue ou talon c, un peu plus grand qu'il n'est nécessaire, et, au moyen d'un petit morceau de cuir placé dans le trou, on règle l'inclinaison de la lame. On peut aussi faite varier cette inclinaison par une pièce de cuir glissée

Fig. 548. Profil Fig. 550.

Faux du nord-esl de la monture Faux de la France. de la figure 5iK. champenoise.

entre l'anneau g ot la monture. On fauche beaucoup plus facilement avec une lame un peu convexe qu'avec une lame plate, el le tranchant e de la faux doit décrire une courbe telle que, cette lame étant placée verticalement sur une surface plane, cette courbe laisse un intervalle d'environ 0m06 entre elle et la ligne droite qui va de la pointe à la base de la lame. Enfin, à longueur égale, une faux légère est préférable à une faux lourde et épaisse.

Quant aux accessoires de la monture, ils varient suivant les contrées. Les figures 548 et 549 ' montrent la faux employée dans le Nord-Est de la France; on voit que la monture est pourvue de deux poignées t. La figure 550 donne la faux employée en Champagne et aux environs.

La faux la plus simple est celle qui est généralement répandue en Bretagne (fig. 551). La monture est plus longue qu'ailleurs, et ter-

minée à sa base par un morceau de fer destiné à faire équilibre au poids de la faux, ce qui en rend le maniement plus facile. Enfin, en Picardie et dans plusieurs autres contrées, la faux destinée à couper

Fig. 551 . Faux employée en Bretagne. Fig, 552. Favx picarde

les prairies artificielles est pourvue d'un crochet en bois A ou javelier (fig. 552) fixé vers le sommet de la monture. Ce crochet est destiné à rassembler sur une seule ligne, ou en andains, toute l'herbe coupée par chaque mouvement de la faux. Cette disposition est surtout nécessaire pour le trèfle. Nous avons décrit, tome Ier, page 675, les soins nécessaires pour bien entretenir le taillant delà faux.

La faux décrit un arc de cercle dont le faucheur est le centre. La pointe de la faux entre dans l'herbe vis-à-vis de son pied droit. En commençant plus à droite, il se donnerait une fatigue inutile; moins loin, son coup de faux manquerait d'étendue. Le poids, de la lame tend toujours à l'entraîner vers la terre; le faucheur doit donc tenir la pointe un peu élevée et raser le sol seulement avec la partie inférieure de la lame.

On doit surtout, dans le mouvement de retour, laisser glisser légè-

rement la faux sur le sol, sans Télé ver; autrement le coup suivant attaquerait l'herbe trop haut. En outre, l'action doit être énergiquement soutenue jusqu'à la fin du coup de faux, sans quoi la pointe se relève et l'herbe n'est pas coupée assez près de terre. Il faut enfin éviter de vouloir abattre une trop grande largeur à la fois, car le fauchage devient irrégulier.

. 11 importe de couper les fourrages le plus bas possible, car quelques centimètres de plus laissés au tronçon de la plante sur toute la surface de la prairie diminuent le rendement d'une manière très-sensible. D'ailleurs ces tronçons, en desséchant, deviennent durs, ligneux et obligent, lors de la récolte suivante, à couper au-dessus, et déterminent ainsi une perte plus grande encore que lors de la première coupe.

La coupe des fourrages s'exécute avec plus de perfection et moins de fatigue lorsque les plantes sont mouillées et couvertes de rosée; aussi les faucheurs ont-ils l'habitude de commencer leur besogne dès la pointe du jour. Toutefois, il est certain que ces amas d'herbes mouillées s'échauffent promptement au soleil s'ils ne sont pas étendus immédiatement; les parties inférieures jaunissent et le fourrage perd de sa qualité. Il est donc convenable de faucher dès le matin les parties élevées et de garder pour le milieu du jour les bas-fonds, où la dessiccation est longue et difficile.

Nous avons parlé, *dans le premier volume de cet ouvrage, de la substitution d'une machine à la faux pour la moisson des céréales. La même substitution est faite avec beaucoup davantage pour la coupe des prairies artificielles; et c'est la même machine, la moissonneuse de Mac Cormick,* qui peut également être employée pour ce travail. (Voir fig. 556, t. 1", p. G7r>). Le charretier et deux chevaux seulement sont nécessaires pour faire fonctionner cette machine comme faucheuse; dans ces conditions, elle fait au moins six fois plus de travail qu'un bon faucheur, et ce travail est parfaitement exécuté.

Aussitôt après que le trèfle est fauché, on procède au fanage. On agit de façon à obtenir la dessiccation la plus prompte, tout en conservant le plus de feuilles adhérentes aux tiges, et en exposant le moins possible le fourrage à l'action des pluies ou à l'ardeur du soleil.

Dans certaines contrées, aussitôt que le fourrage est coupé, on se hâte de répandre les andains sur toute la superficie; c'est une faute, quelles que soient d'ailleurs les circonstances de position et de température. En elïet, si la pluie menace, il faudra remettre le fourrage en petits tas, l'épandage aura été une opération inutile, et ces changements successifs de position auront eu pour résultat de détacher les

feuilles des tiges. Si le temps reste au beau fixe, les feuilles des plantes, surprises par une chaleur intense, se crisperont, se dessécheront trop promptement, et tomberont à la moindre secousse. Si, enfin, la pluie et le soleil se succèdent alternativement, la pluie lavera toutes les tiges, occasionnera la chute des feuilles, et chaque partie de la récolte étant soumise alternativement à l'action dissolvante de l'humidité et à l'ardeur du soleil, les brins perdront leurs principes nutritifs, deviendront blancs et ne posséderont guère plus de mérite que la paille.

Voici les divers procédés qu'on emploie pour obtenir un fourrage convenable : celui qui est suivi en Picardie est l'un des meilleurs. Tout ce qui est fauché le matin est laissé en andains, tels que les a faits le fauchage. Vers midi ou une heure, on les retourne, sans les éparpiller, mais seulement afin de les ressuyer également des deux côtés. Ce qui est fauché le soir est laissé intact. Le lendemain matin, aussitôt que la chaleur du soleil a. fait évaporer la rosée, on met en petits tas de 1 2 à 1 5 kilogrammes tout ce qui a été fauché la veille. On a soin de les soulever le plus possible afin que la chaleur et le vent les pénètrent dans tous les sens, puis on les retourne avec soin, pendant quelques jours, jusqu'à ce qu'ils soient bien secs.

En Flandre, on modifie ce procédé : les andains sont très-légers. On les laisse intacts pendant deux jours, puis on les rassemble deux à deux, en les relevant l'un contre l'autre, de manière quelle côté de chacun d'eux qui était en dessous se trouve tourné en dehors, et on les abandonne dans cet état jusqu'à ce qu'ils soient complètement secs.

La dessiccation est d'une grande difficulté dans les contrées humides, car, souvent, un temps pluvieux succède au fauchage, ou l'humidité atmosphérique est habituellement si grande que le trèfle pourrit à la surface du sol avant d'acquérir un degré de siccité suffisant. Deux moyens se présentent pour surmonter ces difficultés.

Le premier, fréquemment usité dans plusieurs parties de l'Allemagne, consiste dans des bâtis sur lesquels on fait sécher le trèfle, et auxquels, suivant leur forme et les localités, on donne les noms iïarbres, de chandeliers, de chevalets, de cavaliers, etc.

Chaque arb/re ou cavalier (tig. 553) est formé d'un pieu solide, de 3 à 4 mètres de hauteur, taillé en pointe à son extrémité inférieure et terminé par une frette A à son sommet; ce pieu est percé d'un certain nombre de trous placés dans des directions divergentes, dans lesquels on enfonce de fortes chevilles B de 0m60 à 0m70 de longueur. On commence à faire ces trous à 1 mètre environ de la pointe du pieu, et l'on continue de 0"50 en 0n50.

On dispose ces arbres en lignes espacées de manière à laisser une

libre circulation aux voitures, et voici comment on y place le trèfle.

Après que le trèfle a été fauché, on l'abandonne pendant vingt-quatre heures en andains, afin qu'il se flétrisse; après quoi on le pose légèrement sur les chevilles, en commençant par celles du bas, en évitant d'opérer pendant la pluie et de laisser pendre jusqu'à terre le trèfle qui garnit les chevilles inférieures.

Pour que la dessiccation marche rapidement, on ne doit pas mettre plus de 100 kil. de trèfle sur un arbre ayant 2m30 de hauteur audessus du sol.

Dans les terres compactes ou caillouteuses, il est difficile d'enfoncer suffisamment les pieux; quelquefois les chevilles se cassent lors du transport; enfin l'air ne circule pas assez librement autour du fourrage qui est suspendu. Ces inconvénients ont conduit à adopter d'autres bâtis plus faciles à construire et à monter, plus durables, et n'ayant pas besoin d'être enfoncés dans le sol. Ce sont des sortes de chevalets, dont voici la description.

I^es uns (fig. 554) se composent de trois pièces de bois A, longues de 3 à 4 mètres, réunies h leur sommet par une cheville de fer B, et disposées en triangle. Chacune d'elles est munie, sur le côté extérieur,

Yig. 553. Arbre ou cavalier pour nicher les fourrages.

Fig. 554. Chevqlet pour sécher les fourrages.

d'une ligne de chevilles C longues de 0m60 environ, et distantes de Om40 seulement. C'est sur ces chevilles que le fourrage est disposé. D'autres chevalets sont construits ainsi (fig. 555 et 556) : Deux pièces

Fig. 555. Chevalet pour sécher les fourrages.

de bois A se croisent en B et forment les jambes d'un chevalet; deux chevilles C sont fichées dans ces pièces de bois; des perches E et F sont supportées par les chevilles et à l'intersection des jambes; elles sont destinées à recevoir le trèfle. Trois chevalets et trois perches placées horizontalement forment ensemble un porteur. Lorsque les perches horizontales présentent une longueur insuffisante, elles sont mises bout à bout et reposent, en se croisant, sur le chevalet du milieu. Pour maintenir les chevalets dans leur position et les empêcher de verser dun côté ou de l'autre, on soutient ceux des extrémités au moyen d'une fourche D. Cet appui se pose assez incliné vers le chevalet, et celui-ci est lui-même un peu penché vers cette fourche, de façon que leur ensemble forme une sorte de trépied. Pour charger ces chevalets, on commence par les perches horizontales inférieures. Cet appareil, long de 8 mètres, peut porter environ 120 kilogrammes de fourrage

Ce mode de dessiccation des fourrages est incontestablement plus coûteux que le fanage ordinaire. Aussi ne doit-on en conseiller l'emploi que pour les contrées à climat trèshumide ou ptfur les années pluvieuses.

L'autre moyen, employé par quelques cultivateurs pour hâter la dessiccation du trèfle, est connu sous le nom de Méthode de Klapp-

Fig. 556.

Profil de la figure 555.

meyer, parce que c'est l'agronome de ce nom qui Ta indiqué le premier. Cette méthode consiste à mettre l'herbe en très-grosses meules dès le lendemain du jour où elle a été fauchée, en la pressant et foulant fortement avec le plus de régularité possible dans toutes ses parties. Ordinairement la fermentation commence à s'y établir peu d'heures après que les las ont été formés, et elle augmente rapidement. On doit en suivre les progrès avec soin, et lorsqu'elle est parvenue à ce point que la chaleur ne permet plus de tenir la main dans la meule, on démonte cette dernière promptement, et l'on étend le fourrage. Quelques heures de soleil ou même de vent suffisent pour dessécher complètement l'herbe qui a subi cette fermentation, et pour mettre le foin en état d'être rentré. Les feuilles et les Heurs, qui sont les parties les plus savoureuses, ne s'en détachent pas comme dans les foins qui ont été tourmentés par le mode ordinaire de fanage. A la vérité, le foin préparé par la méthode Klappmeyer acquiert une couleur brune, mais il est sùcré, savoureux, il a une odeur miellée et plait beaucoup aux animaux.

L'important, dans cette méthode, c'est de démonter les meules aussitôt que le trèfle est parvenu au degré de fermentation convenable. La pluie ne doit pas même faire retarder cette opération, sans laquelle tout se gâterait. Mais, dès que le fourrage est refroidi, on peut le remettre en meule ou le rentrer sans craindre qu i! ne s'échauffe de nouveau.

Ce procédé est surtout convenable dans les climats septentrionaux, où les pluies sont souvent très-abondantes au moment de la récolte des foins; dans ce^ saisons pluvieuses, ceux-ci sont toujours mal récoltés, le plus souvent gâtés et pourris, après avoir toutefois coûté aux cultivateurs beaucoup de soins et de frais de main-d'œuvre, pour les faire tourner et retourner pendant plusieurs jours dans le champ, dans les intervalles des averses.

En Russie, on conserve aux foins leur verdure naturelle, en modifiant ainsi qu'il suit la méthode de Klappmeyer. Aussitôt que l'herbe est coupée, et sans la laisser aucunement faner, on la met en meule, mais au milieu de celle-ci on a placé d'avance une cheminée faite avec quatre planches brutes. 11 parait que la chaleur, développée par la fermentation, se dissipe par cette cheminée centrale, entraînant avec elle la presque totalité de l'eau de végétation, et que le foin conserve ainsi toutes ses feuilles, sa couleur et son goût primitifs.

Quel que soit le mode que l'on emploiera, il faudra, aussitôt que le trèfle sera sec, le mettre à l'abri de l'humidité. Le plus souvent on le réunit par bottes avant de l'emmagasiner. D'autres fois aussi on se

uigitizeo Dy

contente de le tasser en une seule masse dans les greniers. Nous examinerons ces deux méthodes quand nous étudierons la conservation des fourrages.

.Lorsque Ton fait usage du bottelage, il est bon de ne pas le pratiquer pendant la chaleur du jour, parce que les feuilles se brisent facilement, se détachent et sont perdues. Il eir est de même pour le transport de ce fourrage, lorsqu'il n'est pas bottelé.

Le bottelage s'effectue au moyen d'un seul lien de paille; les bottes ne doivent peser que 6 à 7 kil. 1/2.

A mesure que le trèfle "est bottelé, on le dispose en dizeaux de 25 à 50 bottes (fig. 557). Un ouvrier tient droite la botte A, pendant que les autres dressent contre celle-là les bottes B, G, etc., jusqu'à ce qu'il y en ait neuf dans chaque ligne. Lorsque les dix-huit bottes sont - posées, en donnant un' peu d'inclinaison aux dernières, on les

recouvre avec sept autres bottes D placées en travers. S'il vient à pleuvoir avant qu'on ait pu rentrer le fourrage, il n'y a de mouillées que les bottes supérieures, que l'on peut faire sécher lorsque le temps le permet.

Durée du trèfle. — Le trèfle rouge est une plante vivace, mais l'expérience a démontré que c'est ordinairement pendant la seconde , année qui suit son ensemencement qu'il donne son produit le plus abondant. A partir de la troisième année, son rendement diminue très-sensiblement, et il 'est envahi progressivement par les plantes nuisibles, surtout par le chiendent qui l'étouffé et le fait bientôt disparaître complètement. Si l'on attendait ce moment pour le rompre, il en résulterait : 1° que le rendement serait bientôt si faible qu'il ne payerait plus le loyer de la terre; 2° que l'accumulation de principes fertilisants qui résulte de la culture du trèfle bien venant aurait disparu, et que l'on serait obligé de fumer la terre pour la récolte qu'on ferait succéder au trèfle; 3° que cette nouvelle récolte et plusieurs des suivantes seraient salies par les graines ou les racines traçantes des plantes nuisibles qui se seraient emparées du sol.

Aussi les cultivateurs instruits ne conservent-ils les trèfles que pendant deux ans, y compris l'année d'ensemencement. Pendant cette seconcle année on peut obtenir deux coupes et quelquefois trois,

198 ART AGMCOLE.

mais il y a toujours plus de profit à enterrer cette dernière. Quelques cultivateurs se sont si bien trouvés de ce procédé, qu'ils n'hésitent même pas, lorsqu'ils sont d'ailleurs pourvus de fourrages, à ne prendre que la première coupe de la seconde année, et à enterrer la suivante lorsqu'elle est en fleurs Dans tous les cas, cette opération doit être faite assez tôt pour que le blé, qu'il convient de lui faire succéder, puisse être ensemencé en temps opportun.

Rendement. — Le rendement du trèfle bien réussi varie plus que celui de la plupart des autres récoltés; le degré d'humidité du sol et de l'atmosphère, la température, la nature du sol et sa richesse en engrais en sont les causes les plus influentes.

L'hectare de trèfle donne, en moyenne, pour les deux coupes de la seconde année, en fourrage sec :

A la ferme-école de Hohenheim 7012 kilogr.

Dans le nord de l'Allemagne 4400

Dons le Wurtemberg 6550

En Alsace 5400

Dans les environs de Paris 5766

Aux environs de Lille 9442

Dans le nord de l'Angleterre 8100

Dans les terres fraîches du midi de la France. . . . 6000

Sous le même climat dans les terres irriguées.. . . 9000

En Suisse 8400

Le rendement moyen serait donc d'environ 7000 kilogrammes, auxquels il conviendrait d'ajouter le produit d'une première coupe que l'on peut souvent obtenir à la fin de la première année. Quant à la coupe la plus abondante, c'est presque toujours la première de la seconde année; elle est, en général, d'un tiers plus considérable que la seconde.

Le trèfle, transformé en foin, perd environ les deux tiers de son poids en se desséchant. Toutefois cette proportion varie assez notablement, suivant que la végétation de la plante est plus ou moins avancée et que le climat est plus ou moins humide.

Voici le résultat de quelques expériences faites à cet égard par M. Boussjngault :

17 mai. . lr# coupe, avant la floraison. . . . 1000 kil. ont donné fané. 212 kil

5 juin. . 1" coupe, en fleur.. '. 1000 — 283

5 juin. . 1" coupe, en fleur (autre localité).. 1000 — 505

28 juillet. 2» coupe, en fleur 1000 . — 290

août. . 2* coupe, en fleur, très-avancé et

très-ligneux 1000

Dans les étés très-secs, la seconde coupe manque ordinairement. La plante reste petite et rabougrie; les diverses phases de la végétation s'accomplissent cependant, et l'on fait alors une récolte de graines. On peut obtenir ainsi plus d'un hectolitre de semences par hectare.

COMPTE DE CULTURE D'UN HECTARE DE TRÈFLE ROUGE SEMÉ DANS L'aVOîNF DE PRINTEMPS SUCCÉDANT A UNE RÉCOLTE SARCLÉE ET FUMÉE.

DÉPENSE

La moitié des frais de préparation du sol au compte

de l'avoine (voy. 1. 1, p. 753 1 25 f. 60 c.

Un roulage. 2 »

Semence, 15 kilogr., à 1 fr. 40 c. le kilogr.. ..... 21

Répandre la semence 1 »

Un hersage pour la recouvrir . 2 60

Un roulage 2 »

Plâtrage, 3 heclol. de plâtre cru, à 1 fr. 80 c. l'hectol. 5 40

Répandre le plâtre 1 »

Fauchage, fanage et emmagasinage de deux coupes. 30 » Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, du prix de 7500 kilogr. de fumier non absorbé par les récoltes précédentes, à 10 fr. les 1000 kil., y compris le transport et répanda ge 5 75

Loyer delà terre pendant un an 70 *

Frais généraux d'exploitation 20 »

Intérêt pendant un an, à 5 pourlOO, des frais ci-dessus. 9 22

Total 193 f. 57

PRODUIT

7000 kilogr. de fourrage sec, à 63 fr. les 1000 kilogr. . 441f. »

BALANCE

Dépense 193 57

Bénéfice net 247 f. 43

128 pour 100 du capital employé.

Il conviendrait d'ajouter encore à ce bénéfice les principes fertilisants que le trèfle accumule dans le sol au profit des récoltes suivantes.

Culture du trèfle rouge pour la production des lemenoei. —

C'est surtout en Belgique et en Hollande qu'on cultive le trèfle pour ses semences; mais il est peu de localités où Ton ne puisse récolter

de très4x)nne graine de trèfle si l'on donne à cette culture les soins particuliers qu'elle réclame.

Le sol le plus convenable pour la production de la graine de trèfle n'est pas celui que nous avons recommandé pour le fourrage. Dans ce dernier cas, on a besoin de déterminer une végétation extrêmement vigoureuse, afin d'obtenir la plus grande masse possible de tiges et de feuilles, mais cette végétation nuit à la production des fleurs et des graines, qui sont beaucoup moins abondantes, généralement mal conformées et de médiocre qualité. Aussi doit-on récolter de préférence la graine de trèfle sur des sols plus légers et un peu moins humides que ceux que nous avons indiqués pour la production du fourrage. Ils devront également être bien fumés.

Le champ destiné à produire la graine devra être abrité, autant que possible, des vents froids et desséchants de l est et du nord-est, car leur influence suffit pour faire avorter la fructification. Il faudra aussi, plus encore que pour le fourrage, choisir un sol parfaitement net de mauvaises herbes, sous peine de récolter des semences mélangées d'une grande quantité de graines étrangères.

Le changement de semences est parfois utile pour obtenir une abondante production de graines. Cette pratique devient surtout nécessaire dans les sols substantiels, riches et frais, où les trèfles se développent avec beaucoup de vigueur. Si la culture des porte-graines est continuée dans ces terrains, il en résulte, après un certain nombre de générations, une sorte de race nouvelle, à végétation très-vigoureuse, mais donnant à peine quelques graines fertiles. On évite cet inconvénient en remplaçant de temps en temps la semence par des graines obtenues sur des sols plus légers et moins riches.

L'ensemencement du trèfle destiné à porter graine ne doit pas être fait aussi dru que pour le fourrage; car cet état serré des plantes, utile pour obtenir la plus grande quantité possible de tiges minces et élevées, nuit à la fructification en faisant avorter un grand nombre de fleurs. Les autres soins que réclame cette culture sont les mêmes que ceux indiqués pour le fourrage.

La récolte de la graine de trèfle ne doit pas porter sur le produit qu'on peut souvent obtenir à la fin de la première année d'ensemencement. A cette époque, les graines, surprises par les premiers froids de l'automne, mûrissent mal, et d'ailleurs l'humidité de la saison rend très-difficile leur dessiccation. On fait ordinairement pâturer celte première pousse du trèfle, et c'est sur la seconde coupe de la deuxième année qu'on récolte la graine. La plante a perdu alors son excès de vigueur, les fleurs sont plus nombreuses, les semences plus abondantes et mieux conformées; mais il est utile, dans ce cas, d'en-

lever la première coupe de très-bonne heure', afin que la récolte des graines soit faite assez tôt pour qu'on puisse les sécher facilement à la fin de l'été; pour cela on fait souvent pâturer ^cette coupe au printemps. Toutefois, lorsque le trèlle de la première coupe ne présente pas une très-grande vigueur, qu'il fleurit bien également et que la température est favorable, il est prudent d'en destiner une partie à porter graine, car on ne sait jamais quel sera le succès de la fructification de la seconde coupe. On attend, pour récolter la graine de trèfle, que les semences soient bien formées dans les fleurs les plus tardives; la dessiccation des têtes se fait bien plus facilement, et l'égrenage est plus complet. p

La graine de trèfle est récoltée de diverses manières : tantôt on fait couper les tiges avec la faux ou la faucille; tantôt on fait détacher les tètes à la main par des enfants; d'autres fois on se sert d'une sorte de peigne. Dans le premier cas, le trèfle, disposé en andains, est laissé étendu pendant deux jours, retourné avec précaution. Deux jours après, on réunit une certaine quantité de ces tiges que l'on dresse les unes contre les autres de façon à en former une sorte de cône que Ton assujettit en entourant son sommet de quelques brins de paille. Lorsque ces tiges, et surtout les têtes, sont parfaitement sèches, on les rentre pour en séparer les graines par le battage.

Ce mode de récolte est incontestablement le plus prompt; mais il présente les inconvénients suivants : la récolte peut être endommagée par les pluies pendant le temps de sa dessiccation; si le champ n'est pas parfaitement net de mauvaises herbes, les graines de celles-ci seront mêlées à celles du trèfle lors du battage; enfin, les tiges de ce dernier, privées de leurs feuilles par cette opération, deviendront sans utilité comme fourrage. ,

La cueillette des têtes, faite à la main, ne présente pas ces inconvénients. Pratiquée par un temps sec, le séchage peut être complété dans un endroit abrité; on obtient ainsi des semences parfaitement nettes, et les tiges fournissent encore un fourrage passable pour les chevaux. Malheureusement cette pratique est beaucoup plus coûteuse que la première.

Le troisième moyen, la récolte à l'aide des peignes, nous paraît devoir être généralement préféré : aussi satisfaisant dans ses résultats que la cueillette à la main, il est beaucoup plus prompt. Nous donnons ici la figure et la description de deux de ces sortes de peignes.

La première de ces machines (fig. 558), imaginée aux États-Unis, est portée, à sa partie postérieure, par un axe de im à 1"35 de long, sur 0*10 carrés, pourvu à ses extrémités de deux roues de 0m20 de

A HT AGItiCOLE.

Fig. 55K. Peigne à roue* pour lécofter la graine de Irefle.

diamètre. Elle est composée d'un caisson dont les deux côtés parallèles ont une longueur de 0B,66, et se terminent en biseau à leurs extrémités antérieures. Le troisième côté est large de lm16 et haut de 0œ45; il est armé de deux manches qui servent à le guider. Une partie du fond est en planches, sur une longueur de lm>i8, et le reste

est occupé par un peigne , dont les dents, au nombre de quarante-deux, sont longues de 0ro24, un peu pointues et relevées sur le devant. On met cet instrument en action au moyen d'un cheval attelé de deux cordes fixées aux extrémités de l'axe.

Cette machine est celle qu'on devra préférer pour les grandes surfaces.

La seconde (fig.

559 et 560) a été imaginée par M.

Penn Hellouin , d'Aunay ( Calvados); elle offre trois côtés. Les deux parallèles, longs de 0m50 et hauts de 0m10, se terminent en biseau à leur

partie antérieure. Le troisième côté est long de 0m25 ; le fond se compose d'une seule planche dépassant la boite, en arrière, de 0p,20, et disposée, vers ce point, en forme de poignée B. Le fond de la boite est partagé en un certain nombre de dents pointues, un peu relevées à leur extrémité, longues de O^T», larges de 0m015 en dessus, coupées en carène en dessous, et séparées par un intervalle de 0W03. Une pièce de bois A, fixée par un boulon à la partie postérieure, sert à tenir ce peigne avec les deux mains. La partie antérieure de ce

Fig. 5o9. Peigne Hellouin pour récolter la graine de trèfle.

Fig. ofiO. Profil dn peigne Uellouin.

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manche offre une longueur de 0œ4l), et s'élève, à son extrémité, de 0mi5 au-dessus des dents. L'ouvrier qui fait manœuvrer ce peigne, le pousse vivement d'arrière en avant et de bas en haut, contre les tiges du trèfle, dont les têtes, engagées contre les dents, restent dans la boite. Cette machine pourra suffire pour les petites exploitations.

Êgrenage. Quel que soit le procédé de récolte choisi, il faut débarrasser la graine de son enveloppe.

Cette opération n'est pas sans difficultés; il ne faut la pratiquer qu'au moment où les têtes sont parfaitement desséchées et par un

Fig. 561. Machine de Fellemberg pour Fig. 562. Profil de la figure 561.

séparer la graine de trèfle de non enveloppe.

temps bien sec. Le plus souvent, on soumet ces tètes à un battage énergique, puis on les fait passer successivement dans deux cribles en laiton; le premier présente des mailles de 0m016 carrés; celles du second sont d'un tiers plus serrées. Ce qui reste sur ces deux cribles est de nouveau soumis au battage, puis criblé une seconde fois. Enfin, on fait passer la semence à travers un crible en crin. Ce mode est long et dispendieux; aussi a-t-on cherché à simplifier

ce travail par l'emploi de machines. Parmi celles qui ont été imaginées, nous indiquerons seulement celle de Fellemberg (fig. 561 et 562). En voici .la description :

Les tètes, bien .sèches, après avoir été divisées par un premier battage, sont introduites dans une trémie A, placée librement sur un bâti ' en forme de chevalet, d'où elles tombent, en suivant un plan incliné, entre un cylindre en bois C, garni de toile, et une forte toile B, dont une des extrémités est fixée en F et l'autre tendue par un rouleau lixe D, muni de deux roues à rochet E. La graine, entraînée par le mouvement de rotation qu'on donne au cylindre au moyen de la manivelle H, est froissée en passant entre les deux étoffes, et est reçue par le plan incliné inférieur F, qui la conduit dans une caisse. L'écoulement des têtes de trèfle de la trémie supérieure A sûr le plan incliné est déterminé par douze mentonnets, noyés dans le cylindre C, et fixés par des vis. Chacun de ces mentonnets, entraîné par le mouvement de rotation du cylindre, vient frapper successivement sur la traverse lixée au plan incliné de la trémie supérieure.

En sortant de cet appareil, la graine de trèfle n'a plus besoin que d'être criblée avec soin.

Rendement. — En Flandre, le rendement moyen de l'hectare s'élève à 350 kilog. qui, à 1 fr. 40 le kilog., donnent 490 fr., qu'on peut réduire à 400 fr. pour frais de récolte et de nettoyage. En y ajoutant 100 fr. pour le produit moyen de la première coupe, on a en tout, pour cette surface, 500 fr., tous frais déduits, non compris le prix du fourrage, qu'on peut encore utiliser après la récolte de la graine. Or, nous avons vu que le bénéfice net de cette surface, consacrée seulement à la production du fourrage, ne s'élève qu'à 247 fr. La récolte de la graine donne donc une augmentation de bénéfice de 1 53 fr. par hectare.

Mais quelques cultivateurs prétendent que le trèfle cultivé pour semence épuise la terre; voyons si cela est vrai. Le moment où les plantes paraissent fatiguer le plus le sol étant celui de la fructification, il s'ensuivrait que le trèfle, récolté après maturité complète des semences, devrait l'épuiser davantage que si on le coupait avant cette époque. Mais il ne faut pas oublier que cette plante tire de l'atmosphère, et non de la terre, la plus grande quantité de ses éléments nutritifs, et qu'elle les accumule dans tous ses tissus, notamment vers le collet de la racine, pour les employer au développement de ses fleurs et de ses fruits. C'est donc cette partie de la plante qui est épuisée par la fructification, et non le sol qui l'environne. Celui-ci, il est vrai, perd ces éléments dont il eût profité, puisque les racines et les fragments de tige qu'on abandonne à la

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