SAINFOIN D'ESPAGNE
Le sainfoin d'Espagne, sainfoin à bouquets, sulla (hedysarum
coronarium, L.) (fig. 585 à 587), est une très-belle plante bisannuelle, dont les tiges nombreuses, presque simples, s'élèvent quelquefois à plus d'un mètre. Ses fleurs, disposées en épis d'un rouge très-vif, sont remplacées par des gousses articulées, droites et hérissées.
Elle croit spontanément dans la Calabre, en Sicile, en Algérie, et forme le fond des bons pâturages de ces diverses contrées. Coupée en fleur avant la maturité des fruits, elle donne un très-bon fourrage,
Fig. 586. Fleur Fig. 587. Fruit
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Fig. 585. Sainfoin d'Espagne, du sainfoin d'Espagne, du sainfoin d'Espagne
comparable à notre sainfoin. C'est le marquis Grimaldi qui, le premier, Ht connaître, en 1766, le sulla aux agriculteurs du Nord. Aujourd'hui, il est cultivé en Sicile et en Espagne.
Climat et sol. — Le sulla ne peut supporter sans périr un abaissement de température de — 6°; il doit donc être réservé pour le sud de la région des oliviers et les parties les plus chaudes de la Provence et de l'Algérie. Quant au sol qu'il préfère, ce sont les terres substantielles un peu fraîches en été, et renfermant une certaine proportion d'élément calcaire.
Culture. — On sème le sulla immédiatement après la moisson du blé, à la dose de cinq fois le volume de la semence employée pour celui-ci. Après avoir répandu la graine, on incendie le cliaume;
la plante germe et parait aussitôt après les premières pluies d'automne. Elle pousse lentement pendant l'hiver, mais, au mois* d'avril . suivant, la terre se couvre d'une prairie épaisse qui s'élève à plus d'un mètre*. La récolle commence vers la fin de mai et se prolonge jusqu en juillet. On laboure ensuite la terre pour la semer en blé d'automne, et, après la récolte de celui-ci, il suffit de mettre le feu au chaume pour qu'au mois de novembre suivant, et sans nouvel ensemencement, le sulla se reproduise. On obtient ainsi, pendant un nombre d'années indéfini, et alternativement, dans les champs suites, une récolte de blé, et, l'année suivante, une récolte de sulla.
Ce réensemencement spontané du sulla tient à ce qu'on retarde le fauchage jusqu'au moment où une certaine quantité des graines sont mûres. Celles-ci se disséminent, donnent lieu à de nouvelles plantes qui mûrissent pendant la moisson, et ensemencent la terre pour l'année suivante.
La végétation et la fructification d'une plante aussi volumineuse dans la céréale doit nécessairement nuire au produit de cette dernière. Aussi pensons-nous qu'il serait préférable de couper ce fourrage avant que les fruits commencent à mûrir et à se disséminer. On obtiendrait ainsi une céréale bien nette dont on brûlerait les chaumes après y avoir répandu, chaque année, les graines du sulla.