AVOINE FROMENT A LE
V avoine fromentale, avoine élevée, fenasse, ray grass de France (avena elatior,L.) (fig. 639 et 040), croit spontanément dans tous les sols siliceux et profonds. Ses tiges, élevées d'un mètre et plus, garnies de feuilles abondantes, et sa végétation vigoureuse l'ont fait essayer depuis longtemps pour les prairies artificielles de longue durée; mais l'expérience a démontré qu'elle n'est réellement productive que dans les sols légers, frais et riches, et qu'elle exige beaucoup d'engrais pour soutenir son rendement. On a reconnu que son fourrage, très-précoce et d'une apparence très-satisfaisante, est beau
1 ig. 638. Epillet de l'ivraie multiflore.
coup moins nourrissant que celui des ray grass, et que son amertume le rend peu agréable aux bestiaux, il s'ensuit que cette plante mérite peu les éloges qu'on lui a d'abord donnés; on doit la réserver pour les prairies naturelles, ou du moins ne l'admettre dans les prairies artificielles qu'en mélange avec d'autres graminées ou des légumineuses.
Les plantes herbacées ne sont pas les seules qui puissent fournir aux bestiaux une nourriture saine et abondante; un grand nombre d'espèces d'arbres peuvent aussi rendre, dans quelques circonstances, de grands services à cet égard. Les plus convenables sous ce rapport sont :
C'est surtout dans les contrées brûlantes et sèches, où il est si difficile de se procurer une suffisante quantité de riourriture pour les bestiaux, que l'on fait un usage fréquent des feuilles de ces arbres. H y a rarement avantage à consacrer un terrain spécial à cette sorte de culture, toutefois on voit assez souvent, dans les contrées où les herbes sont rapidement desséchées par l'ardeur du climat, des surfaces étendues où les bestiaux rencontrent à peine de quoi soutenir leur existence. 11 est évident que là plusieurs des arbres que nous venons de nommer y étant disposés en taillis, seraient d'un plus grand secours pour ces animaux que le chétif pâturage qu'ils y trouvent. Mais c'est particulièrement dans les haies de clôtures, où ils sont disséminés sous forme de têtards, que ces arbres rendent réellement des services dans de nombreuses localités pour la production du fourrage. En général, les arbres consacrés à cette destination sont coupés tous les deux ans, afin d'en obtenir constamment des jets vigoureux et bien garnis de larges feuilles.
Les feuilles de ces arbres sont parfois administrées fraîches aux bestiaux, lorsque l'on manque d'autre nourriture en été; mais c'est plutôt comme fourrage sec qu'on les leur fait consommer pendant l'hiver. Alors on opère la récolte vers la fin de septembre, un peu avant qu'elles commencent à se détacher d'elles-mêmes. On les cueille à la main, ou bien on les abat au moyen de légères gaules. On donne
ARBRES POORRAGERS.
Les ormes.
Les érables.
Les frênes.
Les saules.
Les peupliers.
Le noisetier.
La vigne.
Le mûrier.
à ce produit le nom de feuillée. D'autres fois, on coupe les jeunes branches qui portent ces feuilles, et Ton en forme de petits fagots nommés feuillards.
On choisit pour cette récolte un temps chaud et sec, puis on étend sur le sol ces feuilles ou ces branches. Quatre heures d'un soleil vif suffisent ordinairement pour les sécher convenablement. On les rentre avant la nuit pour les soustraire à la rosée. Toutefois les branches devront être exposées sous un hangar, pendant deux ou trois jours, avant d'être liées en fagots. On emploie ensuite, pour conserver ces feuillées ou ces feuillards, les procédés que nous décrirons plus loin à l'article de la conservation des fourrages.
Les feuillards sont placés devant les bestiaux tels qu'on les a coupés; ceux-ci broutent avec les feuilles lesirameaux, les branches minces, et écorcent les autres; ce qui reste est pour le chauffage.