COMPTE DE CULTURE D*UN HECTARE DE COLZA DE PRINTEMPS
DKt'tNsE.
I réparation dn sol comme pour le colza d'hiver. . . 59f.80
Semence,. 3 kil., â 52 cent, le kil » 96
Uépaudre la semence à la volée 1 »
Deux hersages pour la recouvrir, à 2 fr. 00 l'un. ... 5 20
l'n roulage. . 2 ^ »
Un sarclage à la main 10 »
Récolte et nettoyage de la graine, comme le colza
d'hiver 35 »
45,000 kil. de fumier, à 10 fr. les 1000 kil., y compris les frais de transport et d'épandage, 4-iO fr.; la moitié de cette somme à la charge du colza 225 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, du prix de la fumure non absorbée . 11 25
Loyer de la terre 70 '»
Frais généraux d'exploitation. ........... 20 »
Intérêt pendant un an, à 5 pour 100, des frais ci-dessus . 23 87
Total 464 f. 08
PRODUIT
26 hectolitres de graines, à 22 fr. l'un 572f. »
iur .\\< F.
Bénéfice net
Environ 23 pour 100 du capital employé.
(lomme le colza, la navette appartient à la famille des crucifères. Elle en diffère par ses feuilles radicales d'un vert prononcé, rudes au loucher, et par ses siliques dressées contre les tiges. Ses produits sont moins abondants et ses graines donnent, à volume égal, un dixième d'huile de moins; mais elle présente l'avantage de bien se développer là où le colza resterait languissant. L'huile ri les tourteaux qu'on en obtient sont d'ailleurs employés aux mêmes usages. Espèces et variétés. — On distingue trois sortes de navettes : La navette d'hiver (brassica napns ol ci fera, DC.), La navette d\sté quarantaine (brassica praecox, DC.), La navette dauphinoise, ravette ou rabette (brassica rapa olei fera, DC).
Composition chimique. — On n'a fait, jusqu'à présent, aucune analyse complète de la paille et de la graine de navette. Le peu qu'on suit se rapporte à la graine. D'après M. Moride, la graine récoltée dans le Nord de la France contiendrait :
Eau 6,0
Huile 30,0
Matières organiques 54,5
Phosphates 2,2
Carbonate de chaux et sels divers 1,2
Silice 0,1
Suivant M. Gaujac, les deux variétés de navette donneraient :
Suivant M. de Gasparin, elles contiendraient, dans leurs graines, la même quantité d'azot»1 que le colza.
Navette d'hiver — d'été. .
Eu huile. Eu tourteaux.
. 33 pour 100. 02 pour 100.
Climat et toi. — Elles s'accommodent mieux que ce dernier des climats secs et des contrées très-élevées; aussi est-ce là principalement que leur culture a pris de l'extension. Ce sont en général les terrains légers, sablo-argileux et surtout calcairo-argileux, qui leur conviennent.
Place dans la rotation. — La navette d'hiver et la navette dauphinoise peuvent occuper la même place que le colza. Quant à la navette d'été, elle n'est guère cultivée que pour remplacer celle d'hiver ou toute autre récolte qui aurait manqué. Elle peut aussi être substituée aux céréales de printemps et recevoir l'ensemencement du trèfle.
Culture. — Le sol destiné à recevoir la navette doit être ameubli par deux labours et des hersages. Les engrais et les amendements sont les mêmes que pour le colza. La navette est, du reste, avide d'engrais et aussi épuisante.
La navette est toujours semée à la volée; pour la navette d'hiver et la navette dauphinoise, on opère aussitôt après la récolte des céréales qui occupent le sol, c'est-à-dire de la fin de juillet au commencement de septembre. Pour la navette d'été, on sème depuis le mois d'avril jusqu'en juillet dans le Nord, et jusqu'en mai au plus tard dans le Midi. La quantité de semence par hectare est de \ kilogr. pour la navette d'hiver, et de 5 kilogr. pour celle d'été. Après l'avoir recouverte par un hersage, on. plombe le sol par un roulage.
Lorsque les navettes ont développé cinq ou six feuilles, on les sarcle, puis on éclaircit les plants à la main de façon qu'ils restent placés à la distance de 0ro25 environ. Pour remplir cette condition plus économiquement, on pourra, pour les navettes d'hiver, employer l'extirpateur, comme nous l'avons expliqué pour le colza semé à demeure : cela permettra d'appliquer, au printemps suivant, un binage peu coûteux entre les lignes.
Les navettes sont exposées comme le colza aux attaques de l'altise et des pucerons.
Récolte. — La maturité des navettes d'hiver et dauphinoise a lieu de juin à juillet, selon qu'on s'éloigne plus ou moins du Nord. Celle de la navette d'été arrive euviron deux mois après son ensemencement. La récolte exige les mêmes soins que le colza.
Rendement. — Le rendement moven des navettes d'hiver bien cultivées est d'environ lJ5 hectolitres par hectare. Celui de la navette d'été n'est que de 18 hectolitres. *
- % DE I.A CAMÉLITÏE. 409