‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 121 sur 197 · Recherche de Tarsenic longtemp» après la mort · texte numérisé non relu

Recherche de Tarsenic longtemp» après la mort

— Quand le corps à examiner a été enterré depuis des mois et quelquefois des années, quand il est dans un état de putréfaction complète, les recherches deviennent des plus difGciles, laborieuses et repoussantes; on ne peut plus distinguer les différents organes les uns des autres, et il faut opérer sur la totalité des matières molles. Le meilleur moyen pour arriver à la destruction des substances organiques dans ce cas particulier est le suivant :

On traite les parties molles dans une grande capsule de porcelaine, par de l'acide azotique pur moyennement concentré, et l'on chauffe sur un bain de sable, en agitant fréquemment, jusqu'à ce que toutes les matières organiques soient détruites ou dissoutes en formant un mélange pâteux homogène. On neutralise alors par du carbonate de potasse ou de la potasse, et Ton ajoute un poids de salpêtre finement pulvérisé , égal à celui des matières primitives; on évapore à sec en remuant constamment, puis on introduit par petites portions la substance sèche, dans un creuset de terre chauffé au rouge vif. Les matières oi^aniques sont entièrement brûlées, et l'arsenic transformé en arséniate de potasse. 11^ est impoilant d'ajouter juste la quantité sufQsante de nitre, car s'il y en a trop il gênera les opérations ultérieures ; s'il n'y en a pas assez, une partie de la matière organique n'est pas brûlée et de l'arsenic peut s'échapper; il faut donc faire un essai préliminaire sur une petite portion du mélange. Si après la déflagration le résidu contient un excès de charbon qui le rend noir, il faut

23â ANALYSE PAR VOIE HUMIDE.

ajouter peu à peu du salpêtre, et juste en quantité telle qu'il soit parfaitement blanc après nouvelle déflagration.

386. On dissout, dans le moins possible d'eau bouillante, la masse qui renferme avec de Tarséniate de potasse, des azotate, azotite et cafbonate de potasse, on verse la liqueur trouble ou non (par un peu de silice et de phosphate de chaux) dans une capsule de porcelaine, et on lui ajoute peu à peu un faible excès d'acide sulfurique concentré et pur. On chauffe doucement en agitant sans cesse, de manière à chasser la totalité des composés nitrés mis en liberté par l'acide sulfurique. Après refroidissement, on traite la matière par un peu d'eau froide, et l'on sépare la solution de la grande quantité de sulfate de potasse qui reste non dissous. On lave ce dernier à l'eau froide, on réunit toutes les eaux de lavage et Ton fait passer dans le liquide obtenu un courant d'hydrogène sulfuré. Le précipité de sulfure d'arsenic est séparé et traité comme il a été dit plus haut (n° 377), afin d'obtenir une liqueurqui sera introduite dans l'appareil de Marsh.

387. 11 faut se rappeler, dans le cas qui nous occupe, que certains terrains sont arsenicaux, et qu'ils communiquent celte propriété aux eaux qui les traversent ; il convient par conséquent de faire en même temps l'analyse du terrain qui avoisine le cadavre, en prenant de la terre au-dessus et autour du cercueil. En opérant ainsi on n'a pas à craindre que l'arsenic trouvé dans la terre provienne du cadavre lui-même, ou que celui qu'on retrouve dans le corps ait son origine dans les eaux qui ont traversé les couches supérieures.

L'appareil de Marsh servira, du reste, à la recherche de l'arsenic dans tous les cas où l'on voudra constater la présence de ce métalloïde, comme dans certaines eaux minérales, dans certains minéraux, etc. D'une manière générale, il suffira de dissoudre la matière de façon à obtenir une liqueur privée décomposés organiques et de substances oxydantes; cette liqueur introduite dans l'appareil donnera naissance à des anneaux et à des taches que l'on examinera avec détail, comme on vient de l'exposer.

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