‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 132 sur 197 · CHAP. XXU. — AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. XXU. — AIR ATMOSPHÉRIQUE

végétales immergées dans l'eau, ou se trouvant parmi les produits gazeux que dégagent certains végétaux aquatiques sous l'influence de la lumière solaire (Boussingault). Pour mettre en évidence la présence dans l'air d'un composé hydrogéné du carbone, on commence par faire passer cet air dans des tubes à potasse, de manière à le dépouiller totalement de son acide carbonique, et de là dans un appareil à boules contenant de l'eau de chaux qui ne se trouble plus et qui sert de témoin. Au sortir de l'eau de chaux, l'air traverse un tube contenant de l'oxyde de cuivre chauffé au rouge, qui transforme le carbure d'hydrogène en eau et acide carbonique. Après ce passage sur l'oxyde de cuivre, le courant gazeux traverse un nouveau tube à boules renfermant de l'eau de chaux, et celle-ci se trouble pour peu qu'il se soit formé d'acide carbonique. Or ce dernier gaz ne peut provenir, dans ces circonstances, que d'un composé hydrogéné du carbone renfermé dans l'air.

411. Ozone. — On recherche sa présence en suspendant dans l'air des bandes de papier réactif, dit papier ozonoscopique, soit le papier ioduré et amidonné (Schônbein), soit le papier de tournesol ioduré (Houzeau), soit enfin le papier au thallium. Cependant ces papiers peuvent fournir des indications inexactes et se colorer sous des influences autres que celle de l'ozone; par exemple, sous l'action de la lumière solaire, des composés nitreux, ou par l'action des huiles essentielles que dégagent certaines plantes aromatiques {n''à59).

412. Tapeur d'eaa. — Il sufflt, pour constater sa présence, de placer dans l'atmosphère un ballon de verre rempli d'eau très froide ou mieux de glace. La vapeur atmosphérique se condense au contact de ce corps froid et ruisselle le long des parois du ballon, ou bien elle s'y attache sous forme de givre.

413. Matière» organiques volatiles. — On les rencontre surtout dans certaines localités malsaines, telles que les régions marécageuses, les Marais-Pontins, les rizières de la Toscane; on

les trouve également dans Tair confiné des salles d'hôpital, dans celui des amphithéâtres où un grand nombre de personnes ont été réunies, et c'est à leur présence qu'on attribue l'odeur, parfois infecte, de l'air confiné, ainsi que l'insalubrité des émanations paludéennes. Ces matières se condensent sur les vases remplis de glace en même temps que la vapeur d'eau et forment une liqueur qui, au moment où on la recueille, est parfaitement transparente; mais au bout de quelques jours elle se trouble, prend une odeur désagréable et dépose, dans certains cas, sous la forme de flocons d'abord incolores, puis verdâtres, une matière azotée et putrescible. Cette eau mêlée avec de l'azotate d'argent reste incolore dans l'obscurité; mais à la lumière solaire elle se colore, souvent au bout de quelques minutes, et finalement dépose des flocons noirs, tandis que la liqueur redevient claire. Le dépôt noir est formé par une combinaison, éminemment altérable à la lumière, de matières organiques et de sels d'argent ; il indique donc la présence des matières organiques dans l'eau et par conséquent dans l'air d'où cette eau a été extraite.

Mi. Azotate d'ammoniaqae. — Ce sel est enlevé à l'atmosphère par les eaux pluviales. Nous avons vu comment dans ces eaux on peut déceler la présence de l'ammoniaque et celle de l'acide azotique (n** 333).

415. Matières solides en suspension. — Il est aisé de les recueillir à l'aide de la méthode indiquée par M. Pasteur. On place un tampon de coton-poudre dans un tube de verre effilé à l'une de ses extrémités, et portant à l'autre un bouchon muni d'un tube de dégagement qui sert à le mettre en rapport avec un aspirateur. L'extrémité effilée étant ouverte dans l'atmosphère, et l'aspirateur fonctionnant, l'air aspiré passe lentement sur le coton-poudre et il y dépose toutes les particules solides qu'il tenait en suspension. Lorsqu'on a tamisé ainsi une grande quantité d'air, on dissout le coton-poudre dans un mélange d'alcool et d'éther, on laisse déposer le liquide, et toutes les substances arrêtées par le coton se rassemblent au fond du vase. On décante

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