CFIAP. III. — ACTION D'UNE TEMPÉRATURE ÉLEVÉE
platine à chaud ; dans le cas contraire, on la met sur une lame de platine, ou on la tient avec une pince, et on l'expose à l'action de la partie la plus chaude du dard. On a alors à examiner :
499. 1*" La fusibilité de la substance; il ne saurait être question ici que de la fusion ignée. Parmi les corps qui la subissent, les uns le font sans dégager trace d'eau, comme l'azotate de potasse; d'autres en laissent échapper une quantité plus ou moins considérable, tels sont les silicates hydratés. Quelquefois, pendant la fusion, il peut se dégager un gaz dont la nature fournit des indications sur celle du corps considéré : tels sont les carbonates.
On observe parfois un boursouflement sous l'action de la chaleur, lorsque la matière fondue est pâteuse ; c'est qu'alors les gaz ou les vapeurs ne se dégagent qu'avec difficulté et ce bouillonnement peut fournir un caractère : tels sont la plupart des zAolithes.
La fusion s'effectue à une température plus ou moins élevée ; quand elle est facile, la matière se réduit en globules : c'est le cas des métaux difficilement oxydables, de l'acide borique et des borates, des silicates pauvres en silice. Quand la matière est réfrac^ taire, les arêtes et les angles s'émoussent et s'arrondissent plus ou moins : tel est le cas présenté par beaucoup de silicates, les feldspaths, les pyroxènes très magnésiens, quelques micas. Enfin, quand la substance est infusible, comme la chaux, la magnésie, l'alumine, la zircone, l'argile et la plupart des oxydes métalliques purs, elle ne subit pfts de changement appréciable, mais la température â*élève beaucoup, et la matière incandescente brille dans la flamme d'un éclat très vif.
50i. 2* Si la substance devient lumineuse. — Cela peut arriver de deux manières différentes : Ou bien la lumière se dégage d'une manière continue comme avec certaines fluorines, on a alors un simple phénomène de phc^horescence ; ou bien la lumière ne se produit qu'à un moment déterminé , elle est alors le résultat d'une modification isomérique. Ainsi, le sesquioxyde de chrome soluble dans les acides y devient insoluble quand on le chaufife, et au moment où la transformation s'accomplit il y a émission de lumière.
Le phosphate de chaux fondu offre un phénomène lumineux en se refroidissant.
.501. 3° Des changements de couleur. — Certaines substances prennent, à température élevée, une coloration différente de celle qu'elles possèdent à la température ordinaire et qu'elles reprennent en se refroidissant; cette propriété permet de reconnaître quelques corps. Ainsi, l'oxyde de zinc, l'acide titanique, l'acide niobique, blancs à la température ambiante, jaunissent à mesure qu'on les échauffe , pour devenir jaune citron à température élevée. Le minium, l'oxyde rouge de mercure, le chromate de plomb, le sesquioxyde de chrome, deviennent presque noirs ; les oxydes de plomb et de bismuth se foncent en couleur à mesure que la température s'élève ; il en est de.même de l'iodure de mercure, el tous reprennent, quand on les a refroidis, la couleur qu'ils présentaient avant qu'on les ail échauffés.
502. 4" La coloration de la flamme. — Un grand nombre de corps colorent la flamme du chalumeau, ou une flamme quelconque, dans laquelle on les introduit. Pour observer ce fait on se sert d'une flamme très peu éclairante, telle que celle de l'alcool ou d'un bec de Bunsen brûlant avec flamme bleue, et l'on y introduit la substance considérée en la soutenant avec une boucle de fil de platine, ou même avec une pince. Si l'on n'observe aucune coloration, on humecte la matière avec un peu d'acide sulfurique concentré et Ton recommence l'opération ; certaines matières, d'abord sans action, donnent une coloration manifeste après leur décomposition partielle par l'acide sulfurique.
Les différentes colorations que peut prendre une flamme, sont : Le jaune^ dû à la soude : cette couleur miisque celle qui proviendrait d'autres substances, comme la potasse, la lithine, etc.; ces bases mélangées à la soude, même en.quanti tés considérables, ne colorent pas la flamme d'une manière appréciable, la teinte jaune communiquée par la soude domine complètement;
Le rouge carmin très intense, donné par la lithine;
Le ro\uje, donné par les sels de strontiane et de rubî(lium ;