‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 158 sur 197 · CHAP. III. - ESSAI AU SEL DE PHOSPHOIŒ · texte numérisé non relu

CHAP. III. - ESSAI AU SEL DE PHOSPHOIŒ

dans la plupart des cas, les sulfates, phosphates, arséniates, etc., chauffés seuls dans la flamme réductrice, dooneraient des sulfures, phosphures, etc., tandis que si Ton emploie du carbonate de soude, surtout mélangé de cyanure de potassium, on opère la réduction à l'état de métal. Les métaux volatijs qui, outre le mé(al réduit, donnent une auréole d'oxyde, sont : Tantimoine, le zinc, le cadmium, ie plomb, le bismuth, et, d'autre part, le tellure.

507. Quand il s'agit de provoquer une oxydation, on chauffe à la flamme oxydante le mélange de la matière avec du carbonate de soude. Cette oxydation a lieu toutes les fois qu'on est en présence d'une substance qui en absorbant de l'oxygène peut devenir acide et se combiner avec la soude : tel est le cas des oxydes de manganèse, de chrome, etc. La formation d'un composé acide peut d'ailleurs être accusée par une effervescence d'acide carbonique, à laquelle Tacide produit donne lieu en agissant sur le carbonate alcalin : c'est ce qui se produit, par exemple, avec les acides titanique, molybdique, tungstique, silicique, etc.

508. La matière essayée peut n'éprouver de la part du carbonate de soude aucune action, ni au feu réducteur, ni au feu oxydant. Or, comme le carbonate est fiicile à fondre et qu'il mouille parfai* tement le charbon dans lequel il s'infiltre, il arrive qu'au bout de quelque temps de chauffe, si la nvitière n'a éprouvé aucune altération, on la retrouve seule et intacte, tout le carbonate de soude ayant disparu par infiltration: tel est le cas qui se présente avec les oxydes terreux, l'alumine, la zircone, la thorine, Tvltria, etc.

VL — Essai au sel de phosphore (métaphosphate de soude).

509. On peut encore obtenir des indications précises sur la nature des corps, et surtout des oxydes, en les dissolvant dans des matières vitreuses capables de se colorer différemment sous leur influence. Les matières susceptibles de former un verre d'emploi facile sont : le borax iondu et le sel de phosphore qui par la calcination donnera du métaphosphate de soude.

On mélange ce sel pulvérisé avec un peu de la matière à essayer, et Ton peut chauffersur le charbon; mais il est préférable de se servir d'une boucle d^ fil de platine avec laquelle on soutient le mélange dans la flamme, car, en opérant ainsi, on observe bien plus facilement Taspect.et la couleur des perles formées. En outre, on doit soumettre la matière successivement à l'action de la flamme oxydante et à celle du feu réducteur, car le plus souvent les deux feux produisent des phénomènes tout différents. Le feu oxydant transforme les degrés inférieurs d'oxydation en degrés plus élevés; le feu réducteur produit l'effet inverse, et quand on la sort de ce feu, la perle doit être très rapidement refroidie, pour éviter toute oxydation superficielle par l'air ; on y arrive en injectant sur eHe le courant d'air froid qui sort du chalumeau. Au lieu d'opérer la réduction par l'action prolongée du feu réducteur, on arrive souvent plus vite au même résultat en ajoutant une parcelle d'étain dans la perle fondue et continuant de chauffer un instant. Du reste, pour les réductions, il est préférable d'opérer sur le charbon.

Il va sans dire que les matières qui ne se modifient ni au feu réducteur, ni au feu oxydant, donnent les mêmes résultats dans les deux flammes.

510. 11 est parfois très difficile de reconnaître tout de suite la couleur d'une perle colorée par un oxyde, car cette couleur dépend souvent de la plus ou moins grande quantité de matière dissoute et de la température de la perle, qui, chaude, présente fréquemment une couleur très différente de celle qu'elle offre une fois refroidie. De plus, quelques couleurs, comme celle que donne l'oxyde de cobalt, paraissent aux lumières artificielles tout autres que ce qu'elles sont au grand jour.

51 1 . Le sel de phosphore peut donner, au feu oxydant y des perles incolores et transparentes, comme avec la chaux, l'alumine, l'oxyde de zinc, etc. Mais si la proportion de ces bases que l'on a ajoutée, est un peu forte, la perle refroidie est opaque et d'un blanc d'émail.

Les perles colorées peuvent être vertes (sesquioxyde de chrome, oxyde de cuivre) ; jaunes (oxydes d'argent et de bismuth) ; rouges

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