‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 162 sur 197 · I. — Traitement avec le carbonate de soude, et le cyanure · texte numérisé non relu

I. — Traitement avec le carbonate de soude, et le cyanure

DE potassium.

On fait un mélange intime de la matière à essayer avec du carbonate de soude et du cyanure de potassium, puis on chauffe sur le charbon au feu réducteur.

i"" Il se forme des globules métalliques.

516. Cela se produira quand la base du sel sera l'oxyde d'un métal, réductible dans les conditions de l'expérience, et fusible dans les mêmes conditions. On devra maintenir avec soin le globule fondu dans le feu réducteur, car il pourmit repasser à l'état d'oxyde et masquer la réaction. C'est Ce qui arrivera, par exemple, avec l'antimoine, si Ton ne prend pas les précautions nécessaires pour que le globule d'antimoine réduit reste à l'état métallique.

517. Une fois que l'on a constaté Fexistence de globules métalliques, on les soumet à l'action de la flamme oxydante.

A. S'ils ne disparaissent pas, ils sont formés d'un métal inoxydable; les globules d'argent seront blancs, ceuxd*or seront jaunes, on ne pourra donc pas les confondre.

B. Le métal se combinant à l'oxygène, sous l'action du feu oxy-

dant, les globules peuvent disparaître sans donner ni enduit, ni auréole sur le charbon. On est alors en présence d'un métal fixe, dont l'oxyde est également fixe et infusible ; le cuivre et Tétain sont seuls dans ce cas, mais tandis que le cuivre réduit se rassemble en globules rouges, l'étain donne des globules blancs qui fondent avec une extrême facilité.

G. Le métal en s' oxydant peut donner à la surface du charbon un enduit d'oxyde ou une auréole, on a affaire alors à l'un des métaux suivants : antimoine, plomb, bismuth et thallium.

a. L'auréole est blanche et extrêmement volatile; le dard du chalumeau projeté sur elle laisse apparaître la teinte noire du charbon; le globule métallique s'oxydait avec une facilité excessive : le métal est de l'antimoine.

b. L'auréole est fixe , colorée en jaune à chaud comme à froid : si le globule métallique est malléable, et colore la flamme en bleu pâle, c'est du plomb; s'il est malléable et colore la flamme en vert, c'est du thallium; s'il est cassant, c'est du bismuth.

^ Il ne se forme pas de globules métalliques.

Examinons maintenant le cas où la matière chauffée au feu réducteur avec le mélange de carbonate de sonde et de cyanure de potassium n'a pas donné de globules métalliques; nous considérerons alors deux cas, selon qu'il se dégage ou non des vapeurs se déposant en auréole sur le charbon.

518. A. La formation d'une auréole étant constatée, on la chauffe avec le dard du chalumeau. Si elle se volatilise facilement sans fondre, elle est formée d'acide antimonieux; si elle fond d'abord en gouttelettes incolores pour se volatiliser à une température plus élevée, elle est due à l'acide tellureux. Si l'auréole n'est pas volatile, on a recours à sa couleur : jaune à chaud, blanche à froid, elle indique l'oxyde de zinc; jaune rougeâtre à chaud, jaune foncé à froid, elle est formée d'oxyde de cadmium.

519. B. Quand il ne se forme pas d'auréole, on chauffe fortement

la matière au feu réducteur, on gratte la partie supérieure du charbon, et on l'écrase dans le mortier d'agate, puis on lave la poussière pour y rechercher des paillettes métalliques.

a. S'il y a des paillettes iQétalliques blanches, inoxydables au feu oxydant, le métal est du platine ou l'un de ses congénères.

Si les paillettes sont grises et attirables à Taimant, on les chauffe avec du borax au feu oxydant. Une perle, rouge à chaud, jaune à froid, indique la présence du fer; une perle grise indique le nickel. Si les paillettes ne sont pas attirables à l'aimant et donnent une perle bleue, elles sont dues au cobalt; si la perle n'est pas bleu foncé, elles sont dues au molybdène ou au tungstène.

6. Lorsque, après lévigation, on ne trouve dans le mortier d'agate aucune paillette métallique, on chauffe la matière primitive au fond d'un tube avec du carbonate de soude sec. S'il se sublime un anneau gris que le frottement rassemble en globules, le métal est du mercure; sMl n'y a pas d'anneau gris et qu'il se dégage des vapeurs alcalines, on est en présence d'un sel ammoniacal.

IL — Traitement avec le sel de phosphore.

Lorsque tous les caractères précédents manquent, que l'on n'a obtenu ni globules métalliques, ni auréoles, ni paillettes, ni sublimé, on a recours au borax et au sel de phosphore , qui donneront avec la substance des perles dont la couleur pourra nous éclairer*

520. A. Perles colorées. — Une perle jaune au feu oxydant, vefte au feu réducteur, ne peut être due qu'à l'uranium. Une perle jaune à chaud, incolore à froid, rougeâtre au feu réducteur dans le sel de phosphore, est due au titane. Une perle jaune à chaud et à froid appartint au cérium ; le chrome donne une perle d'un beau vert à froid, rouge foncé ou jaune à chaud, et ne changeant pas de nuance dans le feu réducteur. Une perle jaune pâle au feu oxydant, devenant par l'action de la flamme réductrice brune à chaud, verte à froid, signale le vanadium.

Enfin, une perle violette au feu oiydant appartient au inan* ganèse.

521. B. Perles incolores. — Si les perles données par le borax et le sel de phosphore sont incolores et transparentes, on chauffe la matière avec un peu de nitrate de cobalt sur le charbon : une coloration bleue après refroidissement appartient à l'alumine. Une coloration rouge, qui se produit lenlement, et qui passe au rose incarnat par refroidissement, caractérise la magnésie; une coloration gris obscur ou noire, appartient aux bases rares : glycine, zircone, ytlria, thorine. On ne peut songer aies distinguer enti^e elles avec le seul secours du chalumeau.

522. Enfin, quand le nitrate de cobalt ne donne aucune coloration on a recours, en dernière analyse, à la teinte que la substance examinée communique à la[flamme. Le strontium la colore en ronge vif, le calcium en jaune rougeâtre , le baryum en vert tirant sur le jaune, le sodium en jaune vif, le potassium et le rubidium en violet, le lithium en rouge carmin, le csDsium en bleu; mais les quatre dernières réactions sont complètement masquées par la présence d'un peu de soude, de telle sorte que si l'on suppose la présence d'un de ces corps on devra avoir recours à l'analyse par voie humide ou à l'examen au spectroscope. Du reste, quand l'une des réactions qui précèdent a fait soupçonner dans la matière analysée la présence d'un corps quelconque, on devra toujours, pour contrôler et appuyer ce résultat, essayer d'obtenir avec le chalumeau toutes les réactions caractéristiques du corps dont on soupçonne la présence.

523. La méthode de recherche de la base d'un sel peut se résumer comme il suit :

DÉTERMINATION DE LA BASE d'UN SEL.

Jaunes,

"f 1^ r Bianw,

S'S'SiS S "g

Rouget ,

Blancs

Le globule est cassant.

Le glotmie est malléable»

il cdore la flamme [en

Bleu pile

Vert

Elle se volatilise facilement sans fondre

^*^ " \> f Elle fond d'abord et se vaporise ensuite.

S ( Jaune à chaud» blanche k froid

g f Jaune rouge i chaud, jaune foncé à froid.

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