VITREUX
Si la substance chauffée comme il a été dit ne répand aucune odeur, on la met en contact avec un charbon incandescent ; il y a ou il n'y a pas de déflagration.
i^ Il y a déflagration.
526. Si la matière déflagre, ce ne peut être qu'un des sels suivants : azotates, chlorates, bromates, iodales. On recueille le résidu de la déflagration, on le mélange avec de l'oxyde de cuivre et on le chauffe avec du sel de phosphore.
a. La flamme ne se colore pas, la matière était un azotate.
b. Elle se colore en bleu ou en vert plus ou moins purs; alors on chauffe la matière dans un tube fermé avec du bisulfate de potasse : s'il se dégage des fumées acides et incolores, le résidu était un chlorure et le sel primitif un chlorate ; si les vapeurs sont jaune rouge, le sel était un bromate. Les iodates sont accusés par la production de vapeurs violettes.
Il faut remarquer que ces vapeurs peuvent ne pas se produire sous rinfluence du bisulfate de potasse quand on a affaire à des chlorures ou à des bromures peu ou point attaquables par l'acide sulfurique, tels que ceux de mercure, de plomb, etc. ; or, en général, pour que le sel soit attaqué par l'acide sulfurique, il faut qu'il contienne un métal dont l'oxyde est une base énergique. Il y a donc avantage à traiter ces sels d'abord par le carbonate de soude, qui les transforme en sels alcalins facilement décomposables par l'acide sulfurique, car on n'a plus alors à craindre d'erreur dans l'emploi du bisulfate de potasse. L'oxyde de cuivre est utile en ce qu'il tend à former des chlorure, bromure, iodure de cuivre qui colorent facilement la flamme, tandis que d'autres sels le feraient moins nettement.
2» Il n'y a pas de déflagration .
Quand la matière ne déflagre pas sur le charbon, on la chauffe avec un mélange de sel de phosphore et d'oxyde de cuivre, et Ton observe la coloration que prend le dard de la flamme.
527. A. Use colore en bleu pourpre ou en vert; on chauffe alors comme précédemment dans un tube bouché le mélange de matière primitive et de bisulfate de potasse.
Si les vapeurs qui se produisent dépolissent le verre, on est en présence d'un fluorure.
Si le verre n'est pas attaqué, on ajoute au mélange un peu de bioxyde de manganèse pour faciliter la décomposition des hydracides qui pourront se dégager, puis on chauffe de nouveau : des vapeurs violettes avec dépôt noir d'iode dans le tube caractérisent les iodures; des vapeurs rouge orangé de brome décèlent les bromures ; enfin un dégagement de chlore indique un chlorure, et dans ce cas, la flamme prend au contact du mélange de matière, de sel de phosphore, et d'oxyde de cuivre , une coloration bleu pourpre parfaitement déterminée.
11 sera bon, comme on l'a déjà dit, de calciner d'abord la matière primitive avec du carbonate de soude, pour la transformer en sels alcalins, avant de chauffer dans le tube bouché avec le bisulfate de potasse.
528. B. Lorsque la substance mélangée avec le sel de phosphore et l'oxyde ^e cuivre ne colore pas la flamme du chalumeau, on en traite une petite quantité dans un tube fermé par de l'acide chlorhydrique, et l'on chauffe : une effervescence indique immédiatement la présence d'un carbonate, un dépôt gélatineux celle d'un silicate.
S'il ne se produit ni effervescence, ni dépôt de silice en gelée, le sel ne peut être qu'un borate ou un phosphate. Pour savoir auquel des deux on a affaire, on traite par un mélange de bisulfate de potasse et de fluorure de calcium; un borate colorera la flamme
aOG ANALYSE PAR VOIE SÈCHE.
en vert dans ces circonstances ; on s'assurera de la présence de l'acide borique en traitant là matière primitive par du carbonate de soude, puis le résidu de la calcination par de Tacide sulfurique et de l'alcool dont la flamme se colore en vert.
Si la substance analysée ne présente pas ce caractère, on la fond en une perle avec de l'acide borique qui déplacera, au moins en partie, l'acide phosphorique des phosphates, et l'on plonge dans la perle un fil de fer. On chauffe alors fortement au feu réducteur : l'acide phosphorique réduit donne du phosphore qui s'unit au fer, et le phosphure de fer très fusible qui en résulte se rassemble en un globule cassant après qu'il est refroidi. Cette réaction est d'ailleurs très délicate à réussir.
529. Lorsque, à l'aide de cette méthode, on sera arrivé à soupçonner dans le sel la présence d'un acide déterminé, on cherchera à constater qu'il présente bien tous les caractères de cet acide. La marche à suivre est résumée dans le tableau suivant :
DÉTERMINATION HE l'ACIDE d'UN £
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