CHAP. II. — MANIÈRE D'OPÉRER
mateur du micromètre M ; la lunette A occupe alors une position T que l'on note, ainsi que la division du micromètre qui se projette alors sur le réticule de A. Quand on voudra régler le spectroscope, il suffira de répéter en sens inverse les opérations qui viennent d'être indiquées : 1° on enlève le prisme, on le remplace par une petite pièce de cuivre verticale et percée d'un trou étroit qui indique le centre du limbe, on ajoute à la lunette A une lentille, de manière à voir distinctement ce trou et à le faire coïncider avec le croisement des fils du réticule, on est alors assuré que l'axe optique de la lunette est bien dirigé vers le centre du limbe ; 2" on amène la lunette A dans la position T, la lunette C dans la position Z, et l'on déplace le micromètre jusqu'à ce que l'on obtienne la coïncidence observée la première fois, il se trouve alors réglé; 3° on donne aux lunettes A et B les positions X et Y et Ton place le prisme sur le limbe de telle façon que l'image réfléchie du micromètre présente, avec le réticule, la coïncidence observée aussi la première fois; on est alors certain que les lunettes, les prismes et le micromètre sont replacés dans leurs premières positions et que les observations sont comparables.
.585. 11 faut remarquer maintenant que les prismes des différents spectroscopes ne sont pas constitués par des verres possédant tous le même indice de réfraction, que la dispersion n'est pas la même avec les divers instruments dont on peut se servir et qu'elle varie d'un verre à un autre; il a donc fallu chercher un terme de comparaison qui permette de comparer entre elles les observations et les mesures faites par divers expérimentateurs avec des instruments différents.
Angstrôm a trouvé ce point de repère en déterminant une fois pour toutes, avec une extrême précision, les positions relatives des raies du spectre solaire normal, et c'est à ce spectre normal que depuis on rapporte les raies caractéristiques des diverses substances étudiées, en transformant les nombres lus sur l'échelle arbitraire du micromètre en longueurs d'ondes correspondantes.
586. Cette transformation peut se faire à l'aide de formules, de
3a2 ANALYSE SPECTRALE.
tables ou de courbes; la mélhode graphique a Tavanlage d'être très générale et d'une application très simple : on trace sur un papier quadrillé deux axes rectangulaires; sur Taxe horizon* tal on reporte les divisions du micromètre à une échelle déterminée (2 millimètres par division, par exemple); sur Taxe vertical on porte l'échelle des longueurs d'ondes de 390 à 795, chaque millimètre représentant une unité de Tordre du der* nier chiffre de ces nombres, c'est-à-dire un millionième de millimètre; cela fait, on produit dans l'appareil quelques spectres très nets (potassium, lithium, thallium), on relève pour chacun d'eux quelques raies caractéristiques dont' on note sur l'axe horizontal la position micromélrique, et, comme il est aisé de trouver dans les tables de Thalèn les longueurs d'ondes qui correspondent à chacune de ces raies, on porte ces longueurs sur l'axe vertical. On a de la sorte un point du plan qui correspond à chaque raie enregistrée; on réunit ces points par un trait continu et l'on obtient une courbe qui permet de trouver très rapidement la longueur d'onde qui correspond à une raie dont on connaît la position sur le micromètre, puisqu'elle est l'ordonnée du point de la courbe dont l'abscisse est représentée par la division du micromètre. (On trouve chez Laurent des feuilles de papier quadrillé toutes préparées à l'échelle indiquée plus haut.)
587. Quand le spectroscope a été réglé, on place devant la fente F du collimateur la flamme M' (fig. 19) dans laquelle on introduira plus tard les substances à examiner, et l'on règle la largeur de l'ouverture; celle-ci variera proportionnellement à l'intensité de la source lumineuse que Ton observe, et aussi avec la région du spectre que l'on regarde dans la lunette A ; il faut en effet, pour examiner les parties les plus réfrangibles du spectre (bleu, indigo, violet, ultra-violet, etc.), qui sont peu brillantes, lîne fente plus large que pour le rouge et les parties les plus lumineuses. On règle habituellement la largeur de la fente en introduisant dans la flamme un peu d'un sel de soude, et faisant mouvoir l'oculaire de la lunette A jusqu'à ce que la raie jaune du sodium apparaisse très nettement dans le champ obscur; la
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lunette est alors mise au point pour l'œil de Tobscrvaleur, et Ton fait varier récartemcnt des bords de la fente jusqu'à ce que, vue dans la lunette, leur distance paraisse de 6 à 8 dixièmes do millimètre environ.
588. On éclaire le micromètre R (fig. 19). M (fig. 20) avec une bougie S ou une petite flamme éclairante de gaz, et l'on place dans la flamme M', située devant la fenle, un fil de platine 0' imprégné de sel marin; la raie jaune du sodium apparaît immédiatement, on Tamène en coïncidence avec une division déterminée du micromètre que Ton a eu soin de régler et de mettre au point, à Taide des vis B, C, E, que porte la lunette C.
589. On introduit alors dans la flamme la substance que l'on veut étudier, et l'on voit apparaître un spectre formé d'un certain nombre de raies lumineuses plus ou moins fines; chacune de ces raies se trouve parfaitement définie de position par la situation qu'elle occupe dans une des zones en lesquelles les sept raies de Fraunhofer partagent retendue du spectre, et par sa position devant une des divisions du micromètre. On inscrira sur une échelle imprimée sur papier, et dont les divisions correspondent à celles du micromètre, la position des raies brillantes observées.
590. Le corps dont on recherche la nature sera, autant que possible, introduit dans la flamme sous la forme d'un sel volatil tel que les chlorures; si Ton veut examiner un minéral, il sera bon, la plupart du temps, de l'attaquer par l'acide chlorhydrique ou par l'acide fluorhydrique; la matière sera placée ensuite sur un fil de platine replié en boucle et maintenu fixe à l'aide d'un support O'N' (fig. 19); quand la substance est en dissolution concentrée, il suffit d'y plonger le fil de platine et de l'introduire ensuite dans la flamme.
591. Sources de lumière. — La source lumineuse la plus commode à employer dans les recherches ordinaires d'analyse spectrale est le gaz d'éclairage brûlant dans le bpc de Bunsen disposé de manière à donner une flamme bleue non éclairante
33i ANALYSE SPECTRALE,
{fig. 21) ; on place celle-ci devant la fente à 8 ou 10 cenlimètres de distance, on la recule latéralement jusqu'à ce qu'on aperçoive les raies que donne le cône intérieur, puis on ramène la lampe de côté jusqu'à ce que ces raies disparaissent presque complètement ; le bord de la flamme se trouve alors devant la fente, et c'est dans cette partie qu'on place la substance à examiner. On peut encore rendre la flamme éclairante en diminuant, à l'aide de la virole V, l'arrivée de l'air à son intérieur : elle donne alors un spectre brillant que l'on aperçoit dans la lunette A, et l'on déplace peu à peu le brûleur, de manière à donner dans cette lunette une position convenable à l'image spectrale. Cela fait, on recule un peu la flamme, et on y laisse arriver l'air, de manière à la rendre bleue, peu lumineuse et en même temps propre à recevoir les substances que l'on p„- 5j veut étudier.
592. Les spectres des métaux alcalins sont les plus faciles à observer dans ces conditions, à cause de la volatilité de ces méiaux et de leurs combinaisons salines, el comme il est nécessaire que la substance que l'on examine soil dans la flamme sous la forme de vapeurs, il faut, quand on veut éLudior les spectres des autres métaux, avoir recours A des moyens de volatilisation plus puissants que la flamme du bec de Bunsen. On se sert avec avantage du brûleur modifié par M. Debray, et dans lequel l'air destiné à la combustion est remplacé par de l'oxygène, de manièreàélever notable-