‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 192 sur 197 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

ANALYSE MIGROGHIMIQU

664. utilité de ranaljrse microchimique. — Ce mode d'analyse permet, comme l'analyse spectrale, de reconnaître une substance dont on ne possède qu'une quantité très petite, maig elle est loin de présenter le même degré de sensibilité. En revanche elle permet de découvrir les parties constituantes de certains mélanges fort complexes, comme le sont diverses roches, mélanges qui souvent, à première vue, paraissent d'une parfaite homogénéité. Les opérations se font ordinairement dans le champ d'un microscope et les matières obtenues sous la forme de cristaux peuvent être presque instantanément reconnues soit par la figure géométrique même de ces cristaux, soit par les groupements caractéristiques qu'ils affectent, soit enfin par les propriétés optiques qu'ils possèdent. Cet examen microscopique ne constitue pas à proprement parler une méthode systématique d'analyse, et il a plutôt pour but l'identification d'une substance sur la nature de laquelle on a déjà des indications plus ou moins nombreuses ; mais en le considérant à ce point de vue il peut rendre d'importants services en permettant d'opérer rapidement et en fournissant des renseignements parfaitement rigoureux quand les matières examinées cristallisent avec netteté.

665. Préparation de la matière a examiner. — Cette opération présente quelques difficultés ; supposons, pour fixer les idées, qu'il s'agisse d'un fragment de roche. On pourra quel-

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quefois en séparer les divers éléments sans pulvériser la substance, mais bien souvent le mélange est tellement intime qu'il faut avoir recours à cette opération. On s'efforce alors de séparer les portions de densités différentes soit par des tamisages suivis delévigation qui enlèvent les parties les plus légères, soit en mettant la poudre dans des liqueurs de densité élevée, telles que la liqueur de Thoulet, etc., dans lesquelles se déposent seulement les portions plus denses que le liquide considéré ; soit en séparant à Taide d'un aimant les parties attirables de celles qui ne le sont pas. On arrive en général ainsi à obtenir non pas des matières pures, mais des mélanges dans lesquels une substance sera de beaucoup prédominante, et alors en s'aidant d'une bonne loupe on peut séparer quelques parcelles pures de cette substance, en les saisissant avec une pince très fine, ou mieux en les toucbant avec une aiguille enduite de glycérine qui les retient et qu'il suffit de plonger dans une goutte d'eau pour les en détacher.

666. Il peut arriver cependant que ces procédés ne conduisent à aucun résultat et qu'il faille procéder à une attaque sous le microscope même; on taille alors une lame de la roche assez mince pour qu'après l'avoir enduite de glycérine elle devienne transparente et qu'on puisse y apercevoir, en se servant d'un grossissement convenable, les minéraux que l'on cherche à reconnaître ; on désagrège ensuite peu à peu la lame au^moyen d'une aiguille d'acier trempé en commençant par les bords et s'avançant vers le centre en éliminant peu à peu les particules étrangères jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le minéral à étudier. Si aucun de ces procédés ne réussit, on devra avoir recours à un traitement de la substance par des réactifs convenables, comme on l'indiquera plus bas (n* 668).

667. Attaque de la salistance. — Lorsqu'on a pu isoler à l'état de pureté un des éléments de la roche considérée, il faut reconnaître quel est le minéral qu'on a pu séparer ainsi, et pour cela le détruire à l'aide de réactifs, de manière à produire des cristaux faciles à caractériser ; l'attaque se fait dans des petits vases

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