ATTAQUE DE LA SUBSTANCE
de platine à Taide de réactifs bien purs, préalablement essayés sous le microscope, afin de s'assurer qu'ils ne sont pas capables de donner par leur mélange des réactions capables de produire des cristaux semblables à ceux que l'on aura à examiner. On emploie pour l'attaque un acide concentré et Ton ajoute de Teau chaude au résidu de son action ; si l'on a une quantité suffisante de liqueur, on la filtre; dans tous les cas on l'étend d'eau de manière à lui donner une concentration d'un centième environ, ce qui correspond à un demi-milligramme de matière dissoute dans une goutte de la solution.
668. Quand il n'a pas été possible d'isoler le minéral, l'attaque de la roche se fait sous le microscope même ; une lame très mince de la matière est enduite d'une solution de baume du Canada dans réther, puis on la fait sécher soit à la température ordinaire, ce qui demande quelques heures, soit à l'étuve; enfin à l'aide d'une aiguille on enlève la couche de baume sur la portion de la lame qu'on veut étudier.
Si l'on craint l'action des réactifs sur le baume, on recouvre celui-ci d'une lamelle de verre percée d'un petit trou en entonnoir qu'on place au-dessus de la plage à explorer ; on chauffe très doucement pour fondre le baume qui ressort par le petit entonnoir, tandis que la lame de verre s'applique exactement contre la plaque, puis on laisse refroidir et avec un pinceau fin imbibé d'alcool on nettoie l'entonnoir jusqu'à ce que le fond soit entièrement débarrassé de baume du Canada. On amène alors près de l'entonnoir une goutte du liquide destiné à l'attaque, à l'aide d'un fil fin de platine on la fait descendre jusqu'au fond et par de légers frottements avec le fil on élimine les bulles d'air qui ont pu demeurer adhérentes. Si l'action de la chaleur est nécessaire, on chauffe très doucement de manière à éviter la fusion du baume qui viendrait recouvrir la place mise à nu et empêcher son contact avec le réactif. Enfin, si l'on doit avoir recours à l'emploi de l'acide fluorhydrique, on remplace la lamelle de verre par une mince feuille de platine disposée de la même fagon.
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370 ANALYSE MIGROCHIMIQUE.
Quand les acides n'ont pas une action suffisante, on soumet la substance à examiner à celle d'un fondant tel que les carbonates de potasse ou de soude, ou le mélange de ces deux sels, en opérant dans de petits creusets de porcelaine, d'argent ou de platine, ou même au sein d'une perle fondue au chalumeau.
669. Analyse proprement dite. — Il reste maintenant à procéder, non à une analyse systématique, mais à une série d'essais spéciaux permettant de caractériser d'une manière certaine l'élément que l'on soupçonne dans la matière examinée, et à cet effet d'obtenir des cristaux faciles à reconnaître sous le microscope. Pour cela faire, il convient d'éliminer de la liqueur certaines substances qui empêcheraient la formation de ces cristaux, ou les laisseraient mélangés à quelque matière insoluble au milieu de laquelle il ne serait pas possible de les retrouver. Cette élimination se fait à l'aide des procédés ordinaires, par voie de précipitation, et pour se débarrasser du précipité obtenu on a recours à plusieurs moyens différents :
1** Si le précipité est dense, il suffit de plonger dans la partie supérieure du liquide, qu'on a laissé reposer pendant quelques instants, la pointe d'un tube de verre effilé ; le liquide pénètre seul dans le tube et la séparation est immédiatement réalisée.
2"* Si le précipité n'est pas dense et monte dans le tube effilé en mèfne temps que le liquide, on plonge dans celui-ci l'extrémité d'une- bandelette de papier de 2 millimètres de large sur 20 à 30 de longueur ; cette bandelette fonctionne comme siphon et permet de recueillir sur une lame de verre le liquide qui s'en écoule.
Le liquide étant obtenu, il faut maintenant essayer sur lui les diverses réactions qui permettent de reconnaître les substances simples et, dans quelques cas, des mélanges complexes. Nous nous bornerons à dire ici comment on caractérise microchimiquement quelques solutions métalliques, renvoyant pour les détails aux ouvrages spéciaux tels que ceux de Klement et Renard {Réactions microchimiques à cristaux) ; de Behrens {Mikrochemische Methodetij etc..) et de Haushofer {M ikroskopische Beactionen).
caractères de quelques sels. 371