‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 35 sur 197 · CHAP. II. - EAU DISTILLÉE · texte numérisé non relu

CHAP. II. - EAU DISTILLÉE

a la place des réactions simples et claires qu'on leur indique, des phénomènes plus ou moins confus et sans aucune netteté. On arrive ainsi à attribuer à l'analyse qualitative des difficultés tout autres que celles qui lui sont inhérentes, et qui tiennent uniquement à l'impureté des matières que l'on emploie, et quelquefois, il faut le reconnaître, à trop de précipitation de la part de l'opérateur.

â. Eau distillée. — L'eau distillée, indispensable dans toute manipulation analytique, ne doit pas avoir été préparée dans des vases de verre qu'elle attaque en se chargeant d'alcalis ; l'altération des parois de verre par l'eau n'est pas négligeable, et elle devient de plus en plus sensible quand elle est une fois commencée. On doit opérer dans des vases métalliques qu'il est bon de prendre étamés à cause du peu d'oxydabilité de l'étain; le serpentin qui sert à la condensation de la vapeur doit être formé d'élain pur, et il est avantageux de lui donner la forme d'un simple tube droit entouré d'un réfrigérant facile à nettoyer à l'intérieur. On doit éviter avec le plus grand soin la présence du plomb dans l'étain. Ce métal, en effet, est attaqué par l'eau distillée, et l'on s'en aperçoit à ce que l'eau qui renferme des traces de plomb donne une coloration brune plus ou moins intense avec l'hydrogène sulfuré. La distillation de l'eau doit être conduite lentement et ne pas être poussée trop loin, pour éviter que les bulles de vapeur n'emportent avec elles du liquide impur mécaniquement entraîné. L'eau distillée doit, de plus, ne donneraucun trouble avec les sels de baryte en présence de l'acide chlorhydrique, et alors elle est exempte de sulfates, ni avec le nitrate d'argent, cas auquel elle ne renferme pas traces de chlorures. L'eau pure récemment préparée ne précipite pas l'acétate tribasique de plomb, elle le trouble au contraire si elle renferme de l'acide carbonique. D'ailleurs, les faibles quantités de ce gaz qu'elle peut avoir dissoutes au contact de l'air ne nuisent pas en général aux réactions. L'eau distillée doit être volatile sans résidu. On s'en assure en en chauffant un ou deux centimètres cubes dans une capsule de platine bien propre ; après évapo-

ration à sec, on ne doit pas trouver sur la surface de la capsule la plus légère trace dé matières salines, qui formeraient une auréole blanche pour peu que l'eau renferme de matière en dissolution. On s'assure de la netteté du vase de platine en y fondant un peu de carbonate de soude, de manière que le sel fondu touche partout les parois; on lave alors à l'acide chlorhydrique étendu, puis à l'eau distillée, et l'on chauffe au rouge; la surface bien brillante que l'on obtient ainsi, laisse apercevoir les plus faibles quantités de matières solides que l'évaporation de l'eau peut y déposer.

L'eau de pluie recueillie dans des vases de verre ou de porcelaine peut, dans certains cas, après filtration préalable, remplacer l'eau distillée. Elle contient cependant de l'ammoniaque, de l'azotate d'ammoniaque, des chlorures, des sulfates, qu'elle prend dans l'air qu'elle traverse, mais en quantités excessivement faibles et négligeables la plupart du temps.

4. Acide salfuriqae. — L'acide sulfurique pur chauffé dans un petit creuset de platine doit entièrement disparaître sans laisser aucun résidu. 11 faut s'assurer en en versant quelques gouttes dans un appareil de Marsh qu'il ne renferme pas trace d'arsenic, dont on se débarrasserait en ajoutant à l'acide une petite quantité de sulfure de baryum dissous dans l'eau ; on obtiendrait ainsi du sulfure d'arsenic, et du sulfate de baryte, qu'on séparerait par décantation. Des traces de sulfate de plomb se découvrent en saturant à peu près l'acide étendu d'eau par de l'ammoniaque, et ajoutant une solution d'hydrogène sulfuré, qui le colore en brun plus ou moins foncé ; les vapeurs nitreuses, les cristaux des chambres de plomb, se reconnaissent à l'aide du sulfate de protoxyde de fer qui se colore en rouge brun; on pourrait détruire ces produits nitrés en distillant l'acide avec un peu de sulfate d'ammoniaque. L'acide sulfurique est souvent brunâtre. Il doit cette couleur à la présence de matières organiques. Si celles-ci ne sont qu'en petite quantité, il suffit de chauffer l'acide dans un vase de platine, il se décolore en donnant quelques bulles d'acide carbonique et d'acide sulfureux.

Page 1