Phosphates. — a. Métaphosphates
Sels de baryte. — Précipité blanc, soluble dans un excès de métaphosphate.
Nitrate d'argent. — Précipité blanc, soluble dans un excès de métaphosphate, dans l'ammoniaque et l'acide nitrique.
A Ibumine. — Précipité blanc.
— b. Pyrophosphates :
Sels de baryte. — Précipité blanc, soluble dans les acides, insoluble dans un excès de pyrophosphate.
Nitrate d'argent. — Précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque, presque insoluble dans le pyrophosphate en excès.
Albumine. — Rien.
— c. Phosphates ordinaires :
Nitrate d'argent. — Précipité jaune, soluble dans l'ammoniaque et dans l'acide azotique.
Albumine. — Rien.
— d. Les phosphates, quelle que soit leur modification, donnent : Sels de chaux. — Précipité blanc, soluble dans les acides
étendus et dans l'acide acétique.
Azotate d'urane. — Précipité blanc, légèrement jaunâtre, insoluble dans les acides étendus.
Azotate de bismuth. — Précipité blanc, soluble dans les acides étendus.
Avec un sel de magnésie ammoniacal, précipité blanc cristal-
lin de phosphate ammoniaco-magnésien, lent à se former dans les liqueurs étendues, et qui, dans tous les cas, met plusieurs heures à se déposer entièrement.
Molybdate d'ammoniaque. — Précipité jaune, soluble dans Tammoniaque et dans un excès de phosphate, insoluble dans l'acide azotique étendu.
Perchlorure de fer. — Précipité blanc de phosphate de fer, soluble dans un excès de réactif, et devenant rouge brun sous Faction des alcalis.
192. Oxalaie». — Ces sels, chauffés avec de Tacide sulfurique, dégagent un gaz qui trouble Teau de chaux; il est formé, en effet, d'un mélange à parties égales d'acide carbonique et d'oxyde de carbone.
Sels de chatix. — Précipité blanc, soluble dans les acides étendus, insoluble dans l'acide acétique.
Sels de baryte. — Précipité blanc. Celui-ci lavé, puis traité à chaud par l'acide sulfurique, donné après filtration une liqueur qui, évaporée ou calcinée au rouge sombre, ne laisse aucun résidu, l'acide oxalique se détruisant tout entier sous l'action de la chaleur.
193. HjpophoAphiies. — Chauffés avec de VeaUj ils dégagent de rhydrogène phosphore gazeux et laissent comme résidu un phosphate facile à caractériser.
Avec la potasse et la soude, on a une réaction analogue.
Chlorure d'or. — Précipité d'or métallique.
Nitrate d'argent. — Précipité blanc qui brunit rapidement jusqu'à devenir noir; il se précipite de l'argent métallique; la chaleur favorise beaucoup cette réduction.
494. Sulfures. — Azotate d'argent. — Précipité noir, quî^ traité par le zinc et l'acide chlorhydrique étendu, donne une liqueur chargée d'acide sulfhydrique avec dégagement de ce gaz. Cette liqueur donne par l'acide sulfureux un dépôt laiteux de soufre.
Avec les sels métalliques, les sulfures donnent des précipités caractéristiques par leurs couleurs et par leurs propriétés.
Les acides étendus en dégagent de l'acide sulfhydrique reconnaissable à son odeur, et noircissant le papier d'acétate de plomb.
Les nitroprussiates alcalins donnent, avec les sulfures en dissolution, une coloration bleue très intense et caractéristique : elle permet de découvrir des traces de sulfures dans une liqueur; l'acide sulfhydrique ne produit rien avec ce réactif.
495. Les nitroprussiates alcalins s'obtiennent facilement en mélangeant une partie de ferrocyanure alcalin pulvérisé avec deux parties d'acide azotique ordinaire étendu de son volume d'eau : le mélange devient d'abord laiteux en se refroidissant, puis il s'éclaircit en prenant une teinte brun café et dégageant un mélange d'azote, d'acide carbonique et d'acide cyanhydrique. On chauffe au bain-marie, jusqu'à ce que le dégagement gazeux ait cessé, et que le liquide précipite le sulfate de protoxyde de fer, non en bleu, mais en vert foncé; la liqueur refroidie dépose des cristaux d'azotate de potasse. On les sépare, on neutralise la liqueur par du carbonate de potasse ou de soude, et on la fait bouillir; il se produit un précipité vert que l'on filtre; on concentre la liqueur claire, et par refroidissement elle abandonne d'abord de l'azotate alcalin, puis des cristaux rouges formés de nitroprussiate qu'on purifie par cristallisation. Ils ont pour formule générale Fe*Cy*°(AzO)*M* + wH*0 ; ce sont de gros prismes droits rhomboïdaux, rouge foncé.
196. Séléniares. — Se comportent comme les sulfures; mais l'hydrogène sélénié, qu'ils dégagent sous l'influence des acides, donne, avec l'acide sulfureux, un dépôt rouge caractéristique de sélénium, qui s'agglomère et devient noir quand on porte la liqueur à l'ébullition.
197. Chlorures. — Azotate d'argent. — Précipité blanc devenant violet à la lumière, puis noir; soluble dans l'ammoniaque, les hyposulfites et les cyanures alcalins, insoluble dans les acides étendus.
Sels de plomb. — Précipité blanc, soluble dans l'eau chaude.
Sels mercureux (Hg*0). — Précipité blanc, noircissant par l'ammoniaque.
A cide sulfurique concentré. — Dégagement de vapeure d'acide chlorhydrique, donnant un nuage blanc au voisinage d'une baguette mouillée d'ammoniaque. •
Acide sulfurique et bioxyde de manganèse. — Dégagement de chlore.
198. Broninres. — Nitrate d! argent. — Précipité blanc légèrement jaunâtre, noircissant à la lumière plus lentement que le chlorure, et moins soluble aussi dans l'ammoniaque, les cyanures et les hyposulfites alcalins.
Veau de chlore donne, avec les bromures, une coloration jaune due au brome mis en liberté.
Acide sulfurique et bioxyde de manganèse. — Dégagement de vapeurs rouges de brome.
Sels de plomb. — Précipité blanc de bromure de plomb, soluble dans un excès d'eau, mais moins soluble que*le chlorure de plomb.
Le brome séparé d'un bromure par l'eau de chlore peut être recueilli dans Véther : il suffit, en effet, d'agiter la liqueur avec un peu de ce réactif pour qu'il dissolve tout le brome libre, puis il remonte, par le repos, à la surface du liquide où il forme une couche colorée en jaune brun, caractéristique du brome. Le chloroforme donne une réaction analogue, mais il reste au fond du tiibe au lieu de monter à la surface de la liqueur.
199. lodores. — Chauffés avec |le l'acide sulfurique concentré, ils donnent des vapeurs violettes d'iode.
Acide azotique. — Coloration brune à froid; à chaud, coloration en brun rouge avec dégagement de vapeurs violettes et dépôt de paillettes noires d'iode.
Azotate d'argent. — Précipité jaune très peu altérable à la lumière, soluble dans les cyanures et dans les hyposulfites alcalins, presque insoluble dans l'ammoniaque.
Sels de plomb. — Précipité jaune d'iodure de plomb.
Sels de mercure (HgO). — Précipité jaune, puis rouge, soluble dans un excès de réactif.
Azotate de protoxyde de palladium. — Précipité noir.
Le réactif le plus sensible de Tiode et des iodures est Veau d'amidon que l'on obtient en faisant bouillir pendant quelques instants 1 gramme d'amidon avec 400 grammes d'eau; si l'on ajoute à une dissolution renfermant un iodure quelques gouttes de cette liqueur, puis un peu à' eau de chlore^ l'iode mis en liberté donne avec l'amidon une coloration bleu foncé, presque noire, si l'iodure est en quantité notable; un très petit excès d'eau de chlore détruit la combinaison bleue en oxydant l'iode. Dans ce cas , Vacide sulfureux fait réapparaître la couleur bleue, en réduisant l'iodate formé; mais à son tour un excès d'acide sulfureux fera disparaître cette couleur en transformant l'iode en acide iodhydrique. Il faut donc employer ces réactifs avec précaution lorsque, sous l'influence du chlore, puis de l'acide sulfureux , on veut faire plusieurs fois successivement apparaître et disparaître la couleur bleue de l'iodure d'amidon.
S'il n'y a dans la liqueur que des traces d'iodure, il est presque impossible de ne pas mettre trop d'eau de chlore et la couleur bleue n'apparaît pas ; il vaut mieux alors ajouter à la dissolution additionnée d'un peu d'eau d'amidon quelques gouttes à' acide sulfurique, puis un morceau de zinc; le faible dégagement d'hydrogène qui se produit suffit à réduire des traces d'iode et à produire la couleur bleue avec une certitude bien plus grande que par l'action de tout autre réducteur.
Certaines matières organiques, comme Valbumine, en s'emparant de l'iode, empêchent absolument la formation de la couleur bleue avec l'empois d'amidon (Puchol).
200. Cyanures. — Azotate d'argent, — Précipité blanc, sensiblement inaltérable à la lumière , très peu soluble dans l'acide azotique, soluble dans l'ammoniaque, les hyposulfites et les cyanures alcalins.
Sels de plomb. — Précipité blanc, insoluble dans un excès de réactif.
I3i ANALYSE PAR VOIE HUMIDE.
Le précipité de cyanure d'argent traité par le zinc et Vacide sxdfurique donne de l'acide cyanbydrique ; en chauffant te tube qui contient la matière, après y avoir adapté un bouchon muni d'un petit tuhe de dégagement, on peut recueillir l'acide cyanhydrique formé dans une dissolution faible de potasse. On ajoute à cette liqueur un mélange de sels de protoxyde et de sesquioxyde de fer (le sulfate de protoxyde de fer, toujours un peu altéré à l'air, convient très bien), et Ton obtient un précipité bleu verdâtre dû k la formation du bleu de Prusse, mélangé d'oxydes de fer précipités par ia potasse en excès;. l'addition d'un peu d'acide chlorhydrique dissout ces oxydes et laisse le bleu de Prusse intact. Cette méthode est la plus sûre de toutes pour découvrir de petites quantités de cyanures. Le bleu de Prusse insoluble dans les acides étendus est décomposé par les dissolutions alcalines.
201. Salfoci'iiiiares. — Avec les sels d'argent^ précipité blaiip, qui, sous l'action de Tacide sulfurique et du zinc, donne de l'acide sulfhydrique.
Avec les sels de sesquioxyde de fer, coloration rouge sang très intense, même dans les liqueurs très étendues. Les sulfures donneraient, dans ces circonstances, un précipité noir.
202. Bromate». — Décomposés par la chaleur en donnant des bromures très faciles à reconnaître.
Azotate d'argent. — Précipité blanc, soluble dans beaucoup d'eau; soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide azotique étendu.
Sels de plomb, — Précipité blanc dans les liqueurs concentrées ; dans des dissolutions étendues, il ne produit rien d'abord, mais au bout de quelque temps, il se dépose des cristaux blancs de bromalft de plomb.
Acide snlfnri que concentré, — L'aride bromique est isolé, mais immédiatement décomposé en oxygène et en brome, qui colore la dissolution en rouge brun.
Acide sul (hydrique. — Il réduit le bromatc avec formation d'un dépôt laiteux de soufre.
203. Chlorates. — Décomposés par la chaleur avec foimation d'un chlorure et d'oxygène, ou bien d'un oxyde avec dégagement d'oxygène et de chlore (métaux alcalino-terreux).
Acide sulfurique, — Coloration immédiate en jaune brun foncé, même à froid, avec dégagement de vapeurs jaune foncé d'acide hypochlorique.
Sels de plomb et d'argent. — Rien.
Les chlorates chauffés avec de Vacide chlorhydrique donnent une liqueur jaune foncé qui décolore l'indigo et il se dégage du chlore.
204. — Perchlorate». — Décomposés comme les chlorates sous l'action de la chaleur, ils s'en distinguent en ce que, mélangés avec de l'acide sulfurique, ils ne donnent ni coloration ni vapeurs d'acide hypochlorique; l'acide perchlorique est simplement isolé.
Azotate d'argent. — Pas de précipité.
205. Asotetes. — Chauffés avec de Vacide sulfurique et de la tournure de cuivre^ ils dégagent des vapeurs rutilantes d'acide hypoazotique.
Si à la liqueur que l'on suppose contenir un nitrate, on ajoute son volume d'acide sulfurique concentré, puis, après refroidissement complet, une solution saturée de sulfate de protoxyde de fer y le liquide, pour peu qu'il y ait de nitrates, se colore en bnm foncé. Cette coloration apparaît mieux si l'on plonge dans la liqueur une lame de fer ; au contact de l'acide sulfurique, elle donne de l'hydrogène et l'acide azotique est réduit avec formation de bioxyde d'azote qui, en se dissolvant dans le sulfate de fer, fonce beaucoup la coloration. Celle-ci est d'ailleurs détruite par Teau ou l'élévation de la température.
S'il n'y a que des traces d acide nitrique ou de nitrates, on ajoute à la liqueur un peu d'eau d'amidon et d'iodui^e de potassium, puis quelques gouttes d'acide sulfurique et un morceau de zinc : l'hydrogène réduit l'acide nitrique en donnant des composés nitrés qui décomposent l'iodure de potassium, et l'iode mis en liberté donne avec l'amidon la coloration bleue caractéristique.
I3G ANALYSE PAR VOIE HliMIDE.
Si, à une liqueur contenant des nitrates, on ajoute du sut/a/e (T indigo pour la colorer franchement en bleu, puis un peu d'acide sulfurique, et que Ton fasse bouillir, la liqueur devient jaune ou même se décolore complètement. La réaction est encore plus sensible quand la liqueur renferme un peu de sel marin.
Tous, les azotates neutres sont solubles dans Teau.
206. Hyposnlfates. — Sels de baryte, — Rien. Si Ton ajoute de Tacide azotique à la liqueur et qu'on fasse bouillir, on voit se former un précipité de sulfate de baryte.
Chauffés dans un tube, ils dé{^agent de l'acide sulfureux et il reste un sulfate comme résidu.
Azotate d'argent. — Rien.
Avec de \ acide chlorhrjdriqiie ^ la dissolution d'un hyposulfate bouillie, puis additionnée d'hydrogène sulfuré, donne un dépôt laiteux de soufre et il se dégagé de l'acide sulfureux.
Tous les hyposulfates sont solubles dans l'eau.