‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 64 sur 197 · ALLIAGES · texte numérisé non relu

ALLIAGES

207. Lorsqu'on se trouve on présence d'un alliage mélallique, sa couleur, son degré de fusibilité, son appai'cnce parfois cristalline, la manière dont il se comporte sous la lime ou sous le marteau, peuvent fournir sur sa nature des renseignements utiles.

Pour l'examiner de plu^ près, on le réduit en poudre s'il est cassant ; s'il ne Test pas, on l'amène à l'état de feuilles, de lames, de tournure, de limaille etc., en ayant soin de passer dans la limaille un barreau aimanté pour en retirer les parcelles de fer qui ont pu se détacher de la lime. 11 est bon de rechercher tout de suite si l'alliage contient un métal volatil. Pour cela, on en met une petite quantité au fond d*un tube de verre et l'on chauffe graduellement : l'arsenic, s'il entre dans la substance, se sublime en donnant un anneau facile à reconnaître, même lorsqu'il n'est qu'en très faible quantité. Le mercure se volatilise de même en donnant un anneau gris, et lorsqu'on le frotte avec un fil métallique ou une baguette de verre, le métal se rassemble en gouttelettes caractéristiques que la loupe permetde distinguer aisément. Le cadmium peut également être séparé par l'action de la chaleur sur quelques-uns de ses alliages, mais il faut pour cela une température plus élevée que lorsqu'il s'agit des deux métaux précédents; le cadmium se reconnaîtrait du reste à ses propriétés et à ses caractères habituels.

208. Ce premier essai préliminaire une fois effectué, il faut dissoudre l'alliage, et le mieux à faire est d'employer pour cela l'acide azotique étendu de son volume d'eau; après avoir amené l'alliage au plus grand degré possible de division, on en met 2 à 3 grammes dans un petit ballon de verre avec un excès d'acide azotique; on laisse d'abord l'atlaque se faire à froid, et on la modère au besoin en maintenant le ballon plongé dans l'eau froide, puis, quand toute réaction a cessé à la température ordinaire, on porte à l'ébullition. On ajoute peu à peu de l'acide azotique jusqu'à ce que la dissolution soit complète, ou jusqu'à ce que l'on constate que le nouvel acide ajouté est sans action sur le résidu.

Quand l'attaque est terminée, le résidu peut être formé d'oxydes insolubles dans l'acide nitrique étendu, comme les oxydes d'étain et d'antimoine ; dans ce cas il est blanc, soluble à chaud dans l'acide chlorhydrique étendu, et la liqueur qui en résulte peut être examinée d'après la méthode d'analyse des mélanges de sels. Si le résidu n'est pas blanc, il contient un métal, comme l'or, que l'acide nitrique n'attaque pas (l'argent lui-même est dans ce cas lorsqu'il est allié à une forte proportion d'or). On lave le résidu coloré à l'eau chaude pour lui bien enlever les dernières traces d'acide nitrique, puis on le fait bouillir dans de l'acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau qui dissout les oxydes et laisse un résidu métallique. Il est indispensable d'éliminer d'une manière complète l'acide azotique, qui, formant avec l'acide chlorhydrique de l'eau régale, dissoudrait l'or métallique qu'il est préférable de reconnaître et de séparer immédiatement.

La liqueur acide qui provient de la dissolution de l'alliage est évaporée doucement dans une capsule placée sur un bain de sable, afin de se débarrasser de la majeure partie de l'acide en excès, puis on reprend par l'eau et l'on traite la liqueur comme lorsqu'il s'agit de déterminer la nature des bases dans un mélange de sels dissous.

Page 1