II. — Fer météorique
225. Les éléments caractéristiques de tout fer d'origine cos^ mique sont : le phosphure de fer, le phosphure double de nickel et de fer (schreibersite), le nickel et de faibles quantités de cobalt; les deux phosphures ont l'éclat métallique et sont magnétiques. On y rencontre en outre de petites quantités de fer chromé, de quartz, de graphite, de sulfure de fer (troïlite), et quelques grains, de minéraux silicates, tels que l'olivine (silicate de magnésie).
On traite la matière par l'acide chlorhydrique en plaçant audessus du vase dans lequel on opère un papier d'acétate de plomb humide. S'il brunit ou s'il noircit, cela signale la présence d'une petite quantité d'acide sulfhydrique provenant de traces de sulfure de fer. L'acide chlorhydrique dissout une partie du minéral et laisse un résidu insoluble.
226. La dissolution chlorhydrique séparée de ce résidu est soumise tout d'abord à l'action d'un courant d'acide sulfhydrique, qui donne parfois un léger précipité noir dû à des traces de cuivre ou d'élain ; on le sépare à l'aide du fillre, on chasse l'excès d'hydrogène sulfuré par l'ébullition, puis on ajoute un peu d'acide nitrique pour peroxyder le fer. La liqueur sursaturée d'ammoniaque donne un précipité d'oxyde de fer hydraté, et dans la dissolution filtrée, qui est toujours plus ou moins bleue, se trouvent le nickel et le cobalt. On précipite ces deux métaux par le sulfhydrate d'ammoniaque ; les sulfures lavés sont dissous dans l'acide azotique et fournissent une liqueur présentant les caractères des sels de nickel; on y recherche le cobalt comme on l'a dit aux n" 73, 74 et 232.
L'oxyde de fer précipité a entraîné avec lui, à l'état de phosphate, le phosphore contenu dans la partie du minéral dissoute par l'acide chlorhydrique ; après Tavoir lavé et séché, on le fond avec son poids de carbonate de soude et l'on reprend par l'eau. Le liquide filtré contient le phosphore à l'état de phosphate de soude. On détruit l'excès de carbonate alcalin par l'acide acétique, et l'on ajoute un excès d'ammoniaque, puis de la liqueur magnésienne. Il se produit un dépôt cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien complet au bout de vingt-quatre heures, pour peu qu'il y ait d'acide phosphorique dans la substance examinée.
227. Le résidu, insoluble dans l'acide chlorhydrique, est noir et pulvérulent; sous le microscope, il laisse voir des petits prismes de phosphure de fer, des lamelles flexibles et jaunâtres de schreibersite, des paillettes de graphite, des grains de quartz, d'olivine, du fer chromé, etc. On fond ce résidu avec le double de son poids
CIIAP. VIII. — BRONZES ET LAITONS. U9
d'uD mélange de deux parties de carbonate de soude, avec une de nitrate de potasse, puis on reprend la masse par l'eau et on filtre ; la liqueur contient des phosphates, des chromâtes et des silicates alcalins. On l'évaporé à sec en présence d'un excès d'acide chlorhydrique et l'on verse sur le résidu de l'eau chaude : la silice reste insoluble et facile à caractériser; la liqueur séparée de cette silice est mélangée de liqueur magnésienne, qui précipitera tout l'acide phosphorique à l'éliit de phosphate ammoniaco-magnésien; l'acide chromique restera dans la liqueur alcaline, qui donnera alors les caractères des chromâtes : par exemple, avec les sels de plomb, un précipité jaune insoluble dans l'acide nitrique étendu, mais soluble dans la potasse pure.
Le traitement par le carbonate de soude a laissé une portion insoluble dans l'eau qui a enlevé à la masse les phosphates, chromâtes, etc., alcalins. Cette portion restée sur le filtre contient les bases qui, dans la matière attaquée, étaient unies au chrome, au phosphore et au silicium. Elle se dissout entièrement dans l'acide chlorhydrique, et donne une liqueur que Ton traite absolument comme la première dissolution chlorhydrique. On y sépare le fer par l'ammoniaque, le nickel et le cobalt par le sulfure d'ammonium; la liqueur filtrée donnera avec le phosphate de soude un précipité blanc de phosphate ammoniaco-magnésien, si elle renferme de la magnésie provenant de silicates, tels que l'olivine.
Si l'acide chlorhydrique ne dissout pas intégralement le précipité qui renferme les bases, la partie qui reste insoluble est du graphite.