CHAPITRE XI
ARGILES, KAOLINS, PHOSPHATES
207. La méthode précédente d'analyse des silicates peut être appliquée à l'étude des argiles. Celles-ci après dessiccation sont mélangées avec un poids égal de carbonate de chaux, puis frittées et fondues. On obtient un verre attaquable par les acides et qu'on traite comme il vient d'être dit.
On peut aussi employer une méthode toute diflérente, fondée sur ce fait, que toutes les matières alumineuses sont hvdratées et solubles dans l'acide sulfurique employé en grand excès, sauf le corindon et le dislhène. Ces deux derniers, finement pulvérisés et fondus avec la moitié de leur poids de chaux, deviennent attaquables par les acides.
Les argiles peuvent renfermer les éléments suivan's :
Silice, Soufre,
Alumine, Titane,
Fer, Vanadium,
Chaux, Eau,
Magnésie, Acide carbonique.
Potasse, — phosphorique.
Soude,
268. Une argile parfaitement séchée à 100 degrés peut encore contenir de Teau qui ne s'échappe qu'à une température plus élevée. On s'en assure en en chauffant une petite quantité, placée au fond d'un tube, jusqu'au rouge sombre. S'il y a de l'eau, elle se condense en gouttelettes sur les parties supérieures de la paroi du tube.
Pour rechercher les carbonates de chaux et do magnésie, on traite l'argile par de l'acide azotique ou par de Tacide chlorhydrique étendus, on filtre et l'on ajoute à la liqueur de l'ammoniaque, puis de l'oxalate d'ammoniaque qui précipite entièrement la chaux; la liqueur séparée de l'oxalate de chaux est additionnée de phosphate de soude qui, s'il y a de la magnésie, la précipite lentement à l'état de pjiosphate ammoniaco-magnésien.
269. Les acides étendus peuvent aussi enlever à l'argile un peu de phosphate de chaux; dans ce cas, la liqueur filtrée donne avec Tammoniaquc un précipité blanc gélatineux qui trouble la liqueur. Il est indispensable d'employer un acide étendu afin d'ôtre certain qu'on ne dissoudra pas d'alumine. On recueille le précipité sur un filtre, on le dissout dans l'acide azotique, on ajoute de l'oxalate d'ammoniaque et l'on sature avec de l'ammoniaque dont on met un excès; toute la chaux se précipite et l'acide phosphorique reste dans la liqueur ; on y verse du sulfate ammoniacal de magnésie, qui le rassemble à l'état de phosphate ammoniacomagnésien insoluble dans la liqueur ammoniacale.
Il est souvent préférable de rendre la liqueur acide par l'acide nitrique, puis d'ajouter un excès de molybdate d'ammoniaque (on dissout 450 grammes de molybdate d'ammoniaque dans un