‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 79 sur 197 · CHAP. XI. — ARGILES ET KAOLINS · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — ARGILES ET KAOLINS

litre d'eau, puis on verse dans la dissolution un litre d'acide azotique pur du commerce), l'acide phosphorique est immédiatement précipité sous la foime de phospho-molybdate ammo* niacal, jaune, insoluble dans Tacide azotique étendu, mais soluble à chaud dans Tammoniaque.

270. L'argile qui reste sur le filtre après traitement par un acide <Hendu, est desséchée, puis mélangée dans une capsule de platine avec cinq ou si^f fois son poids d'acide sulfurique concentré , mêlé du tiers de son poids d'eau. On évapore, en agitant de temps en temps la matière , jusqu'à dégagement abondant de vapeurs acides. Quand l'attaque est complète, on fait tomber la masse dans de l'eau distillée en agitant continuellement de manière à empêcher un échauffement trop considérable; tout se dissout Sîiuf la silice. Il peut arriver cependant que la dissolution soit très lente, ce qui tient à ce que le sulfate d'alumine chauffé avec un excès d'acide sulfurique se dissout dittîcilemenl dans l'eau ; dans ce cas, on ajoute quelques centimètres cubes d'acide chlorhydrique, puis on filtre, la silice reste seule comme résidu.

971 . Le liquide filtré contient, à l'état de sulfates, toutes les bases de l'aiple, ainsi que l'acide titanique s'il y en a; mais comme ce dernier ne reste dissous qu'à la condition que la liqueur demeurera toujours froide, il suffit de la porter à l'ébullition pour qu'il se dépose sous la forme d'une poudre blanche difficile à filtrer, car elle traverse le papier des filtres. La liqueur débarrassée d'acide titanique contient des sulfates d'alumine, de fer, et des alcalis; on y recherche ces différentes substances comme s'il s'agissait de la détermination des bases d'un mélange de sels dissous.

272. Les argiles peuvent contenir de la pyrite, et il est important de le reconnaître quand elles doivent servir à certaines préparations, comme la fabrication de l'outremer; les argiles pyriteuses sont ordinairement bleuâtres. On traite l'argile délayée dans de l'eau, par une dissolution d'acide hypochloreux ou d'acide hypo-

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chlorique (celte dernière obtenue en faisant réagir le chlorate de potasse sur l'acide oxalique) qui la décolorent, 'en dissolvant les matières organiques et la pyrite, sans dissoudre la chaux. Le sulfure de fer se transforme en sulfate, et, dans la liqueur filtrée, le nitrate de baryte donne un précipité blanc de sulfate, si l'argile renfermait de la pyrite, et du soufre par conséquent.

273. Enfin les matières argileuses contiennent souvent de faibles quantités de vanadium qui ne peuvent être reconnues qu'à l'aide d'une recherche spéciale. On fond l'argile dans un creuset de fer avec trois fois son poids de soude caustique additionnée de 15 à 20 centièmes d'un nitrate alcalin. La matière fondue est souvent colorée en vert par un peu de manganèse transformé en manganate; on reprend par l'eau, le silico-aluminate de potasse et de soude reste insoluble. On ajoute à la liqueur alcaline quelques

gouttes d'alcool et l'on chauffe : tout le manganate est réduit à l'élit d'oxyde rouge de manganèse qui se précipite ; on laisse déposer et on décante, puis l'on fait passer dans la liqueur un courant d'acide sulfhydrique de manière à l'eu saturer. Le vanadium se transforme en sulfure, qui se combine au sulfure alcalin pour former un sulfure double, ou sulfovanadite alcalin, qui donne h la liqueur une teinte rouge vineux semblable à celle du permanganate de potasse, et tout à fait caractéristique du vanadium.

274. Si l'on veut isoler ce vanadium, on décompose le sulfure de sodium par la quantité d'acide chlorhydrique juste nécessaire, et l'on abandonne la liqueur à elle-même jusqu'à ce que tout l'acide sulfhydrique se soit dégagé. Le vanadium se sépare à l'état de sulfure brun; on le sèche puis on le grille à une température très basse dans une capsule de porcelaine, on obtient ainsi de l'acide vanadique fondu, rouge foncé; cet acide se dissout dans l'acide chlorhydrique en dégageant du chlore et donnant une liqueur rouge qui, par l'action de la chaleur, est partiellement réduite et se colore alors en bleu ou en vert. La recherche du vanadium ne peut s'effectuer que sur 100 grammes au moins de matière.

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