CENDRES DES VÉGÉTAUX
286. Quand il ne s'agit que d'une analyse qualitative la préparation des cendres n'exige pas de grandes précautions ; toutefois il faut s'attacher à brûler la matière organique à la plus basse température possible, on évite alors presque complètement la réduction des sulfates par le charbon. Il faut en même temps ne
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renouveler que lentement l'atmosphère gazeuse dans le creuset où la combustion s'effectue, afin d'éviter que le courant d'air qui le traverse n'enlève une portion notable des sels volatils à la température à laquelle on opère, les chlorures alcalins par exemple. On prend donc, s'il s'agit de graines, d'herbes, etc., une cinquantaine de grammes de matière séchée à l'air libre ou à 100 degrés, -et ou les carbonise complètement dans un creuset de platine ou de porcelaine ; on continue de chauffer à une température aussi basse que possible, mais longtemps prolongée, en fermant incomplètement l'ouverture du creuset avec son couvercle ; l'air circule ainsi lentement dans son intérieur et l'on attend que les dernières traces de charbon ayant disparu, les cendres soient complètement blanches. Pour les bois qui sont généralement pauvres en principes minéraux, et qui par suite laissent peu de cendres, il vaut mieux opérer sur 100 grammes de matière sèche.
Certaines substances ont besoin d'être carbonisées d'abord en vase clos parce qu'elles décrépilent quand on les chauffe: telles sont les graines des céréales. On commence donc par les chauffer au-dessous du rouge sombre dans un creuset fermé, puis on les pulvérise et l'on termine l'incinération en déplaçant le couvercle du creuset de manière à permettre la circulation de l'air.
287. Les éléments que les cendres renferment ne varient que par leurs proportions, dans les différentes parties d'un même végétal et dans les différents végétaux. Il faut noter cependant que les graines renferment beaucoup plus d'acide phosphorique que les autres parlies de la plante, et que, de même, certaines substances se trouvent dans quelques familles végétales de préférence. Ainsi, l'alumine est un principe constituant essentiel des cendres des lycopodiacées et ne se trouve guère que là ; on ne trouve le fluor que dans les tiges d'un petit nombre de graminées et cette classe est remarquable par la giande quantité de silice que la plante entière contient ; l'iode, le brome sont propres surtout à certaines plantes marines; enfin quelques cendres renferment des traces de cuivre, d'acide litanique, mais ce sont là des exceptions. La silice est presque toute à l'état libre, et la petite quantité qu'en en trouve sous la forme
de siKcate provient probablement de ce que, pendant Tincinéralion, la silice libre du végétal a réagi sur les sels alcalins ou alcalinolerreux.
Les malièrcs le plus habituellement contenues dans les cendres, sont les alcalis, la chaux, la magnésie, le sesquioxyde de fer et le protoxyde de manganèse; puis le chlore, les acides sulfurique, carbonique et silicique; quelquefois du fluor.
Le manganèse, quand il existe, est toujours en quantité très petite, la méthode déjà indiquée (n° 217), fondée sur l'emploi du minium et de l'acide azotique, est la plus sensible pour découvrir sa présence.
Î288. Les cendres sont traitées par de l'acide azotique étendu, et la liqueur filtrée peut renfermer toutes les subsUmces ci-dessus énumérées; on la divise en deux parties, pour rechercher dans l'une les bases, dans l'autre les acides, comme on Ta déjà expliqué.
L'acide azotique laisse parfois un résidu insoluble plus ou moins considérable; c'est, en particulier, le cas que présentent les graminées. Ce résidu est formé de silicates insolubles. Le mieux est de le traiter dans une capsule de platine par l'acide fluorhydrique en excès, qui détruit les silicates et dissout la silice en dégageant du fluorure de silicium. On évapore à sec, après avoir ajouté de l'acide sulfurique, de manière à chasser l'excès d'acide fluorhydrique et à transformer les fluorures en sulfates, puis on reprend par l'eau qui doit tout dissoudre. 'Il reste à rechercher les bases dans la liqueur.