‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 82 sur 197 · CHAP. XII. — TERRE ARABLE · texte numérisé non relu

CHAP. XII. — TERRE ARABLE

hydrique ; on verse sur la terre nm solution moyennement concentrée de soude, puis on fait bouillir de manière à distiller environ la moitié du liquide. On évapore doucement le produit distillé, et dans la liqueur concentrée on ajoute un léger excès de chlorure de platine. On évapore à sec, on reprend par l'eau alcoolisée qui enlève le sel de platine en excès, et le résidu, s'il y en a un, est jaune : c'est du chloroplatinate d'ammoniaque formé par l'ammoniaque contenue dans la terre examinée.

283. S'' Acide azotique. — On épuise la terre par l'eau, on concentre la liqueur filtrée de manière à réduire son volume à 20 ou SO centimètres cubes, et l'on ajoute à ce résidu le quart de son volume d'acide sulfurique pur et concentré ; si l'on fait alors couler à la surface du liquide quelques gouttes d'une solution saturée de sulfate de protoxyde de fer, on obtient, selon la quantité d'acide nitrique que la dissolution renferme, une coloration rouge pourpre ou brun noir.

On peut aussi ajouter à la liqueur concentrée quelques gouttes d'eau colorée par du sulfate d'indigo, puis de l'acide chlorhydrique récemment bouilli, pour le bien priver de toute trace de chlore; on porte enfin la liqueur à Tébullition, et pour peu qu'elle contienne d'acide azotique, le sulfate d'indigo est décoloré et la dissolution devient incolore.

284. 3" Arsenic. — On délaye une cerlaine quantité de terre avec de l'eau distillée de manière à en faire une bouillie claire, que l'on rend fortement alcaline en y versant une dissolution de potasse pure. On fait bouillir pendant une demi-heure en agitant constamment, puis on filtre le liquide sur une toile, et on lave avec un peu d'eau bouillante le précipité. La liqueur séparée est rendue acide à l'aide d'acide sulfurique en excès, puis filtrée, et évaporée à sec dans une capsule de porcelaine. Le résidu, calciné légèrement dans la capsule afin de détruire les matières organiques, est traité par de l'eau bouillante que l'on filtre chaude, la majeure partie du sulfate de potasse se dépose par refroidissement pendant que l'arsenic reste dans les eaux mères. On introduira

celles-ci dans l'appareil de Marsh, ou bien on les traitera par un courant d'hydrogène sulfuré, de manière à séparer d'abord Tarsenic à l'état de sulfure, comme cela sera indique plus loin (Recherche de V arsenic dans les empoisonnements),

285. La présence de Vacide carbonique dans un sol est indiquée» par l'effervescence que la terre donne avec de l'acide chlorhydrique étendu ; on le reconnaît du reste en le faisant arriver dans un tube contenant de l'eau de chaux.

Quand on recherche les matières solubles dans l'eau, il faut porter son attention d'une manière toute particulière sur l'existence dvLsulfate de protoxyde de fer et du sel marin, dont un excès rend très promptement le sol stérile. L'abondance des précipités que l'on obtient lors de la recherche qualitative de ces substances, fournit à elle seule des indications intéressantes sur la quantité approximative que le sol en contient.

La pyrite que l'on rencontre fréquemment dans certains sols argileux appartenant notamment aux couches des argiles bleues du lias, est une autre cause de stérilité des terres. Ces pyrites, en effet, s'oxydent à l'air et se transforment en sulfate de protoxyde de fer, qui, s'il dépasse une certaine quantité, rend le sol infertile. On reconnaît la pyrite en traitant la terre d'abord par l'acide azotique étendu, puis le résidu par l'acide hypochloreux ; la liqueur filtrée et bouillie contient alors de l'acide sulfurique et du fer que l'on sait facilement y reconnaître (n* 276) .

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