CHAP. XIV. — MINERAIS DE PLATINE
Teau régale faible qui ne dissout que le platine ; la liqueur donne alors, avec le chlorhydrate d'ammoniaque, un précipité jaune. La portion insoluble dans l'eau régale faible est de l'iridium.
293. La liqueur de laquelle on a précipité du palladium, du platine et de l'iridium par le chlorhydrate d'ammoniaque, peut contenir encore du palladium à l'état de protoxyde, du rhodium, du fer et du cuivre ; on Tévapore à sec et l'on introduit le résidu avec un excès de soufre en morceaux dans un creuset de porcelaine muni de son couvercle ; celui-ci est placé dans un creuset de terre et, entre les deux, on met du'charbon concassé, puis on chauffe le tout fortement en commençant par le haut. Le chlorhydrate d'ammoniaque se volatilise, le fer et le cuivre passent à l'état de sulfures et, grâce à l'atmosphère réductrice du creuset, le rhodium reste à l'état métallique, son sulfure étant décomposé dans ces conditions, et il ne se combine pas aux autres métaux. On reprend le résidu à froid par l'acide nitrique, le rhodium reste insoluble sous la forme d'une poudre noire, le fer, le cuivre et le palladium passent dans la liqueur. On y peut précipiter ce dernier, soit, comme on l'a dit plus haut, à l'état de cyanure, soit avec de l'iodure de potassium, qui donnerait un dépôt brun noirâtre d'iodure de palladium. La liqueur séparée du précipité peut contenir encore du fer et du cuivre, on s'en assure en la saturant avec de l'ammoniaque. La présence du cuivre sera indiquée par une coloration bleue plus ou moins intense, pendant que le fer se déposera en flocons bruns de peroxyde hydraté.
294. La portion du minerai qui est demeurée insoluble dans l'eau régale concentrée est de l'osmiure d'iridium à peu près pur. Il se présente en grains ou en paillettes ayant l'aspect de l'acier, doués d'une dureté extrême ; c'est dans cette partie que le ruthénium paraît être contenu en entier. Pour amener l'osmiure d'iridium à l'état de poudre très fine, ce qui est très difficile, même dans le mortier d'acier, à cause de sa dureté considérable, on le fond avec 5 ou 6 fois son poids de zinc pur dans un petit creuset de charbon, placé lui-même dans un creuset
de terre et entouré de charbon concassé. On chauffe d'abord au rouge vif, puis au rouge blanc, jusqu'à ce que tout le zinc se soit volatilisé. Uosmiure d'iridium reste alors sous la forme d'une éponge brillante très friable et facile à réduire en poudre impalpable.
295. On fond cetosmiure pulvérulent dans une capsule d'argent avec un mélange de chlorate et d'hydrate de potasse. On chauffe doucement d'abord, car la matière se boursoufle beaucoup, puis enfin jusqu'au rouge ; on dissout dans l'eau la masse refroidie, et on laisse la liqueur reposer dans un vase de verre. Il se dépose un résidu noir d'oxyde d'iridium et il reste une liqueur claire, jaune foncé, que l'on décante avec précaution ; elle renferme de l'osmiale et du ruthénite de potasse. On la neutralise exactement par de l'acide nitrique, et il se dépose un résidu noir, qui est toujours en faible quantité ; c'est de l'oxyde de ruthénium que Ton peut transformer en métal en le chauffant dans un courant d'hydrogène. La liqueur filtrée, rendue alcaline par la potasse, est additionnée d'alcool et chauffée; tout l'osmium se précipite à l'état d'oxyde noir qui, séché et chauffé dans un courant lent d'oxygène, donne dans le tube où l'on opère, des cristaux blancs très volatils d'acide osmique, dont les réactions sont caractéristiques.
296. Lorsqu'on veut examiner si le minerai contient du sable siliceux, après l'avoir lavé à l'acide chlorhydrique étendu, on en fond une petite quantité avec du carbonale de potasse et l'on reprend la masse refroidie par l'eau. On filtre la liqueur, on l'évaporé en présence d'un excès d'acide chlorhydrique ; la silice, dissoute par le carbonate de soude et précipitée par l'acide chlorhydrique, devient insoluble, et reste quand on reprend par l'eau le résidu de l'évaporation. On s'assure que c'est bien de la silice en la traitant par l'acide fluorhydrique qui la dissout sans résidu, en la transformant en fluorure de silicium qui se dégage.