‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative des matières minéralesChapitre 87 sur 197 · CHAP. XIV. — MINERAIS DE SOUFRE · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. — MINERAIS DE SOUFRE

amas irréguliers, dans des couches de gypse, des marnes bitumineuses ou des calcaires qui en sont imprégnés. On le trouve aussi dans les solfatares en dépôts superficiels provenant d'émanations volcaniques. Ce soufre est fréquemment mélangé de matières terreuses, argile, sable, carbonate de chaux ; il peut renfermer également des quantités variables de sulfate de chaux et de sulfate de strontiane; on y rencontre quelquefois un peu de sélénium.

298. Pour analyser un minerai de soufre, on le réduit en poudre et Ton en calcine à Tair libre dans une capsule de porcelaine une petite quantité, de 5 à 10 grammes par exemple. On se débarrasse ainsi du soufre et des matières bitumineuses, et la cendre qui reste est traitée d'abord par l'acide acétique étendu. S'il y a du carbonate de chaux, il se dissout avec effervescence, et la liqueur filtrée donne, avec Toxalate d'ammoniaque, un précipité blanc d'oxalale de chaux que l'acide acétique ne dissout pas. La partie qui reste insoluble dans l'acide acétique est mise pendant plusieurs heures en digestion à la température de 60 à 80 degrés avec une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque qui transforme en carbonates les sulfates de strontiane et de chaux ; on filtre, et, si la matière contenait des sulfates, la liqueur filtrée, rendue acide par l'acide chlorhydrique, donne avec un sel de baryte le précipité blanc insoluble et caractéristique de sulfate.

299. Leprécipitcquiconlientlescarbonatesdechauxetdestrontiane est lavé pour le débarrasser du sel ammoniacal en excès, puis traité par de l'acide azotique étendu qui dissout les carbonates ; on filtre et l'on évapore doucement à sec la liqueur claire. Le résidu est placé dans un petit flacon bouché, et agité avec le double de son volume d'un mélange à parties égales d'alcool absolu et d'éther qui ne dissout que le nitrate de chaux. S'il y a un résidu, c'est du nitrate de strontiane, il colorera la flamme en rouge et présentera tous les caractères des sels de strontium. La liqueur alcoolique évaporée laisse un résidu qui, dissous dans

l'eau, donne une liqueur où il sera facile de déceler la chaux à l'aide de Toxalate d'ammoniaque.

Le résidu insoluble dans l'acide azotique est formé de sable siliceux et d'argile. Son analyse serait celle d'une matière argileuse ou silicatée.

300. Lorsqu'il s'agit de rechercher dans les minerais de faibles quantités de sélénium, on en pulvérise 20 grammes que l'on introduit dans un petit ballon et qu'on arrose avec de l'acide azotique fumant. On laisse la réaction s'effectuer d'elle-même et quand, au bout de quelque temps, il ne se produit plus rien à froid, on chaufl'e vers 80 degrés. Le sélénium passe à l'état d'acide sélénieux et une partie du soufre s'oxyde ; on décante le liquide, on chasse par l'évaporation la plus grande partie de l'acide azotique en amenant à sec, puis on reprend le résidu par l'eau et l'on filtre. La liqueur est neutralisée avec du carbonate de soude, puis acidulée par de l'acide chlorhydrique, et on lui ajoute enfin une solution concentrée d'acide sulfureux. S'il y a du sélénium, on voit apparaître immédiatement, ou au bout de quelques instants, un dépôt rouge caractéristique, se transformant en une poudre noire quand on chaufie la liqueur jusqu'à son point d'ébuUition.

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