VI
quelle pour la science, comme pour les arts, il n’y a pas de progrès possible»
Un traité élémentaire d’analyse qualitative, qui enseigne dans un petit volume, d’une manière simple, substantielle et méthodique, tout ce qu’il faut savoir pour devenir capable de découvrir et de séparer les parties constituantes des corps composés, un pareil traité, disons-nous, ne peut donc qu’être accueilli avec faveur de ceux qui désirent être promptement initiés dans cette partie si importante de la science»
Plusieurs ouvrages spéciaux existent déjà, il est vrai, sur la chimie analytique; on peut citer parmi les plus estimés ceux de MM. H. Rose? Frésénius, etc. Mais, quoique d’un mérite incontestable, ces traités laissent encore beaucoup à désirer, surtout pour les commençants. On peut
dire, avec raison, que le premier est, pour eux, trop volumineux, ou, si Ton veut, trop complet; que le second ne l’est pas assez. Dans le savant ouvrage de M. Hose un débutant doit s’embarrasser souvent à travers les mille sentiers par lesquels Fauteur le conduit à son but. Dans le plan trop réduit, au contraire, du traité de M. Frésénius, où il n’est question que des corps simples et de leurs combinaisons employés en pharmacie ou dans les arts et métiers, les indications manquent a Félève pour se conduire de lui-même aussitôt que son guide cesse de le tenir par la main. L’instruction pratique de M. Will dont nous donnons ici la traduction, est venue obvier à ces deux défauts, selon nous, l’un par excès, l’autre par insuffisance.
La marche que M. Will expose dans son livre, est d’ailleurs consacrée par la
longue expérience de Fauteur dans l’enseignement comme préparateur au laboratoire de Giessen. Dans la première et la deuxième partie, on trouve toutes les opérations typiques, toutes les réactions particulières avec lesquelles l’élève ne saurait trop se familiariser. Dans la troisième partie sont les généralisations, c’est-à-dire les principes et les opérations fondamentales, d’après lesquels une analyse doit être commencée, poursuivie et terminée.
Le chimiste reconnaîtra même dans plusieurs analyses spéciales, quelques réactions nouvelles qui viennent encore simplifier les recherches. Enfin, l’ouvrage se termine par des tableaux qui résument la méthode, et offrent l’ensemble des opérations et de leurs résultats. Si Fauteur n’a point grossi son livre des notions élémentaires et des
considérations purement théoriques qui se trouvent nécessairement dans les traités de chimie générale, c’est que ces notions sont supposées déjà acquises par celui qui veut se livrer à l’étude de Fanalyse (1).
Au reste, pour donner d’avance une.
idée plus exacte encore de Futilité de cette instruction pratique, il nous suffira d’ajouter que c’est à la demande même de M. J, Liebig que M. Will s’est décidé
(i) A ce sujet, nous croyons rendre service h nos lecteurs en leur indiquant ici l’ouvrage de M. J. Liebig, ayant pour titre : Introduction à Vétude de la chimie. Ils trouveront dans ce petit livre, exposés d’une manière succincte et claire, les principes généraux de cette science, les proportions chimiques de la théorie atomique, en un mot, toutes les notions 'élémentaires indispensables à celui qui veut aborder la chimie analytique. Cet ouvrage se vend aussi chezM. Mathias, quai Malaquais, 15.
à la rédiger et à la publier. Aucun éloge ne saurait valoir, en sa faveur, plus que cette phrase de l’illustre professeur, dans la préface dont il a honoré l’édition allemande :
« On trouvera dans cet opuscule, « dit-il, une exposition de la méthode c< d’analyse qui a été suivie, avec succès, « pendant vingt-cinq ans, dans mon << laboratoire , etc. »
Ce sont tous ces motifs et notre sincère désir d’être utile aux jeunes gens qui veulent faire leur étude de l’analyse chimique, qui nous ont décidé à leur offrir cette traduction. Ce petit livre, comme on le voit, résume, sous une puissante approbation, la méthode d’enseignement pratiquée depuis longtemps dans un laboratoire de chimie, devenu, sous nilustre savant qui le dirige, Tun des plus célèbres
et des plus fréquentés de l’Europe. Nous avons donc toute raison d’espérer que les jeunes chimistes français feront à l’ouvrage traduit, un accueil aussi favorable que celui que l’édition originale a reçu en Allemagne .