‹ Traité élémentaire d'analyse qualitative. Instruction pratique à l'usage des laboratoires de chimieChapitre 8 sur 18 · IF PARTIE. — MANIÈRE DONT LES ACIDES · texte numérisé non relu

IF PARTIE. — MANIÈRE DONT LES ACIDES

aux précipités suivants : avec le nitrate d’argent, on a un précipité blanc-jaunâtre , d’iodure d’argent (kg J), qui est insoluble dans l’acide nitrique, et insoluble aussi ou du moins difficilement soluble dans l’ammoniaque ; avec le proto-nitrate de mercure on obtient un précipité vertjaune ; avec le nitrate de mercure un précipité rouge-pourpre ; avec les proto-sels de cuivre on a un précipité d’un blanc sale {avec un mélange d’une partie de protosulfate de cuivre et de 2 1/4 parties de proto-sulfate de fer; ou bien encore avec un mélange d’acide sulfureux et d’un sel de bi-oxyde de cuivre, on obtient un résultat semblable, pourvu qu’il y ait présence de protoxyde de cuivre). — Les sels de plomb déterminent, dans les dissolu tions d’iodures peu étendues, des précipités d’un jaune-orangé. Les sels de bismuth donnent un précipité brun, et une dissolution cVoxjde de palladium un précipité noir, même lorsque les dissolutions sont très étendues. Tous ces précipités sont des iodures correspondant aux oxydes que l’on a employés. — Les iodures

SE COMPORTENT AVEC LES TÎÉÂCfïFS, 14-5

se comportent comme les bromures avec le chlore, Facide sulfurique concentré et le peroxyde de manganèse, de meme qu’avec Facide nitrique; Viocle est éliminé, et , selon sa quantité, ou il est précipité sous forme de poudre noire , ou il reste en dissolution dans le liquide en colorant celui-ci d’un brun-jaune , ou bien encore il est volatilisé par la chaleur en vapeurs violettes qui sont caractéristiques. Lorsque i’iode mis à nu par un des procédés que nous venons d indiquer, est mis en contact avec de la fécule amylacée , il en résulte une coloration d’un beau bleu, qui prend une teinte violette ou rose s’il n’y avait dans la liqueur que de 'très fai-

Ibles traces d’iode. — On prend, pour cette réaction, une dissolution cl’emp ois étendue que l’on ajoute au liquide cqu’on veut examiner, on élimine ensuite Fiode en ajoutant avec précaution de l’eau de chlore, de Facide nitrique ou de Facide sulfurique. Si l’on ajoute trop de chlore, il y a formation de chlorure d iode, et la coloration en bleu n’a pas lieu u La même chose arrive avec l’acide nitrk pic en pré-

146 IIe PARTIE.-*- MANIÈRE BOST 1ES ACIDES

sence simultanée d’une grande quantité de chlorure. On sépare l’iode de ses cornbinaisons, quand il s’y trouve à l’état sec, au moyen de lacide sulfurique, dans un flacon .bouché à l’émeri. Pour s’assurer de sa présence, on inet un morceau de papier imprégné de colle d’amidon entre le col et le houchondu flacon ; s’il y a de l’iode dans la combinaison, le papier, après quelques heures, se colore en bleu. -—Les iodures métalliques communiquent «ne belle couleur verte à la flamme du chalumeau lorsqu’on l’y soumet avec un globule de sel de phosphore saturé d’oxyde de cuivre.

(d) Aride hydro- fluorique ou fluorZiydriquei^W). —L’acide hydro-fluorique est un liquide extrêmement volatil, très fumant à l’air, d’ une odeur fort piquante, et dont les vapeu rs agissent d’une manière délétère sur 1 es organes de la respiration. Il se mêle à , l’eau en dégageant beaucoup de calorie [ne. Les fluorures métalliques sont tante >t solubles dans l’eau (tels sont ceux de potassium, de sodium, d’ammonium , d’étain et d’argent ) , tantôt ils

sont extrêmement peu solubles ou tout à fait insolubles (comme les fluorures de plomb , de cadmium et de zinc , et les combinaisons du fluor avec les métaux des terres alcalines).- — Les sels de chaux déterminent, dans les fluorures solubles, un précipité presque transparent, gélatineux, do fluorure de calcium (Ca F), qui devient très sensible si Ton ajoute de Fammoniaque, et qui ne se dissout que difficilement dans l’acide hydrochlorique et dans l’acide nitrique. Le nitrate d’argent ne donne pas de précipité avec les fluorures solubles. L’acide sulfurique concentré décompose, à chaud, presque tous les fluorures, avec dégagement de l acide hydro -fluorique. Si l’acide hydro-fluorique, ainsi mis à nu, rencontre de la silice (par exemple dans le verre), il se décompose alors avec celle-ci en fluorure de silicium et en eau (î). C’est sur cette réaction, c’est-à-dire sur cette action corrosive que le fluor exerce sur le verre, qu’est fondé le moyen de découvrir sa présence. On met dans un

(1) StO^-j-SF/H »Se‘F, + 2 HO.

148 IIe PARTIE» — MANIÈRE DONT LES ACIDES

creuset de platine la combinaison lluorique à Tétât de poudre fine, on verse pardessus de l’acide sulfurique concentré , on couvre le creuset d une plaque de verre recouverte d’un enduit de cire, sur lequel on a gravé quelques traits, et l’on chauffe doucement. Quand on enlève ensuite la cire , les parties du verre qui étaient restées à découvert se montrent alors corrodées. Si le fluor se trouvait en faible quantité , les traces de corrosion ne deviennent visibles qu’autant qu’on nettoie bien le verre, et qu’on souffle pardessus. Si, outre le fluor, la combinaison contient de la silice, il se dégage du fluorure de silicium gazeux lorsqu’on chauffe avec de l’acide sulfurique ; ce gaz n attaque pas le verre, mais avec l’eau celui-ch se décompose en silice, laquelle se dépose sous forme gélatineuse, et en acide hydrofluo-silicique (I). On se sert de cette réaction pour démontrer la présence du fluor dans les minerais silicifères. Pour cela on réduit le minerai en poudre fine (s’il

(1) 3 SiFs + 6 HO = 2 (Si 02, 3 IïF) + Si O,.

ne contient pas de silice on y ajoute du verre ou du quartz en poudre), et on le chauffe avec de Facide sulfurique concentré dans un petit matras de verre exempt d’humidité; on fait passer le gaz à travers un tube humecté intérieurement; les parois intérieures de celui-ci se couvrent alors d’une couche blanche provenant de la silice éliminée. — - Les fluorures insolubles sont décomposés quand on les calcine avec un carbonate alcalin, et il y a formation de fluorures solubles. Si l’on sature ces fluorures avec précaution au moyen de Facide chlorhydrique, et qu’on ajoute du chlorure de calcium et de l’ammoniaque, il y a précipitation complète du fluor à Fétat de fluorure de calcium. Si la combinaison contenait de Facide phosphorique, il y aura du phosphate de chaux mélangé avec le précipité.

Lorsqu’on chauffe, au chalumeau, un fluorure seul, dans un tube de verre ouvert des deux bouts, ou si on le mêle avec du bi-sulfate de potasse dans un tube à épreuve, il se fait un dégagement d'acide hydro-fluorique facilement rc-

110 He PARTIE. — MANIÈRE DONT LES ACIDES

connaissable en ce qu’il dépolit le verre.

(e) Acide hydro cya n iq a e ou cyanhydrique (C/H). L’ acide hydrocyanique anhydre est incolore, très liquide, inflammable, d’une odeur particulière et étourdissante. Sa dissolution aqueuse étendue a le goût de bainande amère. Il se mêle à beau, à Falcool, àl’étber, en toutes proportions. À l’état de pureté parfaite, il se décompose en ammoniaque et en une masse brune-noire; et, au moyen des acides minéraux concentrés, en ammoniaque et en acide formique.

Les combinaisons qui résultent du cyanogène ( carbure de nitrogène) avec les métaux des alcalis et des terres alcalines, sont solubles dans beau. Les dissolutions ont une réaction alcaline, et sont décomposées par les acides les plus faibles, avec élimination d’acide prussique. Si l’on fait bouillir la dissolution avec un excès d’alcali, il y a formation d’ammoniaque et d’acide formique. À l’abri du contact de l’air, les cyanures de potassium et de sodium supportent la chaleur rouge sans se

SK COMPORTENT ÀYEC LES RÉACTIFS« Î5i

décomposer; au contact de Fair, ou en présence d'oxydes métalliques , il se produit des cyanates. — Les autres cyanures (à peu d'exception près, celle du cyanure de mercure par exemple), sont insolubles dans l’eau. Chauffés au rouge , ils se décomposent, soit en métal et en cyanogène cyanure de mercure), soit en cyanogène et en un cyanure moins cyanuré (cyanure d’argent), soit encore en azote et en carbures métalliques ou en paracyanures. La plupart des cyanures clés métaux denses et surtout ceux des métaux précieux, ne sont pas décomposés par les acides étendus d’eau; mais ils se décomposent presque tous avec l’acide hydrochlorique et l’acide hydrosulfurique, en dégageant de l’acide hydrocyanique.

Le nitrate d’argent détermine, dans les dissolutions de l’acide hydrocyanique et dans celles des cyanures solubles , un précipité blanc, caillebotté, de cyanure d'argent ( Ag C/ ) , lequel est insoluble dans l’acide nitrique étendu d’eau, mais soluble dans F acide nitrique concentré, ainsi que dans Fammoniaquc et dans le

152ä He PARTIE.— MANIÈRE DONT LES ACIDES

cyanure de potassium. Humecté avec de l’acide bydrochïorique concentré, ce cyanure d’argent exhale l’odeur de lacide prussique. Le proto-nitrate de mercure détermine, dans les dissolutions de l acide hyd rocyanique, un précipité gris, provenant de la réduction du protoxyde de mercure; le liquide contient alors du bicyanure de mercure (1). Une' dissolution de sulfate de cuivre contenant de l’acide sulfureux, produit un précipité blanc de cyanure de cuivre. Les liquides qui contiennent de l’acide hydrocyanique dissolvent le bi-oxyde de mercure, en formant du bi-cyanure de mercure, qui n’est pas précipité par les alcalis. S’il y a, en même temps, présence d’acide bydrochïorique, l’ammoniaque détermine alors la précipitation d’une masse blanche. Lorsqu’on mêle un alcali caustique à un liquide contenant de Lacide hydro-cyanique, et qu’on y ajoute ensuite un sel composé d’un mélange de protoxyde et de peroxyde de fer (une dissolution de proto-sulfate de

(1) Qy JUâO R=? \lg Gy + % + HO,

fer qui s’est oxydé à l’air) , ii se produit un précipité d’un bleu-vert sale, qui prend une teinte de bleu pur si l’on y ajoute de l’acide bydrochlorique en quantité suffisante pour redissoudre l’excès du protoxyde et le peroxyde de fer qui ont été précipités.

Les cyanures des métaux alcalins produisent, avec les autres cyanures, des combinaisons qui sont, pour la plupart, solubles dans l’eau, et qui ne sont décomposées ni par les alcalis caustiques, ni par les carbonates alcalins. Les cyanures de fer, de cobalt, de manganèse et de chrome, se combinent, dans ce cas, avec le cyanogène des métaux alcalins, en formant des radicaux particuliers, dans lesquels , en suivant la marche ordinaire , on ne peut pas reconnaître le métal proprement dit (pas même au moyen de l’hydrosulfatc d’ammoniaque). Lorsqu’on chauffe ces cyanures avec de l’acide sulfurique étendu d’eau, il en résulte un dégagement d’acide hydrocyanique* mais si l’acide est concen¬

tré, il se dégage de l’oxyde de carbone. Si on les calcine seuls ou mêlés avec un car-

154 IIe PARTIE »*=— MANIÈRE DONT IIS ACIBES

Bonate alcalin, ils sont décomposés ; le métal est éliminé, et il y a formation de cyanure soluble. On reconnaît , par la voie humide, les cyanures solubles formés d’un ferro-cyanure ou d’un ferri-cyanure, à leur manière de se comporter avec les sels de fer et de cuivre (Z7. pages 46, 50 et 70).

B. — Oxacides des corps halogenes .

(a) Oxacides du chlore. — Acide perc /dorique (C/07); acide chlorique (C / 05), et acide hypochloreux (C/O). — Les pet -chlorates sont solubles dans beau ; celui de potasse l’ést difficilement. Leurs dissolutions ne détruisent pas les couleurs végétales ; elles ne sont décomposées ni par les acides ni par les agents réductifs ; elles ne donnent par conséquent pas de coloration jaune au liquide, ni au moyen de l’acide sulfurique, ni par l’acide hydrochlorique. À la chaleur rouge, ils se comportent comme les chlorates.

Les chlorates sont tous solubles dans l’eau. Leurs dissolutions ne possèdent pas la propriété décolorante ; mais, au moyen

des acides, elles sont facilement décomposées, et le liquide se colore en jaune ou en jaune-brun, à cause du chlore ou de l’acide hypo-cblorique qui a été mis en liberté. Chauffés avec de l’acide sulfurique, les chlorates décolorent la teinture d’indigo, et, à froid, celle aussi du tournesol.

À la chaleur rouge, les chlorates se décomposent , tout en dégageant de l’oxygène. Les chlorates alcalins fixes donnent, pour résidu, du chlorure métallique pur. La plupart des autres donnent un résidu d’oxyde, et l’oxygène qui se dégage est alors accompagné de chlore. Chauffés avec des corps combustibles, tels que le charbon, le soufre, le phosphore, les cyanures, etc, ils détonnent fortement.

Tous les hypo-chlorites que l’on connaît jusqu’à présent, sont solubles dans l’eau ; ils ont une saveur astringente et caustique ; leur odeur rappelle faiblement celle du chlore. Aux rayons du soleil, ou en les chauffant , ils se décomposent d’euxmêmes en chlorures et en chlorates, et ordinairement avec dégagement d’oxygène* Ils détruisent les couleurs végétales, mais

156 IIe PARTIE — MANIÈRE PONT LES ÀCÏDES

plus facilement encore si l’on ajoute un acide. Les acides n’en dégagent que du clilore. Les hypo - chlorites produisent: dans les proto-sels de manganèse, un précipité brun-noir de peroxyde de manganèse hydraté; dans les sels de plomb, d’abord un précipité blanc de chlorure de plomb , ensuite un précipité brun de peroxyde de plomb. Leurs dissolutions se comportent, en général, comme des oxydants puissants.

(b) Oxacides du brome, de diode et du cyanogène. — Acide bromique (B/‘ 05 ) ; acide per-iodique (I07) ; acide iodique (I05) ; acide cyanique (C/O). — La plupart des brômates se dissolvent dans l’eau. Si on les chauffe seuls, ou accompagnés de corps combustibles, ils se comportent comme les chlorates. Les oxacides les décomposent en dégageant de T oxygène et du brome. L’acide hydrochlorique les décompose en donnant lieu à un chlorure et à du chlorure de brome. Leur dissolution aqueuse est décomposée par l’acide hydrosulfurique, et il y a précipitation

de soufre. Avec Facide sulfureux c’est le brome qui est éliminé ; dans les deux cas , il se produit de l’acide sulfurique. Les proto-sels de mercure donnent lieu à des précipités d’un jaune clair, solubles dans Facide nitrique. Le nitrate d’argent produit un précipité blanc, très soluble dans l’ammoniaque, et fort peu soluble dans Facide nitrique étendu d’eau.

Les per-iodates sont, pour la plupart, difficilement solubles dans l’eau , mais très solubles dans Facide nitrique. Le per-iodate d’argent est d’un jaune clair, et, en le chauffant avec deFeau, il devient d’un rouge-noir.

Les iodates sont, en général, peu solubles ou insolubles dans beau ; les sels alcalins avec un équivalent d’acide y sont solubles. Les dissolutions étendues d’eau, traitées par les sels de plomb et d’argent, donnent lieu à des précipités blancs. Celui obtenu par les sels d’argent se dissout facilement par F ammoniaque, mais il est peu soluble dans Facide nitrique. Les iodates et les per-iodates se comportent, à la chaleur, d’une manière analogue à celle

15B IIe PARTIE«— MANIÈRE DONT LES ACIDES

des chlorates. Ils sont décomposés par une dissolution d’acide sulfureux, ou bien par le proto-chlorure d’étain, en mettant à nu Fiode, et en formant de l’acide sulfurique ou de Foxyde d’étain. Lorsqu’on ajoute

une dissolution d’amidon, il se produit de

Fiodure d’amidon qui est de couleurbleue. Traités par Facide hydro-sulfurique, ils se décomposent en soufre, qui se dépose, en acide hydriodique, en eau et en un sulfate.

Les cyanates sont, pour la plupart, très solubles dans l’eau. Les acides puissants les décomposent tous avec effervescence; il y a dégagement d’acide carbonique avec une odeur particulière et pénétrante , provenant de Facide cyanique qui l’accompagne et qui a échappé à la décomposition. À la suite de celle-ci la liqueur contient un sel ammoniacal. À la chaleur rouge les cyanates alcalins ne sont pas décomposés.

(6) Acide borique (Bo03). — La dissolution aqueuse de cet acide cristallise en

paillettes qui contiennent de l’eau de cris» tallisation, mais qui, à la chaleur rouge, se fondent en une masse vitreuse en perdant cette eau. L’acide borique pur est inaltérable par la chaleur. Quand on évapore la dissolution aqueuse, ou alcoolique, de l’acide borique, les vapeurs du dissolvant en emportent une partie. Les borates alcali ns sont très solubles dans l’eau ; les autres y sont difficilement solubles ; il n’y en a aucun qui y soit insoluble. Ceux qui y sont difficilement solubles, sont très solubles dans les sels ammoniacaux et dans les acides. Lorsque la dissolution de l’acide borique n’est pas trop étendue, les acides y déterminent la précipitation de l’acide borique sous une forme feuilletée. Si l’on chauffe un borate avec de l’acide sulfurique concentré et de l’alcool , et qu’on mette le feu à ce dernier, l’acide borique en dissolution est entraîné par les vapeurs de l’alcool, et communique à la flamme une couleur verte. Quand on chauffe au rouge, au moyen du chalumeau, un mélange de bi-sulfate de potasse et d’un borate, placé sur un fil de platine, la

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flamme qui en résulte est, de même, colorée en vert. Par Faction de la chaleur, les borates se boursouflent ordinairement beaucoup, et fondent en verres transparents, dans lesquels divers oxydes métalliques sont solubles en offrant des couleurs variées.

(7) Acide süicique (S/02).- — L'acide sili— cique se trouve, dans la nature, à l’état cristallisé et à l’état amorphe. L’acide silicique obtenu par des moyens artificiels est toujours amorphe, et se présente sous forme d’une poudre blanche, insipide, qui, par l’ébullition avec les alcalis caustiques et les carbonates alcalins , se dissout bien plus facilement que l’acide cristallisé réduit en poudre fine.

L’acide silicique se combine avec les bases (pour former les silicates), dans les proportions les plus variées. Tous les silicates sont insolubles dans l’eau, à l’exception de ceux formés avec les alcalis fixes, ïl y a des silicates qui peuvent être décomposés par les acides avec précipitation de l’acide silicique, savoir : les silicates

avec excès de base et les silicates hydratés, les zéolithes. La forme sous laquelle l’acide silicique est précipité, diffère selon la force et la quantité de l’acide qu’on emploie pour la décomposition. En sursaturant avec l’acide hydrochlorique la dissolution aqueuse étendue d’un silicate alcalin 7 on n’aperçoit aucune séparation sensible d’acide silicique ; celui-ci reste dans le liquide à l’état de modification soluble. Si l’on fait évaporer cette di ssolution jusqu’à un certain point, ou bien si l’on ajoute de l’acide à la dissolution un peu concentrée du silicate alcalin, il se produit un précipité d’acide silicique sous forme de poudre floconneuse , ou dans un état gélatineux qui, par la dessiccation, se transforme en une poudre blanche et douce au toucher. Celle-ci est alors insoluble dans tous les acides , à l’exception de l’acide bydrofluorique ; c’est là ce qu’on appelle la modification insoluble de l’acide silicique.

13 y a un autre genre de silicates qui ne sont point décomposés, ou qui ne le sont que partiellement par les acides. Mais on

162 IIe PARTIE.— MANIÈRE DONT LES ACIDES

4, ^ * Ct 'à . -i '*

peut les rendre susceptibles de désagrégation ^ c’est-à-dire d’être décomposés par les acides, en les calcinant avec une quantité triple ou quadruple d’un alcali caustique ou d’un carbonate alcalin, ce qui donne naissance à un silicate avec excès de base. Celui-ci contient alors l’acide silicique à l’état de modification soluble. L’on opère cette désagrégation au moyen de la baryte hydratée lorsqu’on veut s’assurer de la présence des bases alcalines (de la potasse, de la soude), dans le silicate. — -Tous les silicates sont complètement décomposés par F acide hydrofluorique, ou, ce qui revient au même, par un mélange de spathfluor et d’acide sulfurique concentré ; tout l’acide silicique se sépare alors à l’état de fluorure de silicium gazeux.

Lorsqu’on rend presque neutres les dissolutions étendues des silicates alcalins, au moyen d’un acide minéral (de l’acide nitrique, par exemple), la plupart des sels métalliques, les sels des terres alcalines, et ceux de l’ammoniaque, donnent lieu à des précipités. De là résulte,

pour l’examen des autres substances du silicate, la nécessité de séparer, par l’évaporation, l’acide silicique, c’est-à-dire d’opérer la transformation de îa modification soluble en modification insoluble« En traitant ensuite par un acide toute la masse desséchée, tous les oxydes basiques sont dissous, et Facide silicique reste.

L’acide silicique amorphe et pur se dissout complètement quand on le fait bouillir dans les dissolutions aqueuses des alcalis fixes, ou dans celles des carbonates alcalins. Fondu, au chalumeau, avec du carbonate de soude (qui ne soit pas trop en excès ), il donne un verre limpide, et Facide carbonique se dégage avec effervescence. L’acide silicique est très peu soluble dans le sel de phosphore en fusion ; il nage en majeure partie dans le globule fondu , sous une forme boursouflée (1). Le verre que l’on obtient avec

(1) Littéralement : sous forme de squelette siliceux Kiesclskelett).

164 IIe PARTIE.— MANIÈRE ï)ONT LES ACIDES

l’acide silicique pur, étant refroidi, est toujours incolore; mais il est trouble ou transparent, selon qu’il y a plus ou moins d’acide silicique. C’est à l’aide de cette propriété que l’on découvre facilement, au chalumeau, la présence de l’acide siiicique.

L "acide titanique et Y acide tcintalique , considérés seuls ou dans leurs combinaisons, possèdent des propriétés semblables à celles de l’acide silicique. On les sépare de ce dernier au moyen de l’acide liydrolluorique, qui ne les volatilise pas. On fond un mélange d’acide tétanique et d’acide silicique avec un carbonate alcalin, on le traite d’abord par l’eau, et ensuite le résidu, à froid, par l’acide hydrochlorique concentré* La dissolution dans l’acide hyclroehlorique, traitée par L ammoniaque, donne lieu à un précipité qui est un mélange d’acide titanique et d’acide silicique. Après une faible dessiccation de ce mélange , l’acide liydrochlorique n’en dissout plus que l’acide titanique.

(8) Acide carbonique (COJ. — L’acide car-

tonique est gazeux sous la pression atmosphérique ordinaire. Il n’est pas inflammable et possède une odeur faiblement piquante. Ce gaz, étant 1 fois 1/2 plus pesant que l’air, peut être facilement transvasé. Tous les carbonates neutres sont insolubles dans l’eau; les carbonates alcalins y sont solubles. Ils sont tous décomposés avec effervescence parles acides puissants. En présence d une quantité suffisante d’acide carbonique libre, les carbonates insolubles sont dissous dans l’eau à l’état de sels acides ; mais il y a précipité si l’on porte l’eau à l’ébullition. Veau de chaux , ou Veau de baryte en excès précipitent le gaz acide carbonique, ou sa dissolution aqueuse, en un carbonate de chaux ou de baryte blanc, qui se redissout avec effervescence dans l’acide chlorhydrique. Les carbonates chauffés au rouge perdent leur acide carbonique, à l’exception des carbonates alcalins et de quelques carbonates des terres alcalines,

(9) Acides organiques.

Pour la plupart des acides organiques

166 IIe PARTIE.— MANIÈRE DONT TES ACIDES

connus jusqu’à présent, il n’existe pas de moyen infaillible pour les reconnaître qualitativement. Toutefois, voici les acides en petit nombre, et qui sont précisément les plus répandus, pour lesquels une reconnaissance qualitative est possible jusqu’à un certain point. Ce sont les acides oxalique , tartrique , racémique , citrique , malique , quinique , méconique , gallique, tannïque , urique , et les acides succinique , benzoïque , acétique et formique.

Les dix premiers de ces acides ne pe lèvent être volatilisés sans être décomposés. Les autres peuvent être sublimés ou distillés sans éprouver de décomposition.

Lorsque l’on calcine, à l’abri du contact de l’air, les sels qui résultent de la combinaison d’un de ces acides avec un alcali ou avec une terre alcaline, ils se décomposent en carbonates, et il y a du charbon mis à nu. Il n’y a que les oxalates qui ne noircissent pas quand on les calcine. Si Ton chauffe, avec l acide sulfurique concentré, ceux de ces acides qui ne sont pas volatils, ils noircissent, et donnent

lieu à un dégagement d’acide carbonique, d’oxyde de carbone et d’acide sulfureux. V acide oxalique est aussi décomposé par l’acide sulfurique, mais saus qu’il y ait noircissement, et il se dégage de [ acide carbonique et de l’oxyde de carbone.

Les réactions qui caractérisent ces acides sont les suivantes :

(a) Acide oxalique (C203). — Les oxalate§ solubles dans l’eau, traités par 1 eau de cbaux ou par les sels de ebaux solubles, et même par une dissolution de sulfate de cbaux, donnent un précipité blanc d’oxalate de cbaux, insoluble dans Facide acétique, très soluble, au contraire, dans Facide bydrochlorique et dans Facide nitrique. Les oxalates dissous dans les acides donnent le même précipité, pourvu qu’on y ait ajouté d’avance une quantité suffisante d’acétate d’ammoniaque.

(b) Acide tartrique ( C8 H4 010). — L’acide tartrique, ainsi que ses sels, répandent une odeur particulière, quand on les

Î68 ïïe PARTIE. «s® MANIÈRE DONT LES ACIDES

chauffe très fortement. Les dissolutions aqueuses de T acide tartrique et des tartrates, sont précipitées par F eau de chaux quand on ajoute celle-ci en excès ; le précipité est blanc. En faisant réagir avec les tartrates, du chlorure de calcium , on obtient ce même précipité blanc, lequel se dissout facilement dans les sels ammoniacaux, ainsi que dans une dissolution froide de potasse. Si l’on fait bouillir cette dernière dissolution, elle devient trouble et gélatineuse ; mais elle s’éclaircit de nouveau par le refroidissement.

(c) Acide racémique (C4H2Os). — Cet acide ne se distingue des précédents que par l’insolubilité de sa combinaison avec la chaux, dans les sels ammoniacaux, ainsi que dans un excès d’acide racémique ou d’acide tartrique.

(d) Acide citrique (C12H3 Ou). — Les dissolutions aqueuses de l’acide citrique et de ses sels, ne donnent pas de précipité lorsqu’on les traite, à froid, avec beau de chaux ou des sels de chaux. Mais si I on fait bouillir le liquide, et que celui-ci soit neutre,

ou qu’il contienne un excès d’eau de chaux ou d’ammoniaque libre, il se produit un précipité blanc de citrate de chaux, qui est insoluble dans la potasse, mais soluble dans les sels ammoniacaux et dans les acides libres.

(e) Acide malique (CsH4 08).— Chauffé dans un tube à épreuve, cet acide se décompose en donnant un sublimé d’acide maléique, et laisse pour résidu de l’acide fumarique. Sa dissolution aqueuse, et celles de ses sels, traitées par une dissolution d’acétate de plomb, donnent un précipité blanc de malate de plomb, qui devient peu à peu cristallin dans la liqueur, et qui, lorsqu’il n’est pas mélangé avec un autre sel insoluble, fond en une masse transparente lorsqu’on porte le liquide à l’ébullition. L’eau de chaux ne donne de précipité, avec Facide malique, ni à froid, ni à la température de l'ébullition du liquide.

(f) Acide quinique (C7H404). — On peut découvrir de très petites quantités de cet

acide en le transformant en quinoïle

170 IIe PARTIE. “MANIÈRE DONT LES ACIDES

( chinon ) au moyen du peroxyde de manganèse et de Facide sulfurique. Après avoir concentré, par 1 évaporation, la dissolution de Facide, on la met dans une cornue avec la moitié de son poids d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, et Fon distille. En présence de Facide quinique, la première portion qu’on obtient parla distillation est jaune, ou bien il se forme des cristaux jaunes dont la dissolution, traitée par l’ammoniaque , devient d’un brun noir, et d’un vert clair si on les traite par une dissolution de chlore.

(g ) Acide méconique (C14 HOu). — Les dissolutions de cet acide et de ses sels sont colorées en rouge de sang par les sels du peroxyde de fer. L’acide hydrochîorique, dans les dissolutions des sels, donne lieu à un précipité d’acide méconique, nacré, peu soluble, qui, dans une dissolution de potasse, se décompose, par l’ébullition, en oxalate, en carbonate de potasse et en une substance d’un rouge-brun foncé.

(h) Acide tannique (Cj8H5 Oy). — Cet acide

SE COMPORTENT AVEC LES RÉACTIFS. T7i

est précipité de ses dissolutions par les acides minéraux, sous une forme pâteuse, lîdonne également des précipités au moyen d’une dissolution étendue d’amidon , ou d’une dissolution de gélatine ou de blanc d’œuf. On précipite complètement Facide tannique de sa dissolution en y faisant tremper un morceau de peau animale.

Les sels à base de peroxyde de fer déterminent, dans les dissolutions de l’acide tannique et de ses sels, un précipité d’un bleu -noir foncé. La même réaction se manifeste avec les sels de protoxyde de fer quand on expose la liqueur à Fair.

(i) Acide gallique (C7H03). — “Les dissolutions de cet acide ne donnent lieu à aucun précipité avec la dissolution de gélatine, ni avec la peau animale. Cette propriété sert à le distinguer et à le séparer de Facide précédent. La dissolution alcaline de Facide gallique, exposée à l’air, se colore peu à peu en jaune, en vert, en rouge, et devient enfin d’un brun-noir. Traitées par les sels du peroxyde de fer, les dissolutions de Facide gallique donnent un

172 IIe PARTIE. — MANIÈRE DONT LES ACIDES

précipité bleu foncé, tandis qu’une dis» solution d’oxyde ferroso-ferrique donne lieu à un précipité noir.

(k) Acide urique (C10H4N406). — Les dissolutions des urates, traitées par les acides, donnent un précipité blanc d’acide urique sous forme de poudre cristalline. Lorsqu’on évapore la dissolution de cet acide dans l’acide nitrique, et qu’on la sursature d’ammoniaque, il se produit une belle couleur rouge pourpre. Si on le fait fondre avec les alcalis hydratés, il se produit de l’ammoniaque, et, en modérant la chaleur, on obtient un résidu de cyanure. de potassium et de cyanate de potasse, lequel est facile à reconnaître.

(l) Acide succinique (C4H203). — Les sels de cet acide sont presque tous solubles dans l’eau. Les dissolutions parfaitement neutres, traitées par les sels du peroxyde de fer, donnent lieu à un précipité volumineux, d’un brun rouge, très soluble dans les acides, et qui devient plus foncé en présence de F ammoniaque libre, qui lui enlève de l’acide succinique. En ajoutant

de l’alcool et de l’ammoniaque aux dissolutions de l’acide succinique 9 on peut alors précipiter celles-ci au moyen du chlorure de barium.

(m) Acïcle benzoïque (C14H503). — Cet acide est moins soluble dans l’eau que le précédent. Les acides puissants le précipitent par conséquent des dissolutions de ses sels peu étendues. Le précipité est sous forme de poudre blanche cristalline. îl se comporte avec le deuto-chlorure de fer, absolument de la même manière que Faeide succinique ; seulement, le précipité n’est pas d’un rouge brun, mais d’un jaune isabelle.— Les deux acides chauffés répandent des vapeurs qui provoquent fortement la toux.

(n) Acide acétique (C4 IL 03).— Tous les acétates sont solubles dans l’eau; toutefois l’acétate d’argent et celui de protoxyde de mercure y sont difficilement solubles. Soumis à Faction de la chaleur, la plupart des acétates répandent de l’acétone qui est inflammable, et dont l’odeur

174 IIe partie.— manière dont les acides

est caractéristique. Les dissolutions des acétates colorent les sels du peroxyde de fer en rouge de sang. Chauffés avec un mélange d’acide sulfurique et d’alcool, les acétates produisent l’éther acétique, facile à reconnaître à son odeur. Lorsqu’on fait digérer de l’oxyde de plomb en excès dans une dissolution d’acide acétique libre, on obtient une liqueur dont la réaction est alcaline, propriété que ne possède pas l’acide suivant.

Pour la réaction relative à la formation de l’oxyde de cacodyie, voyez page 101.

(o) Acide formique (C2H03). — L’acide formique, à l’état libre, de même que dans les sels qu’il forme, est facile à reconnaître par la propriété qu’il a de réduire les oxydes des métaux précieux, avec dégagement d’acide carbonique. On opère cette réduction en faisant chauffer la dissolution avec le nitrate d’argent, ou avec le proto-nitrate de mercure, ou même avec le bi-oxyde de mercure, réduits en poudre fine. De cette manière l’acide formique

peut être complètement isolé d’un liquide. L’acide acétique n’est pas décomposé par cette réaction. Traités par le deuto-chlorure de mercure (sublimé corrosif), et sous l’influence d’une chaleur modérée* les formiates donnent d’abord un précipité de proto -chlorure de mercure, et ensuite du mercure métallique.

Chauffé avec de l’acide sulfurique concentré, l’acide formique, ainsi que ses sels, se décomposent avec dégagement d’oxyde de carbone pur.

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