DES ORGANES DES SENS
Examines d'une manière physiologique, les sens ont une action qui se rapporte à une modification du tact général. C'est ainsi, par exemple, que les corps odorants viennent frapper la membrane pituitaire, et déterminer sur elle une impression de tact : aussi pensons-nous, avec le célèbre de Blaiuville, qu'on peut considérer les organes des sens comme faisant plus ou moins partie de l'enveloppe générale du corps.
Les sens ont des caractères qui leur sont communs : ils sont tous situés dans la tête, et au moyeu de nerfs gros et courts, ils ont des connexions intimes avec le cerveau j tous sont placés à l'extérieur du corps, et lui forment une euveloppe sensitive qui a pour usage de le mettre en rapport avec les corps environnants j tous enfin, qu'ils soient pairs ou impairs, offreut une disposition symétrique.
Buisson a divisé les organes des sens en trois classes : dats la première, il range l'œil et l'oreille, qu'il regarde comme appartenant exclusivement à la vie animale. L'odorat et le goût se trouvent dans la seconde classe; ils dépendent bien de la vie animale, mais ils font aussi partie du domaine de l'organique. Enfiu le toucher forme à lui seul une classe à part. D'après la manière dont nous avons considéré les sens, nous allons commencer leur description par l'organe du toucher.
DE LA PEAU. ORGANE DU TOUCHER. (\'oy. Prepar., p.o>)
Le corps est enveloppé à l'extérieur par une membrane générale nommée peau, qui se prolonge dans l'intérieur, oit elle forme In membrane muqueuse, fait surtout apparent
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daus les derniers animaux de l'échelle. La démarcation de la peau avec la membrane muqueuse est quelquefois sensible; dans d'autres cas il est presque impossible de l'établir. La peau, dans sa continuité, présente un grand nombre d'ouvertures; les unes s'ob3ervent dans toutes les parties, ce sont les follicules cutanés ; les autres dans certains points, ce sont les poils; ces ouvertures ne doivent pas faire conclure qu'il y ait des solutions de continuité à la peau, mais seulement que ce tégument se replie sur lui-môme. On observe encore à la peau des porcs sudorifères , des plicaturcs au niveau désarticulations, pour permettre les mouvements de flexion et d'extension, etdes rides d'uneautre nature chez les individus maigres et avancés en âge; à la paume de la main et à la plante des pieds, on aperçoit d'autres ride» qui sont disposées en lignes concentriques vers les doigts, et en spirale à la paume. Ces rides constituent les papilles.
A l'extérieur, la peau est sèche et hérissée d'un certain nombre de poils daus divers endroits.
Si maintenant nous examinons la surface profonde de la peau, nous venons qu'elle est fixée tantôt sur les os, par un tissu cellulaire serré, tantôt par un tissu cellulaire lâche, se mouvant facilement.
Chez les animaux, il y a beaucoup de muscles qui s'insèrent tur la face profonde, delà peau; chez l'homme, cette disposition n'est pas aussi commune, mais elle existe encore dans plusieurs endroits. La face profonde offreencore un grand nombre d'aréoles logeant des pelotons cellulaires ctadipeux : ceux-ci, ea se développant, distendent les aréoles qui, d'après leur texture, ue pouvant se prêter à une grande dilatation, les étrauglcut et les font tomber en gangrène. Les furoncles et les anthrax n'ont pas d'autre origine; seulement daus l'anthrax il y a un grand nombre de pelotons enflammés, tandis que dans le furoncle il n'y en a qu'un ou deux.
La peau est formée par un certain nombre couches superposées. La plupart des physiologistes en ont admis trois, deux iocolores, l'une superficielle, l'autre profonde, et une troisième intermédiaire colorée. Quelques-uns ont cependant nié l'existence de la couche moyenne; mais sa présence est de toute évidence chez le Nègre, et des faits pathologiques k démontrent également chez l'Kuiopéen.
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La plus extérieure de ces couches porte le nom d' épiderme; la plus profonde, de demie; et l'intermédiaire, de corps miiqueux.
La couche profonde, appelée derme, forme la base de la peau: elle en est pour ainsi dire le squelette, et en constitue les cinq sixièmes; elle présente deux faces : Tune, profonde, adhérente au tissu cellulaire sous-cutané; l'autre, superficielle, en rapport avec l'épiderme dontellcjest séparée par le corps muqueux ; on remarque sur cette face des séries d'éminences, concentriques à l'extrémité des doigts , en spiraleàla paume de la main , sans forme bien déterminée dans les autres parties du corps. Ce sont ces cm in en ces qui constituent les papilles ; elles ont été confondues à tort, par M. Gautier, avec la couche intermédiaire au derme et à Pépidermc.
Le derme est très résistant; c'est un tissu fibreux cellulaire dont les fibres ont une apparence nacrée, disposition surtout remarquable chez les individus qui sont œdématiés. Ce tissu présente un grand nombre d'ouvertures pour le passage des vaisseaux et nerfs à l'extérieur; ces ouvertures laissent aussi passer beaucoup de pelotons adipeux. Les fibres du derme s'écartant diagonalement, on conçoit qu'ils aient une résistance considérable.
Superficiellement la peau est formée par une couche à laquelle on a donné le nom d'épidémie ou de cuticule; entrant pour un sixième dansla composition de cet organe, cette rouche est plus épaisse dans les endroits où il se fait des pressions, à la paume de la main, à la plante des pi eds; sa face profonde correspond à la face externe du corps muqueux. L'épidcrme est traversé dans certains points par les poils, et, suivant plusieurs anatomistes, il offre des solutions do continuité pour le passage des follicules cutanés. Les ouvertures n'existent pas dans les premiers temps de la vie, elles sont même difficiles à apercevoir chez l'adulte; parce que l'épidcrme revient sur lui-même. Au reste, cette couche est formée d'un certain nombre d'écaillés qui se recouvreut réciproquement, et qui sont sécrétées à l'extérieur de la peau. La matière constituante de l'épiderme est inorganique et semblable à celle des poils, mais moins consistante; elle est essentiellement hygrométrique, comme toutes les parties dons lesquelles entre le mucus.
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Entre J'épiderme et le derme, on trouve une troisième couche , queMalpighi a nommée corps muqueux. Bichat la considérait comme une couche cellulo-fibreusej M. Gall la compare à la substance grise.
Quoique le corps muqueux, lui-même, ne soit pas facile à apercevoir, M. Dutrocheta démontré que, danslesanimaux, il était formé de plusieurs couches; M. Gautier, auquel on doit le meilleur travail que nous ayons sur le corps muqueux , le regarde comme le résultat de la superposition de quatre couches. Il donne à celle qui est la plus profondément située, le nom de papillaire, ou de couche des bourgeons sanguins ; elle est essentiellement formée par les vaisseaux de la peau ; au-dessus se trouve une couche incolore, qu'il appelle albide profonde, et que M. Dutrodict considère comme l'épiderme des papilles. Une troisième couche, plus supérieurement placée , constitue les gemmules de M.Gautier, petits bourgeons coniques, contenant la matière colorante de la peau. Enfin, la dernière couche, touti-fdit superficielle, forme la couche albide superficielle de cet anatomiste, et la couche cornée de M. Dutrochct. Cette dernière dénomination lui convient beaucoup mieux, parce qu'elle est véritablement la matrice des cornes, des sabots, des écailles, des poils.
La peau , en rentrant sur elle-même, forme, dans plusieurs endroits, des espèces de godets qui.portcut le nom de folli- Ucules ; ceux-ci sont tantôt uniques, tantôt eu masse : dans ce cas, ils sont appelés follicules agglomérés. On les rencontre au pourtour des ouvertures naturelles, à la base des poils. Le follicule présente uneextrémité inférieure, élargie, qui a reçu le nom de fond, terminée par un petit prolongement, nommé pédicule. L'extrémité supérieure, rétrécie, est appelée goulot* L'intérieur du follicule sécrète une matière firasse, très apparente aux ailes du nez. Le follicule se compose de toutes les couches de la peau, ce qu'il est assez facile de démontrer dans la formation des loupes qui proviennent de l'oblitération du goulot, tandis que la matière grasse continue d'être sécrétée à l'intérieur. La présence du corps muqueux, et spécialement celle de la couche superficielle de la cornée, v a été prouvée par plusieurs faits pathologiques, et entre autres par l'histoire d'un homme observe par mon am i , le docteur ftland i n , il y a pl usieu rs an nées.
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à Bicetre; cet individu portait sur le nez une corne qui naissait du fond d'un follicule, et qui repoussait a mesure qu'on la coupait ».
Dans certains points du corps, on rencontre des prolongements de matière cornée : ce sont les poils» Lorsqu'ils sont très peu développes, fins et délicats , on les appelle duvet; ils portent le nom de poils proprement dits, lorsqu'ils sont forts et prononcés. Suivant les différentes parties où ou le3 observe, ils ont reçu t différents noms. Les moustaches sont des poils très développés.
Le poil présente deux parties, le prolongement corné et la partie vivante. On peut aussi lui distinguer une extrémité libre, une extrémité adhérente et un centre. L'extrémité libre n'offre rien de remarquable ; elle est le plus ordinairement simple, quelquefois bifide, d'autres fois tri fi de. L'extrémité adhérente est implautée dans la peau, par l'intermédiaire d'un petit sac qu'on nomme bulbe , faisant tantôt saillie sous la peau , tantôt assez profondément situé. Cette partie implantée a beaucoup d'analogie avec la plume; on y trouve une cavité infuudibuliforme, disposée de manière que la pointe correspond à la partie supérieure du poil t tandis que la base est en rapport avec la face profonde de la peau; le contraire a lieu dans la plume. Cette cavité renferme une partie vivante qui doit être considérée comme une véritable papille.
Le bulbe vu d'une manière générale a laplus grande ressemblance avec le follicule cutané : c'est un repli de la peau, d'où naît un prolongement de matière cornée jehaque bulbe a sou goulot et son cul-de-sac muni d'un pédicule, formépardes vaisseaux ctdesnerfs.A la partie iuférieuredubulbe,cxiste un petit corps conique, c'est lapcrmï/equi sécrète la matière cornée.Le bulbe, à l'extérieur, est recouvert par une membrane fibreuse, continuation du derme; à l'intérieur ou trouve une seconde membrane, qui n'est autre chose que i'épiderme réfléchi , et qu'on nomme membrane capsulaire du poil. Selon M. Gautier, ilexiste entre ces deux membranes des vaisseaux et nerfs qui vont se rendre à la papille; Béclard dit, au contraire,
' Home a consigné un fait entièrement semblable dans les Ti'ansac-
lion t fhiltiSofhitfucs.