DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL
Après avoir décrit les organes de la vie de relation, il P8" raitiait naturel de montrer leur mode d'union avec les ce«-
SPLANCUKOLOGIE. AXE CEREBRO-SPINAL. 3çfi
très nerveux, et d'étudipr par conséqocut Les nerf* ; mais nous croyons qu'il convient auparavant d'acquérir des notions exactes sur les centres nerveux d'où ils procèdent; et comme la connaissance d'un grand nombre de nerfs, et notamment celle des nerfs de la vie organique, est essentiellement liée au système artériel, nous renvoyons leur examen après la description des artères.
La masse centraledu système nerveux est logée dans le crâne et le canal vertébral. Plusieurs auatomistes ont proposé de l'appeler c en' eau, mais cette dénomination ne peut évidemment convenir à la moelle et à la masse crânienne; M. ("haussier désigne le cerveau sous le nom d'encéphale, et la moelle sous celui c\e prolongement rachidieu , ce qui semblerait fcirecroirc que la masse, contenue dans le crâue, est la partie la plus considérable, disposition qui ne se remarque que chez l'homme ; nous pensons, avec M. Meckel , qu'il est plus convenable de l'appeler axe cérébro-spinal»
Cousiderée d'une manière générale, la masse nerveuse est protégée. par des os, c]cs parties molles, et à l'intérieur par trois membrapes. L'extérieure, dénature fibreuse, est la durc-nulr*; la seconde, séreuse, est appelée aracftnoïdc; une troisième, toute vasculaire, porte le nom de piç-mère. La description uVcea membranes ne doit .trouver sa place qu'après ceUe des masses nerveuses.
La masse nerveuse a généralement une forme arronoUc ; elle est symétrique sur la ligne médiane ; mais cette symétrie ne se retrouve plus, lorsqu'on descend dans des particularités. Si ojjt sectionnait cette masse, on trouverait des cavité* possUxles, et qui n'existent dilatées, d'une manière • évident, que dans l>tat anormal; ces cavités ont recule w>m générique ventricules , et sont tapissées par 1* membrane Séreuse» ; j , ' f; m.. t>
: An premier abord ^ la substance nerveuse paraît, pulpeuse, grisâtre, homogène, douce au touchen, d'une odeur, fade, «{tfrnxa tique ; lorsqu'elle est ancienne „ eUe se.4fcomp4*e et donne naissance à de l'hyaVogèoe perphospjwiré. Quand ou U laisse pendant quelques jours a* contact de l'air, elle verdit et se putréfié: rapidement.
Exami«tée plus attentivement, oa la voit formée de deux substances, l'une grise et Faut te blanche, alternativement
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placées à l'extérieur et à l'intérieur, ce qui démontre qu'on a eu tort de désigner la grise par le nom. de corticale, et la blanche par celui de médullaire. Sœmmerring admet encore dans la masse nerveuse, une substance jaunâtre et une substance noire.
Si l'on en soumet une tranche au microscope, on découvre qu'elle est formée de beaucoup de globules, réunis par un tissu cellulaire très lâche. Ces globules sont disposés en séries linéaires dans la substance blanche, tandis qu'elles n'ont aucun arrangement constant dans la substance grise, ce qu'on exprime en disant que la première est fibreuse, taudis que la grise ne l'est pas.
La substance blanche se présente partout sous la forme de fibres convergentes et de fibres divergentes j dan» ce dernier cas, elles sont transversalement dirigées, et elles passent d'une moitié à l'autre moitié. M. Gall pense que la substance grise doit être considérée comme la matrice de la substance blanche j il est probable qu'il entend par là qu'elles sont partout en contact, parce que cet anatomiste célèbre sait fort bien que la blanche paraît avant la grise.
L'analyse chimique démontre dans la masse nerveuse, la présence de beaucoup d'eau, d'albumine, de gélatine, de matière grasse toujours unie avec du phosphore et des sels à base de potasse , de soude et de chaux. Le phosphore se retrouve en cota dans la laite des poissons.
Développement, Dans les premiers jours de la vie intrautérine; la niasse nerveuse centrale n'existe pas. Les nerfs paraissent les premiers; on aperçoit ensuite les rudiments de la moelle épinière. Le cerveau se développe le dernier, fait favorable à l'opinion de ceux qui le regardent càm&e une efflorescence de la moelle épinière. Dans les premiers temps de son développement, toute la masse cérébro** finale représente un long ruban place dans la colonne vertébrale et à la base du cerveau. Ce ruban, d'abord aplati, est ensuite relevé sur ses bords ; ceux-ci se recourbent de pin* en plus, se réunissent et forment une seule cavité ou ventricule que l'apparition successive .d'autres parties ne tarde pas a partager en plusieurs sections, à mesure que l'individu avance en âge, les parois des ventricules augmentent d'épaisseur. Dans le commencement , les centres nerveux ne
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présentent que des fibres longitudinales; à quatre mois, on voit paraître les fibres convergentes. La substance grise n'existe point avant cinq mois.
Variétés, 1J est très rare de voir manquer Taxe cérébrospinal, parce qu'il se développe de fort bonne heure. Lorsque le développement s'en arrête dès la formation, la moelle épinière n'existe quelquefois pas : d'autres fois on la trouve seule, tandis que le cerveau ne s'est pas développé. Dans plusieurs cas, la grande cavité ventriculaire persiste.
Les usages des centres nerveux sont relatifs aux sensations et aux mouvements. Les expérimentateurs modernes ont démontré qu'il y avait une partie sensitive et une partie motrice.
L'axe cérébro-spinal se compose de différentes masses, qui ont été appelées centres nerveux, masses nerveuses secondaires. Quelques anatomistes leur ont donné le nom de ganglions cérébraux. Quelle que soit leur dénomination f elles sont toujours formées par une combinaison de substance grise et de substance blanche.
On distingue le plus ordinairement quatre centres nerveux secondaires : iulecordcn raédullaireou moelle épi nière, terminé, suivant plusieurs anatomistes, à l'atlas, et, suivaut d'autres, se prolongeant dans l'intérieur du cerveau; s0 la moelle allongée, aussi nommée pont de Varole, ou mésocéphale , placée entre la moelle épinière et le cerveau; ,3° le cervelet, masse nerveuse assez considérable; 4° enfin, le cerveau, partie très volumineuse, formée par les hémisphères cérébraux.
La moelle épinière se développant la première, et rem* plissant d'ailleurs un rôle très important chez l'homme, nous croyons devoir commencer par elle la description des centres nerveux.
moelle épinière. (Vqy. Prépar. , pag. 83. )
La moelle épinière a aussi reçu le nom de prolongement rachidien. C'est un long cordon de substance médullaire, placé dans le canal vertébral, se continuant dans le cerveau par le bulbe rachidien, et borné, en bas, à l'extrémité inférieure de la région dorsale. \u niveau de la base
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du crâne, elle présente une concavité antérieure; à la regron cervicale, la concavité se trouve postérieurement située, tandis qu'elle redevient antérieure à la région dorsale.
La moelle épinière est généralement cvlindroïde; très étranglée à son origine; c'est cet étranglement qui forme le sillon qui sépare la moelle de la protubérance annulaire. Dans son étendue, elle éprouve plusieurs renflements. Le premier s'observe à la partie supérieure du cou. 11 embrasse l'espace compris entre le second nerf cervical, et le premier dorsal. Ce renflement est appelé brachial, parce que c'est de lui que partent les nerfs qui sont spécialement destinés au bras. La moelle se rétrécit à la région dorsale. Vers son extrémité inférieure, elle forme un second renflement, appelé lombaire ou plutôt crural, origine des nerfe du membre abdominal. A partir de ce point, la moelle ne représente plus qu'un filament arrondi, qui se divise en plusieurs fibres longitudinales, et s'étend jusqu'à l'extrémité inférieure du canal rachidicu. Cette partie porte le nom de queue de cheval.
Le renflement brachial est énormément développé dans les oiseaux ; au contraire , dans les animaux- qui font plus particulièrement usage des membres abdominaux, le renflement crural est beaucoup plus développé. Cette particularité s'observe également dans les oiseaux qui , comme l'autruche, se servent de leurs jambes pour marcher.
La moelle épinière ne joue pas dans le canal vertébral, comme on pourrait le croire ; elle est liée à la face interne de la dure-mère , par un ligament qui est situé à droite et à gauche , et que sa forme a fait appeler denticulé. Ce ligament, par son côté interne , s'applique immédiatement dans toute sa longueur à la face externe de la moelle; par son côté externe, qui est festonné, il se fixe à la face interne aV la dure-mère. Ses deuticules, au nombre de vingt à vingtdeux, correspondent au niveau de l'intervalle des trous de conjugaison. 11 est étendu depuis le trou occipital, jusqu'au commencement de la région lombaire. La moelle épiuière n'est pas seulement assujettie par le ligament denticulé , elle est encore fixée par un filament nommé ligament caudal, qui , de sa^partie inférieure, se porte à la partie postérieure du sacrum et du coccyx.
SPLANCHNOLOG1E. MOELLE EPIIf 1ERE. 3rjO,
Considérée à l'extérieur, la moelle épinière présente dans tout son trajet des sillons ; de ces sillons , l'un est antérieur , l'autre est postérieur , et les deux autres latéranx. Ceux-ci sont très visibles chez le jeune enfant, ils ne se voient bien chez l'adulte, que lorsqu'on a arraché les racines des nerfs vertébraux; aussi il se pourrait bien, suivant le professeur Chaussier, que ce fut cet arrachement qui les déterminât.
Les rapports de la moelle sont, en avant, avec la partie postérieure du corps des vertèbres , et le ligament postérieur; en arrière, avec les lames vertébrales et le ligament jaune; supérieurement , avec la protubérance annulaire.
A sa partie supérieure , la moelle présente un bulbe renflé, volumineux, subdivisé lui-même en renflements secondaires. Deux de ces renflements sout antérieurs; on les appelle pyramides. Us occupent toute la longueur du bulbe, et « enfoncent dans la protubérance annulaire, en laissant entre eux un petit vide triangulaire, dans lequel s'introduit la pie-mère. Ces renflements se réunissent inférieurement , en s'entre croisant au niveau de l'atlas, de sorte que les faisceaux d'un côté passent du côté opposé. Cet entrecroisement des pyramides ne se fait pas en masse; il n'y a que leur partie antérieure et leur partie postérieure qui offreiit cette disposition. Cette opinion est opposée à celle de la plupart des anatomistes qui pensent que les pyramides antérieures sont partout entrecroisées. Chez le fœtus, cet entrecroisement se voit sans préparation ; sa connaissance est de la plushaute importance pour l'explication d'une foule de faits.
Sur les côtés, on trouve deux autres éminences appelées olivâtres , continues inférieurement avecla partie correspondante de la moelle , et formant supérieurement un faisceau , qui se porte dans la protubérance annulaire. En arrière, on remarque les pyramides postérieures, aussi nommées corps restiformes; elles sont séparées l'une de l'autre parle sillon médian, et s'enfoncent dans le cervelet. ' Outre ces six éminences, Tiedeman a observé, à la partie postérieure, deux autres éminences, qui s'enfoncent aussi dans le cervelet.
Si l'on examine plus minutieusement la moelle, en écartant le sillon antérieur, on aperçoit une grande quantité de stries blanches, qui passent d'un côté à l'autre; ces stries
forment la commissure de la moelle. On a vu que l'extrémité inférieure delà moelle , se terminait au commencement de la région lombaire; dans cet endroit elle présente deux renflements, l'un supérieur, ovoïde, plus volumineux ; l'autre inférieur, plus petit et conique. De cette partie de la moelle , naissent une foule considérable de nerfs qui, en s'écartant, figurent grossièrement une queue de cheval.
Plusieurs écrivains admettent dans le centre de la moelle, une cavité qu'ils désigneut sous le nom de ventricule. La plupart des anatomistes ne l'ont jamais aperçue, pas plus que les deux conduits latéraux de M. Gall, qui, suivant cet anatomiste, régnent dans toute la longueur de la moelle, sans communiquer entre eux, et se terminent en culs-de-sac dans les couches optiques. Ce qui a pu faire croire à l'existence du canal médian chez l'adulte , c'est que la moelle du fœtus présente cette disposition ; mais l'interposition successive et rapide de la substance grise, la fait disparaître de bonne heure, de sorte que la moelle épi ni ère est solide, non pas seulement dans l'état de développement complet, mais déjà même quelque tems après la naissance; quant aux deux cavités latérales , il est plus que probable qu'elles ont été déterminées par l'insufflation.
La moelle épiuière est formée de deux substances, l'une blanche, et l'autre grise. La substance blanche »st placée à l'extérieur, la substance grise à l'intérieur. Celle-ci présente une disposition particulière ; on ne tarde pas en effet à s'apercevoir qu'elle est formée de deux croissants qui sont adossés par leur convexité, et réunis par une bandelette. Cette substance grise est partout entourée par la substance blanche, dont les flores sont, les unes divergentes, les autres convergentes, c'est-à-dire longitudinales et transversales.
La substance de la moelle est renfermée dans une membrane qui exerce sur elle une certaine pression. Cette membrauc est très dense, et se rapproche de la dure-mère par sa structure; à l'extérieur, elle est en rapport avec les autres membranes; le ligament caudal n'en est qu'un prolongement.
Développement. La moelle n'existe pas dans les premiers tems de la vie intra-utérine. Lors qu'elle, commence à paraître, elle est très mollasse, fluide. A six semaines, elleest un peu plus solide, mais pour pouvoir l'étttdier, il faut U
si»i<A?r«:Hftoi.ni;iE. — kwckph w.e. 4<m faire macérer dans l'alcool. A cette époque, elle s'étend depuis le cr4ne jusqu'au coccyx j disposition qui se rapproche beaucoup de celle qu'on observe dans les animaux, et spécialement dans les animaux inférieurs de l'échelle. La moelle est d abord aplatie, et représente un ruban large j un peu plus tard, les bords se recourbent, et forment une gouttière superficielle, qui se transforme en un véritable canal. Celuici commence à la partie inférieure de la moelle, il se continue de bas en haut par la réunion successive des bords. Les fibres qui composent le canal sont blanches et longitudi-' nales, mais lorsqu'il est entièrement formé, on ne tarde pas a voir se développer sur les côtés des fibres transversales. \ six mois paraît la substance grise, qui se dépose sur les parois intérieures du canal, et finit par l'obstruer, de sorte qu'il n'existe plus à la naissance. On découvre seulement, ;iu sommet de la moelle épinière , un canal arrondi , très étroit , long de six à neuf lignes, continu en haut avec le plancher du quatrième ventricule, et terminé en bas par un cul-desac ( calamus scriptorius ).
La moelle occupe d'abord toute l'étendue du canal , elle remonte ensuite jusqu'à la fin de la dernière vertèbre dorsale. Le ligament caudal, vient à l'appui de ce fait, puisqu'on le trouve quelquefois creusé, et contenant l'extrémité de la moelle.
Usages. La moelle épinière paraît formée de deux moitiés latérales. Dans ces derniers temps , MM. Ch. Bell, Magendie et plusieurs autres physiologistes, ont fait voir qu'elle était composée de deux cordons, l'un antérieur, destiné à la motilitc, l'autre postérieur, donnant naissauce aux nerfs 'le la sensibilité. Suivant Ch. Bell , un cordon moyen est affecte aux nerfs respiratoires. M. Flourens pense que la moelle a pour usage de réunir les mouvements partiels en mouvements d'ensemble. Ceux qui voudroient avoii des ren- >eii;ueinerits plus complets sur la moelle épinière, pourront consulter l'excellent ouvrage de M. le docteur Ollivier, d'\ni;crs.
KNCtPHALE. (Yoy. Prcpar. y pn%.
Venct'phalc est toute celte masse nerveuse qui occupe la
a(>U AN ATOMIE DESCRIPTIVE.
cavilé crânienne. M est divise en plusieurs masses secondaires. Nous les étudierons dans l'ordre de développement, c'est-à-dire en nous élevant successivement du bulbe supérieur de la moelle.