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VÉSICULE BILIAIRE

La vésicule biliaire, organe du dépôt de la bile, est logée dans un enfoncement particulier de la face inférieure du lobe droit du foie; sa forme cstccllcd'un réservoir membraneux, pyriforme ou ovoïde, ayant sa grosse extrémité dirigée en avant, à droite et en bas , et son sommet en arrière, en Haut t»t à gauche.

tPLANCHNOLOGlE. VESICULE BILIAIRE.. 44p

On distingue à la vésicule un corps, un fond et un col ou sommet. Le corps adhère, en haut, à la substance du foie, par un tissu cellulaire assez dense; il est libre en bas, revêtu par le péritoine, et appuyé sur le pylore, le duodénum et l'extrémité droite de Tare du colon. Le fond est arrondi, plus ou moius large, dépasse un peu le bord antérieur du foie dans l'endroit où existe une èchancrure, ce qui fait que , dans quelques cas, ce fond se met en rapport arec la paroi abdominale. Le col , partie voisine de l'orifice delà vésicule, est rétréci , et se continue, d'une part, avec ce réservoir , et , de l'autre , avec le canal cystique.

A l'intérieur, la vésicule biliaire paraît d'abord jaune, mais, en l'examinant avec attention , on s'aperçoit qu'elle est blanche; elle présente un grand nombre de rides qui circonscrivent des aréoles polygonales hexaèdres. De très petites ouvertures, qu'on découvre sur cette face, conduisent à des follicules peu nombreux, et, la plupart du temps, imperceptibles. Au col , les plicatures sont très multipliées , de sorte que si on cherche à faire pénétrer un stilel de la vésicule dans le canal cystique, on est presque toujours forcé d'abandonner les tentatives. Lorsque la vésicule a été desséchée, ces plicatures représentent une grande valvule spirale qui n'existe pas dans l'état frais.

La structure de la vésicule est très simple : on y trouve d'abord la membrane interne ou muqueuse qui vient d'être décrite; au-dessous, se voit une couche cellulo-fibrcuse , de nature semblable à celle qui accompagne toutes les muqueuses; outre cette membrane, on remarque une tunique séreuse formée par le péritoine, mais ne recouvrant que la face inférieure de la vésicule.

Quelques anatomistes ont cru distinguer, dans l'épaisseur de la vésicule biliaire, des fibres musculaires, dirigées obliquement du fond vers le col ; M. Amussat prétend les avoir vues. 11 est probable que ces anatomistes se sont trompés , et qu'ils ont pris pour du tissu musculaire, l'hypertrophie de la muqueuse, qu'on observe fréquemment chez les individus atteints de calculs biliaires.

Du col de la vésicule biliaire part un conduit auquel on a donné le nom de canal cystique : sa longueur est d'un pouce et demi environ; il est situé dans l'épiploon gastro-hépa-

45o ANAioMit: dem:ripiive.

tique y cl se dirige en dedans , eu arrière , et un peu en haut; plus large à son origine qu'à sa terminaisou , il offre à Tin* térieur un grand nombre de plica turcs, véritables valvules qui proviennent des tuniques interne et cellule use, côtoie, pendant quelque temps, le conduit hépatique, et s'unit ensuite à lui.

Le canal cholédoque , formé par la jonction des conduits cystique et hépatique, a ordinairement quatre pouces de long; il est placé entre les deux feuillets del'épîploon gastrohépatique; au-devant de la veine porte et au-dessous de l 'artère hépatique ; il se dirige derrière l'extrémité droite du pancréas, se place entre la deuxième portion du duodénum et la face antérieure de la veine cave; après avoir cheminé quelque temps dans le tissu cellulaire de cette portion du duodénum, seul ou réuni au canal pancréatique, il vient s'ouvrir obliquement dans le duodénum, près de sa dernière courbure, par un orifice situé au milieu d'un petit mamelon.

La structure de ce conduit est absolument la môme que celle la vésicule.

Développement du foie. Dans la première semaine de la vie intra-utérine, le volume du foie est déjà considérable; Waltcr estime son poids, dans l'embryon de trois semaines, à la moitié de celui de tout le reste du corps; depuis la naissance jusque vers la fin de la première année, la grosseur et la pesanteur absolue du foie vont en diminuant; à trois et à quatre mois, il occupe presque entièrement la cavité du bas-ventre, descend jusqu'à la crête iliaque, et couvre les autres viscères en devant. Sa conformation et sa situation sont d'abord symétriques , mais elles cessent bientôt de l'être, par la diminution progressive du lobe gauche. Dans les premiers temps , sa couleur est d'uu gris-brun clair; elle ne preud la teinte rouge foncée qu'après la première moitié de la grossesse.

La vésicule du fiel, d'abord filiforme , est entièrement cachée par la substance du foie; elle se développe ensuite, et vers six mois, on voit les plicatures se former.

Usages. Le foie est évidemment destiné à sécréter la bile; son mode d'action est inconnu. Dès qu'elle a été sécrétée, la bile est prise par les radicules du conduit hépatique et

SPLANCHNOLOOIE. — PANCRL AS. 4^1

portée dans le canal du même nom; elle circule ensuite dans le canal cholédoque, et arrive dans le duodénum, où elle est versée sur la masse alimentaire. Ce cours de la bile n'a lieu que pendant le cours de la digestion ; car lorsque celleci ne s'opère pas, la bile, parvenue au conduit hépatique, remonte dans le canal cysiique et se rend dans la vésicule. M. Àmussat, qui pense que les valvules sont disposées en spirale , les compare à la vis d'Archimede , et il dit que la bire remonte dans le canal cystique comme l'eau dans cette vis. Pour que cette opinion fût admissible, il faudrait d'abord que les valvules représentassent de véritables spirales dans l'état frais, et il faudrait ensuite prouver l'existence d'un mouvement rotatoire, ce qui n'a jamais été fait.

Dans le duodénum, la bile exerce une action particulière sur le chyme; elle Pimprègne et le colore en jaune ; lorsqu'il a cheminé quelque temps, on y voit paraître des stries blanchâtres , que M. Magendie appelle du chyle brut, et qui est absorbé par les villosités.

pancréas. ( Voy. Prépar.y pag. ni.)

Le pancréas offre beaucoup de ressemblance avec les glandes salivaires; aussi a-t-il été appelé glande salivaire abdominale. Sa forme est très allongée; il est situé transversalement à la partie supérieure de la cavité abdominale , au-devant de sa paroi postérieure, devant la première et la seconde vertèbre dorsale, entre les trois portions du duodénum , derrière l'estomac, et à droite de la rate.

On divise le pancréas en deux faces , deux bords et deux extrémités. La face antérieure est convexe , parce qu'elle est moulée sur la saillie antérieurede lacolonne vertébrale, et couverte par le feuillet supérieur du méso colon transverse etpar l'estomac. La face postérieure est concave, et en rapport avec des vaisseaux importants. Le bord inférieur est appliqué sur la troisième portion du duodénum. Le bord supérieur est concave, et présente une cannelure qui loge l'artère cœliaque. Y! extrémité gauche f très mince, appelée queue du pancréas, se prolonge jusqu'au-dessous de la rate. V extrémité droite , arrondie et plus épaisse , porte le nom de téte flu pancréas; elle est appuyée surla seconde portion du duo-

4 J'i ANATOMIE DESCRIPTIVE.

dé nu m, et souvent divisée en deuft lobes; variété qui reproduit dans l'homme la disposition normale des oiseaux.

Cet organe est formé par un grand nombre de granulations unies entre elles par un tissu cellulaire dense, et donnant naissance au conduit excréteur; il est placé au milieu du pancréas, qu'il parcourt dans toute sa longueur; on rappelle canal pancréatique , ou canal de fVirsong» Pour le trouver, il faut couper perpendiculairement la glande; ou le voit alors marcher de gauche à droite et dans une direction transversale; il arrive bien tôt près de l'extrémité droite du pancréas, reçoit un petit conduit qui vient du second lobe, aussi nommé petit pancréas; de leur réunion résulte le canal pancréatique proprement dit; celui-ci s'abouche souvent avec le canal hépatique; ordinairement il le côtoie et vient s'ouvrir sur le sommet du tubercule décrit.

Le canal pancréatique a une couleur blanchâtre; il est plus ou moins élargi vers son orifice, et rétréci, au con-

mm

Tu

Développement. Comme la plupart des organes glandulaires, le pancréas est plus développé dans les premiers temps de la vie, qu'aux époques suivantes. Mcckel prétend qu'il existe d'abord deux canaux distincts. Cette anomalie se rencontre quelquefois après la naissance.

rate. (Voy. Prépar., pag. 1 1 1 .)

Cet organe est placé dans l'hypochoudrc gauche, et accole à la grosse extrémité de l'estomac; son volume est d'environ sept à huit travers de doigt sur quatre de largeur; sa Forme est celle d'une graine de haricot; on le divise en deux faces et une circonférence. Fâce externe. Elle est cflntïguë au diaphragme, eu rapport avec les neuvième, dixième, onzième côtes gauches, et quelquefois divisée en plusieurs sillons. Face interne. Elle est plane et partagée en deux parties par une gouttière longitudinale appelée scissure de la rate, par laquelle s'introduisent les vaisseaux et nerfs qui constituent le pédicule de la ratc$ la partie postérieure est appliquée sur le côté gauche de la colonne vertébrale; l'antérieure, sur le grand cul -de-sac de l'estomac. Circonférence. Ses rapports sont, en avant, avec les parois pectorales; en ar-

SFLANCHNOI.OG1E. B Al E . /|53

rière, avec le pancréas; eu haut, avec l'aponévrose diaphrag~ matique ; en bas, avec le rein et la capsule surrénale gauches.

A l'extérieur, la rate est entourée par la membrane séreuse, qui revêt toute sa surface externe, à l'exception du fond de îa scissure; au-dessous, on trouve une autre membrane, d'un blanc grisâtre, assez épaisse, adhérant à la précédente pr sa surface externe, et envoyant, par sa face interne, nue multitude de lamelles et de fibres très déliées , entrelacées ensemble de mille manières différentes ; au fond de la scissure, elle fournit des prolongements plus marqués.

Structure. La plupart des anatomistes considèrent la rate comme formée d'un grand nombre de vaisseaux donnant lieu à des aréoles; si on l'examine avec soin, on y distingue des artères,, des veines et des filaments fibreux; ou y a trouvé des corps blanchâtres auxquels on a donné le nom de glandes. Mon ami, le docteur Blandin, qui a fait de savantes recherches sur la rate, a reconnu que ces prétendues ghmdea n'étaient autre chose que des renflements, des prolongements fibreux qu'envoie la capsule, renflements qui sont très susceptibles de s'ossifier chez lesvieillards; il résultée n outre, desesnombreusesdissections, qu'en examinant la disposition des artères et des veines à l'intérieur, on aperçoit d'abord une foule de filaments croises. Si l'on injecte ensuite une artère, on voit la matière de l'injection pénétrer dans les dernières divisions du vaisseau; l'injection, poussée par la veine, se répand de suite dans les aréoles dont la rate est remplie. Lorsqu'on dissèque la veine sans l'injecter, on voit qu'elle ne tarde pas à disparaître à quelques lignes au-dessous de la surface de l'organe; elle se îcsout alors en une multitude de filaments et de lanières qui viennent se confondre avec les prolongements fibreux, en formant des aréoles dans lesquelles le sang s'épanche*

Il n'est pas rare de rencontrer plusieurs rates, mais l'organisation de ces rates particulières n'offre rien de particulier.

Développement. La rate n'existe pas dans les premiers temps; on ne commence a bien l'apercevoir que vers le second mois de la grossesse; son volume est d'abord très petit^ il augmente avec l'âge et diminue dans la vieillesse.

4 5<{ ÀJUTOMIE DESCRIPTIVE.

IPTESTlff GRELE PROPREMENT DIT. (Voy. Prépar., p. ICH).)

La portion de l'intestin qui succède au duodénum et se termine au caecum, porte le nom d'intestin grêle proprement dit) elle est logée danslcmésogastre, les flanc*, Hiypogastre, les régions iliaque» et l'excavation du bassin. L'intestin grêle présente denombreuses flexuosités; i l estcyl i ndroïde lorsqu'on l'insuffle, il est, au contraire, aplati lorsqu'il est vide de matières; sa direction est oblique de haut eu bas et de gauche à droite; il est fixé au-devant de la colonne vertébrale par un repli particulier du péritoine appelé mésentère; ce repli est étendu obliquement de haut en bas et de gauche à droite , depuis l'origine de l'intestin jusqu'au caecum ; il offre d'eux faces, l'une gauche et l'autre droite; deux bords, le supérieur fixé sur l'intestin, l'inférieur adhérant à la colonne vertébrale; Celui-ci a un pied de longueur, tandis que l'autre a une longueur en rapport avec celle de l'intestiu : cette disposition du mésentère l'a fait comparer à une peau de chamois intacte par un de ses bords, et tiraillée par l'autre; il comprend des vaisseaux et des ganglions; inférieurement, il est épais; il est mince supérieurement.

L'intestin grêle, considéré à l'extérieur, est d'une couleur blanchâtre; sa face antérieure est en rapport, en avant, immédiatement avec un large repli péritonéal , que nous étudierons plus tard sous le nom de grand épiploon ; sa face postérieure correspond à la face antérieure de la colonne vertébrale, aux reins , aux colons ascendant et descendant, aux muscles transverse et carré des lombes ; supérieurement, il est séparé de l'estomac par le raéso colon transverse. Dans l'homme , il s'interpose entre la vessie et le rectum ; chez la femme, il se place entre la vessie, la matrice et le rectum ; eu trouve quelquefois, sur l'intestiu grêle, des prolongements en forme d'appendices ; on les appelle dwerticules intestinaux; dans quelques cas, ils sont formés par une hernie de la membrane muqueuse. I

A l'intérieur, l'intestin présente un grand nombre de plis circulaires, formant tantôt des zones entières, tantôt des demi-cercles ou des quarts de cercle; ce sont les valvules conn iven t es , dont nous avons déjà parlé; leur bord libre est

SPLAftCHNOLOGIE. — INTESTIN GH£Lt. 4^5

dirigé eu bas; elles sont formées par la membrane muqueuse , soutenue , dans ses pli catures, par du tissu cellulaire.

Structure. L'intestin est tapissé, eu dehors, parla membrane séreuse qui vient d'être décrite; au-dessous, on rencontre une seconde enveloppe celluleuse, puis une troisième, de nature musculaire, formée dedeuxplansdefibres : l'un, longitudinal et superficiel, l'autre, annulaire et profond ; et tout-à-fait en dedans, la tunique muqueuse séparée delà précédente par le tissu cellulaire. La membrane muqueuse de l'intestin est plus épaisse que celle de l'estomac ; elle est continuellement enduite d'une matière jaunâtre, et présente un grand uombre de valvules commentes; a la partie supérieure de l'intestin, les valvules sont très nombreuses, elles sont situées à deux lignes Tune de l'autre; leur longueur est d'environ cinq lignes; à la partie inférieure ; elles sont éloignées l'une de l'autre d'un pouce environ, leur saillie est à peine d'une ligne; ces valvules résultent de plis muqueux, tellement disposés qu'ils ne s'effacent pas lorsqu'on exerce des tractions sur l'intestin , ce qui tient au tissu cellulaire, qui passe d'un bord de la valvule à l'autre; car, si on le détruit, la pHcature se détend aussitôt.

Les valvules empêchent la circulation trop rapide des aliments; elles contribuent également à augmenter la surface absorbante de l'intestin»

En examinant la membrane muqueuse à la loupe, ou bien eu la plaçant sous l'eau, exposée aux rayons du soleil, on aperçoit une foule de saillies à la fois nerveuses et vasculaires, formées par la muqueuse; elles constituent les villosités ou papilles intestinales. Supérieurement , elles sont très multipliées; on les rencoutre surtout en grand nombre sur les valvules con ni ventes. Sœmmerring pense qu'elles n'offrent a leur sommet qu'une seule ouverture où vient aboutir un vaisseau chylifère ; Bleuland en admet plusieurs; d'autres anatomistes prétendent n'avoir jamais vu ces ouvertures. Dans l'état sain, il est très difficile de les apercevoir , mais il arrive dans certains cas d'inflammation, que les villosités acquièrent un développement considérable ; en les regardant alors à la loupe ou sous l'eau , on distingue dans chaque villosité un petit point noirâtre, correspondant à une ouverture. M. Keynault, un des internes les plus distingués

Ap" AWAIOMIL DLSCRIPTIVK.

des hôpitaux de Paris, m'a montre deux cas de ce genre à la Charité. Les villosites serv ent évidemment à la digestion; c'est un fait qu'on peut facilement vérifier eu tuaut un animal pendant la chylification , et en suivant jusqu'à la muqueuse , les vaisseaux blancs qu'où aperçoit alors dans le mésentère , et qui s'abouchent avec les villosités.

On trouve dans l'intestin grêle , des follicules agglomérés à la partie inférieure, taudis qu'ils sont isolés dans la partie supérieure. Les premiers ont reçu le nom de glandes de Peyer. Us sont la plupart oblongs et arrondis , et ne font presque aucune saillie au-dessous de la surface de l'intestin, de sorte qu'on ne les reconnaît qu'à la transparence moins grande de ce dernier dans les lieux qu'ils occupent. Les seconds, plus nombreux, appelés glandes de Brunner, se présentent sous la forme de petits corps aplatis, arrondis, lenticulaires, ayant tout uu plus une ligne de diamètre, et s'ouvraiit dan» la cavité de l'intestin par de larges orifices.

Lorsqu'on examine l'iutcstiu grêle* sur uu animal récemment tué, on s'aperçoit que le mouvement est lent et vermiculaire comme celui de l'estomac ; quelquefois il se fait de bas en haut; dans d'autres circonstances, il semble converger des deux extrémités vers le centre.

Développement. On pense assez généralement que l'intestin grêle se forme par le prolongement dans l'intérieur du ventre, delà vésicule ombilicale. Dans le commencement, il est très peu développé, et semble alors mesurer la distance qui existe eutre la bouche et l'anus, A six mois, il prend uu allongement considérable, les tlexuosités se dessinent*, à l'époque de la naissance, l'intestin a cinq a six fois la longueur de la bouche à l'auus; chez l'adulte, il diminue d'étendue, et ne présente plus que quatre fois la même longueur. L'intestin est dilaté supérieurement; à sa partie inférieure il est rétréci. Il se dilate ensuite progressivement de haut en bas, dilatation produite par la descente du méconium. Les valvules cou ni ventes u'apparaissent qu'à la naissance. On ne distingue pas de villosités avant le troisième mois de la vie intra-utérine; elles se montrent alors sous la forme de plis longitudinaux ; ceuxci deviennent ensuite de moins en moins considérable, jusqu'à ce qu'enfin ils ne constituent plus réellement que les villosites. La situation de l'intestin n'est pas la même a

SPLAPfCUrVOLOGIE. GKOS 1NTESUN EN GLNLhAL. 4$;

toutes les époques ; dans les premiers temps il ne va pas se terminer dans la fosse iliaque droite, ce qui dépend d'une position alors différente du caecum.

L'intestin grêle a pour usage d'absorber le chyle.

Ses vices de conformation sont assez curieux : il peut manquer en totalité ou en partie; quelquefois, il se termine en cul de sac à sou extrémité inférieure; dans quelques cas , il offre une interruption , soit dans son étendue , soit à sou extrémité supérieure; dans d'autres circonstances, l'iutestin grêle présente de nombreux diverticulcs.

imos INTESTIN.

Compare à l'intestin grél>», il mérite véritablement sou nom. Le gros intestin est placé dans les régious iliaques, les flancs , la partie inférieure de la région épigastrique, et la région pelvienne ; il décrit une courbe dont la convexité est tournée en haut, et la concavité eu bas; il embrasse l'intestin grêle dans sa courbure. Sa surface extérieure présente des prolongements graisseux , revêtus par la membrane séreuse, auxquels on donue le nom d'appendices épiploïques ; des enfoncements longitudinaux , des dépressions transversales, des saillies ou bosselures. A l'intérieur, le gros intestin offre des saillies et des enfoncements intermédiaires à ces saillies , correspondant aux enfoncements et saillies externes.

Structure. Ou remarque d'abord, en allant de dehors eu dedans, la membrane séreuse , formant par sou bord adhérent des replis qui ont reçu différents noms. Audessous , ou rencontre la tunique cellule use , puis la tunique musculaire, composée de fibres longitudinales et superficielles , et de fibres circulaires. Les fibres longitudinales et superficielles sont disposées à l'origine en faisceaux formés de bandelettes au nombre de trois, l'une antérieure, l'autre externe, et la dernière placée vers le bord adhérent. Elles mesurent la longueur du gros intestin, dans l'état ordinaire; mais il n'en est plus de même, lorsqu'on le déplisse parce que toutes les bosselures s'efîacent lorsqu'on a détruit les bandelettes. Les fibres circulaires composent la couche la plus profonde de l'intestin 7 elles sont placées immédiatement au-dessous des fibieo lou-

458 ANATOMIE D£SCHtPtlV£.

giludinales; aucune d'elles ne fait exactement le tour de l'organe, disposition. semblable à celle de l'intestin grêle; enfin la tunique muqueuse, unie à la préccden te par le tissu fibre-cellulaire, termine cette superposition de membranes : elle est plus blanchâtre que la muqueuse de l'intestin grêle, et présente supérieurement un grand nombre de follicules. Les villosités y sont peu abondantes.

Le gros intestin se divise en trois parties principales , qui sont le cœcum, le colon (comprenant le colon droit ascendant, le colon trausverse, le colon gauche descendant , Vs du colon ) , et enfin le rectum.

Du caecum. (Voy. Prépar., pag. 109.).

On appelle ainsi la portioii d'intestin interceptée entre le colon et la terminaison de l'intestin grêle. Le caecum est situé dans la fosse iliaque droite, où il est souvent fixé par un repli péritouéal, nommé méso cœcum. Il est allongé, triangulaire, long de trois à quatre travers de doigt, et présente en arrière un prolongement appelé appendice vernuforme ou cœcalc. Ses rapports sont, eu dedans, avec L'iutestiu grêle; en avant, avec les parois de l'abdomen; en arrière, avec les muscles psoas et iliaque du côté droit.

À l'extérieur, le caecum offre trois saillies et trois enfoncements; à l'intérieur, les enfoncements et les saillies correspondantes.

Le caecum s'aboucheavec la fin de l'intestin grêle par l'ouverture ilc'o-colique. Cette ouverture a la forme d'une fentedirigee d'avant en arrière, obliquement de haut eu bas, et de gauche à droite; elle est garnie à'vLticvalvuletfléchcœcale, ilêo-couqut, valvule de Bauhin ), munie de deux lèvres, l'une supérieure, l'autre inférieure, et présentant deux faces, dont la première regarde l'intestin grêle, et la secoude le gros intestin. Ces lèvres sont réunies par deux commissures d'où partent deux replis muqueux, appelés freins de la valvule iléo-c&calc , ce qui explique pourquoi les lèvres ne peuvent se renverser du côté de l'intestin grêle. Du côté gauche du ca?- < :11m et de sa partie postérieure , se détache Y appendice-c&' val. C'est la partie la plus étroite de tout lecaual alimeutauc Sa foi meest cylindrique; il est rempli quel quefois par des matières fécales ou des ascarides lombricoïdes, qui augmentent

SPLAntiHNOLOCilfc. — C.KCUM. — C0L05. 4^9

beaucoup «ou v olume. Ordinairement cet appendice a trois pouces de long; sa largeur est d'à peu près deux lignes; ses parois sont garnies d'un nombre considérable de glandes mucipaics volumineuses , et extrêmement serrées ; il se termine par un sommet arrondi. Dans l'origine , cet appendice ne fait qu'un avec le caecum ; il ne commence à en être distinct qu'après les premières périodes de la vie.

colon. (Voy. Prépar. , pag. 109.)

Il forme la seconde partie du gros intestin , et décrit un cercle autour de l'abdomen ; on remarque , dans toute son étendue , des bosselures interrompues par trois bandelettes longitudinales , et des appendices graisseux eu grand nombre. A. l'intérieur , le colon ne diffère point du cœcum. Suivant la situation qu'il occupe, on le divise en quatre portions.

Colon droit ascendant. Il monte vers le rein droit , fixé par un repli péri ton éal appelé méso colon droit , s'étend jusqu'à la partie antérieure de la face inférieure du grand lobe , en formant sous la vésicule biliaire un augle droit qui se continue avec le colon transverse. Ses rapports sont, eu dedans , arec le feuillet inférieur du méso colon transvase et le feuillet droit du mésentère ; en dehors, avec les parois abdominales; en arrière , avec le muscle carré des lombes et le rein droit; en devant , avec le péritoine et l'intestin grêle»

Colon transversc , ou arc du colon* 11 s'étend d'un hypoehondre à l'autre, maintenu à la paroi postérieure du basventre par un grand repli péri tonéalf nommé méso colon transversc. Le colon transversc est situé à la partie inférieure et antérieure de l'épigastre , au-dessous de l'estomac, auquel il est uni par le grand épiploon , au-dessus de l'iutestin grêle, au-devant du méso colon ti*ansverse. Ou lui distingue une face supérieure en rapport avec le foie , le bord antérieur de l'estomac et la rate; une face inférieure appliquée sur l'intestin grêle ; un bord antérieur donnant attache au grand épiploon ; un bord postérieur embrassé par le méso colon transverse* Le colon tranverse se continue avec le colon gauche, en décrivant un arc plus ou moins aigu.

Colon gauche descendant. Ses rapports et sa configuration étant piesqu'cn tic renient semblables au colon du côté 'hoit, nous n'en ferons point la description. Colon iliaque. Cette quatrième et dernière portion di*

400 AfTATOMIE DESCRIPTIVE.

colon occupe la fosse iliaque gauche , et se termine près de l'articulation sacro-vertébrale ; elle représente un s italique, ce qui lui a valu son nom. Un repli assez considérable du péritoine, appelé méso colon iliaque, la fixe à la paroi postérieure de l'abdomen. Les rapports du colon iliaque sont, en arrière , avec les muscles psoas et iliaque, les vaisseaux spermatiques et l'uretère; en devant, avec l'intestin rjrôlc.

rectum. (Voy. Prépar., pag. iog. )

Le rectum est la dernière partie du tube intestinal, il commence au côté gauche de l'articulation sacro-vertébrale, et se termine à l'an us; Usedirige de haut en bas, en suivant la courbure de la concavité du sacrum et du coccyx, auxquels il est joint par un tissu cellulaire lâche. Le péritoine lui forme supérieurement un repli nommé méso rectum ; il ue se continue presque jamais avec lui inferieurcment. Le rectum a environ six à sept pouces de longueur. Sa direction estoblique de haut en bas, et de gauche adroite. Lorsqu'il est arrivé sur la ligne médiane du sacrum , Héclard dit qu'il se porte alors un peu sur les parties latérales droites, disposition qui fait connaître pourquoi l'on pratique la taille latérale de préfereuce à gauche. Cet intestin a généralement la forme cylindrique. Près du lieu de sa terminaison, il présente une d i la ta ti ou qu'on appelle cul-de-sac du rectum ; et dans laquelle ou remarque les orifices des follicules.

Supérieurement, le rectum se continue avec IV du colou, sans démarcation tranchée ; il est plus dilaté chez la femme que chez l'homme ; son pourtour est garni de poils chez ce dernier, tandis qu'on n'en rencontre pas chez la femme. Sur sou bord inférieur,, on remarque des plicatures, formées par le froncement de la membrane muqueuse; dans le fond de ces plicatures viennent s'ouvrir les orifices de follicules sécrétant une liqueur abondaute, très remarquable dans certains animaux, et particulièrement dans la civette, où elle constitue le musc.

L'intérieur du rectum n'offre rien de particulier; à l'extérieur, il a avec les parties voisines , des rapports très iwportauts. Sa face antérieure est tapissée supérieurement par If péritoine, qui foirue chez l'homme , entre lui et la vessie,

SPLANCHNOLOGIE. — RECTUM. ffil

et chez la femme, entre lui et le vagin , un cul-de-sac, daim lequel s'engagent quelquefois des anses intestinales. Inféri eu rement, le rectum de la femme n'est plus en rapport avec le péritoine, mais il est uni au vagin par du tissu cellulaire, qui forme la cloison recto-vaginale. Dans l'homme, le péritoine manque également à la partie inférieure , et ou trouve de même un tissu cellulaire, qui donne naissance à la cloison recto-vésicale. Enfin , tout-a-fait inférieurcnient, le rectum s'éloigne de la face inférieure du vagin , et Tinter* valle qui les sépare représente un triauglc dont la base correspond tu périnée; c'est ce triangle qui se déchire dans les accouchements laborieux ; la môme disposition a lieu chez l'homme, à part la différence d'organes. La face postérieure du rectum est en rapport avec le sacrum et le coccyx ; ses parties latérales sont un peu recouvertes par le péritoine. Infcrieurement , il est entouré d'une grande quantité de tissu cellulaire , et en contact avec le muscle rcleveur de l'anus.

Structure. Le rectum est formé de quatre couches superposées; sa tunique séreuse n'existe que dans la partie su péricure de l'intestin, elle est véritablement accessoire. Au-dessous, on rencontre l'enveloppe musculaire, composée de deux espèces de fibres , les unes, longitudinales et superficielles, uniformément répandues sur l'intestin, et cessant à trois ou quatre lignes de l'anus; les autres, profondes, circulaires, existent presque seules .vers la fin de l'intestin. ('cj fibres deviennent nombreuses et rouges dans cet endroit, coloration qui leur est commune avec l'extrémité inférieure des fibres longitudinales. Les fibres circulaires constituent deux muscles désignés sous les noms de sphincter interne et de sphincter externe ; le sphincter interne résulte de l'arrangement des fibres circulaires disposées en anneau aplati qui dépasse les fibres longitudinales. Cet anneau, immédiatement situé sous la peau, a trois ou quatre lignes de haut, sur deux liçues à peu près d'épaisseur. é

Au-dessous de la couche que nous venons d'étudier, on trouve la membrane muqueuse, qui lui est contiguë par un tissu fibro-cellulaire ; cette membrane, semblable à celle des autres parties du tube digestif, et formant les rides et les replis que présente la face interne de l'intestin , offre "ne disposition curieuse à sa partie inférieure. Dilatée en cet endroit en une sorte de cul-de-sac , elle laisse aperce-

voir les orifices des follicules muqueux, qui sont oblongs et très abondants : ce sont ces follicules qui, par leur dilatation accidentelle, produite par la présence dequelque corps étranger , s'ulcèrent à leur partie inférieure , et donnent naissance à quelques fistules.

Développement. Dans les premières périodes , le gros intestin ne présente ni bos89elures ni enfoncements. 11 a toutà-fait la forme de l'intestin grêle. A trois mois > et surtout à l'époque de la naissance, ou aperçoit les faisceaux de fibres longitudinales et les bosselures : l'intestin continuant de prendre de l'accroissement , tandis que les bandelettes longitudinales restent les mêmes, il en résulte qu'il est obligé de se plisser. Les bosselures , qui sont l'effet de cette disposition, doivent être considérées comme une véritable hernie des couches profondes du gros intestin entre les faisceaux de la couche charnue.

L'appendice caecal semble d'abord ne pas exister ; mais en regardant avec attention , on voit qu'il est confondu avec le caecum , dont la longueur est alors très grande; bientôt, l'intestin se fronçant et se rétrécissant en arrière, l'appendice caecal se forme. Le caecum ne se place pas immédiatement dans la fosse iliaque droite; son trajet est assez curieui il est d'abord situé dans le flanc gauche , arrive au niveau de l'ombilic, puis se porte dans le flanc droit , et eu fin daus la région iliaque droite, de telle manière que le gros intestin se trouve successivement descendant , transverse et descendant, puis, comme nous l'avons vu chez l'adulte , ascendant y transverse et descendant.

Le rectum est gi ôle dans les premiers temps. Sou cul-desac n'existe pas alors, il ne s'établit que long-temps après la la naissaucc ; il est développé en raison de l'âge et de la constipation , circonstance qu'il faut avoir présente à l'esprit dans l'opération de la taille.

Les follicuk>s sont peu apparents chez les individu» jeunes. Leur développement a lieu avec les progrès de l'âge-

Le rectum présente des vices de conformation qu'il est important de noter. Quelquefois cet intestin s'ouvre daus le vagin, la vessie ou rurèthre,de sorte qu'il vannvéri

table cloaque. Tantôt la cavité du rectum u'est bouchée que par une simple membrane ; tantôt cet intestin manque en eu lier. Le développement du périnée se faisant par deux parues latc'

SPl.ANCHNOLOGIE. — PEINS. î /\C&

talcs, d'abord bien distinctes, il est facile de concevoir, par un arrêt de développement, les vices deconfbrmation caractérisés par la réunion du rectum avec la vessie, chez l'homme, et du même intestin avec le vagin , chez la femme.

On rencontre, dans certain cas, le caecum placé dans l'iivpochondre gauche. Le gros intestin peut aussi présenter des oblitérations partielles. Le vice de conformation le plus remarquable est celui qui consiste dans un excum très long, sans appendice caecal. Le caecum est quelquefois oblitéré dans sa partie supérieure , et alors l'intestin grêle se continue avec le colon.

Usages. Le gros intestin est doué d'une contraction vermiculaire qui s'accroît au moment de la mort; ses usages sont d'absorber la petite quantité de substance nutritive que renferment encore les matières arrivées dans son intérieur, et de les chasser ensuite vers le rectum. Celui-ci est particulièrement destiné à servir de séjour aux matières fécales, jusqu'au moment de leur expulsion , qui a lieu avec ou «ans le concours de la volonté. Lorsque ces matières sont difficiles à évacuer, on se penche en avant, pour que le diaphragme, en se contractant, puisse presser directement sur le fond du bassin.

APPAREIL SÉCRÉTEUR ET EXCRÉTEUR DE l'uRINE.

Cet appareil comprend les reins, les capsules surrénales, les uretères et la vessie.

reins. (Voy. Prèpar, , pag. na.)

Les reins sont la partie la plus essentielle de l'appareil urinaire. Ils sont placés dans la cavité abdominale, derrière le péritoine, dans la partie profonde des régions lombaires, sur les côtés de la colonne vertébrale , au niveau des deux dernières vertèbres dorsales et des deux premières lombaires. Dans l'état normal , il y en a deux , un de chaque côté; un u'wu cellulaire très lâche les unit aux parties voisines.

Leur couleur est d'un rouge obscur tirant sur le brun ; leur forme est celle d'un grain de haricot : généralement parlant, les deux reins sont égaux en volume. Les reins ne *°til pas exactement placés vis-a-vis l'un de l'autre; dans le plu» grand nombre de cas, le gauche est "plus élevé que le

droit. Lorsqu'il n'y a qu'un seul rein , ce qui arrive quelquefois^ il est situé sur le milieu de la colonne vertébrale, et offre souvent, dans ce cas, beaucoup de rcssemblauce avec le pancréas.

On divise les reins en deux faces , deux bords et deux extrémités. Face antérieure. Elle est convexe, en rapport, à droite, avec le duodénum et lecolon ascendant; à gauche, avec le colon descendant et la rate. Face postérieure. Elle est cgalc- *» ment convexe et lisse , séparée du^ diaphragme et de l'aponévrose du muscle tran verse par une couche épaisse de tissu adipeux. Ces deux faces présentent quelquefois des bosselures, qui existent constamment chez le fœtus. Bord interne. On y remarque une échancrure profonde appelée scissure du rein; c'est le lieu par où pénètrent les vaisseaux et nerfs, et par où sort le conduit excréteur. Bord externe. Il est épais, arrondi et tourné eu arrière. Extrémité inférieure. Elle est mince, allongée, et descend quelquefois jusque dans la fosse iliaque. Extrémité supérieure. Elle est épaisse et arrondie, et embrassée par la capsule surrénale.

Les rein s sont recouverts par une enveloppe fibreuse, c'est la membrane capsulaire des reins; arrivée dans la scissure, elle s'y enfonce, se porte sur les vaisseaux etnerfs,se réfléchit sur eux , et particulièrement sur la surface libre du bassinet.

Considérés à l'intérieur, les reins sont composés de deu\ substances qui diffèrent beaucoup l'une de l'autre : ce sonl la substance corticale ou granulée , et la substauce médullaire ou tubuleuse.

La substance cortic Je entoure la médullaire dans tous le* sens, et lui envoie des prolongements; sa couleur est jaunâtre; son épaisseur varie de deux à trois lignes; elle est formée de granulations que composent les extrémités capillaires des artères et des veines. Des différents point* ne»* substance corticale partent des filaments qui se portent dans l'intérieur en convergeant, se réunissent et donnent naissance à un mamelon qui vient se rendre dans le conduit excréteur. Ces espèces de cônes constituent la substance médullaire ou tubuleuse ; ils sont au nombre de quinie à vingt, enveloppés par la substance corticale, avec lnql,c"c ils se continuent manifestement par leur base; libres par leur sommet, qui représente un mamelon, ce q»» a k'1

SPLATVCHEtOLOGIE. RKIWS. 4f> >

donner à l'ensemble de ces mamelons le nom de substance niamelotmée ; quelquefois trois cônes se rassemblent pour former uu seul mamelon ; chacun d'eux résulte de la réunion d'un grand nombre de petits canaux, flexueux dans la substance corticale {conduits de Ferrein), droits dans la substance médullaire ( conduits de Bellini ) , où ils sont très rapprochés les uns des autres , et ouverts par des orifices très sénés dans le mamelon; celui-ci se trouve embrassé par une membrane fibreuse , blanchâtre , qui porte le nom de calice. Le nombre des calices varie t le plus ordinairement il va de six à douze; en général , il y a autant de calices que de mamelons; quelquefois cependant un seul calice embrasse deux mamelons. L'extrémité inférieure de ces petits conduits vient s'ouvrir dans un réservoir membraneux appelé bassinet. Ce réservoir est irrégulièrement ovale, diminue de largeur de haut en bas , de sorte qu'à la hauteur de l'extrémité inférieure de la scissure du rein , il se trouve réduit au calibre de l'uretère.

Vuretère est un long conduit membraneux, du volume d'une plume à écrire, un peu flexueux, étendu depuis le bassinet jusqu'au bas-fond de la vessie : il commence dans la scissure par une portion évasée nommée infundibulum9 se dirige obliquement en dedans, descend sur le muscle psoas, derrière le péritoine, croise les vaisseaux spermatiques; arrivé vers la symphyse sacro- iliaque, il converge vers celui du côté opposé , dont il est séparé par une distance d'un pouce et demi environ, et parvient à la paroi postérieure

inférieure de la vessie; après avoir parcouru un trajet de la longueur d'un pouce, eutre les membranes musculcuse et muqueuse, il s'ouvre, par un orifice étroit, oblique, aux angles postérieurs du trigonc vésical.

L'uretère est formé de deux couches superposées : l'exleme est de nature cellulo-fibreuse, mais ne contient point de fibres musculaires, comme l'ont prétendu plusieurs ana- Umristes. L'interne est une membrane muqueuse, mince et bsse, continue avec celle de la vessie. Dans aucun point de «on étendue, l'uretère n'est garni de valvules.

Développement. Dans les premiers temps, il n'existe qu'un ^ul rein, ou plutôt les reins sont réunis sur la colonne vertébrale par un isthme médian ; à mesure que l'individu

4Ôt> AKATOMIE DESCRIPTIVE.

avance en Age, l'isthme disparaît et les reins se montrent isolément sur les parties latérales du rachis. Lorque le rein commence à se former, il présente un grand nombre de lobules, parce qu'on ne rencontre alors que la substance tubuleuse f qui est tapissée par la membrane fibreuse. La substance corticale paraît plus tard; dans son développement , elle refoule eu haut l'enveloppe fibreuse qui s'était moulée sur les saillies et les enfoncements de la substance tubuleuse. Le conduit excréteur est très dilaté dans l'origine, et, suivant plusieurs embryotomistes, il s'abouche avec la vessie.

capsules surrénales. ( Voy. Prépar. , pag. na.)

Au-dessus de chaque rein, ou trouve un corps particulier y c'est la capsule surrénale ; les anciens lui donnaient le nom de capsule atrabilaire.

Cet organe, très développé chez le fœtus, disparaît presque entièrement dans la vieillesse ; il représente un casque aplati d'avant en arrière, placé dans l'abdomen, au-dessus des reins ; la couleur des capsules est d'un brun jaunâtre à l'extérieur, d'un rouge-brun foncé à l'intérieur.

On distingue trois faces à la capsule surrénale : Face antérieure. Elleest couverte, à droite, par la veine cave inférieure, le foie et le duodénum ; à gauche, par le pancréas et la rate. Face postérieure. Elle est en rapport avec le diaphragment la partie supérieure du psoas. Face inférieure. Elle est appliqué sur l'extrémité supérieure du rein.

Structure. La capsule surrénale est composée de deux substances, l'une, extérieure, corticale, consistante et jaunâtre; l'autre, intérieure, médullaire , plus molle et d'un rouge bruu foncé. La plupart des aoatomistes assurent qu'on trouve dans l'intérieur des capsules, une cavité plu* ou moins composée. Meckel dit ne l'avoir jamais. vue; il pense que lorsqu'elle existe, elle résulte de l'altération commençante de la substance interne ou médullaire.

Développement. La capsule surrénale, dans les premières périodes de la vie intra-utérine, est beaucoup plus considérable que le rein. Son volume diminue avec les progrès de l'âge. Dans la vieillesse, elle se ride et disparaît même quelquefois entièrement.

Usages .Le rein est l'organe sécréteur de l'urine. On iàmei

SPLANCHNOLOGlE. CAPSULE SUfcRJtffALE. — VESSIE. 4^7

que la sécrétion s'opère dan s la substance corticale; elle suinte par les mamelons dans les calices; de là elle est portée dans le bassinet, et l'uretère, qui la transmet enfin dans la vessie. Les fonctions de la capsule surrénale sont inconnues. Quelques physiologistes ont émis l'opinion qu'elle servait d'une manière immédiate au perfectionnement de l'hématose.

vessie. (Voy. Prépar., pag. na.)

La vessie est un réservoir allonge, arrondi , plus long que large, placé dans l'excavation pelvienne, derrière le pubis; devant le rectum chez l'homme, et l'utérus chez la femme. Sa forme est cylindroïde chez les enfants, conoïde chez l'homme , et arrondie chez la femme. Ses dimensions varient suivant les âges, l'état de plénitude ou de vacuité et le genre de vie. Sa direction est presque verticale, un peu oblique de haut en bas, et de devant en arrière, un peu inclinée à gauche à sou sommet.

On divise la vessie en deux surfaces, l'une extérieure, l'autre intérieure.

Considérée à l'extérieur, la vessie présente six faces.

Face supérieure. Elle est tapissée en arrière par le péritoiue, qui cesse en avant à l'endroit ou s'élève un cordon fibreux, nommé Ouraque , canaliculé chezle fœtus, ligamenteux chez l'adulte. Ce cordon monte vers l'ombilic, le long de la paroi antérieure de la face antérieure du péritoine, en ^amincissant peu à peu. Face inférieure. Elle est en rapport chez la femme, avec la paroi antérieure du vagin , dont elle est séparée par un tissu cellulaire serré , formant la cloison vésico vaginale. Cette face porte aussi le nom de bas-fond. Au-dessus , le péritoine forme un cul-de-sac en se réfléchissant- au-dessous de cette union, on trouve un espace triangulaire qui ne présente rien de remarquable. Chez l'homme, la disposition est la même, à l'exception que la cloison est établie entre la vessie et le rectum , et porte le nom de rectovésicale, et que l'espace triangulaire loge un corps glandifornie, appelé prostate. Faces latérales. En arrière, elles •ont revêtues par le péritoine, qui manque en avant. Ces foces sont en rapport inférieurement avec la face supérieure du muscle releveur de l'anus. Les artères ombili cales fet les conduits déférents les côtoient. Face antérieure. Elle 'egarde la face postérieure du corps des pubis, et présente

4<j8 av a'i oiiii f. Dr.^cniPTivt.

deux ligaments constitués par une expansion de l'aponévrose pelvienne. Ces ligaments appelés ligaments antérieurs de la vessie, ont reçu le nom de pubio-ptvstatiques chez l'homme ; on a voulu nier leur existence chez la femme ; ils sont seulement plus minces et plus délicats, se rendent à la partie supérieure du col de la vessie, et méritent plutôt chez elle le nom de pubio-vésicaux. Face postérieure. Elle est recouverte par le péritoine; on y remarque le cul-de-sac, et les replis qu'il forme dans les deux sexes, par sa réflexion, et au-dessous la cloison recto-vésicale dans l'homme, et la cloison vésico-vaginale dans la femme.

A l'intérieur, la vessie est lisse, veloutée , et parsemée de villosités très fines et peu apparentes. Elle offre de légères dépressions , produites par des hernies de la membrane muqueuse à travers les fibres musculaires. A la partie moyenne de la paroi inférieure, on trouve un espace triangulaire nommé trigone vésical , lisse et dépourvu de rides, dont les deux angles postérieurs correspondent à l'orifice de chaque uretère, et l'angle antérieur à l'origine de l'urèthre. L'orifice de ce canal , qu'on nomme col de la vessie , représente une sorte de croissant , dont le contour est assez épais; il embrasse un petit tubercule appelé luette vésicalc , formé par une saillie de la membrane muqueuse.

Structure. La vessie est composée par quatre tuniqnes; la plus extérieure, formée par le péritoine, ne recouvre l'organe urinaireque dans les endroits précédemment indiqués. La membrane musculeuse, unie à la précédente par un tissu cellulaire lâche, et placée au-dessous, résulte de la superposition de deux autres couches; les fibres de la première sont longitudinales, partent du sommet de la vessie dans l'endroit où existe l'ouraque, et viennent se terminer au col, en s'entremêlant les unes avec les autres; celles de la seconde sont circulaires, elles s'entrelacent fréquemment ensemble. Les inférieures, plus serrées, forment ce qu'on nomme le sphincter de la vessie. Chez les individus qui sont sujets à des rétentions d'urine, elles représentent un réseau, a travers les mailles duquel la membrane muqueuse, faisant souvent hernie , donne naissance à des poches, qui, n'ayant pas de fibres musculaires, sont des réservoirs habituels d'urine. A la tunique musculeuse, succède la membrane fihro-celluleuse, qui l'unit à la muqueuse. Celle-ci ne pré-

âPLAlfCHNOI.OGU . VESSIE. 4**)

sente point d'autres particularités que celles que nouj avons précédemment énoncées.

Développement. La vessie , lors de sa formation , est extrêmement allongée; elle a la forme d'un canal, et ressemble beaucoup à l'intestin grêle; elle se prolonge derrière la paroi abdominale , arrive à l'ombilic, se continue avec l'ouraque, traverse l'ouverture, après quoi elle se dilate et forme la vésicule allantoïdienne, très développée chez le* grands animaux, peu visible chez l'homme, lnférieu rement, la vessie se continue sans démarcation tranchée avec l'urètlire. A cette époque, il n'existe pas de bas-fond. Ai bout de quelque temps, l'ouraque se rétrécit; à six mois de vie intra-utérine, ce conduit s'oblitère et se transforme en un cordon fibreux; l'extrémité inférieure de la vessie se dilate, et il se forme un rétrécissement circulaire, qui indique le col. La partie inférieure de l'organe continuant de se déprimer, le cul-de-sac ou bas-fond s'établit; il est surtout marqué, lorsque l'individu est avancé en âge, et que les urines ont déjà séjourné quelque tems. Avant l'apparition du bas-fond, les cloisons recto- vésicale, vésico-vaginale n'existent pas, et le péritoine descend alors très bas. A mesure que le bas-fond se forme, le cul-de-sac du péritoine remonte, les cloisons s'établissent , et l'espace triangulaire se prononce. Ce travail est terminé à l'époque de la puberté. D'après cette disposition des parties, on voit combien il serait dangereux de pratiquer la taille recto-vésicale chez les jeunes enfants.

La continuité de la vessie avec la vésicule allantoïdienne a suggéré à Oken et à Meckel l'idée de considérer celle-ci comme formant la vessie par son prolongement dans le bas-ventre.

La vessie présente plusieurs anomalies assez remarquables. On peut la rencontrer entièrement canaliculée. Les cloisons recto-vésicale, ou vésico-vaginale peuvent ne pas exister. La paroi antérieure de la vessie manque quelquefois; dans ce cas, il y a absence de la symphyse sacro-iliaque, l'organe de dépôt de l'urine parait alors sous la forme d'un bourgeon rougeatre, d'où suintent continuellement des gouttelettes d'urine. Ce vice de conformation , qui n'est pas très rare, porte le nom d'exstrophie. Dans quelques circonstances, la vessie se continue avec l'urèthre sans Ligne de démarcation tranchée. On voit assez fréquemment la vessie offrir de*

ANATOM1K DESCllIMTVE.

colonnes saillantes, entre lesquelles glisse la membrane muqueuse. Ces vessies qu'on désigne sous le nom de vessies à colonnes, sont disposées aux hernies de la membrane muqueuse.

Usages. La vessie a pour usage de servir de dépôt aux urines. Lorsqu'elle est suffisamment distendue, elle se contracte , et son action , jointe a celle des muscles des parois abdominales , porte au dehors le liquide qui y était contenu. Chez quelques animaux où existe la vessie, les uretères viennent s'ouvrir dans l'intérieur de l'urèthre , ce quia fait dire à certains anatomistes, que l'usage qu'on attribuait à la vessie était purement accidentel chez l'homme. Les urines, lors de leur séjour dans la vessie, ne peuvent refluer dans les uretères, à cause d'une espèce de valvule que présente la muqueuse vési.cales

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