‹ Traité élémentaire d'anatomieChapitre 160 sur 304 · VERGE · texte numérisé non relu

VERGE

La verge est l'organe de la copulation chez l'homme : elle peut être considérée comme un prolongement cylindroïde du périnée ; elle est aplatie de la face supérieure vers la face inférieure; sa direction représente une courbe

48fc AWAioMiL Dtstuirnvt.

telle que dans l'état d'érection la concavité regarde e» haut et en arrière, et la convexité eu bas et en avant ; disposition qui est entièrement conforme à Taxe du vagin.

La verge est située en devant et tout-à-fait à l'extérieur du bassin, au-dessous de la symphyse pubienne, entre le» cuisses.

On lui distingue une face supérieure ou dorsale, une face inférieure ou uréthrale, une extrémité postérieure, et une

extrémité antérieure.

Face supérieure ou dorsale. Elle est en graude partie revêtue par la peau, et réunie au pubis parle ligament suspenseur de la verge ; ce ligament, de forme triangulaire, non élastique, est inséré, d'une part, sur la face antérieure de la symphyse pubienne, et, d'autre part, sur le milieu du dos de la verge. Sa base est dirigée supérieurement, et sa pointe inférieurement; on voit aussi, sur la face supérieure, la veine dorsale de la verge. Face inférieure ou uréthrale. Dans l'état ordinaire, elle appuie sur le scrotum \ lorsque la verge est en érection, on voit très manifestement la sailli longitudinale et moyenne, formée par l'urèthre. Extrémité antérieure. Dans cet endroit, elle forme un reuflement subit auquel on donne le nom de gland; c'est un corps arrondi ; triangulaire, plus élevé à la partie supérieure, qu'a la partie inférieure, où il présente un enfoncement pour l'insertion d'un repli muqueux; il se distingue du reste de la verge par un bourrelet arrondi r situé à sa base, et au-dessous duquel existe une portion rétrécie qu'on appelle col ; tout autour du col et à la face postérieure de la couronne , on distingue une foule de petites ouvertures, qui ne sont autre chose que des orifices de follicules; ces petits enfoncements, qu'on désigne aussi sous le nom de glandes de Tyson, sécrètent une humeur épaisse et blanchâtre ; cette humeur répand une odeur désagréable, elle est très abondante dans certains animaux où elle constitue un fluide particulier; au sommet du gland, on aperçoit une ouverture oblongue, à bords mousses, c'est le méat urinaire.

Le gland est tapissé par un prolongement à la fois cutané et muqueux, auquel on donne le nom de prépuce; ce prolongement, à sa base, se continue, en dehors, avec la peau; en dedans, avec le col du gland; son sommet offre une ouverture circulaire, quelquefois très rétrecie; le prépuce est

SPLAfTCHNOLOGIE. — CORPS CAVERNEUX. 4fy

compose de deux couche», unies ensemble par du tissu cellulaire j Tune, externe, u 'est autre chose que la peau; l'autre, interne et rougeatre, humide, et de nature muqueuse; ces deux feuillets se réunissent sur le bord libre; Tinterne présente une disposition particulière, il se réfléchit derrière le gland , d'arrière en avant, en formant un repli perpendiculaire qui a reçu le nom de frein du gland; ce lepli se porte quelquefois jusque vers l'extrémité inférieure du méat urinaire; tantôt il est trop long, tantôt il est trop court. Chez le fœtus, dans l'état normal , il y a paraphiraosis durant les premières périodes de la vie intra-utérine, et phimosis pendant le cours de celles qui succèdent.

La verge est formée de trois corps distincts : les deux supérieurs et latéraux sont connus sous le nom de corps caverneux; l'iuférieur a reçu celui de corps spongieux de l'urèthrc.

COaPS CAVERNEUX.

Le corps caverneux de la verge constitue la presque totalité de l'organe excitateur, c'est-à-dire sa partie supérieure et ses parties latérales; plusieurs anatomistes ont prétendu qu'il n'existait qu'un corps caverneux. Si la solution de cette question était de quelque importance, il serait facile de prouver qu'il y en a véritablement deux, distiucts en arrière par lcurorigiue, en^avaut, parlacloison qui les sépare.

Les corps caverneux ont la direction de la verge, ils sont bifurqués à leur partie postérieure , pour s'insérer à la partie interne de la branche ascendante de l'ischion ; ils s'étendent jusqu'au gland, et présentent en dessous une rifiolcpour loger l'urèthre; à l'extérieur, il s sont enveloppés par une membrane fibreuse, jaunâtre, élastique, séparés eu deux portions en arrière, présentant la cloison médiane bien niarquée dan s ce sens, un peu moins en avant. Une disposition qui n'a pas été exactement notée, c'est celle qu'offre cette membrane antérieurement; dans cet endroit, elle se divise en deux lames; d'où résulte un écartemeut dans lequel se trouve logée l'artère dorsale de la verge, disposition que M. Blandin a très bien fait voir.

La structure interne des corps caverneux a la plus grande ressemblance avec celle de la rate: elle se compose presque uniquement de vaisseaux. Les \einos qui entrent dans sa

4<p AWATOM1E OESCHIPTIVE.

formation sont à peine arrivées dans le corps caverneux , qu'elles s'épanouissent pour en former les aréoles; elles se résolvent en lanières, dont la disposition est absolument la même que dans la rate. On trouve de plus un certain nombre de filameuts fibreux, destinés à soutenir l'organe, et provenant de la face interne de la membrane fibreuse. Les veines qui sortent du corps caverneux se rassemblent sur la face dorsale de la verge, et rentrent dans le bassin, placées entre la symphyse des pubis et la face supérieure du membre viril , de sorte que, pendant l'érection, les artères ne cessant d'apporter le sang dans les aréoles , la compression qu'éprouvent les veines fait staser le liquide, et entretient ainsi la tuméfaction de la verge, pendant le temps nécessaire pour la copulation.

urethre.

L'urèthre est étendu depuis le col de la vessie jusqu'au méat urinaire. 11 marche le long de la face inférieure de la verge. Sa longueur, suivant Ducamp et M. Àmussat, est d'environ neuf à dix pouces j sa direction est très importante à noter 11 commence au col de la vessie, qui est inséré par le ligament pubio-prostatique à la partie postérieure de la symphyse pubienne. La verge, en avant de la symphyse, se trouve à son tour liée d'une manière intime par le ligament suspenseur, Cette disposition connue, si l'on examine sous la symphyse pubienne , les deux premières portions de l'urèthre, on voit qu'elles décrivent une courbe, très apparente surtout dans sa portion périnéale , parce qu'elle est fixée dans cet endroit par l'aponévrose périnéale moyenne. M. Blaudin fait observer qu'en tirant la verge en avant et en bas, la partie antérieure devient droite, tandis que la postérieure , embrassée par l'aponévrose périnéale moyenne , et maintenue inflexible dans sa courbure par les deux ligaments précédents, ne cède pas, et est au contraire relâchée surtout sur sa paroi inférieure *, circonstance défavorable pour le cathétérisme droit.

Considéré à l'extérieur, l'urèthre présente plusieurs por-

' AnatotHÎc tofjvsraylUi/ue , périnée de l'homme.

SPLAPCIlftOLOGlE. — LHÈTMRE.

lions. 11 est d'abord place sur la face supérieure de la prostate, qui l'embrasse exactement. Cette portion , qui a reçu le nom de prostatique , a environ douze à quinze lignes de longueur* La seconde portion , appelée membraneuse , est comprise en- • tre la partie antérieure de la prostate et le renflement connu ïous le nom de bulbét; elle est mince, rétrécie, longue de neuf à douze ligues; eufiu la dernière portion, qu'on appelle spongieuse, est interceptée entre le bulbe ctl'cxtrémité libre; sa longueur est de six à sept pouces.

Les rapports de l'urèthre méritent une attention particulière. Ceux de la prostate ont déjà été indiqués; on doit néanmoins dire qu'elle correspond en bas à la face antérieure du rectum, dont l'urèthre est séparé par cette glande. La partie membraneuse est en rapport, d'une manière éloignée, avec la face antérieure du rectum, don tel le est séparée, en avant, par un espace triangulaire; supérieurement, elle est contigue au ligament pu bio-prostatique ; latéralement, elle est embrassée par l'aponévrose moyenne du périnée, et par les muscles releveurs. La portion spongieuse est en rapport supérieurement avec les corps caverneux; inférieurement , avec le bulbe de l'urèthre et l'aponévrose moyenne. Le bullve qui commence cette portion est1 distant de dix lignes de la marge de Tan us, ce qui pourtant varie suivant l'âge; il se trouve en rapport avec le muscle ano-caverneux.

À l'intérieur, l'urèthre présente une cavité qui communique avec celle de la vessie par le col vésical. Cette cavité n'a pas partout la même ampleur. Au col, elle est très dilatable. Dans le centre de la prostate, elle offre une dilatation qu'on connaît sons le nom de ventricule uréthral de la prostate. Kn avant de ce point, la cavitése rétrécit un peu. Au niveau du bulbe , elle s'élargit de nouveau , et conserve à peu près son diamètre jusqu'à la base du gland, où elle éprouve un nouveau rétrécissement auquel succède une dernière dilatation , qui porte le nom de fosse ruwiculaire.

L'urèthre est tapissé par une membrane muqueuse, très fine, continue avec celle qui recouvre le gland, et celle qui tapisse la vessie ; elle est d'un rouge vif près de l'orifice de l'urèthre, pâle et blanchâtre dans le reste de son étendue. Cette membrane présente une multitude de petites cavités, qu'oïl nomme lacunes de 3forgagni , glandes de Littre. Ces

4 Ç)* ANATOMIK DESCRIPTIVE.

lacunes , véritables follicules , sont presque uniquement répandues sur la paroi inférieure de l'urèthre; leur direction est telle que leur orifice correspond en devant, et leur culde-sac en arrière, ^circonstances dont-il faut bien se rappeler, lorsqu'on pratique l'opération du cathétérisme. Ces ouvertures sont quelquefois très dilatées, et contiennent des calculs d'oxalate de chaux, que les pathologistes appellent muraux.

Structure. L'urèthre est essentiellement formé par une membrane muqueuse, déjà décrite, à laquelle se surajoutent en dehors des parties plus ou moins importantes. En allant d'arrière eu avant, ou trouve d'abord le tissu de la prostate, qui ne présente rien de particulier, sa description avant été faite. Au niveau de la portion membraneuse, l'urèthre est mince, et composé par un tissu fibreux, une membrane muqueuse et des fibres circulaires qui constituent le muscle constricteur de furèthre ou de IVilson. Ces fibres naissent à quelques lignes au-dessous de l'attache tendineuse de cet organe, à la face interne de cet organe, se portent en descendant vers la portion membraneuse, qu'elles embrassent, et au-dessous de laquelle elles se confondent. Leur contraction rend quelquefois très difficile le passage de l'urine à travers cette portion du canal. Pour les apercevoir, il faut les aller chercher dans les replis des ligaments antérieurs de la vessie. La portion spongieuse qui forme la dernière partie de l'urèthre, présente deux renflement* qu'on a vus sous les noms de bulbe, etde gland. A l'extérieur, le tissu spongieux est entouré par une membrane jaunâtre fibreuse, contiuue avec celle des corps caverneux, et semblable au tissu des ligaments jaunes des vertèbres.

Développement. Les testicules sont énormément développés dans la première période de la vie intra-utérine. Ils affectent deux positions principales : d'abord placés dans la cavité de l'abdomen, ils se rcndcntensuitedansla poche testicucaire, qui n'est qu'une hernie de la paroi abdominale. Le mécanisme par lequel s'opère ce changement de lien est digne du plus grand intérêt. Chez le fœtus de deux mois, les testicules sont situés sur les côtés de la colonne vertébrale, dans la région lombaire, immédiatement au-dessous des reins , auxquels ils touchent par leur extrémité supe-

SPLAftCONOLOGlC* — DEVELOPPEMENT DES ORGANES GENIT.

meure. .\ trois mois, ils se placent sur les côtés du détroit supérieur du bassin; leur volume proportionnel commence dès lors à décroître rapidement. A six mois, les testicules se trou, vent au niveau de l'orifice supérieur de l'anneau inguinal. A sept, ils sont déjà engagés plus ou moins dans son intérieur* Ahuit,le testicule lui-môme traverse ordinairement l'anneau inguinal, et peu à peu , jusqu'à la fin du neuvième mois, il arrive, par son propre poids , au fond du scrotum , de sorte qu'à la naissance il est parfait, sous le rapport de la situation. Lorsqu'on examine le testicule avant qu'il ait quitté l'abdomen, on voit se détacher de sa partie inférieure un cordon court, très délié , qui vient se fixer à la branche ascendante de l'ischion. Ce cordon , qu'on connaît sous le nom de gubernaculum testés , tiraillant en bas le testicule , l'oblige à descendre. Pour expliquer son mode d'action, la plupart des anatomiste3 ont supposé qu'il avait des fibres musculaires ; mais d'autres ne les ont jamais aperçues. Ce cordon , de nature véritablement fibro-celluleuse , est un prolongement de l'apouévrose rascia superficialis; il ne peut avoir les usages qu'où lui attribue : il faut donc chercher une autre explication de la descente du testicule. L'opinion du docteur Blandiu nous paraît beaucoup plus ingénieuse et plus probable ; cet anatomiste affirme que le gubernaculum testis n'est qu'un prolongement des aponévroses superficielle et profonde du bas- ventre Suivant lui , la paroi abdominale antérieure, beaucoup plus développée que les autres parties, envoie dans le canal inguinal un long repli qui vient adhérer, par son extrémité supérieure, à l'extrémité inférieure du testicule. A mesure que le développement des parois du ventre fait des progrès, le repli abdominal , qui était en quelque sorte en réserve , s'efface ; la diminution de longueur produit le tiraillement du testicule. Les parois continuant de se distendre , le repli intérieur , de plus en plus tiraillé, entraîne le testicule; de sorte que celui-ci finit par franchir l'anneau, repousse à son tour la paroi abdominale , qui , se moulant autour de lui , forme les différentes

« C'est «usai l'opinion de M. Jules Cloquet. Voy. sa theae sur les hernie* abdominale.

4f)4 ANATOMIE DESCHIPT1VK.

. poches qui constituent les enveloppes. 11 est facile de voir par là , que le prolongement de la cavité abdominale , qui donne naissance aux enveloppes du testicule chez l'adulte, est presqu'en totalité retourné eu foraie de doigt de gant , et rentré dans cette cavité chez le fœtus. On se demandera peut-être ce que devient le guberuaculum testis dans cette nouvelle explication $ nous répondrons que ce cordon u'étant qu'un prolongement des aponévroses superficielle et profonde l'objection qu'on pourrait faire ne confirme que mieux l'exactitude de l'opinion de M. Blandin , sur la descente du testicule.

Chez le jeune embryon, la verge est constamment double , de sorte qu'il existe deux pénis , comme dans les serpents ; plus tard, la réunion s'effectue , et il n'y a pin* qu'une seule verge. L'urèthre présente aussi des changements qu'il importe de noter : on ne voit d'abord qu'une rigolo qui se forme depuis la portion périnéalc jusqu'au méat «riuaire. Quelquefois l'urèthre s'ouvre immédiatement au-des sous de la verge (hjrpospadias ). Dans d'autres cas , la gouttière urcthralc s'étend jusqu'au gland.

Quelque différents que soient les organes génitanx des deux sexes, il y a cependant entre eux des analogies très grandes de situation , de texture et de forme. Pour les foire mieux saillir , nous allons établir une comparaison entre ces diverses parties. Le testicule est évidemment l'analogue de l'ovaire , sous le point de vue de la forme, de la fonction , des vaisseaux et nerfs qu'il reçoit , et même, dans l'origine, sous celui de la situation ; il n'eu diffère que par la structure. Les conduits déférents correspondent parfaitement aux trompes utérines ; il faut dire, cependant , que celles ci ue sont point immédiatement liées à l'ovaire , tandis que les canaux offreut cette disposition. On a comparé le ligament rond au guberuaculum testis : on distingue, en effet, sur ce ligament, un prolongement péritonéal qui s'étend à travers le caual inguinal et l'anneau du même nom , c'est le canal de Nu ck. Ce prolongement est l'analogue de la portion de péritoine qui descend dans les bourses chez l'homme. Le péritoine , qui entoure le cordon sus-pubien , peut se comporter comme celui qui recouvre le cordon testiculaire ; il

Page 1