DES MAMELLES
Les mamelles sont des organes accessoires de l'appareil génital, situées sur les parties latérales et antérieure de la poitrine, entre les aisselles et le sternum; on en compte deux. La substance glandulaire, qui les constitue, est entourée d'une grande quantité de graisse qui contribue à leur donner la forme de deux éminences hémisphériques, légèrement coniques, dures et fermes, peu écartées l'uue de l'autre, et recouvertes d'une peau fine et sans rides.
Les mamelles s'étendent ordinairement depuis la troisième jusqu'à la septième cote; un peu au-dessous de leur milieu, dans l'endroit où elles sont plus épaisses, on voit un cercle de couleur rose, qui porte le nom d'auréole du mamelon, du milieu de ce cercle s'élève une éminence plus ou moins saillante, appelée mamelon. Ce tubercule, de forme conoïde, d'une teinte rosée, couvert d'une peau un peu rugueuse et réticulée, présente l'orifice des vaisseaux gaJaclophores.
Structure. La presque totalité de l'organe se compose de petits grains , d'un blanc rougeâtre ; ils ont la grosseur d'une graine de millet, et sont formés, à leur tour, de vésicules oblongues et creuses; du tissu cellulaire et des vaisseaux les unissent les uns aux autres; cet amas de petits graio* constitue h* glande mammaire , qui est plongée au mi/toi
SP LA Ff OENOLOGIE* — MAMELLE. — PERITOINE. 4<)7
d'un tissu graisseux plus ou moins abondant, la graisse pénètre profondément dans la substance de l'organe, tandis qu'on ne la rencontre pas à sa base; elle n'existe pas non plus dans le mamelon , ni derrière l'auréole.
Les grains de la glande mammaire donnent naissance aux radicules des vaisseaux galactophores ou lactifèrcs, qui se réunissent peu à peu en troncs plus gros pour se terminer au centre de la mamelle, derrière l'auréole, par des dilatations dont la plupart ont une forme conique. Ces dilatations, ou sinus , au nombre de quinze à dix-huit, sont très courtes. Chaque sinus se resserre , à son extrémité interne, en un petit canal qui parcourt en droile ligne le milieu de la longueur du mamelon jusqu'à S'»n sommet, se rétrécit peu à peu , et vient s'ouvrir à la surface du mamelon par un orifice très petit; un tissu muqueux unit entre eux tous ces petits canaux ; chaque dilatation n'en présente qu'un. Indépendamment de ces conduits galactophores, on en trouve d'autres, dans l'auréole , qui sont disséminés d'une manière irrégulière , et qui occupent l'extrémité de petits tubercules; ceux-ci paraissent se comporter à l'égard de la glande mammaire, comme les glandes buccales à l'égard de la parotide.
La glande mammaire a pour usage de sécréter le lait.
Développement. Les mamelles sont presque rudimentaires jusqu'à la puberté : à cette époque, elles prennent un accroissement considérable, qui se soutient jusqu'à l'âge du retour. Lorsque la menstruation cesse, les mamelles ne flétrissent, s'affaissent et s'atrophient.
Ces mamelles ne se rencontrent pas toujours; elles peuvent se trouver très développées dans l'homme; ce qui constitue un premier degré d'hermaphrodisme, surtout lorsqu'elles sécrètent du lait. Dans quelques cas, elles se multiplient à la manière de celles des animaux.
péritoine! (Voy. Prépar. , pag. 107.)
Maintenant que tous les viscères abdominaux ont été décrits avec soin, que la cavité elle-même est bien connue, nous allons étudier la membrane qui tapisse presque généralement et la cavité et les organes.
Connue sous le nom de péritoine, cette membrane, de
nature séreuse, revêt la cavité abdominale presque tout en» tière, à l'exception de la partie la plus inférieure du bassin , et recouvre la plus grande partie des organes qui y sont renfermes, sans en contenir aucun. Le péritoine présente deux faces : Tune externe, adhérente; l'autre, interne, lisse, à parois contigues, ethumectée par une vapeur qui se change, dans quelques circonstances, en un fluide. Les deux feuillets deviennent quelquefois adhérents, et se résolvent en tissu cellulaire.
La membrane séreuse forme un sac sans ouverture, si ce n'est, chez la femme, au niveau du pavillon de la trompe de Fallope , où il en existe une. Pour, faciliter son étude, qui est très compliquée, on peut la considérer dans les régions mésogastrique, hypogastrique et épigastrique.
i° Région mésogastrique ou ombilicale. Le péritoine étant supposé partir de la ligne blanche, tapisse la face postérieure de la paroi abdominale antérieure, les flancs, mais bientôt rencontre, à droite et à gauche, les colons ascendant et descendant, ou, plus exactement , les vaisseaux et nerfs qui se rendent à ces deux portions d'intestins , se réfléchit sur eux, recouvre les faces antérieure, externe et postérieure du colon , s'applique sur la face interne des vaisseaux , en s'adossant à lui-même pour former les replis nommés mésocolons lombaires droit et gauche, arrive sur les cotés de la coloune vertébrale, après avoir recouvert les uretères, les vaisseaux spermatiques et rénaux, la veine cave et l'aorte, rencontre les vaisseaux qui vont à l'intestin grêle, se réfléchit sur eui et vient former, en s'appliquant contre-lui-mème , le mésentère , vaste repli que nous avons décrit à l'occasion du canal digestif.
i° Région hypogastrique. La membrane séreuse, partant de l'ombilic, trouve, en descendant, l'ouraque et les artères ombilicales, sur lesquelles elle forme trois replis qui continuent jusque dans la région inguinale, où ils constituent les fossettes inguinales externe et interne, qui sont loin de présenter l'importance qu'on a voulu leur attribuer. Bientôt la membrane arrive dans l'excavation pelvienne, rencontre la vessie, dont elle tapisse le sommet, et une portion des faces latérales et de la face postérieure; dans cet endroit, elle
SPLANCHMOLOGI£. PERITOINE. \çft
se termine en cul-de-sac et se réfléchit sur le rectum , en formant deux plicatures nommées ligaments postérieurs de la vessie, tapisse les faces antérieure et latérales du rectum^ âoaue naissance , derrrere lui, à un repli appelé ntéso rectum, remonte ensuite au-devant de la colonne vertébrale, rencontre les vaisseaux et nerfs qui se dirigeut vers Tintes* tiu gréle , se réfléchit sur eux , et vient se réunir à fa portion meaogastrique.
Chez la femme, la portion latérale de la portion hypogastrique constitue , dans le petit bassin , un repli considérable auquel on a donné le nom de ligament large. Ce repli , joint à celui du côté opposé, forme une cloison transversale qui partage cette cavité en deux parties. Les ligaments larges résultent de l'adossement de deux feuillets entre lesquels se trouvent, supérieurement., les trompes de Falloppe, qui sont situées dans le bord libre de ces replis j puis au-dessous et eu avant , le ligament rond, et en arrière, l'ovaire. Ces deux derniers organes donneut naissance à deux petits replis qu'on appelle ailerons*
A droite et à gauche , en descendant dans les régions iliaques, le péritoine forme autour de Ys du colon et du caecum deux replis qui sont le mésoeœcum et le mésocolon iliaque.
3° Région e pi gastrique. Examiné dans l'hypochondrè gauche, le péritoine tapisse la face postérieure de la paroi abdominale antérieure, remonte sur le diaphragme, recouvre sa face inférieure, rencontre les vaisseaux qui vont à la rate, se réfléchit sur leur face postérieure, puis sur les faces postérieure, externe, antérieure et moitié interne delà rate, sur la face externe des vaisseaux courts, d'où il se porte à !% tubérosité de l'estomac, et se continue avec le feuillet antérieur du grand épiploon.
Dans Pépigaatre, la membrane péritonéale revêt la face inférieure du diaphragme, arrive sur la face supérieure du foie, en formant entre son bord mousse et le diaphragme un repli très court qui porte le nom de ligament coronaire du foie y se réfléchit sur la face supérieure du foie, constitue à gauche le ligament triangulaire gauche , tapisse les parties supérieure et inférieure du lobe gauche, rencontre l'œsophage et vient tapisser la face antérieure de l'estomac, se confondant avec la portion précédente.
50U ANATOM1E DESCRIPTIVE.
Dans l'hypochondre droit, le péritoine se réfléchit du diaphragme sur le bord postérieur du foie, constitue le ligament triangulaire droit , recouvre la face supérieure de l'organe, rencontre le cordon résultant de l'oblitération de laveineombilicale, forme en cet endroit un repli appelé ligament delà veine ombilicale, et qui , se continuant sur le foie, prend le nom de ligament suspcnseur du foie. Après avoir tapissé toute a face convexe , le bord tranchant , une partie de la face concave du foie, le fond de la vésicule biliaire, la face inférieure de cette vésicule, il se réunit au péritoine, du côté droit, pour se porter sur la face antérieure de l'estomac; de là, il descend jusqu'à la partie inférieure de l'abdomen , se recourbe de bas eu haut jusqu'au bord convexe du colon transverse, passe derrière, et se dirige vers la colonne vertébrale, pour former le feuillet inférieur du mésocolou transverse.
Immédiatement au-dessous du col de la vésicule biliaire, le péritoine s'enfonce dans une ouverture appelée hiatus de TVinslow. Cette ouverture, de forme triangulaire, correspond en arrière à la colonne vertébrale, supérieurement au foie, antérieurement au col delà vésicule biliaire et aux vaisseaux excréteur* du foie. Lorsque le péritoine est entré par l'hiatus, il revêt la face postérieure de l'estomac, s'adosse le long de la grande courbure, avec le feuillet que nous avons vu recouvrir la face autérieure du ventricule, pour former le feuillet antérieur de cette portion péritonéale, qui a reçu le non de grand épiploon , vaste repli, libreet flottant , quadrilatère : ce feuillet antérieur descend jusqu'à la partie inférieure du bastin, se recourbe, remonte vers l'arc du colon, en constituant le feuillet postérieur du grand epiploon; arrivé près de l'intestin , au lieu de passer derrière lui , comme dans le cas précédent, il passe au-devant, forme le feuillet supérieur du mésocolon transversc, et vient sortir par l'hiatus de low. Dans ce trajet, le péritoine forme les parois d'uue cavité à laquelle ou a donné le nom à1 arrière-cavité des épiploons.
EPIPLOOFfS.
Grand epiploon. C'est un v aste repli péritonéal qui s'étend de la grande courbure de l'estomac au bassin ; il est libre,
SPLAWCHnULOGU , — LFIPkOOPS. dO I
flottant, quadrilatère, formé de deux feuillets, l'un antérieur, l'autre postérieur, qui sont composés chacun de deux lames, l'une superficielle, et l'autre profonde. Le grand épiploon descend ordinairement plus à gauche qu'à droite, ce qui fait que les hernies epiploïques sont plus communes dans le premier cas que dans le second.
Y*' épiploon gastro - hépatique , ou petit épiploon , descend de la face inférieure du foie vers la petite courbure de l'estomac; il contribue à former l'arrière-cavité des épiploons, espèce de sac dont la paroi antérieure est représentée par la portion de péritoine qui tapisse les faces antérieure et postérieure de l'estomac; la paroi inférieure, par le colon transverse, et le méso-colon Iran s verse, et la postérieure, par le feuillet péritouéal qui passe au-devant de la colonne verte- brale , et spécialemont de la troisième portion du duodénum*
\S épiploon gastro-splénique n'avait point été jusqu'à ces derniers temps l'objet d'une attention particulière; on le croyait simplement formé de deux lames. Bétlard a montré qu'il entrait dans sa composition quatre lames, deux superficielles, provenant du feuillet superficiel précédemment décrit, deux autres profondes, formées par un prolongement du feuillet profond du péritoine, qui pénètre par l'hiatus de Winalow. Ce repli péritonéal tapisse la face supérieure des vaisseaux spléniques, la face interne de la rate, et la face inférieure des vaisseaux courts.
Les appendices epiploïques sont de courts prolongements de la membraue séreuse, qui naissent presque toujours du côté antérieur de la circonférence de cette membrane ; ou en observe sur toute la longueur du colon. De distance en distance, les mésocolons produisent des prolongements absolument semblables.
Développement. Chez le jeune fœtus , le grand épiploon n'existe pas; il se montre vers le deuxième mois de la gestation; plus tard, il semble végéter de la grande courbure de l'estomac et de l'arc du colon, vers la partie inférieure du bassin, en formant deux portions isolées; à cette époque, l'arrière-cavité s'abouche directement arec l'arc du côlon ; bientôt les deux portions isolées s'allongent l'une vers l'autre, la réunion s'opère, et le grand' épiploon est formé.
5o«i A NATO Ml F DKSCRIPTIVF.
OUGANES DE LA RESPIRATION. (Voy. Prrpar. , p. 106.
La cavité thoracique représente un cône sépare en dem parties latérales, par une cloison médiane, logeant les deux poumons dans ses parties latérales, et l'organe de la circulation dans son écartement médian.
Les poumons étant du nombre des organes destines à exécuter des mouvements, sont enveloppés par une membrane séreuse à laquelle on donne le nom de plèvre.