‹ Traité élémentaire d'anatomieChapitre 37 sur 304 · ENCÉPHALE ET NERFS · texte numérisé non relu

ENCÉPHALE ET NERFS

La première cbo»e qu'il importe de faire, c'est d'extraire la. niasse encéphalique de la boîte osseuse dans laquelle elle est renfermée. On commence par couper les cheveux, et Tou .sépare ensuite le cuir chevelu en quatre Lambeaux, au moyen de deux incisions, dont l'une, cruciale, va de la bosse nasale à la protubérance occipitale externe, et l'autre, transversale, est dirigée d'une oreille à l'autre; on renverse ensuite les lambeaux en bas. Il faut alors séparer la voûte du crâne, mise à découvert, de sa base, à l'aide d'un marteau qui brise circulairemcnt à petits coups les os du crâne, depuis le milieu de la bosse nasale jusqu'à la partie supérieure de la protubérance occipitale externe; on enlève ensuite la calotte d'avant en arrière. Cette partie de la préparation terminée, M. Gall coupe la dure-inère de chaque côté du sinus longitudinal supérieur, d'avant en arrière , et transversalement depuis le milieu de la partie supérieure jusqu'aux oreilles; il rabat les lambeaux, détache la fauU

2* tuVROTOMlK. — MÉNINGES. tNCfcPUALt. *j3

dan* la lésion frontale , et la renverse en arrière; la téte étant alors fortement étendue sur le col, il la prend avec h main daus la région occipitale , de sorte que le cerveau repose sur le plat de la main. Par suite de cette opération, les lobes antérieurs et moyeus, entraînés par leur poids, se dégagent presque toujours de leur position. Le bulbe du nerf olfactif se détache de lui-même de l'os eihmoïde. Ensuite il coupe les nerfs optiques , l'infundibulum, les nerfs oculo-mo leurs communs et le mixte; il incline la téte sur la main, d'abord d'un côté, puis d'un autre, et écarte à chaque fois les hémisphères de la tente pour couper en deux cette dernière partie, à l'aide d'un bistouri conduit le long du bord supérieur du rocher; après quoi il sépare les paiies de nerf» et les vaisseaux sanguins situés audessous du pont de Varole, et il coupe la queue de la moelle allongée au-dessous du grand trou occipital, afin de ne pas endommager l'entrecroisement. Il enlève enfin du crâne toute la niasse cérébrale, eu ayant soin de soutenir les hémisphères avec le plat de la main , pour ne pas rompre les pédoncules.

Lorsque le cerveau a été retiré du crâne, on le met daus un vase de terre rempli de deux tiers d'eau et d'un tiers <Tac ide-ui trique. Colle dissolution lui douue de la fermeté et rend sou étude plus facile.

On procède cusuite à la dissection de cet organe. M. Gall, qui adonné une si belle et une si heureuse direction à l'anatomic du cerv eau, commence l'examen de chaque partie par u première origine, et suit le couis et la direction des fibres en raclant. Cette métiiode a le grand avantage de faire connaître les connexions naturelles des parties , leuvs renforcements successifs et les nouv eaux organes qui viennent s'y ajouter. On peut véritablement la regarder comme une. découverte qui a tiré l'étude du cerveau de la longueenfance où la tenaient ces méthodes erronées de coupes transversales, verticales, obliques, qui, eu altérant le tissu et eu détruisant les connexions , ne pouvaient conduire qu*à de fausses idées; maiscette méthode exige qu'on connaisse bien la position de toutes les parties, aussi peusous-nous qu'il faut la faire précéder de celle qu'on emploie pour acquérir ta premières notions, et dont la simplicité n'exige d'ail leurs aucun détail.

7» Plïl'l>AKATIU^5 AXATOMIQ1ÎLS.

L'élève qui veut disséquer les nerfs doit choisir un sujet maigre, légèrement infiltré Les cadavres d'enfants qui présentent ces deux conditions sont les meilleurs de tous, surtout quand on est dans l'intention de suivre les nerfs dan» les canaux des os; il doit également jeter un coup d'ceil sur l'ostéologïe de cette partie, et se munir d'une base de crâne, qu'il consultera toutes les fois qu'il se trouvera embarrassé.

Dissection des racines des nerfs encéphaliques.

Le séjour du cerveau dans l'eau acidulée, facilite l'isolement des membranes, fort adhérentes sans cette précaution.

Nerfs olfactifs. Pourdécouvrir ces nerfs, onôte l'arachnoïde, la pie-mère et les branches de l'artère carotide; l'on écarte les bords de la scissure deSylvius, et l'on aperçoit alors le trajet des racines inférieures ou médullaires. La racine supérieure se voit distinctement lorsqu'on a renversé le nerf en arrière, et éloigné les bords du sillon dans lequel il est contenu . Si l'on voulait suivre les racines inférieures , on pratiquerait dans l'épaisseur du cerveau, et jusque dans le corps strié, une section perpendiculaire le lourde la racine externe, et le plus près d'elle qu'il serait possible ; on examine avec soin la partie dans laquelle la racine se trouve contenue , et on agit de la môme manière pour la racine interne.

Les anatomistes sont dans l'usage de faire un chapitre à part de la dissection des nerfs encéphaliques dans le trajet qu'ils parcourent depuis les trous de la base du crâne jusqu'à leur terminaison : nous croyons cette marche bonue, et surtout convenable , lorsqu'on veut faire cette dissection sur le même sujet.

Nerfs optiques. Le meilleure manière devoir l'origine de ces nerfs ,• c'est de renverser en dehors la partie interne des lobes movensducerv eau; les ventricules latéraux se trouvent alors largement ouverts à leur partie inférieure, et le prolongement antérieur de la commissure du cervelet est misa nu. En partant de leur point de réunion vis-à-vis la fosse pituitaire, et en se dirigeant en arrière, on découvre facilement les nerfsoptiques jusqu'à leur extrémité postérieure.

Nerf moteur oculaire commun. 11 naît de la partie interne des prolongements antérieurs de la protubérance cérébrale * entre cette éminence et les tubercules mamillaires.

m'vROTOAIIE. — KERFà EUCÉPH AL!QUE>. ^5

Serf pathétique. Ce nerf prend son origine derrière la }>aiie postérieure des tubercules quadrijumeaux , et sur les parties latérales de la valvule de Yieussens, par deux, quelquefois par trois filets. Pour bien étudier Tontine de ces nerfs et des nerf* encéphaliques en général , on fait une sorte de couronne avec un torchon , et Ton y place le cerveau, dont la base regarde en haut ; les nerfs pathétiques se voient parfaitement en soulevant le bord correspondant du cervelet , et le renversant légèrement du côté opposé.

Nerfs trijumeaux. Ces nerfs proviennent par un nombre considérable de filets de la partie externe et inférieure des prolongements postérieurs delà protubérance cérébrale, près de l'endroit où ces prolongements se réunissent à la protubérance. D'après M. Gall , on peut aisémeut suivre leur cours , lorsqu'on a enlevé la moitié postérieure du pont , jusqu'au faisceau du nerf ; on voit alors qu'il est divisé dans l'intérieur du pont en trois faisceaux principaux.

Nerfs moteurs oculaires externes. Ces nerfs tirent leur origine du sillon qui sépare la protubérance cérébrale d'avec la moelle allongée. M. Gall dit que ces nerfs montent le long et à côté de lu pyramide, et se partageut ordinairement derrière le pont , eu deux faisceaux, qui s'écartent l'uu derrière l'autre de la masse commune.

Nerf facial. Ce nerf paraît naître de la partie latérale et postérieure de la protubérance annulaire, près des pédoncules du cervelet. M. Gall pense que pour assigner à ce nerf une extrémité œn traie exacte, il faut s'aider de l'analomie comparée. Chez le cheval, le chat, tous les filets du nerf facial s'écartent en arrière de cette protubérance annulaire ; on voit monter le nerf sous la forme d'un faisceau assez large, entre les corps olivaires et le glosso-pharyngieu , vers une bande transversale que l'on observe chez les mêmes animaux , au bord inférieur du pont. 11 passe au-dessous de cette bande, la perce de part en part , afin de s'écalrter de la masse commune, près du côté interne du nerf acoustique. Si, dans l'homme, le facial semble naître du pont , c'est que plusieurs filets transversaux de cette partie sont placés sur co nerf.

Nerf auditif. Ce nerf, situé en dehors du facial , près du lieu où celui-ci se sépare de l'encéphale, naît de la pro-

lubérance annulaire. Lorsqu'on a examiné Tendrait où il se sépare de l'encéphale, il faut, si Ton veut suivre ses filets d'origine, inciser le cervelet et la valvule de Vieussens d'avant en arrière, et écarter les bords de la division. Cette préparation permet de suivre les filets jusque dans la substance grise du quatrième ventricule. M. Gall a émis sur l'origine de ce nerf une opinion qui diffère de celle des autres anatomistes. On peut avancer, dit ce savant, que plusieurs filets du nerf auditif tirent naissance de la substance grise , assez abondante dans le quatrième ventricule. Cette substance forme une élévation allongée; elle est un véritable renflement, lieu de naissance du nerf acoustique. Le ganglion est placé précisément au point où le nerf acoustique se contourne sur le corps restiforme , et sa grosseur est toujours proportionnée à celle du nerf auditif. Derrière le pont, il s'étend d'un nerf auditif à l'autre une bande large qui, chez l'homme est couverte par la couche postérieure du pont. Elle paraît former la commissure des deux nerfs acoustiques.

Nerf glosso-pharyngien. Ce nerf semble naître des parties latérales de la queue de la moelle allongée, près de la protubérance annulaire, au-dessous du nerf facial , au-dessus du nerf vague , dont il est séparé par une artère , et derrière le corps olivaire.

Nerfs pnetimo-gastriqitcs. Ces nerfs prennent leur origine au-dessous du glosso-pharyngicn , au-dessus du spinal , derrière les corps olivaires, et très près des corps restiformes. Ils sont formés de plusieurs filets placés au-dessous les uns des autres, et qui ne constituent ordinairement qu'une seule rangée.

Nerf spinal. Lobstein prépare ce nerf de la manière suivante : il enlève le cerveau , et ne conserve que le cervelet; les muscles postérieurs du cou disséqués, il détache avec un ciseau les lames des vertèbres cervicales derrière les apophvses articulaires , ainsi que la portion de l'occipital comprise en arrière, entre ses condyles , et incise les méninges , depuis la tente du cervelet jusqu'à la partie inférieure du cou. Le cervelet étant fendu d'avant en arrière , jusqu au quatrième ventricule , sur la ligne médiane, et les deux lobes écartés, il enlevé avec précaution les vaisseaux que

>l VliOTOMIE. ff E T< FS ENCKPHALIQL' ES. ^

l'artère > ertébrale donne à la moelle , et coupe les racines postérieures des nerfs cervicaux.

Nerfs hypoglosses. Ce» nerfs tirent leur origine par dix à douic filets du sillon qui sépare les eminences olivaires et pyramidales. Les filets qui les composent sont placés les uns au-dessus des autres, au-devant de l'artère vertébrale.

Dissection du tra jet des nerfs encéphaliques. Elle doit être faite dans l'ordre qui suit : i° le pathétique; a" la branche ophtalmique du trijumeau; 3° l'oculo - moteur commun; 4" Toculo-moteur externe; 5° l'optique ; 6° le maxillaire inférieur ; 7° le rameau maxillaire supérieur de la cinquième paire; 8° les nerfs olfactifs; q° le nerf facial ; io° le nerf acoustique; 1 1° le grand hypoglosse ; 12° le pneumo-gastrique, le glosso-pharyngicn et le lingual. En général, dans lu dissection des nerfs, il est bon d'aller des troncs aux branches, en soulevant les premiers avec uneérigne.

Nerf' pathétique. Ou enlève la voûte orbitaire (si ceU n'est déjà fait) par deux traits de scie, dont l'un commence à la racine du nez, l'autre à la région temporale, et qui se réunissent tous deux au trou optique; il faut ensuite ouvrir d'arrière en avant le canal dans lequel le nerf pathétique est contenu; on peut facilement le suivre jusqu'au muscle grand oblique, où il se termine.

Branche ophtalmique de la cinquième paire. Ce nerf doit être pris au renflement gaugliforme du tronc principal, en ouvrant le canal membraneux dans lequel s'engage la cinquième paire; on enlève ensuite, avec précaution, de dehors eu dedans, la portion de la dure-mère qui revêt la face cérébrale des grandes ailes du sphénoïde. 11 est facile de suivre la branche ophtalmique dans la paroi externe du sinus caverneux ; en avant de l'orbite, ou en y entrant, elle se divise en trois branches, deux supérieures et une inférieure.

La première, la lacrymale, se dissèque en tirant en avant et en dedans la glande lacrvmaleet la paupière supérieure. Les filets malaires doivent être suivis avec le maillet et le ciseau.

Le second rameau supérieur , le frontal, est situé plus eu dedans que le précédent, au-dessus de l'élévateur de la paupière supérieure. On découvre aisément toutes ses divisions, en étendant, avec des érignes, les parties dans lesquelles elles se ramifient.

^8 PiHCPAnATIOMS AN ATOMIQUES.

Le rameau inférieur, ou nerf nasal, entre clans l'orbite en passant entre les deux parties du muscle droit externe. Il faut y pour bien le disséquer, éloigner avec précaution les muscles releveurs de la paupière et de l'œil qui le couvrent en partie, et enlever avec beaucoup de soin le tissu cellulaire qui l'environne. On aperçoit alors le rameau qui va au ganglion ophtalmique, les branches ciliaires, etc.

Nerf moteur oculaire commun. Ce nerf est placé dans l'épaisseur de la paroi externe des sinus caverneux ; derrière la fente sphénoïdalc, il se divise en deux branches, dont la supérieure se voit lorsqu'on a renversé en dedans et légèrement écarté l'un de l'autre le droit supérieur et l'élévateur de la paupière supérieure. La branche inférieure et le ganglion ophtalmique demandent, pour être disséqués, que l'orbite soit largement ouvert en dehors, pour mettre à découvert la face superficielle des muscles inférieurs de l'œil ; ou renverse le droit externe en dehors. L'œil tiré en dehors, et le tissu cellulaire graisseux enlevé, on aperçoit les rameaux inférieurs* 11 vaut mieux préparer le moteur oculaire commun en dernier. On dissèque les muscles auxquels il se rend, puis on coupe le nerf optique près du trou optique, et renversant le globe de l'œil, on voit toutes les subdivi- . si on s du nerf.

Le ganglion ophtalmique est placé au côté externe et supérieur du nerf optique, a trois lignes environ du fond de l'orbite. Les nerfs ciliaii*es naissent, la plupart, de la partie antérieure de sa circonférence ; il est plongé dans le tissu cellulaire , et se trouve en suivant le rameau qui le fait communiquer avec la branche nasale de l'ophtalmique.

Nerfs moteurs oculaires externes. Us sont placés au coté externe de l'artère carotide, dans la paroi du sinus caverneux, qu'on incise dans toute sa longueur, d'arrière en avant. Pour achever de les découvrir, on renverse en dehors la partie supérieure de l'extrémité postérieure du droit externe de l'œil.

Le premier ganglion cervical du trisphlanchnique envoie au nerf abducteur deux filets nerveux qui s'aperçoivent en haut et en avant, vers le milieu du sinus caverneux.

Nerfs optiques. Les aponévroses postérieures d'insertion séparées avec précaution des muscles droits de l'œil , on ren-

ÎNKVKOTOMIt. NEUFS h> CLPU AI.IQU LS.

verse ces muscles en avant, et on emporte tout Je tissu cellulaire du fond de l'orbite. On incise ensuite, le long de la partie supérieure du nerf, et d'arrière en avant, une enveloppe épaisse qui lui est fournie par la dure-mère. Les bords Je cette enveloppe renversés eu dehors et en dedans, on fend l'œil d'arrière en avant ; ou enlève le corps vitré et on plonge la rétine dans l'eau, en ouvrant d'abord le nevrilème.

Nerf facial. Ou coupe horizontalement, avec un ciseau, l'apophyse inastoïde à sa base, après avoir enlevé les téguments qui la recouvrent. Celte apophyse et l'extrémité supérieure du sterno-mastoïdien étant renversés en bas et eu dehors, ou dissèque la glande parotide d'arrière en avant , et de dedans en dehors. Lorsqu'on a mis le tronc du facial à découvert, il faut suivre chacune de ses branches jusqu'à leurs dernières ramifications, eu apportant beaucoup de soin dans la dissection des muscles, des vaisseaux et des autres nerfs placés dans leur voisinage, ce qu'on exécute eu teudant avec une érigue chacun des filets nerveux.

Nerf maxillaire inférieur. Les téguments qui recouvrent la pailie supérieure de la parotide et de la fosse temporale enlevés, on aperçoit près du tronc de l'artère le nerf temporal superficiel que l'on suit. 11 faut ensuite scier l'arcade zygomatique à ses deux extrémités , et la renverser de haut en bas, et d'avant en arrière, avec la partie supérieure du muscle masséter, sans couper le nerf massétérin, qui passe devant le col du condyle. Le temporal étant détaché de haut eu bas, on enlève, avec la scie, ou le ciseau et le maillet, toute la portion des os du crâne qui couvre le trajet de ce nerf depuis le trou ovale jusqu'à la fosse zygomatique, de manière que le trou forme le sommet du triangle représenté par les coupes faites. Ensuite, en disséquant le périoste et le tissu cellulaire qui couvrent le tronc du maxillaire inférieur, ou trouve les deux nerfs temporaux profonds et le massétérin. Pour mettre à découvert le buccal, l'os maxillaire inférieur doit être scié à sa partie moyenne, puis on renverse légèrement d'avant en arrière la branche de cet os, et l'on distend le muscle buccinateur, en mettant uu tampon de filasse dans la bouche. Il ne faut préparer le nerf ptérygoïdien qu'après avoir disséqué les autres rameaux. Lorsqu'on est arrivé au nerf temporal superficiel, il faut scier le col

8o PREPARATIONS A!f ATOMI^L'KS

du condylc de la mâchoire, et le tirer en dehors avec la portion correspondante du muscle ptérygoïdien externe j on découvre encore le nerf lingual , qu'on suit en renversant en bas et en dehors la branche de la mâchoire inférieure , après avoir scié l'apophyse coronoïde. Daus la dissection du lingual, il ne faut pas perdre de vue le nerf de la corde du tvmpan , qu'on trouve presque toujours, lorsqu'on a emporté par petits fragments la partie antérieure de la paroi supérieure de la cavité glénoïde. On achève la préparation par la dissection du nerf dentaire , en enlevant la paroi antérieure du canal dentaire, avec un ciseau 011 une scie; après quoi on suit les filets en détachant la membrane muqueuse de la lèvre inférieurs , ou en découvrant les muscles triangulaire et carré, ainsi que l'orbiculaire.

Nerf maxillaire supérieur. 11 faut détacher avec précaution les téguments qui couvrent l'os de la pommette, pour découvrir le filet inalaire, chercher derrière et sous l'apophyse orbi taire externe du frontal , le rameau temporal qui traverse également l'os de la pommette ; cette préparation terminée, on scie l'arcade zygomatique en avant et en arrière, et on enlève les muscles masséter , temporal , et la moitié de la mâchoire inférieure, sans endommager le muscle buccinateur et ceux qui vont à la lèvre supérieure. Les deux pterygoïdiens coupés, la voûte du crâne et la paroi supérieure de l'orbite emportés , ou sépare l'os de la pommette de l'os maxillaire supérieur, en ayant soin de conserver le rameau orbitaire. 11 faut ensuite enlever l'œil avec ses muscles, et ouvrir dans toute son étendue la gouttière sous-orbitaire ; lorsqu'on a suivi les filets du nerf sous-orbitaire, dans les différents muscles où il se Tend , on détache de l'os maxillaire toutes les parties molles qui le recouvrent antérieurement, et on enlève avec un ciseau la table superficielle de la paroi antérieure du sinus maxillaire et toute la partie antérieure du bord alvéolaire. On procède ensuite à la recherche des nerfs dentaires postérieur et supérieur j pour cela , on enlève le tissu cellulaire et les branches de l'artère maxillaire externe qui les environnent, et on détruit avec le scalpel , la table compacte extérieure de la tubérosité maxillaire. On est alors parvenu dans le sommet de la fosse

WEVROTOMÏE. NERFS ENCEPHALIQUES. 8l

zygomatkrue; dans cet endroit, on rencontre, vis-à-vis du trou sphéno-palatin , une espèce de ganglion aplati, triangulaire , appelé sphéno-palatin ( sphénoïdal , Ch.). 11 fournit en arrière , le nerf vidien , en bas et en avant le nerf palatin, en dedans les nerfs sphéno-palatins. On met le nerf vidien à découvert, en ouvrant le canal du même nom, par sa partie supérieure externe , et en fendant un second canal membraneux , dans lequel ce nerf est renfermé. Pour arriver au canal vidien, il est bon de couper de dehors en dedans, par tranches, la base mince de l'apophyse ptérygoïde, à l'aide d'un fort scalpel : c'est même un bon moyen de trouver le ganglion sphéno-palatin. Dans ce trajet, il donne des Blets très tenus, qui vont se distribuer à la membrane du sinus sphénoïdal, ensuite le nerf vidien ou ptérygoïdien se partage en deux rameaux; un supérieur , crânien, va se plonger dans l'hiatus de Fallopej l'autre inférieur, carotidien, que Ton suit en ouvrant le canal carotidien.

Nerfs olfactifs, nerfs palatins et sphéno-palatins. On scie d'abord le crâne d'avant en arrière, en conservant la cloison des narines du côté où l'on aura disséqué le nerf maxillaire supérieur ; puis on découvre les filets qui se répandent sur les cornets, en détachant avec soin la membrane pitui taire; on sépare ensuite le périoste de la surface convexe des cornets, on ouvre avec un scalpel les canaux nombreux qui existent dans l'épaisseur de ces lames osseuses, et on procède de même sur la cloison.

Pour disséqueT les nerfs palatins, on enlève la membrane pituitaire, au niveau du conduit palatin postérieur ; on brise ensuite la lame palatine, et -l'on aperçoit les terminaisons du nerf palatin, sur la surface supérieure de lamembrane palatine. Il est alors assez facile de trouver les filets que le nerf vidien envoie dans le sinus sphénoïdal et à la membrane pituitaire.

Le professeur Marjolin , auquel la plupartde ces procédés appartiennent, recommande, après avoir préparé les nerfs palatins et les filets du nerf vidien , de découvrir le rameau ethmoïdal de la branche nasale. Pour y réussir, il enlève derrière en avant la membrane pituitaire, sur la partie antérieure de la cloison et derrière les os propres du nez, et dissèque de haut en bas, les deux filets nerveux qu'on trouve sous la pituitaire.

8$ PREPARATIONS A* ATOMIQUES.

Il ne reste plu» qu'à préparer le nerf spheno-palatin* On le trouve , en le cherchant à son entrée dans les fosses nasales , par le trou du môme nom ,. lequel est situé derrière le cornet moyen.

Facial. On ouvre le conduit auditif interne, en haut et en arrière ; on détache ensuite du reste de l'os , entre le fond de ce conduit et la région mastoïdienne, la lame de substance compacte qui revêt la face postérieure de la même apophyse. Cela fait, il faut ouvrir avec un bon scalpel, l'aquéduc de Fallopc , par la partie supérieure, entre le limaçon 01 l'extrémité antérieure des deux canaux demi-circulaires antérieurs ; on trouve en cet endroit , l'anqstomose du vidien et du facial. Ce genre de. préparation ne peut guère s'exécuter que sur un temporal: de très jeune enfant. Pour, découvrir les filets que le wwtff facial envoie au muscle interne du marteau, au musclé de, l'étrïer , ainsi qu'à la corde <ïu tympan, on ouvre largement, par sa partie postérieure, îa caisse du tympan. Pour terminer la préparation , on achève d'ouvrir l'aquéduc de rallope, cm haut et en àrrrière, sotas la partie moyenne du canal demi-Circulaire horizontal,. et en arripre et en bas à la partie externe du^canal demwcire^laire postérieur. On. exécute celte partie de la préparation plus facilement, en , sciant* horizontalement U portion écailieuse du temporal, an niveau, du bord, supérieur du rocher.

Nerf acouuiquœ. Vomi îti\t\XrQ, te nerf à cjécouvefrt , on enlève la substance compacte qui couvre le conduit auditif , puis pp, ouvre 1g. limaçon 4art8itotoe4son étendue, eu haut pt en avau^, et on emporte la rjaïoi supérieure du vestibule et la portion convexe de*, frois.tanaux demi rcircul aires.

Nerf grand typoglossc, A.prè*a.voir enlevé le muscle peaucier,, il faut découvrir le stecuo^mastoïdien , Je digastrique , le stylo-b,yoïdien , le mylo-kyoïdîen , et renverser ces muscles de haut en bas. On dissèque les muscles qui se fixent à la partie inférieure deJ'os hyoïde, et Fon scie en travers, près d# s# base , J 'apophyse mastoïde , > qu'bn • renverse en bas. Vapophy se styloïde.éUût également coupée, on la tire dm bas, avec les muscles qui s'y insèrent. On achève de prd~ parer , en coupant les téguments de l'articulation temporomaxillaire* et, en emportant la branche de la mâchoire.

Nerfs glosso-pharyngien , spinal et pneumo gastrique. La

TV ÉVfkOTOtf IE. — MOELLE KP1NIERE. B3

^parattou précédente les a eu partie découverts. On trouve k glosso-pharyngieu , à sa sortie du crâne par le trou dér duré postérieur , au-devant de la veine jugulaire interne , derrière le stylo-pharyngien. Pour découvrir le spinal > il &nt renverser en dehors l'extrémité supérieure du muscle Merao-mastoïdien , et écarter en dedans la veine jugulaire

s>CTO

Lorsqu'on veut préparer le nerf pneumo-gastrique, il faut scier les os de la base du crâne, le long du rocher, jusqu'à la partie externe du trou déchiré postérieur, et séparer complètement le sommet du rocher de la partie latérale du sphé* ooïde. Ou dissèque ensuite le muscle sterno-mastoïdieu , et on le renverse en dehors.

Après avoir examiné ce nerf dans le col , on le suit dans la poitrine, qu'on ouvre de la manière indiquée. Pour bien voir les nerfs récurrents , il faut renverser la trachée, de manière à tourner presqu'en dehors sa face postérieure, et tirer en dehors l'artère carotide.

On soulève ensuite le poumon gauche, en le portant à droite , l'œsophage se trouve par la mis à nu , et on enlève la plèvre costale et la portion du médias tin qui embrasse les vaisseaux du cœur et du poumon. . ,

On continue la préparation , en ouvrant largement l'abdomen par ,une incision cruciale. Il faut ensuite scier les dernières côtes vers leur partie postérieure, renverser le ibie en haut et à droite, emporter avec soin le feuillet antérieur de l'épiploon gastro-hépatique et gaatro^splén ique, fendre le diaphragme d'avant en arrière, jusqu'à l'ouverture œsophagienne , et insuffler .l'estomac 1 .

3" MOELLE ÉPIN1ÈRE.

On ouvre le rachis en arrière, en sciant, ou coupant1 avec an ciseau, les lames des vertèbres j puis on pratique une incision sur la dure-mère.'

On peut, dans la môme préparation, étudier l'origine des uerfs spinaux , en séparant toute la partie de la face latérale » " • ■

• Oh peut facilement préparer sur la même pièce, le pneuroo-gasti ile grand sympathique et le nerf diaphragmatique.

84 PREPARATIONS AN ATOMIQUES.

d'une vertèbre qui est située derrière le trou de conjugaison ; on metainsi à découvert le lieu de réunion des deux racines des nerfs de la moelle , etc.

Première paire cervicale. Elle ne doit être disséquée, qu'après toutes les autres paires cervicales. Pour la découvrir, on enlève la branche de la mâchoire, tous les muscles insérés de bas en haut à l'apophyse mastoïde, le trapèze, en ménageant la brandie postérieure de la seconde paire cervicale; on coupe le grand complexus en travers , au-dessus de la première vertèbre cervicale, et on renverse son extrémité supérieure de haut en bas. Il faut ensuite disséquer les muscles droit latéral et oblique supérieur de la tête, pour mettre à nu l'espace compris entre l'atlas et l'apophyse mastoïde du temporal ; il n'y a plus qu'à suivre les ramifications du nerf.

Sept dernières paires cervicales» Cette préparation exi^e, pour être méthodiquement faite, qu'on dissèque successivement les branches superficielles du plexus cervical , celles qui sont situées sous le muscle sterno- mastoïdien ; le nerf diaphragmatique, les branches postérieures des sept paires, le plexus brachial et ses divisions.

i° Branches superficielles du plexus cervical. Sur le trajet d'une ligne menée le long du bord postérieur du- muscle sterno-mastoïdien, incisez avec soin la peau, depuis l'occipital jusqu'à la clavicule, vous trouverez au niveau de la troisième et de la quatrième Vertèbres cervicales, sous* le peaucier , que vous enlèverez, les tronesqui fournissent les branches dont il s'agit. Plusieurs personnes préfèrent inciser sur le trajet de la ligue médiane en avant, et renverser en arrière, on risque moins de couper les rameaux qui viennent du plexus.

Il faut disséquer les branches supérieures de leurs troncs vers leurs rameaux, en emportant les téguments, le peaucier et le tissu cellulaire qui les recouvrent. On prépare de la même manière les branches inférieures ; mais pour suivre les divisions profondes, on doit couper en travers le trapèze le long de son insertion à la clavicule et à l'acromion, et renverser ce muscle en arrière et en dedans.

a° Branches du plexus cervical, situées sous le muscle sterno-mastdidien. Après avoir scié la clavicule, derrière

•ogle

NJEVROTOMJE. — MOELLE ÉPINIERE ET NERFS. 85

l'attache du stem o- mastoïdien , et renversé celui-ci en avant et en dedans , on trouve alors un nerf formé de la réunion de deux filets fournis par la dernière et la troisième paires , et s anastomosant avec un rameau de l'hypoglosse; on découvre successivement tous les filets qui en proviennent.

3° Nerf diaphragmatujue* 11 suffit de connaître sa distribution , on peut le préparer avec le pneumogastrique.

4° Branches postérieures des sept dernières paires cervicales. On découvre toute la portion cervicale du trapèze, en enlevant la peau du bord antérieur de ce muscle vers son bord spinal. Cela fait, on le coupe en travers, près de son extrémité supérieure, et on le renverse de haut eu bas. 11 fout également couper le splénius et le grand complexus près de leur insertion à l'occipital, et renverser, le premier vers l'épine, le second sur les apophyses transverses.

5° Plexus brachial et nerfs qui en proviennent. 11 faut détacher le muscle grand pectoral du sternum, de la clavicule et des cartilages des côtes , renverser ce musle en dehors, en isolant les nerfs qui se rendent dans son épaisseur. Ou renverse le petit pectoral en haut et en dehors , en conservant ses nerfs et les branches antérieures de la deuxième et de la troisième paires dorsales , qui se portent vers l'aisselle et la partie interne du bras. Les ligaments steruo-claviculaires coupés, la clavicule soulevée , on dissèque le muscle sousclavier, et on enlève avec précaution le tissu» cellulaire environnant.

11 faut ensuite placer le sujet sur le côté du corps opposé à celui sur lequel on fait la préparation ; on coupe ensuite le trapèze le long de la clavicule , de l'acromion et de l'épine de l'omoplate, pour le renverser eu arrière; ou dissèque et on soulève les muscles sus-épineux, sous-épineux, pour découvrir le nerf sus-scapulaire jusqu'à sa terminaison.

On prépare les nerfs sous-scapulaires ou thoraciques postérieurs, en disséquant complètement le grand dentelé et la moitié supérieure du grand dorsal. On doit avoir soin de ménager les rameaux cutanés des nerfs in ter-costaux. Cette dissection faite, le préparateur peut détacher l'épaule du tronc , après avoir coupé le plexus près de son origine , pour disséquer plus commodément les nerfs du bras.

Les nerÉs cutanés interne et musctilo-cutanc doivent dire

préparés en faisant à la peau une incision dirigée de la partie inférieure de l'aisselle jusqu'au milieu du pli du bras. Cette incision doit être prolongée jusqu'à la partie supérieure de l'intervalle qui sépare les éminences thénar et hypothénar, et menée ensuite obliquement jusqu'à l'extrémité du bord cubital du petit doigt. On dissèque ensuite la peau de dehors en dedans, en laissant les rameaux appliqués sur les téguments. Pour préparer le musculo-cutané , il faut disséquer le biceps; on voit alors le nerf se porter au pli de l'avant-bras, au bord externe du biceps, puis devenir souscutané, et se terminer par plusieurs rameaux aux téguments des faces externe et interne de l'avant-bras et de la main.

Lorsqu'on prépare le nerf médian , on doit conserver ses rapports avec l'artère humérale. 11 faut ensuite inciser de haut en bas le prolongement aponévrotique qui se détache du bord interne du tendon du muscle biceps, enlever l'aponévrose qui recouvre les muscles de la partie antérieure de l'avant-bras, disséquer ces muscles, ouvrir le ligament annulaire du carpe, et fendre les téguments des quatre premiers doigts.

Pour mettre à nu le nerf cubital , on dissèque l'aponévrose du bras sous laquelle il est placé, de dehors en dedans, jusque derrière le bord interne du triceps, et on renverse de dehors en dedans le muscle cubital antérieur. La branche qui se porte aux doigts sera disséquée comme celle du nerf médian. On termine la préparation, en disséquant avec soin les muscles de l'éminence hypothenar j mais pour bien voir le rameau palmaire profond, il faudra couper en travers le muscle opposant du petit doigt , ainsi que les tendons des muscles fléchisseur, sublime et profond.

La dissection du nerf radial demande qu'on sépare l'une de l'autre, jusque vers la partie moyenne du bras, la portion interne et la longue portion du triceps brachial; on isole ensuite la portion externe de la longue portion , en préparant les rameaux qui se séparent du tronc nerveux, au niveau du bord interne de l'humérus. 11 faut renverser le long supinateur en dehors pour étudier le nerf et ses rameaux, le long de la partie inférieure du bras et de la partie supérieure de l'avant-bras. La branche postérieure sera mise à découvert lorsqu'on aura disséqué et soulevé les muscles

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