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• Noos avons préféré nous servir d'un seul mot pour désigner une division de r*natomic descriptive , plutôt que de recourir à des périph rases*
iv PRÉFACE.
avons tâché de faire connaître l'action des muscles , et nous avons ensuite décrit les aponévroses du mcnibre supérieur et du membre inférieur. La splanchnologie nous a paru mériter tous nos soins , et si quelques erreurs nous sont échappées , les Elèves s'apercevront facilement qu'elle est beaucoup plus complète que dans beaucoup d'autres traités ». Le développement des organes a été l'objet d'une attention particulière , et le résultat de cette étude convaincra facilement de la vérité de ce principe , posé par les Tiedmann , les Meckel, etc , que l'organisation de l'homme parcourt une série de phases correspondant à des états analogues et permanents dans l'échelle des êtres. Pour mettre cette vérité dans tout son jour , nous nous sommes fréquemment aidés de l'anatomie comparée. L'artériologie, fort bien décrite dans tous les ouvrages d'anatomie , et particulièrement dans celui de M. H. Cloquet , qui nous a servi de modèle , a été augmentée de toutes les variétés si clairement exposées dans Meckel. Le manuel de cet anatomiste , (font nous devons une très bonne traduction à MM. Jourdan et Breschet , nous a non-seulement servi pour les variétés des artères , mais encore pour la description de plusieurs parties que nous avons trouvées mieux indiquées et mieux dénommées que dans les autres traités. Dans la vénologie, nous avons rapporté
» A l'occasion du tube digestif, nous avoa» d cor il les «Uvctse* glandes , dans le lieu où elles versent le produit de leurs sécrétions*
PRÉFACE. v l'opinion de M. Blandin sur le plus grand nombre des valvules dans les veines profondes. La lymphologie ne nous a rien présenté de particulier. Nous avons ajouté à la névrologie quelques faits nouveaux, entres autres, le travail de l'anatomiste cité sur les nerfs du larynx ; enfin nous avons terminé l'ana-
tomie descriptive, par l'histoire du fœtus humain.
Dans un ouvrage de la nature de celui-ci , nous avons dù recourir à la lecture de plusieurs livres: Bichat, Béclard, MM. Jules et Hippolyte Cloquet, le Manuel de Meckel, l' Anatomie comparée de M. Cuvier , les numéros récemment publiés sur le même sujet par M. H. Cloquet , la Physiologie du système nerveux de M. Georgel, le Traité delà moelleépinière et de ses maladies par M. OUivier, et le Manuel de physiologie de M. Hutin , ont été consultés et mis à contribution par nous. Les leçons orales de M. le professeur Cruveilhier, nous ont également été d'un #rand secours. Nous devons aussi adresser nos remerciments à M. Manec, premier prosecteur à l'amphithéâtre général des hôpitaux de Paris, auteur d'une excellente dissertation sur la hernie crurale , pour l'extrême complaisance qu'il a eue de revoir plusieurs parties de notre anatomie descriptive, et de nous aider de ses conseils.
Dans tous les traités d'anatomie, on ne trouve, que des notions très vagues sur l'anneau inguinal , l'arcade crurale , le périnée de l'homme et de la femme, et plusieurs aponévroses dont la connaissance est indispensable ; les rapports 'de quelques régions très
vj PHÉFAf.fcv importantes sont aussi généralement mal désignés; j'ai cru obvier à cet inconvénient , en donnant les principales régions du corps humain ; les Élèves y trouveront minutieusement décrites ces différentes parties, qu'ils sont obligés d'aller étudier dans plusieurs ouvrages ; quelques-unes mêmes seront non-* velles pour eux. Pour cette partie de notre travail, il J a liait nécessairement prendre ce qu'il y avait de mieux fait jusqu'à présent dans ce genre : les ouvrages de M. Velpeau , celui de M. Rlandin , auquel le public Tait un accueil si favorable , nous ont paru remplir suffisamment notre but. Nous avons surtout extrait du traité de ce dernier les principales régions , et souvent nous n'avons rien changé à la forme adoptée par l'auteur. Nous croyons cette troisième partie de quelque avantage pour les Elèves , elle est même, selon nous, le complément de l'anatomie descriptive.
On voit, d'après le plan que nous venons de tracer de notre livre, qu'il comprend trois grandes divisions; par la disposition même du sujet, nous ne pouvions tout décrire avec détail , mais nous pensons avoir donné une idée juste et exacte de ce qu'il est important de savoir eu anatomie 1 ; nous nous estimerons assez récompensés , si nous avons fait un ouvrage utile à MM. les Etudiants en médecine.
i Plusieurs fautes graves sVtant glissées pendant l'impression rapide de ce traité, nous engageons les Élevés à vouloir liien consulter IVrraîa place1 à la' lin du livre.
L'ak atomie est la science qui s'occupe du nombre , île la forme , de la situation , des rapports , des connexions et de la texture de toutes les parties dont l'assemblage constitue un corpsorganisé : elle a donc pour objet l'organisation en général ; tous les êtres organisés en sont le sujet.
L'étude de l'anatomie peut s'étendre à tous les animaux; de WVanatomie comparative, qui recherche, par la comparaison , ce que ceux-ci ont de commun ou de généra], et en quoi ils di fièrent les uns des autres. L'anatomie peut avoir seulemèb t pour objet une classe d'élrex organisés, comme celle des animaux domestiques, anaiomie "vétérinaire. Lorsque cette science a pour sujet 4 v une seule espèce de corps organisés , elle est appelée ^ spéciale : telle est l'anatomie de l'éléphant , du cheval , de JTiomme , qu'on a dans ce dernier cas désigné sous le nom d'tinthmpotomie.
On a formé deux grandes divisions de l'anatomie : dans la première, on a étudié tous les corps organisés à Jetât sain , anatomie hjrgide ; dans la seconde, on a considéré tons les vices de conformation , toutes les al-
térationâ morbides que peuvent présenter les corps organisés, anatomie pa biologique.
Examinée d'après le but quelle s'est proposé , l'anatomie a été dite médicale , lorsqu'on s'en est servi pour arriver à la connaissance du siège et de la nature des maladies ; chirurgicale , lorsqu'on a voulu tracer le manuel des opérations , ce qui est très différent de l'anatomie des régions; juridique , quand on a cherché a éclaircir des questions juridiques.
Diverses méthodes ont été employées pour constituer l'anatomie ; elles peuvent se réduire à deux , l'une dans laquelle on marcherait des faits particuliers aux
faits généraux , et cette autre dans laquelle on suivrait une marche entièrement inverse. Constituée suivant
cette dernière méthode, l'anatomie se compose de trois sections bien distinctes , l'anatomie générale, dans laquelle on, s'élève à desconsidérations générales de forme et de structure , l'anatomie descriptive ou spéciale , encore appelée organologie , mmphologie , somatologie , qui n'envisage que les organes en particulier; enfin l'anatomie topographique, qui s'occupe de la structure locale du corps humain.
L'anatomie spéciale, dont nous traitons dans ce livre, a pour sujet U connaissance des organes, parties solides ou contenantes du corps, déterminant surtout la forme, et imprimant le mouvement. Son objet est 1 étude particulière de ces parties.
Pour bien concevoir un organe, il faut, ainsi que leconseillejudicieusemçntlecéicbre Bérlard, examiner
r sa configuration , ou sa forme tant extérieure qu'intérieure , a il est creux , et sa disposition symétrique ou irrégulière ; 2° sa situation dans le corps entier , et relativement aux autres parties , ainsi que ses rapports de contact et de liaison plus ou moins intimes avec elles ; 3* la direction de son grand diamètre, qui peut être parallèle , oblique ou perpendiculaire à Taxe du corps; 4* son étendue métrique ou relative au corps , ou à quelqu'une de ses parties ; 5° ses propriétés physiques, soit relatives à l'attraction de ses molécules, comme sa densité, sa cohésion, son élasticité, etc., soit relatives à la manière dont la lumière l'affecte, comme la couleur, la diaphanéité, etc. ; 6° sa composition anatomique et sa texture ou l'arrangement de ses parties intégrantes ; y° ses propriétés et sa composition chimiques ; 8° les liquides ou humeurs qu'il contient ; 9** les propriétés dont il jouit pendant la vie; io° son action vitale et la liaison de son action avec les autres; 1 1" les variétés qu'il présente dans les âges, les sexes, les races et les individus; 12° ses états morbides; et 1 3* ses phénomènes et ses altérations cadavériques. Il est sans doute plusieurs de ces considérations qui paraissent plutôt appartenir à la physique, à la chimie, à la physiologie et à la pathologie, qu'à l'anatomie, mais nous pensons qu'il n'en est aucune qui ne puisse fournir des renseignements utiles à l'anatomiste, aucune dont il ne puisse tirer des fruits avantageux.
Les organes étant bien connus y il ne reste plus qu'à disposer méthodiquement les éléments de l'anatomie
spéciale. Les anciens étudiaient les différentes parties du corps humain d'une manière topographique : ainsi, par exemple, à l'occasion de la tête, ils faisaient Fana tomie de la peau, des muscles, des os f. Cette méthode était extrêmement vicieuse ; aussi fut-elle promptement abandonnée , lorsque les découvertes se furent multipliées. Plus tard, on fit une division en parties molles et en parties dures. Celte modification, déjà plus rationnelle, dut céder le pas à son tour à l'ordre physiologique, qui partageait les organes en ceux des fonctiens de relation, et en ceux des fonctions digestives et génératrices.
Quelque bonne que soit cette dernière division, elle ne peut être exactement suivie dans l'anatomic. En effet, il faudrait faire, non-seulement la description des organes, mais encore celle des produits qu'ils forment ; or l'anatomie ne s'occupe que des solides, tandis que l'examen des fluides est plus spécialement du domaine de la physiologie et de la zoochimie. Mais le nombre des solides est déjà lui-même si considérable, que, pour mettre de l'ordre dans leur histoire, il a été nécessaire de les partager en plusieurs classes, qui forment autant de branches de l'anatomie. C'est d'après ces principes que nous étudierons successivement dans ce livre l'osléologie et la sjndesmologie , qui sont destinées à faire connaître les parties les plus solides du corps, celles
» Voyt» 1rs riions d'Aristotc.
IMKODUCTiON. :"»'
qui en forment la charpente, et les moyens qui les maintiennent en rapport les unes avec les autres; la mrologie , qui s'occupe des organes consacres à faire jouer et mouvoir les os les uns sur les autres; la splanchnologie, dans Iaquclleon s'occupe spécialement des organes des sens et de la voix , des centres nerveux, des organes de nutrition , de dépuration urinairc, de génération et de respiration; Yangiologie, qui décrit la plupart des conduits du corps , et qui comprend Vartériologie, ou description des artères, îa vénologie ou élude dc3 veines, et la Ijrmphologie } ou histoire des vaisseaux lymphatiques ; enfin la névjvlogie ou Ja connaissance des organes qui sont chargés d'une manière spéciale de la sensation, et l'embryologie ou histoire de 1 œuf humain.
Mais pour acquérir sur un organe quelconque, les noûcns que l'anatomic procure a son égard , il faut l'isoler, le mettre à nu, le détacher des parties aux- '{ueUes il est uni par des liens organiques ; de là divers moyens qu'on peut réduire aux suivants : ranatomiste porte l'instrument tranchant sur le cadavre, pour en séparer les parties les unes des autres : cette première opération , la plus importante de toutes , constitue la
dissection. A l'aide de V injection y il remplit celles qui sont creuses d'une liqueur facilement coagulable, afin
fie les rendre plus apparentes ; il a recours à Y insuffla-
(ion, pour distendre celles dont la cavité présente un
plus grand volume ; il fait aussi usage de la coction, de
macération, de la putréfaction même dans certains
cas ; enfin il emploie fréquemment la zoochimie , lorsque , pour mieux dévoiler la texture d'un organe , il le traite par des fluides de différente nature : les os, par exemple, par l'acide hydrocklorique affaibli , pour les dépouiller de leur sel calcaire ; le cerveau, par le sublimé, pour le durcir; Jes nerfs, par les alcalis, pour dissoudre la pulpe médullaire que renferment leurs tubes vasculaires. la réunion de tous ces travaux forme les prépamtions anatomiques , dont la connaissance doit précéder l'anatomic descriptive. C'est la marche que nous avons suivie dans ce livre , et c'est en conséquence par elle que nous allons
commencer l'étude de l'anatomic.