TRAITÉ
D AN ATOMIE
PREPARATIONS ANATOMIQUES.
OSTÉOTOMIE.
L'étude des os cxi(Tc deux conditions nécessaires t la blancheur et la dessiccation. Autrefois, on était dans l'usants de les tenir cinq ou six heures dans l'eau bouillante , ou de tas laisser quelques instants dans la chaux vive : le premier Ae ces procédés ne les privait point de leurs parties huileuses, de sorte qu'ils jaunissaient, devenaient tfras, et répandaient une odeur rance ; l'autre procédé consumait assez rapidement les parties molles , mais il altérait la substance et rendait mou et friable le tissu osseux.
I,es anatomistes préfèrent maintenant la macération. Poui obtenir un résultat avantageux , on choisit un sujet sain, maigre, jeune et infiltré, dont on dénude les os le pin* exactement possible, sans enlever le périoste; on les place ensuite dans une au^c de pierre remplie d'eau de rivière , en ayant soin qu'ils soient entièrement couverts. Pendant sept ou huit jours on renouvelle l'eau , lorsqu'elle présente une teinte rouRcâtre. La séparation du périoste annonce qu'ils sont assez macérés*; il ne reste plus alors qu'a les
> La macération dure au moins trois semai nos ou un mois en «Ho! , et le double dans l'automne ou le printemps.
vképahations an atomiques.
nettoyer avec une brosse rude , et à les laver à l'eau de savon. Pour leur donner cette blancheur éburnée qu'on recherche tant, il faut les exposer, mais à l'ombre, à l'air libre, à la rosée, sur des claies ou sur l'herbe 5 on choisit de préférence le printemps pour leur faire subir cette dernière préparation.
Lorsqu'on est daus l'intention d'étudier les parties intérieures des os et leur structure , on pratique diverses coupes dont les plus importantes sont les suivantes : i°une coupe qui divise perpendiculairement la tête du sinciput à la base du crâne; elle sert à étudier les fosses nasales ; a° une coupe delà tête, séparant horizontalement la voûte du cr^nc , par un trait de scie qui , de la partie supérieure de la bosse nasale , vient de chaque côté aboutir à la protubérance occipitale externe, en passant au-dessus de l'arcade zygomatique : cette coupe laisse à découvert toute la base du crâne ; 3° une coupe perpendiculaire h trois lignes de chaque côté de la suture sagittale, s'étendant d'une bosse nasale à la bosse occipitale supérieure , et transversalement de la fosse temporale aux mêmes bosses; cette coupe est nécessaire pour étudier la disposition de la dure-mère : on ne doit pas laisser macérer la tête qui servira pour cette coupe, seulement, quand elle sera terminée, on la laissera se dégorger dans de l'eau souvent renouvelée , pendant quelques jours ; 4° une coupe verticale divisant toutes les vertèbres de la partie antérieure et moyenne de leur corps à leur apophyse épineuse. On doit encore enlever en dédolant la table du tissu compact du pariétal , par exemple , pour étudier l'arrangement de la substance diploïque, et la structure des canaux veineux ; couper en général les os du tarse pour avoir une idée de la substance spongieuse; enfin scier, suivant leur longueur , quelques os longs cylindroïques , pour examiner le tissu rcticulaire, la moelle et la membrane médullaire.
Si l'anatomistc se propose de dévoiler la structure intime des os , et de considérer isolément les divers tissus , il a recours à des agents chimiques qui débarrassent les os des éléments organiques qui y sont contenus.
MYOTOMIfc. <|
MYOTOMIE.
Une règle importante, que les élevés doivent toujours avoir devant le» yeux dans lu dissection des muscles, c'est la conservation des rapports : sans doute cette méthode augmente la difficulté , mais de quels avantages n'est-elle pas suivie? ' Non seulement elle fournit des indications plus précises pour la préparation des artères , des veines et des nerfs , mais clic conduit naturellement à la connaissance de cette anatomie des régions qui fait seule le grand chirurgien.
Les sujets adultes non infiltrés , ni trop chargés de graisse, sont préférables aux autres pour la myologie.
Dans la dissection des muscles, on aura soiu d'enlever, en un seul temps , toutes les parties qui recouvrent le muscle. Rien ne présente plus de difficultés que la séparation , •après coup, des aponévroses minces et du tissu cellulaire condensé, qui sont immédiatement en rapport avec ces organes, et, d'un autre côté , la dissection , telle que nous venons de l'indiquer, est beaucoup plus rapide.
On ne disséquera jamais les muscles à petits coups ; niais «près avoir soulevé les parties sus-jacentes, en les écartant un peu fortement des muscles qu'elles recouvrent, afin d'érailler le tissu cellulaire qui les joint , on promènera largement le scalpel , et toujours parallèlement à la direction des fibres , le tranchant de l'instrument faisant, avec la surface que l'on découvre, un angle d'environ vingt-cinq à trente-neuf degrés , et l'instrument lui-même étant tenu comme une plume à écrire.
Lorsque les parties sont d'un très petit volume , on les «oulèvc a. l'aide d'une pince ; mais, dans le cas contraire , il est préférable de les soutenir avec la main , dont les mouvements sont plus sûrs et s'étendent plus loin.
Dans tous les cas , il est bon de tendre les muscles que l'on dissèque , le travail n'en est que plus facile.
La méthode de disséquer les muscles, suivant l'ordre déterminé par leur situation, nous paraissant la plus avantageuse, puisqu'elle permet de les voir tous sur le même sujet, et qu'elle conserve leurs rapports réciproques et ceux iu'i|s ont avec d'autres organes voisins , nous engageons les
lO PRÉPARATIONS AH ATOMIQUES.
élèves à la suivre clans leurs travaux; ranatomic desclip live devant rétablir toutes choses dans leur véritable ordre.
MUSdfcES DES RÉGIONS ANTÉRIEURE ET LATERALE DE L*ABDOMEN.
Grand oblique , oblique externe* Il faut placer le sujet sur le* côté, et de manière à tendre les téguments de l'abdomen ; cela fait , on incise la peau longitudinaleinent, depuis l'extrémité inférieure du sternum jusqu'au pubis , et obliquement, depuis l'ombilic jusqu'à la partie antérieure et inférieure de la huitième côte (de bas en haut). Le lambeau inférieur est ensuite saisi près de son extrémité supérieure , et disséqué en arrière et en dehors. La partie supérieure du muscle est mise ensuite à découvert, en détachant le second lambeau de dehors eu dedans, en suivant la direction do l'aponévrose de la partie supérieure et interne du grand oblique , qui va se réunir à celle du grand pectoral. , Petit oblique , oblique interne. On coupe le grand oblique • de haut en bas, dans sa partie moyenne. On renverse les lambeaux à droite et à gauche aussi loin que le permettra la confusion des aponévroses d'insertion de ce muscle, avec celles des muscles qui l'avoisiueut.
Lorsqu'on met à découvert l'aponévrose postérieure du petit oblique , on enlève les téguments et le tissu cellulaire sous-jacent qui recouvrent la partie inférieure du grand dorsal.
Transverse* On enlève le petit oblique comme on l'a fait pour le grand oblique ; il faut s'arrêter à l'endroit où l'aponévrose contracte des adhérences.
Pour bien voir la division en trois feuillets de l'aponévrose postérieure du transverse, M. Blandin conseille de faire une section dans la direction des fibres à la partie moyenne du muscle , section qui occupe toute l'épaisseur de la partie abdominale ; ou obtient de la sorte un plan sur lequel les trois feuillets sont représentes par autant de lignes aponévro tiques, dont la postérieure s'étend jusqu'aux apophyses épineuses, la moyenne,au sommet, et l'an té ri cure, à la base des apophyses transverses 1 ét entre lesquelles sonl placés des faisceaux charnus de volume variable,
Droit abdominal. Le sujet étant placé sur le dos, une incision longitudinale faite sur les côtés de îa ligne médiane
MYOTOMIE. — AiîDOMLN. 1 I
a Y aponévrose commune , laisse voir les fibre» du muscle droit. On détache l'aponévrose , que Ton renverse en dedans et eu dehors , en remarquant son extrême adhérence au niveau des intersections que présente le muscle. Il n'est pas alors difficile de s'assurer que ce muscle est contenu dans une gaine formée de plusieurs enveloppes , savoir : antérieurement de toute l'aponévrose de l'oblique externe ; audessous et dans ses trois quarts supérieurs, de celle de l'oblique interuc , qui se divise en deux feuillets, dont l'un passe devant le muscle droit , et l'autre derrière ; dans son quart inférieur, de la continuation du feuillet antérieur de l'oblique interne , en fin des trois quarts supérieurs de l'aponc- \ rosedu transverse, qui correspond à la partie postérieure du même muscle, et du quart inférieur placé à la partie antérieure.
Pyramidal. Il se montre à la partie inférieure de la yaîne dont nous venons de parler, dans une petite gaîne particulière que l'on incise.
Diaphragme. On place un &ros billot do bois sous la partie inférieure du dos , et l'on ouvre ensuite l'abdomen par tuie incision cruciale. Les iutestins et les autres viscères doivent être détachés avec de grandes précautions j car la moindre ouverture amène la flaccidité du muscle. Le péritoine est saisi près de l'appendice xiphoïde , et arraché avec facilité , si ce n'est au niveau du centre phrénique , où il adhère -i\cc assez, de force.
L arcade apo névrotique n'est bien visible que lorsqu'on a fait glisser le manche du scalpel sur la face antérieure du psoas , jusque daus la poitrine. En préparant les piliers , il faut avoir soin de mettre à découvert les deux plans de fibres obliques qui passent de l'un à l'autre, en conservant l'artère aorte. On examine la face supérieure, après avoir vidé la poitrine.
Petit psoas, grand psoas t iliaque. Après avoir enlevé le mésentère et le péritoine , on découvre sur les cotés de la colonne vertébrale et dans la fosse iliaque, le grand psoas et l'iliaque, qu'on examine jusqu'à l'arcade cru raie ; mais comme la partie inférieure de ces deux muscles se trouve située eutre ceux de la cuisse , on ne les poursuit que lorsqu'on veut étudier les muscles des membres abdominaux.
1 ». PKLPAHAIIOIO A N ATOA1 I Q V, L> •
Dans ce cas, on enlève l'arcade, el on continue de les suivre jusqu'au petit trochauter, en plaçant la cuisse dausl'abdriction. Ou coupe alors le tendon commun, à quelque distance de son attache, et, eu le renversant en dedans, on voit la capsule qui s'unit par contiguïté au petit trochanter. Si le petit psoas existe, on voit son tendon s'élargir et se terminer i l'émincnce ilio-pectinéc.
Carré des lombes. On détache les psoas de bas en haut , dans leur portion lombaire. Le feuillet interne de l'aponévrose du transverse est incisé et disséqué de dedans en dehors et de haut en bas, jusqu'au bord externe du carré ; le muscle lui-même est ensuite détaché de dehors en dedans; après l'avoir coupé près de ses insertions supérieure et inférieure, ou trouve derrière lui le feuillet moyeu du transv erse.