DES MUSCLES EN GÉNÉRAL
On donne le nom démuselés à des partie» rouges formées de fibres susceptibles de se raccourcir, et déterminant les mouvements un peu considérables du corps.
On les a divisés, d'après leur position, en muscles extérieurs et en muscles intérieurs. Les internes ne sont point symétriques; ils ne se contractent pas sous l'influence de la volonté.
Les muscles extérieurs sont placés en dehors des os dans l'homme; ils sont disposés autour des organes des sens pour les mouvoir ; on les rencontre aussi à l'entrée des cavités, qu'ils ferment et ouvrent sous l'empire de la volouté.
Leur nom vient du mot tfrec u*j£tv mouvoir. Leur nombre n'est point exactement limité; il flotte entre trois cents et quatre cents.
La nomenclature musculaire n'a point été établie sur des bases fixes. Les muscles ont été successivement dénommés d'après leur structure, leurs usages, la région où ils étaient placés, leur direction, leur largeur. 11 règne eu core maintenant un très grand vague dans la nomenclature musculaire : celle de M. Chaussier est, sans contredit, la plus rationnelle; elle est fondée sur la connaissance des insertions musculaires aux saillies osseuses; chaque muscle, dans cette méthode, prend son nom de l'attache de ses deux extrémités aux os correspondants. M. Dumas voulait donner aux muscles un nom qui indiquât tous leurs points d'attache, mais cette synonymie ne présente aucun avantage, elle ne serait d'ailleurs qu'une véritable description. La nomenclature de M. Chaussier, quoique bonne dans la plupart des cas, est quelquefois défectueuse, puisqu'ou trouve plusieurs muscles qui ont plus de deux attaches.
•iko ANATOMIE DESCRIPTIVE.
La nouvelle nomenclature a été modifiée par M. Duméril. Ce professeur conseille, pour faciliter le travail de la mémoire, de partager le corps en diverses relions, et d'assigner une désinence particulière aux différentes parties qui les composent, de manière à en donner une qui soit propre aux muscles; ainsi il voudrait que l'on dit le sternai, la sternienne, lesternien, le sternique , la sternaire, la sternate, pour désigner l'os sternum, la régiou , le muscle, le nerf , l'artère et la veine.
Les muscles ont une direction tantôt droite, tantôt courbe. Cette direction est très importante à connaître, pour bien concevoir le mode d'action d'un muscle.
Tous les muscles ont un corps et deux extrémités; tantôt ils sont longs, renflés à leur partie moyenne; tantôt ils sont aplatis; dans quelques cas ils sont très courts.
Les muscles larges se rencontrent de préférence au tronc, où ils servent à former les parois des cavités splanchniques. Les muscles lougs sont disposés autour des membres pour faciliter les grands mouvements; les muscles courts existent plus particulièrement dans les eudroits où il y a une grande force à vaincre.
Le corps du muscle est charuu et rouge; cette couleur est due à une matière colorante particulière. Les extrémités sont blanchâtres, tendineuses, semblables à des ligaments.
Les extrémités musculaires sont presque toujours fixées sur les os par des tendons ou des aponévroses qui se confondent avec le périoste. Chez l'enfant, l'adhérence des muscles est peu considérable, parce que le périoste lui-môme n'a qu'une faible adhérence; chez les vieillards le périoste acquérant nue grande solidité, les extrémités tendineuses sont solidemeut fixées aux os. —
Lorsque l'insertion des muscles se fait par des parties rondes, on donne à celles-ci le nom de tendons ; on les appelle aponévroses d'insertion lorsqu'elles sont, au contraire, aplaties. Tous les muscles ne s'attachent point aux os par des parties fibreuses : le muscle temporal se fixe sur l'os pariétal immédiatement par ses fibres charnues.
La disposition des fibres charnues, par rapport aux fibres aponévrotiques, préseule des particularités qu'il est utile de
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connaître. Le plus or<linairenieut , les fibres charnues sont placées au centre, et les fibres aponévrotiques aux extrémités; d'autres fois on trouve des aponévroses au milieu des muscles; ce sont les digastriques ou muscles à deux ventres, il est des muscles qui sont coupés de distance en distance par des bandelettes fibreuses, ce sont les muscles à intersections aponévrotiques.
Les fibres charnues se fixent sur les tendons de différentes manières : souvent elles paraissent se continuer avec les fibres tendineuses; dans d'autres cas, le tendon s'épanouit en aponévrose dans le centre des muscles; d'autres fois les fibres charnues s'insèrent sur le bord du tendon, ce sont les muscles sémi-penni formes. Lorsque les muscles s'insèrent sur les deux côtés du tendon, ils ont reçu le nom de penniformes; quelquefois il arrive que les fibres aponévrotiques , qui formaient une seule lame, se séparent en deux lames , entie lesquelles existe une cavité angulaire où viennent s'insérer les fibres charnues; dans d'autres circonstances, les lames aponévrotiques s'épanouissent sur la face des muscles.
Plusieurs anatomistes ont prétendu que les fibres charnues se confondaient intimement avec les fibres aponévrotiques; le plus grand nombre pensent qu'il existe un tissu transparent intermédiaire , qui établit la communication entre les fibres charnues et les fibres aponévrotiques.
Les muscles ont été divisés en simples ou composés, selon qu'ils présentent un ou plusieurs faisceaux; on donne le nom de perforés à ceux qui offrent des ouvertures pour livrer passage à des vaisseaux et à des nerfs.
Les muscles ne sont pas seulement formés de l'union de U fibre charnue et de la fibre aponévrotique par l'intermède d'un (issu transparent, il entre encore dans leur composition Jes vaisseaux, des nerfs, du tissu cellulaire qui fournit d'abord une gaine générale au muscle, puis envoie des prolongements qui env eloppent les fibres; ce tissu cellulaire se subdivise encore pour entourer les fibrilles; dans cet état, il n'offre plus que l'apparence d'un simple mucus.
Nous avons vu plus haut que le muscle se composait de fibres rouges; leur nombre est considérable. Certains anatomistes ont pensé qu'elles pouvaient se subdiviser à l'infini , mais, d'autres anatomistes, parmi lesquels nous citerons Eve-
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rarcl Home cl Ucclard, ne parurent point cette opinion; ils croient que lu fibre rouge a une limite connue; Béclard lui assigne un trois centième de millimètre de diamètre, c'est le volume d'un globule de sang. Examinée avec un microscope solaire, elle offre une multitude de globules arrangés eu série linéaire, réunis par une espèce de tissu celluJaire. On ignore si la couleur rouge appartient en propre à la fibre musculaire; la plupart des anatomisles le peu sent.
La fibre musculaire jouit de certaines propriétés : elle est extensible, rétractiie, sensible, surtout à certaines excitations. L'influence cérébrale exerce sur elle une action marquée. Si Ton introduit la pointe d'une aiguille entre les fibres d'un muscle, l'animal sur lequel on pratique l'expérieuce, ne manifeste presqu'aucuue douleur, mais si l'on vient à piquer une fibie, il jette aussitôt les liauts cris. La propriété la plus remarquable est l'irritabilité. Hordeu attribuait à la fibre l'élongation , mais cette propriété est niée par presque tous les pbysiologistes. L'irritabilité eu action produit la contraction; lorsqu'un muscle se contracte , suivaul quelques anatomistes, il ebange de couleur ; ce qu'il y a de plus certain c'estquc lesmuscles prennent alorsau milieu plus de volume; vus au microscope les fibres forment des iig-zug.
La cause première de la contractilité musculaire n'est pas connue : la cause secondaire a été l'objet de beaucoup de discussions. Les uns préteudaient que les fibres étaient creuses, et que dans Ja contraction le sang arrivant dans In fibre, il y avait augmentation eu largeur; mais cette opinion ne peut être souteuue, puisqu'il est démontré que les fibres ne sont pas creuses. Une bypotlièseplus ingéuieuse est celle de MM. Prévost et Dumas, qui peusent qu'elle entre en cou traction sous l'influence de l'excitation nerveuse. La contraction musculaire n'a lieu que lorsque le muscle est saiu; elle varie suivant la longueur des fibres, et est eu raison directe de leur nombre. La vitesse de la contraction offre beaucoup de variétés : elle est plus grau de dans les muscles supérieurs que dans les inférieurs.
La durée de la contraction musculaire est considérable , elle continue même après la mort; lorsque la vie a cessé, elle constitue la roideur cadavérique, qui disparaît aussitôt que la putréfaction arrive.
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Les mouvements que produisent les muscles sont tous ceux dont nous avons ou occasion de parler en décrivant les articulations. Ils sont simples ou composés. Lorsqu'un mouvement se fait à l'aide d'un seul muscle , il est simple, mais souvent il arrive que plusieurs muscles se contractent dans la môme région ; dans ce cas le mouvement est compose.
Quand tous les muscles qui concourent à un même mouvement se contractent, on dit qu'il y a loi de simultanéité, et les muscles sont appelés congénères. On appelle antagonistes ceux dont l'action opposée contrebalance celle des congénères.
Quelquefois les fibres musculaires qui se contractent ensemble n'ont pas la même direction ; il en résulte une direction moyenne qui est une véritable diagonale.
Lorsque les fibres musculaires sont insérées perpendiculairement, toute la force est employée pour le mouvement; dans l'insertion oblique, une partie de la force se perd vers le point d'insertion , et l'autre est employée au mouvement. La force est peu considérable dans l'insertion parallèle, elle est beaucoup plus forte dans l'insertion oblique.
Dans les muscles courbes, le premier effet delà contraction est d'effacer la courbure et de rapproeber ensuite les extrémités. Si le muscle est inséré d'une part sur une partie fixe , et de l'autre sur un point mobile, une partie de la force est seule employée, Pautre est perdue sur le point immobile. Quand les deux insertions sont mobiles, la nature fut contracter d'autres muscles pour retenir les premiers en position. <
Plusieurs causes de déchet peuvent affaiblir l'action de i » contraction ; telles sont les frottements, le mode d'insertion , l'antagonisme des muscles.
Les muscles , dans leur trajet sur les membres, sont enveloppés par des lames fibreuses que l'on nomme aponévroses d'enveloppe. Ils sont, en outre, pourvus dans plusieurs endroits de bourses muqueuses. Des gaines fibreuses ont également été disposées pour empêcher la déviation des tendons; elles forment des canaux, le plus ordinairement de mi-osseux et demi-fibreux.
Sous le rapport de la contraction , ilest des muscles mixtes,
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c'est-à-dire qui se contractent sous rinflucucc de la volonté et qui sout indépendants d'elle; tel est le diaphragme, tels sont les muscles des parties supérieure et inférieure du tube digestif.
Les muscles intérieurs sont creux, forment des membranes, circonscrivent des cavités; ils sont plus pales que les muscles extérieurs, à l'exception du cœur. Leurs fibres musculaires ne viennent jamais s'insérer sur les os, et ne 6C continuent que t)è.s rarement avec des fibres aponévrotiques, ils ne se contractent pas sous l'influence de la volonté.
Nous ne pousserons pas plus loin les généralités sur les muscles, et nous allons entrer de suite dans leur description particulière, en suivant l'ordre que nous avons adopté pour l'ostéologie.