CHAPITRE PREMIER
Organes de la digestion.
Tout organisme quelconque , en tant qu'il se trouve dans un continuel état de formation , a besoin qu'un conflit ait lieu entre lui et son monde extérieur , d'où il attire les matériaux propres à l'entretenir , et où il rejette ceux que l'usage a rendus incapables de
(1) Le rapport de la corde du grand arc de la cornée au diamètre de l'œil , est de 1 : 2 , 6 chez l'homme ; 1:1,9 chez le Singe ; 1 : 1 , 7 chez le Cheval ; 1:1,0 chez le Hérisson.
(2) Quand le regard s'anime chez l'animal, ce n'est pas
servir désormais. Plus il est élevé et individualisé , plus il diffère des éléments que le monde extérieur met à sa disposition , plus aussi ces éléments , dont il s'empare par la nutrition , ont besoin d'être modifiés , assimilés par lui , plus l'organisation qui se développe en lui , à la faveur du travail assimilateur , est complexe. Mais une organisation plus élevée, et consacrée à un but particulier, se concentre
une émotion de l'âme, mais seulement un désir, qu'il exprime. Qu'on pense à la scintillation des yeux du carnassier qui convoite sa proie, et à la faculté dont les Serpents sont doués de charmer ou de rendre immobiles les animaux , faculté que constate une observation faite par Home {Lectures on comparative anatomy, pag. 334).
toujours sur certains points de l'organisme préférablement aux autres^ tandis qu'une organisation moins individualisée se disperse davantage sur toute l'étendue de l'organisme. Voilà pourquoi , dans les Proto-organismes et les plantes , ainsi que chez les plus bas animaux , nous trouvons l'absorption et l'assimilation accomplies par la surface entière du corps ; tandis que , chez les animaux un peu plus élevés , on rencontre des espèces de sacs intérieurs produits par une sorte de réflexion de cette surface sur elle-même , et qui reçoivent le nom d'organes assimilateursou digestifs , parce que , dès qu'ils existent , ils sont spécialement chargés d'admettre les éléments extérieurs nécessaires à l'entretien de la formation organique continuelle, c'est-à-dire d'accomplir l'assimilation. Ces organes constituent des cavités ou des conduits , qui n'ont d'abord qu'un seul orifice (bouche) , mais qui acquièrent ensuite une ouverture à chacune de leurs deux extrémités (bouche et anus), et dont la forme varie à l'infini.
A mesure que la cavité ou le canal de la digestion se développe et se perfectionne , il se divise de plus en plus distinctement en trois portions ; l'une ( bouche et pharynx ) est consacrée à recevoir les aliments , à tuer l'individualité dont ils peuvent jouir, et à en préparer l'assimilation; la seconde (estomac et intestin grêle) les résout en leur substance organique élémentaire , forme sous laquelle seule ils peuvent concourir à la nutrition du nouvel organisme qui les ingère , et elle opère ainsi la digestion proprement dite; la troisième enfin ( gros intestin et anus ) amène au dehors les résidus des aliments et les substances que l'organisme rejette. Quand l'anus n'existe point , la première et la seconde portion se confondent ensemble.
Du reste , cet appareil digestif est pourvu d'une couche particulière de fibres musculaires , qui lui impriment le mouvement , et de nerfs , tantôt plus tantôt moins développés , qui le rendent susceptible de sensations spéciales. C'est ce qui ressort de son origine même , puisque , ainsi que nous l'avons dit , il doit naissance à une répétition de la surface extérieure du corps.