‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 127 sur 318 · OOZO AIRES · texte numérisé non relu

OOZO AIRES

Nous avons vu précédemment que , chez les derniers de ces animaux, le canal intestinal n'est point encore séparé du reste de la substance animale par des membranes spéciales , et qu'il semble n'être qu'en quelque sorte creusé dans la masse commune du corps. De même aussi , dans les derniers ordres de cette classe , par exemple dans les Hydres , le corps n'est pas enveloppé à l'extérieur d'une peau proprement dite , mais seulement couvert d'un enduit muqueux. Chez les Acalèphes , au contraire , dans des espèces même où la substance interne est encore complètement homogène , on parvient aisément à détacher des lambeaux d'un épiderme qui est

' (1) Ces feuillets rappellent les feuilles , principal organe respiratoire des plantes.

(2) La fonction génitale elle-même n'est, à proprement parler et essentiellement qu'une exhalation , ce qui explique surtout les connexions entre la génération, la nutrition des petits et la respiration, dont nous avons plus d'une fois trouvé des exemples.

parsemé de petites granulations (3). Cet épiderme est surtout reiuarquable en ce que le liquide albumineux qu'il exhale , et qu'on doit sans' doute considérer comme la masse ellemême du corps à l'état de dissolution , constitue probablement , d'après les observations de Spallanzani (4) , la matière (5) dans laquelle réside la propriété de produire la lueur phosphorique , plus intense surtout à la région des ovaires , que tant de naturalistes ont vue s'exhaler de ces êtres gélatineux {Médusa, Beroe , Pyrosoma) , et qui souvent illumine la surface entière de la mer.

Au reste , le développement d'une peau particulière , distincte du reste de la masse du corps, souvent un peu cornée et articulée , est déjà si prononcé dans beaucoup d'Infusoires supérieurs , qu'Ehrenberga fondé sur ce caractère l'établissement de deux ordres, parmi ces animaux, suivant qu'ils ont ou non le corps cuirassé.

J'ai été frappé aussi d'un fait qu'il m'a communiqué , c'est que ceux des Infusoires phosphorescents qu'il a observés dans les eaux de la mer, avaient toujours une couleur jaunâtre.

Quoique la surface du corps d'un grand nombre d'Oozoaires inférieurs ne se montre à nous que sous l'aspect d'un enduit mucilagineux ou d'une pellicule muqueuse, entre laquelle et l'épiderme des plantes il y a de l'analogie à certains égards (6) ^ cependant la classe des Oozaiies renferme aussi des animaux , tels que les Madrépores , les Tubulaires , etc. , de la surface du corps desquels s'exhalent déjà d'autres substances qui produisent les enveloppes , tantôt cornées et tantôt calcaires , dont nous avons parlé précédemment en traitant du squelette. Mais c'est chez les Echinodermes que ce dermatosque-

(3) D'après Gkedv., Beitrœge zur Anatomie und Physiologie der Medusen , pag. 12.

(4) En mêlant ce mucus exhalé avec de l'eau , du lait et d'autres liquides , il a vu ceux-ci devenir très-lumineux. Voyez Macartney , dans Philos. Trans. 1010 , pag. 287.

(5) Je dis la matière de la phosphorescence , parce que l'excitation de la lumière elle même dépend et de causes extérieures et de la faculté sensitive de la masse animale primaire.

(6) KiESER , Grundzuege der Anatomie der Pflan-^ zen , 181S) , pag. 131.

ORGANE CUTANE.

lelle se prononce de la manière la plus formelle. Nous avons eu soin aussi , en le décrivant, de faire remarquer qu'il est constamment recouvert, ainsi que toutes ses productions, d'un épidémie délicat, en sorte qu'ordinairement il se dépose , comme une incrustation ou comme un réseau muqueux ossifié , entre la peau qui enveloppe les viscères ( sorte de péritoine ) et l'épiderme extérieur.

Si l'on examine au microscope cette couche cutanée extrêmement mince , on reconnaît qu'elle est formée de petits grains , indépendamment desquels j'ai aperçu , dans VEchinus saxatilis , une légère couche de fihres , qui sont celles d'où dépendent les mouvements des épines , tandis qu'un morceau de la peau du dos d'une Asterias aurantiaca m'a montré des cristaux calcaires aciculés formant de petites îles par leur aggloniération. Mais c'est surtout dans la peau de VHolothiiria tubalosa que j'ai bien vu de petits corpuscules cristallins. Je suis parvenu quelquefois à les dégager tout à fait par la pression entre deux plaques de verre , et alors ils figuraient des écailles d'un centième de ligne environ , qui mériteront d'être un jour décrites avec plus de soin , à cause de leurs formes élégantes.

La structure de la surface du corps n'est pas la seule chose qui intéresse la physiologie ; sa couleur a aussi de l'importance, et je noterai , sous ce rapport , que , quoique les dernier Oozoaires ( Infusoires , certains Polypes, etc.), en leur qualité d'embryons du j'ègne animal , soient encore tout à fait incolores et paraissent transparents ou blancs, cependant il y en a d'autres dont, soit le corps, soit la coquille , offre déjà des couleurs bien prononcées et souvent fort belles. Ainsi VHydra viridis est verte , et VEijdra vuJgaris jaune ; les JEquorea, les Beroe, les Physsophora, les Aclinia resplendissent souvent des plus brillantes teintes bleues , rouges , vertes. Quant aux polypiers ou aux tests , je rappellerai seulement la couleur rouge du Corail , et les couleurs variées des Oursins et des Astéries.

A l'égard des prolongements ou rayonnements extérieurs de la peau de ces animaux , outre les épines et aiguillons d'un grand nombre d'Echinodermes , dont il a déjà été question à l'occasion du dermatosquelette , je dois encore signaler les cils remarquables ,

mais presque toujours visibles au microscope seulement , qui garnissent la peau d'une multitude d'Oozoaires , surtout parmi les Infusoires et les Acalèphes. Ces cils sont les premiers rudiments des poils; par leurs oscillations rapides ils déterminent la locomotion de l'animal, et fi'équemment aussi ils tiennent lieu des organes respiratoires , dont on n'aperçoit pas le moindre vestige. La pi. i , tig. i , les représente tels qu'ils s'offrent à nous dans un être appartenant à la série des Proto-organismes , le Volvox globator ,• la pi. i , fig. vu et IX , tels qu'on les voit dans les genres Leu~ cophrys et Eosphora.

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