La plus simple et la plus pure expres
tre une matière inerte par elle-même et une force purement active.
(2) La même chose arrive lorsque la tendance à cristalliser , c'est-à-dire une action vitale qui tend à produire une formation polarisée , se manifeste dans un liquide. Certainement nous devons alors donner le nom de vie à la cristallisation elle-même, au mouvement de la substance qui naît de principes internes ; mais cette vie s'éteint au dernier terme de la solidification du cristal , qui est le résidu , le caput mortmim de la vie ; nous ne pouvons donc plus dire que le cristal en luimême soit vivant, nous devons le considérer comme mort ; au bout d'un laps de temps plus ou moins long, nous le verrons se détruire , se résoudre en fluide , et devenir par là susceptible de servir d'éléments à des formations nouvelles. De même aussi les couches de la Terre nous apparaissent comme les résidus de la vie plastique primaire de notre planète; envisagées en elles-mêmes , elles sont mortes , et ce n'est qu'en se dilatant et se dissolvant peu à peu , qu'elles deviennent aptes à servir d'élément à de nouvelles formations organiques individuelles.
(3) Donc, la mollesse est nécessairement un attribut de tous les individus vivants : les animaux et les plantes ne sont aptes à la vie animale ou végétale que par leurs seules parties molles ; plus ils s'endurcissent et se solidifient, plus aussi ils périssent; plus ils se ramollissent et tombent comme en déliquescence, plus ils rentrent dans les conditions de simple élément pour d'autres formations organiques.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
sion d'une légitime relation de parties similaires à mi centre commun, est la forme sphérique. Un être fini , mais non déterminé dans l'espace , un liquide , doit donc nécessairement prendre la forme sphérique dès qu'il existe comme individu, c'est-à-dire quand il est déterminé librement dans sa formation par un principe intérieur d'unité , en quelque sorte par un centre interne de gravité ; donc aussi la sphère doit être le prototype de tout corps organique , attendu que le premier degré de toute formation organique consiste en ce qu'un être jusqu'alors fini , mais non déterminé dans l'espace, se rapporte enfin à une unité intérieure (1).
1 4. Puisque toute évolution est la naissance dans un temps donné d'un déterminé , d'un composé, d'une pluralité, qui dérive d'un indéterminé, d'un simple, d'une unité, il résulte aussi de là que les évolutions doivent procéder par antagonisme (d'après la loi de la polarité). Que l'unité soit donnée, et qu'elle doive devenir pluralité, cet effet ne peut avoir lieu que par division. Mais le plus simple mode de division est la division en deux, qui , en se répétant, produit une multiplication toujours croissante. De là l'idée d'opposition ou d'antagonisme, qui n'est autre chose que l'expression parfaite de la dualité émanée d'une unité sous des conditions égales.
Si l'idée de l'unité primaire vient à se placer entre deux oppositions , il résulte de là une triade essentielle. Et comme cette conjonction des termes opposés ferme parfaitement l'opposition (2), la répétition de cette proportion explique la manifestation réelle
(1) Je citerai pour exemples la formation de la goutte d'eau, du globule de mercure, du globule du sang, des Infusoires globuleux. A l'égard même de la nature, comme nous devons reconnaître en elle l'organisme infini , nous sommes obligés de nous la représenter également sous le type d'une sphère infinie, c'est-à-dire d'une sphère dont le centre se trouve à la fois partout, dans laquelle cesse toute distinction d'intérieur et d'extérieur , et dont chaque point soit un point interne , le plus interne même.
(2) La division d'une ligne in finie fournit un exemple mathématique de la nécessité d'une division en trois pour la production d'un être particulier ; car si nous partageons cette ligne sur un point quelconque, il n'en reste pas moins toujours deux lignes infinies d'un côté, c'est-à-dire non encore limitées sous le rapport de l'espace ; mais si nous la coupons en deux endroits , nous voyons apparaître , entre les deux intersections, la ligne déterminée, c'est-à-dire finie.
de toutes les proportions numériques possibles. Mais cette triade première est représentée, dans toutes les formes de la pensée, par la thèse, l'antithèse et la synthèse.
15. Maintenant, si la forme organique primaire est la sphère (S 13) , et si tout déploiement ultérieur par des oppositions a lieu en vertu d'une opposition intérieure (§ 14) , la conséquence nécessaire en est que , par les progrès de l'évolution, la sphère doit se changer en d'autres formes. Mais ce changement est possible de deux manières : comme la sphère a pour condition l'indifférence qui a lieu dans toutes les directions entre les forces centrifuge et centripète , il résulte : 1° d'une prédominance de Vexpansion dam une seule ou dans plusieurs directions , de telle sorte que la sphère s'agrandit en dehors de sa forme et devient ovalaire , qu'elle-même se multiplie dans un ou plusieurs sens , etc. ; 2" ou d'une prédominance de la contraction dans une ou plusieurs directions , de manière que la surface de la sphère s'affaisse et s'aplatit dans un ou plusieurs sens , en un mot que cette sphère se convertit en corps terminés par des hgnes droites (icosaèdre, dodécaèdre, hexaèdre , etc. ). Le premier cas exprime un accroissement de l'action vitale individuelle de la sphère avec tout autant de précision que le second exprime l'affaiblissement , la suspension , la mort de l'action vitale intérieure (3).
(3) Cette proposition est de la plus haute importance pour la distinction des formes fondamentales des individuahtés organisées et non organisées. En effet, toutes les formes vivantes individuelles appartiennent nécessairement à celles qui naissent d'une expansion de la sphère, et, comme la sphère en général est le symbole de l'élémentaire, et le corps terminé par des lignes droites, celui du solidifié, du mort, comme le fluide désigne la substance é lémentaire , et le solide la substance morte, enfin, comme le vivant est une chose molle , intermédiaire, pour la forme, entre la sphère et la forme terminée par des lignes droites , la forme ovalaire , la sphère multipliée et convertie, soit en ellipsoïde, soit en corps limités par la parabole et l'hyperbole, sont, précisément parce que leurs lignes tiennent le milieu entre la ligne droite etla ligne circulaire.lesformesàproprementparler essentiellesde toutesles individualités organiques vivantes. Au contraire, toutes les formes qui périssent en se produisant, telles que celles qui appartiennent aux corps inorganisés , et par conséquent toutesles formes cristallines, appartiennent à celles qui proviennent d'une contraction de la sphère , et sont des icosaèdres , des cubes, ou des modifications de ces formes. C'est donc une observation d'une très-haute portée que celle du placement de la sphère entre le règne