CHAPITRE PREMIER
De l'Organisme.
I. En contemplant la nature et ayant égard à la loi qui veut qu'une chose déterminée dans l'espace naisse d'une autre seulement déterminable , mais non encore déterminée (S 18), nous arrivons à nous convaincre que la sphère doit être considérée comme la forme primaire de tous les organismes (1).
II. La masse primaire de tous les organismes est le fluide ( l'indéterminé déterminable quant à ses limites dans l'espace ) , d'où procède ce qui a des limites précises. La masse animale primaire est la matière de l'œuf (albumine).
III. L'individu organique résulte immédiatement de ce qu'il se limite par rapport à ce qu'il y a d'élémentaire hors de lui. La limite elle-même est l'endroit jusqu'où la forme plastique a réalisé l'organisme dans un moment donné , et précisément parce que la force d'accroissement s'éteint sur ce point ,
organique et le règne inorganique , et, pour le dire en passant, on pourrait fonder sur cette observation une théorie véritablement scienUlique des formes cristallines dans les minéraux, avec autant de facilité que l'étude des évolutions progressives de la sphère par multiplication, etc., m'a permis de le faire pour la forme fondamentale de certaines formations organiques de parties animales. Elle conduirait également au même résultat pour les autres formations animales et pour les formes du règne végétal.
(1) Je citerai, pour exemples, les aérolithes, les corps célestes, les Infusoires, l'œuf animal dans sa forme primitive , etc.
attendu qu'il est le plus exposé à l'action du monde extérieur, il doit plus que tout autre tendre à se solidifier , à périr. La masse primaire de cette hmite solidifiée de l'organisme animal est le terreux (spécialement la chaux) (2).
IV. Mais la substance élémentaire extérieure peut être de deux manières en rapport avec l'individu. Tantôt elle reste absolument extérieure , tantôt elle pénètre dans l'animal (comme air, ou comme aliment) devient relativement extérieure , et finit par dégénérer partiellement en substance élémentaire interne. Si maintenant la masse animale primaire prend la forme d'une sphère , et se limite en se solidifiant à l'extérieur, nous obtenons une sphère creuse , pleine de Hquide, semblable à celle que représentent le te.st des animaux inférieurs et la coquille de l'œuf.
Nous donnerons le nom de dermatosquelette à ce qui, en se solidifiant , sépare l'animal de la substance élémentaire absolument extérieure.
Cependant , comme la substance élémentaire extérieure pénètre aussi dans l'animal, la limitation extérieure pourra se répéter également à l'intérieur, et de là résulte l'idée d'une formation solide à la face interne de la voie intestinale et de la voie aérienne, que nous appellerons splanchnosquelette.
(2) Déjà l'écorce des arbres périt extérieurement , tandis qu'elle se reproduit sans cesse à l'intérieur. L'épiderme des animaux supérieurs est dans le même cas.