Oiseaux
LXXIV. On ne peut méconnaître non plus dans cette classe un certain équilibre entre les deux principales portions de la masse ner-
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veuse centrale , le cerveau et la moelle épinière ; seulement l'une et l'autre ont acquis un degré de développement intérieur qui était encore refusé aux classes précédentes. Le pur antagonisme entre elles s'explique de la manière la plus claire pendant l'évolution de rOiseau dans l'œuf. Le premier rudiment du corps animal proprement dit , qui procède du blastoderme du jaune , est à peine un peu plus ample que la colonne vertébrale et la masse nerveuse centrale, et l'on découvre bientôt, dans cette dernière (pl.xxi, fig. xix, b , «, /2, ) , un développement complètement polaire des deux extrémités. A la vérité nous apercevons un renflement polaire analogue à chacune des deux extrémités de la colonne vertébrale , dans les premiers temps de la vie embryonnaire de tous les Céphalozoaires ; mais les Oiseaux sont les seuls chez lesquels la masse médullaire cylindrique se déploie en formations supérieures , par l'ouverture de sa cavité aux deux bouts. Le déploiement inférieur donne le sinus rhomboïdal ( fig. xix , a. /3' ) , et le déploiement supérieur le quatrième ventricule ( «' ) ; le premier se referme à l'extrémité de la moelle épinière , et l'autre par le moyen des masses ganglionnaires du cerveau. Les deux déploiements sont primairement égaux et voisins l'un de l'autre ; mais ensuite la colonne vertébrale et la moelle nerveuse vont toujours en s'allongeant , et comme la moelle épinière proprement dite se développe entre les deux pôles , l'inférieur occupe l'inférieure des six parties dans lesquelles j'ai dit plus haut qu'on pouvait idéalement partager la masse nerveuse centrale tout entière , c'est-à-dire celle qui est opposée à la tête , ou au sixième supérieur , et par cela même décèle , sous un autre rapport , une certaine répétition de la formation de la tête dans la sphère de la vie végétative , le tronc ( fig. XIX, a ). Entre la troisième et la quatrième partie de la masse nerveuse entière tombe ensuite le point central entre le déploiement supérieur et le déploiement inférieur de la moelle nerveuse , et en atteignant à un troisième renflement qu'on aperçoit déjà dans l'embryon ( en v, fig. xix, b ) , mais qui ne s'élève cependant point jusqu'à l'ouverture de la cavité de la moelle épinière, il fonde le renflement médian de cette moelle dans la région thoracique (fig. xix, a, +), qui, de
même que l'inférieur , produit un rayonnement de nerfs, par suite du développement plus considérable des ganglions , de sorte que la condition pour l'apparition des nerfs des membres antérieurs et postérieurs se trouve donnée par là (1).
LXXV. La forme du cerveau des Oiseaux se rapproche encore beaucoup de celle des Reptiles. Elle présente les principales particularités suivantes :
1° Le cerveau n'est plus situé sur une même ligne horizontale avec la moelle épinière (fig. XIX, a, i'); celle-ci s'élève vers l'extrémité de la tête , et les gros ganglions cérébraux se portent seuls vers le côté lumineux.
2° Le cerveau grossit beaucoup en proportion du corps , et déjà même il arrive à la proportion humaine de 1/25; il augmente aussi , mais moins , eu égard à la masse de la moelle épinière.
3° Les masses antérieure et postérieure ont toujours une prépondérance décidée , de sorte que , quoique les tubercules quadrijumaux soient encore la plus grosse masse dans l'embryon , l'accroissement du cerveau et du cervelet chez l'adulte les refoule vers le côté terrestre , et les écarte latéralement l'un de l'autre (fig. xix , a, b. ) ; leur structure n'est point celle d'un simple ganglion , mais cependant ils conservent un ventricule dans leur intérieur.
4° Le cerveau proprement dit se partage en trois ( «, /^, ?- ) ; ganglions cérébraux inférieurs , ganglions moyens , ou corps striés, qui sont encore les plus volumineux ici , et hémisphères , qui n'off'rent point encore de circonvolutions. En général, c'est lui qui prédomine parmi les trois masses cérébrales. Cependant il contient peu de substance fibreuse développée , et les commissures au moyen desquelles s'unissent ses parties laté-
(1) Cette formation d'un renflement postérieur et d'un renflement moyen est d'ailleurs déjà propre aux Reptiles supérieurs , de même qu'elle est permanente pour les Mammifères et l'Homme lui-même, et cela précisément parce qu'elle est la conséquence nécessaire du développement polaire de la masse nerveuse centrale. Je n'ai donc commencé à en parler ici que parce qu'elle se prononce d'une manière plus claire chez les Oiseaux. On observe parfois aussi chez l'Homme, dans l'état pathologique, dans le spina bifida, une tenr dance à l'ampliaLion polaire inférieure du canal de la moelle épinière.
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