PiEPTîLES
LXXn. L'égalité entre le cerveau et la moelle épinière caractérise encoi-e les Picptiles, comme elle caractérisait déjà les Poissons. Il est vrai que nulle part ici la moelle épinière n'arrive plus à produire des ganglions aussi prononcés que ceux qu'elle forme chez quelques Poissons ; mais, soit par sa grande longueur (Ophidiens), soit pas sa largeur et la
DEVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX
SU
grandeur de sa cavité ( Batraciens) , elle s'élève à un degré de développement qui rivalise presque avec celui du cerveau.
Le nombre des ganglions et des paires nerveuses de la moelle épinière est encore trèsindéterminé chez les Reptiles , puisqu'il varie depuis dix jusqu'à quelques centaines. Cependant , chez les Reptiles supérieurs, il suit déjà des rapports très-purs. Un fait remarquable , c'est qu'on observe déjà dans cette classe , pendant la métamorphose individuelle, un raccourcissement, une contraction de la moelle épinière , qui semble avoir pour but d'établir la prédominance de la moitié cérébrale. On sait que ce phénomène a lieu chez les Batraciens anoures , dont le têtard perd , en passant à l'état parfait, toute la longue portion de moelle épinière qui se trouvait dans sa colonne vertébrale caudale.
LXXIÏI. La formation du cerveau, dans les Reptiles , se rapproche également beaucoup de ce qu'elle est chez les Poissons. Les masses cérébrales, très -petites proportion gardée , reposent encore sur le même plan horizontal que la moelle épinière ; il n'y a point encore entre elles de subordination décidée à une seule , et la manière dont les nerfs se comportent ne présente pas non plus de différences bien essentielles. Voici quels sont les principaux points à signaler :
1° La masse cérébrale antérieure se divise déjà partout en trois portions , les couches optiques ou ganglions inférieurs, les corps striés ou ganglions moyens , et les hémisphères ou ganghons externes ( planche xxi , fig. xviii, «, /3, y). Mais les hémisphères euxmêmes continuent encore à être lisses et indivis, si ce n'est chez les Chéloniens, où quelquefois une échancrure les partage déjà en lobes antérieurs et postérieurs. Cependant ils renferment partout de vastes ventricules.
2° A cause de cette tripartition de la masse antérieure , le point compris entre elle et la moyenne (fig. xvni^) devient plus approprié au développement de la glande pinéale , qui existe déjà chez les Reptiles supérieurs , mais dépourvue encore de commissure médullaire qui l'unisse avec les autres parties cérébrales.
3° La masse du cerveau proprement dit devient déjà très-considérable dans les Chéloniens et les Sauriens supérieurs , cependant
les hémisphères divisés n'ont encore qu'une simple commissure qui les unisse ( commissure antérieure). Ils sont moins volumineux et non encore complètement séparés chez les Batraciens.
4° La masse cérébrale moyenne (fig. xvni , b ) n'a pas plus le même volume que chez les Poissons. Elle est plus simple, quoique continuant toujours à renfermer une cavité.
5° La masse cérébrale postérieure (figure xvHi, c ) n'est , chez les Reptiles inférieurs , qu'une petite bandelette médullaire transversale ( en quelque sorte oblitérée par suite du premier grand développement qu'acquiert le cerveau proprement dit ). Dans les Reptiles supérieurs elle devient un ganglion simple. Chez les plus élevés de tous enfin , plusieurs sillons transversaux indiquent que déjà elle s'est plissée de dehors en dedans.
6° Le cerveau a donc encore une structure différente dans les divers ordres de Reptiles.
A l'égard des nerfs de ces animaux , on doit noter que les trois gros nerfs sensoriels du cerveau naissent et marchent simples et libres dans toute la classe , que les racines inférieures des deux nerfs sensoriels postérieurs sont encore très-manifestement représentées parles volumineux nerfs pulmonaire et maxillaire , et que le rudiment d'un nerf accessoire correspondant à l'olfactif ( entonnoir et glande pituitaire ) a encore un volume proportionnel considérable.
Les racines supérieures et inférieures des ganglions de la moelle épinière se réunissent absolument dans les nerfs rachidiens. Chez les Reptiles privés de pattes ( Ophidiens ), ces nerfs ont encore , dans leur trajet, une grande tendance à former des anneaux , tandis que , chez les Reptiles pourvus de membres , ils vont toujours en s'irradiant de plus en plus.
Le système du grand sympathique ressemble encore beaucoup à celui des Poissons. Il paraît même manquer entièrement chez les Reptiles sans pattes , comme chez les Poissons apodes , tandis qu'il est , au contraire , très-complètement développé chez les Reptiles supérieurs , les Chéloniens surtout.