‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 235 sur 318 · PÉLÉCYPODES · texte numérisé non relu

PÉLÉCYPODES

CCLXXV. Dans les Pélécypodes, où le squelette s'endurcit partout en une coquille, mais constamment de telle sorte que l'épiderme demeure l'enveloppe laplus extérieure, tant de cette coquille que de la portion nue du corps de l'animal , la coquille offre également encore le type d'une sphère squelettique simple. Seulement cette sphère subit ici la première et la plus simple de toutes les divisions, celle en deux moitiés latérales. La pi. XXIV, fig. XH, A, donne une idée de ce type , qu'on pourrait se représenter aussi en supposant la protovertèbre cartilagineuse des Ascidies devenue calcaire et coupée en deux dans la direction des deux ouvertures du corps. Au reste, la division n'est pas tellement profonde qu'il ne reste encore une connexion au côté tergal, où les deux moitiés de la protovertèbre sont réunies, quoique mobiles l'une sur l'autre . Les deux moitiés latérales d'une protovertèbre, ou les larges arcs costaux réunis par le haut ( à l'endroit de ce qu'on appelle la charnière), expriment donc l'idée fondamentale de la coquille des Bivalves (pi. xxiv, fig. xn, C, B) (1).

CCLXXVI. Du reste , les Pélécypodes ont tous un dermatosquelette calcaire , formé de couches superposées , et partagé en deux hémisphères , mais dont les moitiés ou valves varient à l'infini , sous le rapport de la configuration. Les Bivalves parfaits , comme le

(1) Il est très-digne de remarque que les deux arcs protovertébraux mobiles des Bivalves se comportent déjà tout à fait comme des côtes ; car, 8emblal)les aux vraies côtes des animaux supérieurs, ils accomplissent la respiration en agrandissant et rétrécissant l'espace circonscrit par eux.

Du reste , quelques Bivalves (par exemple les Chama lazarus et cor) offrent régulièrement sur l'une des moitiés de leur coquille un commencement de spire (pi. xxiv, fig. XII, D) , dont on ne concevra le mode de formation que quand on connaîtra la manière dont ces animaux se développent dans l'œuf. La production de la spire descoquillesdeGastéropodesdont jeparlerai plus loin , pourrait seule répandre quelque lumière sur ce point ; elle peut du moins fixer l'attention sur cette circonstance , qu'ici la spire procède de l'hémisphère , et qu'elle est également en rapport avec le foie.

SQUELETTE DES MOLLUSQUES

Cardium, ont toujours un squelette testacé aussi parfait que possible et équivalve , et ils sont libres, tandis que ceux qui offrent à un moins haut degré les caractères de l'ordre , ont un squelette inéquivalve , et sont encore fixés au sol. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la division et l'oblitération que les moitiés de la coquille subissent dans certaines espèces {Teredo, PhoJas), où elles se partagent en paire antérieure et paire postérieure, n'enveloppent plus le corps en entier, et finissent par ne plus être que de petites valves implantées à la bouche et à l'anus (Teredo). Une conséquence de cette dernière disposition , c'est que le reste du corps s'enveloppe d'une masse coquillière , ou plutôt d'un tube irrégulièrement contourné de masse calcaire exsudée par lui , qui rappelle le grossier squelette extérieur des Coraux, dont la formation est due, comme la sienne, à un dépôt purement extérieur , c'est-à-dire non effectué au-dessous de l'épiderme.

CCLXXVII. Nul vestige d'un splanchnosquelette solide n'existait encore chez les Apodes ; mais , indépendamment de leur épithélion très-mince, les Pélécypodes offrent aussi des traces de ce squelette, sous la forme d'une saillie en manière de dent, mais simple, tandis que les productions dentiformes du splanchnosquelette étaient multiples chez les Echinides. Il n'y a pas de doute qu'on ne doive rapporter ici le stylet cristallin saillant dans l'estomac des Tellines , de Pholades et des Cœurs , que Willis , Poli et Cuvier ont déjà décrit.

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