‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 237 sur 318 · CCLXXXI. La coquille n'étant qu'un dé · texte numérisé non relu

CCLXXXI. La coquille n'étant qu'un dé

veloppement de la moitié tergale de la protovertèbre du tronc (fig. xiv, a) , et par cela même embrassant immédiatement les viscères du ventre , on se demande s'il ne doit pas y avoir aussi un indice de la moitié inférieure ou ventrale de cette proto vertèbre (fig. xvi , /3). Or, cette moitié paraît exister réellement sous la forme de ce qu'on nomme VoyercuU, c'est-à-dire de la pièce qui , chez quelques Gastéropodes, se développe pendant le sommeil d'hiver. Jusqu'à présent il ne me paraît pas probable que l'opercule adhérent , tel qu'on le trouve dans la Paludina vivipara , doive être rapporté ici ; car il est plutôt une seconde coquille tergale postérieure , qui ne devient coquille ventrale que par l'inflexion de la partie postérieure du pied (fig. xvi, fi fi) (1).

CCLXXXIL Si les coquilles des Gastéropodes testacés nous offrent un très-grand développement du squelette testacé , nous trouvons d'autres espèces dans le même ordre où ce squelette a entièrement disparu comme coquille extérieure , et que , par cette raison , on appelle nues. Pour concevoir cette métamorphose , il faut se rappeler que primordialement toutes les coquilles de Mollusques se déposent sous un épiderme qui enveloppe l'animal entier. Si Tépiderme s'oblitère peu à peu , la coquille devient une partie tout à fait extérieure. Si , au contraire , il se développe davantage et se garnit de fibres charnues, la coquille devient intérieure et s'arrête la plupart du temps au degré de la substance cornée ou cartilagineuse. Or , c'est là ce qui arrive à la pièce tergale de la protovertèbre du tronc (fig. xv, a) dans le Limax, les Aphjsia et autres.

CCXXXLIII. Ainsi toutes les coquilles extérieures ou demi-internes du dermatosquelette des Gastéropodes se laissent ramener au type d'une sphère squelettique primaire simple , partagée en moitié supérieure et moitié inférieure , et faisant office de vertèbre du corps ou du tronc.

(1) Si la petite coquille de la Carinaire est véritablement une coquille ventrale , comme l'a dit et figuré Oken , ce serait là une véritable oblitération de la coquille tergale par antagonisme avec l'enroulement en spire de la coquille ventrale. Cependant l'opinion d'Oken est vraisemblablement fausse , et tout porte à croire que la Carinaire porte aussi sa coquille sur le dos , mais qu'elle nage le corps renversé.

SQUELETTE DES MOLLUSQUES

Il nous reste maintenant à examiner les vestiges d'un splanchnosquclette.

Mais comme les Gastéropodes sont les premiers animaux chez lesquels on aperçoive une distinction bien tranchée entre la tête et le tronc, distinction qui se manifeste chez eux dans les parties molles , cette particularité doit avoir de l'influence sur les parties squelettiques qui se développent dans l'intérieur des parties molles (1). On peut donc, chez les Gastéropodes, distinguer un splanchnosquclette de la tête et un splanchnosquclette du tronc, quoique l'un et l'autre n'arrivent point partout à l'état de squelette solide, et qu'ils ne soient fréquemment indiqués que par l'épithélion général du canal intestinal. Cependant , lorsqu'on rencontre des vestiges d'un squelette solide , il est souvent trèsfacile d'y apercevoir aussi un type annulaire.

Ici se rapportent , comme splanchnosquclette de la tête , l'arc maxillaire ou dentaire , corné et dentelé , qu'on trouve au-dessus de la cavité orale d'un grand nombre de Gastéropodes , et qui , semblable aux dents des Echinides, fait saillie dans cette cavité sous la forme de dent (pi. xxiv, fig. xiv, a, xvi, à) ; l'armure de la jjouche des Aplysies par deux plaques cartilagineuses latérales et par les denticules de ce qu'on nomme la langue ; enfin les petites dents côtelées qui garnissent le commencement du pharynx dans le genre BuUœa.

Quant au splanchnosquclette du tronc , nous devons y rapporter , comme formation qui se rapproche beaucoup du dermatosquelette , en ce qu'elle est complètement calcifiée , les trois plaques , deux triangulaires et une rhomboïdale , qui revêtent la cavité stomacale des BuUées , et l'armure de l'estomac des Aplysies, qui , semblable au splanchnosquclette de la tête , se partage en deux portions , l'une antérieure , l'autre postérieure , dont la première est une ceinture cutanée garnie de pointes recourbées en crochet. Dans la plupart des autres Gastéropodes , là surtout où le dermatosquelette du tronc se développe beaucoup , on ne dé-

(I) A proprement parler, le dermatosquelette n'est non plus ici qu'un squelette du tronc ; mais , lorsqu'il se développe complètement, il peut aussi admettre en lui la tète de l'animal.

couvre aucun vestige de dermatosquelette du tronc.

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