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DERMATdSQUELETTE DES CEPHALOZOAIRES.
condition déterminante de celui de l'autre, de même aussi un antagonisme entre le dedans et le dehors ne pouvait pas non plus manquer d'exister dans le névrosquelette, qui répète, à une puissance plus élevée, la séparation entre le corps animal entier et le monde extérieur.
Cependant il est extrêmement remarquable que, parmi toutes les formations nerveuses pures, ganglions, moelle épinière et cerveau, le cerveau humain, supérieur à toutes les autres en développement, soit la seule dans laquelle cet antagonisme se prononce, et de telle manière encore que la seule partie cérébrale qui mérite le nom de cerveau proprement dit , la glande pinéale, soit celle dans et autour de la quelle la masse osseuse s'accumule , il est vrai seulement sous la forme cristalline et racémiaire. Les pierres pinéales ne sont donc qu'un reflet ou une répétition des vertèbres crâniennes à V intérieur , comme la glande pinéale ellemême est une répétition du cerveau entier.
CCCCXVIII. Les parties exclusivement nerveuses ne sont néanmoins pas les seules dans lesquelles leur enveloppe osseuse extérieure se répète, en certaines circonstances, par des ossifications intérieures. La même chose arrive aussi à celles qui, devenues organes médullaires vésiculeux, ont pris le caractère et les fonctions di organes sensoriels. Ces ossifications sont possibles dans les trois organes sensoriels principaux ; mais elles s'etfectuent d'une manière particulière dans chacun, ce qui exige que nous indiquions ici leurs spécialités essentielles.
CCCCXIX. Dans V oreille ^ qui est le plus interne, l'ossification se manifeste aussi sous la forme de points osseux intérieurs. Chez les animaux inférieurs, ces points se développent au plus profond de l'oreille interne, dans les vésicules médullaires nerveuses du labyrinthe. Chez les animaux supérieurs, on tes observe dans le vestibule de l'oreille interne, la caisse du tympan. Enfin, chez les animaux les plus parfaits, ils arrivent jusqu'à se segmenter, et même à déterminer la formation d'un arc protovertébral, cartilagineux seulement toutefois, sur lequel les trois osselets de l'ouïe , représentant un article supérieur, un article inférieur et un article terminal, se développent à l'instar d'un membre réduit aux proportions les plus exiguës.
CCCCXX. Dansl'œ/i!^ organe sensoriel destiné aux formes extérieures , l'ossification n'apparaît qu'à la périphérie, sous la forme d'une vésicule cartilagineuse ou osseuse plus ou moins parfaite (sclérotique ossifiée) , et ce phénomène n'a lieu non plus que chez les animaux dont l'organisation générale est le moins perfectionnée; car, chez ceux d'un ordre supérieur, l'œil, en sa qualité de sens nerveux le plus pur, repousse loin de luitoute espèce d'ossification.
CCCCXXL Au contraire , dans Vorgane olfactif, il se manifeste une ossification intérieure qui persiste même jusqu'au plus haut degré de développement organique, et qui, par correspondance avec la réduction du nerf olfactif en fibres isolées, apparaît sous la forme d'une multitude de vésicules osseuses, qui s'ossifient assez tard (cellules ethmoïdales).
ARTICLE III
FORMATION PRIMAIRE DU DERMATOSQUELETTE DES CEPHA- LOZOAIRES.
CCCCXXII. Le degré subordonné de développement auquel le dermatosquelette arrive dans cette classe du règne animal , a déjà été exposé d'une manière générale (S CCCLXX). J'ai déjà fait remarquer aussi qu'en général sa substance n'est plus osseuse , mais cornée. Enfin j'ai signalé les particularités qu'il présente dans son origine et son évolution. Il ne me reste donc plus à parler ici que de son type et de sa segmentation.
CCCCXXIII. Le caractère essentiel du type du dermatosquelette doit également être, chez les Céphalozoaires , de constituer une enveloppe générale au corps entier, et tout ce qui remplit cet office rentre dans l'idée de la proto vertèbre. 11 résulterait donc de là que la colonne protovertébrale entière du névrosquelette de la tête et du tronc, avec toutes les parties molles , devrait être enveloppée extérieurement d'anneaux protovertébraux du dermatosquelette (à peu près comme dans la pi. XXII, fîg\ xvni, où a^ 6;, c représentent les anneaux protovertébraux de ce dernier autour des anneaux protovertébraux du névrosquelette 1,1,1). Mais là où la colonne protovertébrale du névrosquelette rayonne des colonnes vertébrales de membres qui se revêtent également de parties molles , la colonne protovertébrale du dermatosquelette
DERMATOSQUELETTE DES CÉPHALOZOAIRES.
et de petites colonnes d'anneaux protovertébraux (voy. fig. XVI , où /.-/3.Î représentent le dermatosqueleLte) entourent aussi ces membres, ce qui fait que la division de la protovertèbre en plusieurs colonnes protovertébrales rayonnantes se répète , comme elle le faisait chez les Astéries.
CCCCXXIV. Le type primaire de ces parties enveloppantes serait donc une série d'anneaux cornés, tenant les uns aux autres, et en nombre correspondant à celui des protovertèbres du névi'osquelette , qui entoureraient aussi bien la tête et le tronc que les membres libres. Cependant ce type est susceptible de modifications infinies :
1° Parce que les anneaux deviennent de plus en plus grêles , multipliés , et par cela même imperceptibles , de sorte que la peau devient un organe sensoriel de plus en plus libre, ce qui annonce un perfectionnement plus grand de l'organisme en général;
2" Parce que les anneaux cornés se consolident, et vont même jusqu'à s'ossifier au dessous de la couche cornée la plus extérieure {épidémie).
3" Parce qu'alors ils se divisent en un nombre indéterminé de portions d'arcs ou de lames , qu'on appelle 2)laques ou écailles, qu'on nomme aussi ongles ou sabots aux extrémités des membres du névrosquelette , et dans lesquelles la disposition annulaire primordiale se prononce d'une manière tantôt plus , tantôt moins pure , mais qui ne manquent jamais de diminuer la sensibilité de l'organe cutané , en raison directe du développement qu'elles ont acquis , et décèlent par cela même un moindre degré de perfection dans l'animal entier.
Quant à la segmentation de ces parties enveloppantes, on ne peut l'indiquer qu'en parcourant les diverses classes de Céphalozoaii'es ; mais il convient au moins de signaler les limites extrêmes de leur développement, qui nous sont offertes , la plus inférieure par la solidification et l'ossification complètes, comme dans le dermatosquelette de certains Poissons , tels que les Diodon et les Ostracion, la plus élevée par l'épiderme de l'homme.
CCCCXXV. Mais , comme le dermatosquelette des Céphalozoaires répète celui des Corpozoaires , comme aussi ce dernier ne répétait pas moins essentiellement que Vemelop-
pcment du corps entier , le rayonnement , toujours primordialemcnt relatif à la respiration (branchiale ) , par des colonnes tritovertébrales rayonnantes monoconiques ou diconiques , et se représentait même , dans la forme des membres , par des colonnes deutovertéb raies rayonnantes , le dermatosquelette des Céphalozoaires ne peut pas manquer non plus de parties rayonnantes. Cependant le rang subordonné qu'il occupe ici , et la dépendance dans laquelle la formation des membres est du névrosquelette , comme condition déterminante , expliquent suffisamment pourquoi les Céphalozoaires ne nous offrent point de colonnes deutovertébrales rayonnantes sous la forme de membres appartenant au dermatosquelette seul , pourquoi aussi ce dernier reste chez eux au plus bas degré de développement, celui qu'il présentait dans les Oozoaires , où l'on ne trouve comme vertèbres rayonnantes que des tritovertèbres monoconiques ou diconiques , et dans ce dernier cas terminées par un cône simple.
CCCCXXVI. Toutes les formations rayonnantes du dermatosquelette des Céphalozoaires , qu'elles aient la forme d'épines , de cornes , de sabots , ou celle de soies , de poils , de plumes ( pi. xxn , fig. xvn , A B C D E F), ont donc toutes un seul et même type. Ce sont des tritovertèbres creuses , qui se remplissent peu à peu , ont primordialemcnt la figure d'un simple cône , se divisent et se subdivisent à plusieurs reprises avec le temps , commencent à se former par la pointe tournée en dehors , et continuent à se développer, plus longtemps que par toute autre partie, parla base tournée vers la proto vertèbre. Un allongement excessif (par exemple, dans les poils) masque souvent ce type conique ; mais il n'en est pas moins toujours là , et l'on n'a pas besoin de remonter à l'histoire de l'évolution pour le reconnaître dans toutes les parties qui appartiennent à cette classe. Cependant le type suprême est toujours la division plusieurs fois répétée , comme dans la plume , parce qu'alors se trouve répété de la manière la plus prononcée l'organe prototype de toutes les parties rayonnantes , c'est-à-dire la branchie.
CCCCXXVII. Ainsi donc , puisque les segmentations du dermatosquelette sont trèssimples dans les hautes classes , puisqu'elles ne consistent qu'en anneaux protovertébraux
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SPLANCHNOSQUELETTE DES CÉPHALOZOAIRES.
et en tritovertèbres rayonnantes coniques , absolument de même qu'il n'existait dans celui des Oozoaires que les côtés correspondants de protovertèbres et de tritovertèbres, je pourrais terminer ici l'histoire générale de ces formations , si les points d'où partent les tritovertèbres rayonnantes n'exigeaient pas encore un examen spécial. Mais les détails dans lesquels je suis entré précédemment ont déjà établi que des formations rayonnantes , en nombre primordialement indéterminé , peuvent être admises par la pensée dans la direction de tous les rayons imaginables de la protovertèbre, que par conséquent le même rayonnement indéfini peut être admis à la périphérie entière d'un cercle ou d'un anneau quelconque de sphère , mais qu'enfin lorsqu'apparaît la détermination à rayonner suivant une certaine loi, le rayonnement sextuple , fourni par le rayon , doit être le premier et le plus simple de tous les motifs déterminants. Or, nous trouvons cette loi applicable aussi aux rayonnements du dermatosquelette. En effet, nous voyons d'un côté les épines , les poils , les plumes , etc. , couvrir les anneaux du dermatosquelette en pluraUté indéterminée , et d'un autre côté , ces mêmes parties sortir avec une certaine régularité, 1" dans le milieu du côté tergal (fig. xvii , A , B , C ) , ce qui arrive , par exemple , aux crêtes écailleuses de certains Reptiles , aux crinières et aux cornes médianes de quelques Mammifères (Rhinocéros) ; 2° dans le milieu de l'ouverture ventrale ou terrestre (/ J"' J-') , comme, par exemple , la crête écailleuse inférieure de la queue de certains Sauriens ; 3° par les régions latérales des protovertèbres en haut et en bas ( ^<^), comme , par exemple , les rangées de longs poils de VIchneumon afer, les cornes latérales et les bois, les crêtes écailleuses latérales des Reptiles , les rangées d'épines des Poissons.
On conçoit sans peine qu'indépendamment de cesrayonnements d'après l'hexagone , il peut y en avoir d'autres encore qui soient produits par des rapports supérieurs , nés de celui-là.
CCCCXXVIII. Du reste , l'antagonisme subsistant entre le type du dermatosquelette et celui du névrosquelette , mérite encore d'être remarqué. En effet , il explique
1° Pourquoi les anneaux ou proto vertèbres du dermatosquelette sont ordinairement plus
complets que partout ailleurs là oi^i lès anneaux protovertébraux du névrosquelette ont coutume de s'ouvrir le plus souvent, c'est-à-dire d'être imparfaits , au côté ventral ; ainsi , dans les Ophidiens , les anneaux cornés sont complets du côté ventral , et les anneaux osseux, les côtes-, ne le sont qu'au côté tergal ;
2° Pourquoi le côté d'où partent le plus volontiei's les rayonnements du névrosquelette qui deviennent des membres , c'est-à-dire le côté terrestre , est celui où les rayonnements du dermatosquelette sont d'ordinaire le plus restreints , tandis qu'au côté supérieur, où les rayonnements du névrosquelette sont le plus rares, ceux du dermatosquelette acquièrent leur plus haut degré de développement ; ainsi les plumes , les poils , les épines , etc. , sont toujours pUis abondants et plus fortement développés au côté tergal qu'au côté ventral.
CCCCXXIX. Enfin, la manière dont le dermatosquelette se comporte envers la lumière est également digne de remarque. En effet , l'étroite connexion qui existe entre les dépôts de pigment qui font la base de la coloration de la surface du corps , et la formation des productions cutanées, telles que poils , plumes , etc. , a été démontrée d'une manière suffisante par les recherches des modernes , et en particulier par les travaux de Heusinger. De leur nature, les pigments sont combustibles , chargés de carbone , ce qui établit un rapprochement entre l'action vitale par laquelle ils sont déposés et la respiration. Mais la respisation est une condition déterminante du rayonnement. Nous entrevoyons donc un cercle tout entier de phénomènes ayant entre eux une affinité extrême, qui font de l'étude des particularités du dermatosquelette un des plus intéressants problèmes de la physiologie. Qu'il me suffise ici de faire remarquer que telles sont principalement les causes qui font que la coloration de ce squelette et le rayonnement obéissent aux mêmes lois , et qu'en général le pigment se dépose , non-seulement sous des couleurs plus intenses , mais encore avec plus d'abondance , au côté tergal qu'au côté ventral de l'animal.
ARTICLE IV
FORMATION PRIMAIRE DU SPLANCHNOSQUELETTE DES CÉPHALOZOAIRES.